Ibtd.j 26 septembre, p
452 LA POLITIODK INTÉHIEIIRR
SU ré ainsi les départements sur la liberté de ses délibérations et sur la sûreté de ses membres.
L'idée girondine de former à Paris une garde départementale apparaît, d'autre part, à Condorcet comme heureuse, juste et politique en soi^ La mesure en question u assurerait à la fois Tunité de l'empire, la défense de Paris contre les armées ennemies et la liberté de la Convention au milieu des orages que les ennemis du dehors, si ce n'est pas ceux de l'intérieur, ne manqueront pas de vouloir exciter. Qui ne voit qu'en convoquant une force armée des départements pour servir de garde à la Convention nationale, c'est préparer un noyau d'armée pour le camp de Paris *. » On objecte que les représentants de la nation n'ont rien à craindre de la capitale ; l'objection ne mérite pas qu'on s'y arrête, elle est « une Hattcrie ridicule envers le peuple de Paris et une injure envers celui des départements, qui, ayant un égal intérêt à ce qu'il soit donné à la République une bonne constitution, a aussi le même droit à veiller à la sûreté et à la défense de la Convention nationale ».
Mais si l'institution de cette garde départementale doit diviser les esprits en factions ennemies, au lieu de les réunir, et devient une cause de trouble au lieu d'être un moyen d'apaisement, il faut y renoncer, et c'est le parti que préconise Condorcet dès le milieu d'octobre ^ Il remarque que « dans une République unique. on peut demander lequel vaut mieux que l'Assemblée des représentants du peuple dépende de sa garde, ou qu'elle dépende des citoyens du lieu de sa résidence ; si, dans le cas où elle aurait à craindre la masse entière de ces citoyens, il ne serait pas beaucoup plus simple de changer le lieu de ses séances ; si, dans le cas où ce ne serait pas ce corps entier qu'elle aurait à craindre, mais les mouvements qu'on chercherait à y exciter, ce serait un bon moyen de maintenir la tranquillité que de jeter au milieu de ces citoyens des hommes animés des mêmes passions ou de passions contraires, susceptibles des mêmes erreurs, pouvant être égarés par les mêmes séductions ; si, dans une pareille circonstance, on