Ibid., p
470 Al) COMITÉ DE CONSTITUTION
méthode parce que je ne vois pas d'antre mode de communication, et parce que je me suis toujours mieux rendu compte de mes propres pensées en les écrivant... La partie que je vous envoie correspond aux matières comprises dans la dernière Constitution, de la page 1 à la page 5. Le chapitre du manuscrit anglais..., intitulé De la, distribution des pouvoirs délégués par In nation y remplace le chapitre de la dernière Constitution..., intitulé De la Royauté... N. B. Cette partie devait être communiquée au Comité lundi dernier. La traduction en est aujourd'hui plus avancée *. »
Il ressort nettement de ces lignes que Paine n'a point joué dans le comité le rôle qu'on lui prête. Gêné par son ignorance du français, inapte à intervenir utilement dans les discussions, le député de Calais écrivit dans sa langue maternelle un plan de constitution, qu'il traduisit et communiqua à ses collègues par fragments, selon les besoins de l'ordre du jour.
Le document qu'on produit n'a donc aucune valeur en ce qui concerne Paine, mais il en a beaucoup au regard de Condorcet ; il prouve do façon péremptoire, selon nous, que la collaboration des doux amis n'a point été si étroite, ni la conformité de vues si entière qu'on l'a souvent prétendu. S'il avait été pleinement d'accord avec Condorcet, si celui-ci avait été son interprète fidèle, Paine no se serait assurément pas imposé la peine inutile d'exprimer par écrit sa pensée.
Paine écarté de la première place, celle-ci revient néce5»airemcnt à Condorcet, et c'est Condorcet en effet qui fut le véritable auteur du projet du comité. Sans doute, il ne décida rien à lui seul, et dut, à plusieurs reprises, se conformer à l'avis de ses collègues. Sans doute aussi il ne rédigea point tout l'acte constitutionnel ; nous savons par exemple que Barère fut chargé d'écrire la partie relative au pouvoir judiciaire et peut-être la Déclaration des droits-. Mais ce sont là des détails sans importance: dans l'ensemble, la constitution, dite girondine, est l'œuvre personnelle de Condorcet. Durand de Maillane l'affirme', Barère le répète