‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 434 sur 520 · LE PROBLÈME A RÉSOUDRE · texte numérisé non relu

LE PROBLÈME A RÉSOUDRE

à trois reprises * ; ces témoigaages concordants de contemporains ne permettent aucun doute; et de fait, quand on examine le projet du comité, on y retrouve les principes, le système et la méthode qui caractérisent Gondorcet. C'est ce que nous voudrions montrer à Taide des différents textes', publiés ou inédits, qui nous ont été conservés.

1. — « Donner à un territoire de 27 000 lieues carrées, habité par 25 millions d'habitants, une constitution qui, fondée uniquement sur les principes de la raison et de la justice, assure aux citoyens la jouissance entière de leurs droits ; combiner les parties de cette constitution, de manière que la nécessité de Tobéissance aux lois, de la soumission de la volonté individuelle à la volonté générale laisse subsister, dans toute leur étendue, et la souveraineté du peuple, et l'égalité entre les citoyens, et l'exercice de la liberté naturelle, tel est, dit Gondorcet, le problème que nous avions à résoudre'. » La Révolution a fait table rase du passé et facilité ainsi la tâche du législateur, dont le rôle se borne à construire de toutes pièces. Mais, d'autre part, elle a provoqué une grande fermentation morale et la guerre extérieure sévit aux frontières. « Jamais de plus grands embarras dans l'économie publique n'ont semblé opposer à l'établissement d'une constitution des obstacles plus multipliés ^. »

De là deux conséquences. Une constitution ne doit jamais « renfermer que les articles d'une constitution complète qu'il

Page 1