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472 LK PROJET DK CONSTITITION
est utile de ne pas rendre révocables par les Assemblées nationales auxquelles le pouvoir législatif sera confié *. » Celle que le comité a mission de conclure doit se réduire aux clauses indispensables : « Comme il est bon d'éviter une nouvelle Convention nationale, il ne faut placer parmi ces articles irrévocables que ceux dont on puisse être sûr que Texpérience ne fera pas trou\er la révocation nécessaire. Les esprits sont encore agités des moih vements d'une double révolution. Les opinions des citoyens sont incertaines sur beaucoup de points et c'est une raison de plus pour rester dans la détermination des articles irrévocables plutôt en deçà qu'en delà des limites, où une saine théorie prescrirait de s'arrêter ^. » D'autre part, dans la détermination de ces clauses, le comité doit s'inspirer non seulement des exigences de la raison pure, mais encore de celles de la situation politique. Entre toutes les combinaisons qui découlent des principes du droit nature], il doit choisir et préférer, non pas celui qui intrinsèquement lui semble le plus parfait, mais celui qui convient le niieui à Tétat de l'opinion, au trouble des esprits, et le projet du comité est en eflet, comme tout ce qu'a fait Condorcet jusqu'ici, une œuvre philosophique par certains cotés, une œuvre de circonstance par certains autres; elle a été combinée de manière à pouvoir cire établie de suite, avant la conclusion de la paix, et rester en vigueur après la cessation des hostilités; mais elle ne prétend, ni à la perfection, ni à l'éternité ^.
L'histoire conniiît deux types essentiels de gouvernement, la Républi(|ue et la royauté. Olle-ci est une institution inutile et vicieuse, qui a du aux seuls préjugés <le durer si longtemps. La nation fran(;aise a ressaisi tous ses droits, il ne peut être question de les lui retirer. Mais la l{é|)ublique peut être unitaire on fédérative : quel parti choisir? Le second système au point de vue théorique est |)eul-étre préférable * ; Condorcet n'hésite pourtant point à rci'ommander le |»reiuier. Il n'aime point le changement en soi, et professe (ju'en un temps de Révolution plus (ju'en aucun autre, il importe de garder tout ce qui peut l'être impu-