‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 437 sur 520 · Exposition des motifs. Œuvres, XIl · texte numérisé non relu

Exposition des motifs. Œuvres, XIl

4. C'est ce qui nous paraît ressortir de VEjrposilion des motifs, 338-339.

LA RéPl'BUQlîE FRANÇ\1SE 473

nément. Par sa configuration, son passé, ses mœurs, la France est vouée à un régime de centralisation : le seul système qui lui convienne, c'est Tunité ; et il faut d'autant plus respecter le décrede la nature qu'il s'accorde avec l'intérêt de la défense nationale. L'exemple de l'Amérique a montré combien une fédération était malpropre à soutenir le poids d'une longue guerre, à résister à des ennemis puissants. Pour assurer la défaite de l'étranger, pour faire concourir tous les citoyens au salut de la patrie, il est nécessaire de laisser à l'ancien royaume son unité et sa centralisation*. Aussi l'article l est-il ainsi conçu: la République française est une et indivisible.

La République française, par l'étendue même de son territoire est condamnée à être une république représentative. Mais les représentants du peuple doivent-ils être investis d'un pouvoir absolu ? Condorcet ne le pense point. Le peuple délègue, mais il n'abdique point sa souveraineté ; et, s'il abandonne le droit de tout dérider à ses mandataires, ce n'est pas qu'il se résigne à n'être consulté sur rien. Dans une démocratie immédiate, la minorité accède au jugement de la majorité; mais, dans un État représentatif, ce n'est point la majorité qui fait prévaloir son sentiment : la loi est l'œuvre des représentants de la nation 2. Il importe donc à la tranquillité publique, et il est juste que, sur les questions essentielles, il n'y ait point de désaccord entre les prescriptions de la loi et les vœux des citoyens, et le seul moyen d'empêcher ce désaccord est de laisser aux électetirs le droit de manifester leur opinion ^ Sans doute, il n'est pas possible d'admettre les citoyens au drcfit de préparer ou d'arrêter les textes législatifs, et il n'est point nécessaire de rendre les assemblées primaires permanentes, pour que le peuple puisse être informé des questions en suspens, et réfléchir sur les projets en présence. Sans doute encore l'universalité ne peut prononcer en connaissance de cause sur « l'utilité ou le danger des combinaisons adoptées par les rédacteurs de la loi* ». Mais elle peut dire, avec une entière autorité, que les décrets soumis à son approbation sont ou ne sont

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