‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 414 sur 520 · Cf. Leffres t/e .V" Rofn n fi [Vorroud), II · texte numérisé non relu

Cf. Leffres t/e .V" Rofn n fi [Vorroud), II

4. i.fiftre à Onrnfryy <lu 2'.) décembre an I, dans la Chronique de Parii^ du 30 déoenibre. p. I iô9.

LES MESURES A PRENDRE 45 i

ne lui permettent pas de dominer le tumulte des apostrophes et des interruptions ; il n'a pas le talent oratoire qui convient à des débats aussi violents ; il désespère, dans une assemblée aussi nerveuse et aussi passionnée, d'obtenir quelque inQuence, en parlant le langage de la raison. Il se tut donc, et son silence fut déplorable ; mais il écrivit, et la Chronique de Paris va nous montrer avec précision que, sans s'inféoder à la Montagne, il se sépara très nettement, dès la fin de septembre, de la Gironde.

La proclamation de la République consentie unanimement par les membres de la Convention, ratifiée d'avance par tous les citoyens *, ouvre une ère nouvelle. Pour que le régime nouveau porte tous ses fruits, que l'invasion soit repoussée loin des frontières, il faut le calme et Tordre. Roland a eu raison de faire « sentir combien l'intérêt du peuple et celui de la liberté exigent que les lois soient respectées, combien la paix intérieure est nécessaire au succès de la guerre contre les ennemis étrangers ; combien enfin ceux qui agitent le peuple, ceux qui l'inquiètent par leurs calomnies méritent d'être regardés comme les complices des rois, puisqu'ils en servent réellement la cause, et qu'ils ont les mêmes ennemis ^ » Pour obtenir le respect des lois, et la tranquillité populaire, il est nécessaire, comme le pense Danton, que « de nouvelles élections » remettent « tous les pouvoirs à des hommes investis de la confiance actuelle des citoyens ' ». Les corps administratifs étant renouvelés, la désobéissance n'aura plus d'excuse, et les perturbateurs du repos public devront être rigoureusement châtiés. Kersaint a donc eu raison de proposer une loi contre ceux qui provoquent le peuple au meurtre, et il est étonnant que sa motion ait provoqué des débats violents, qu'on ait cru a y voir le projet d'une loi de sang tandis qu'il n'était question au contraire que d'épargner le sang du peuple en prévenant la punition des crimes, où les scélérats parviennent parfois à l'entraîner* ». Heureusement la Convention ne s'est pas laissée égarer par ces sophismes ; elle a voté la proposition de Kersaint et ras-

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