Ihid, ibid
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dentés, et comme tels a étaient marqués pour victimes aux tribunaux du nouveau despotisme* », si les complots de la cour avaient réussi. Pourront-ils être les juges de celui qui les avait proscrits et désignés à ses bourreaux ? Non, sans doute. Nul ne peut être juge et partie dans la même cause.
On objecte, il est vrai, à cet argument, qu'à le prendre à la lettre, il confère à Louis XVI une véritable impunité ; car c'est la nation tout entière dont le roi a poursuivi la ruine, et les juges, quels qu'ils soient, seront les ennemis de Taccusé. Mais l'objection est spécieuse et vaine. Ce que Ton est en droit d'exiger des juges, c'est une « impartialité personnelle, et l'absence de tout intérêt, de toute passion privée. On ne craint point ces passions généreuses et universelles dont la masse entière d'un peuple peut être agitée, parce que, dans les hommes éclairés et de sang-froid, ces passions sont inséparables de l'amour de la justice et se codfondent avec lui *. »
La Convention doit enfin se récuser pour des motifs politiques. Elle a, vis-à-vis de la France, des devoirs nombreux et impérieux: elle a re(;u, mandat de rédiger une nouvelle constitution, de compléter le code civil, d'organiser un système d'instruction et d'assistance publiques, de veiller à la défense des frontières et au maintien de la tranquillité intérieure. Comment, au milieu de tant d'occupations diverses, trouver le moyen de prononcer sans précipitation et sans légèreté sur le sort de Louis XVI ? Et si elle consacre au procès de l'ex-roi tout le temps nécessaire, ne s'exposera-t-elle point au reproche mérité d'avoir laissé en souffrance d'autres questions plus urgentes et d'avoir sacrifié la nation à un homme? Oubjic-t-on, qu'au cours des débats peuvent se produire des mouvements tumultueux, des incidents regrettables, qui infirment la volonté de l'Assemblée d'être impartiale,, et rendent la sentence suspecte à la France et à l'Europe ? Et, Condorcet le