Sarret, Op. l'it., IX
2. ITaprès les notes de M"*" O'Connor, reprises et embellies par Arago, Coiiiiorr.et aiiniil usô d'un slrata^'ème pour éloigner son hélesse; il aurait drinandé à M"'" VcriH't de lui chercher sa tabatière, qu-il avait oubliée, et pendant (pie M'""" Vcrnet montait h sa chambre, il se sérail enfui. Le fait est possit)ie; rien ne permet d'en afllrmer rexactitude; ni Sarrel ni Dyannière n'en parlent. Ouant à rrv.inouisscinent de .M"' Vcrnet, au cri d*efTiroi de la |)ortière, an di-^cours sentimental de Sarret, nous ignorons les documents sur les(|nels Ara^o s'est appuyé, et nous regardons jusqu'à preuve du contraire ces divers détails coiume imaginés par Fauteur.
l'arrestation 539
II. — Il arrive à Clamart, mourant de faim, exténué. Ses jambes sont faibles, déshabituées de la marche, et il a fait beaucoup de chemin ; il se résout à entrer dans une auberge pour se reposer un peu et prendre quelque nourriture. Soit qu'il ait demandé, comme le veut la tradition, une omelette trop imposante, soit que sa démarche, ou son costume aient paru suspects, les consommateurs attablés chez Crespinet le dévisagèrent avec méfiance, le pressèrent de questions, lui demandèrent ses papiers. Condorcet avait préparé ses réponses depuis longtemps déjà ; mêlant le vrai au faux, il déclara qu'il se nommait Pierre Simon, natif de Ribemont, valet de chambre ; qu'il avait servi naguère les citoyens Trudaine et Dionys du Séjour, et cherchait actuellement un emploi. Mais il ne portait point la cocarde tricolore, et n'avait point sur lui de certificats de civisme. Deux cultivateurs, Claude Champy et François Brean*, allèrent prévenir le comité de surveillance qui, après s'être transporté dans l'auberge, ordonna de conduire le prétendu Pierre Simon, par devers lui, dans l'église, lieu ordinaire de ses séances. Interrogé à nouveau, Condorcet reproduit ses déclarations antérieures. 11 répète qu'il se nomme « Pierre Simon, natif de Ribemont, district de Saint-Quentin, département de l'Aisne^ âgé de 50 ans » ; qu'il a quitté son pays depuis 20 ans, et a servi différentes personnes comme le nommé Trudaine, intendant des finances, et Dionise du Séjour ', conseiller au ci-devant Parlement de Paris, en qualité de valet de chambre, qu'il a quitté depuis 20 mois j>. On lui demande son domicile à Paris ; il donne sa propre adresse, rue de Lille, section delà Fontaine de Grenelle, n° 50 ou 55 ^ ; il cite comme référence son propre secrétaire, Cardot. Mais plusieurs de ses explications semblent embarrassées : il prétend avoir couché à Chàtillon, mais il ne peut citer le nom de Taubergiste qui l'a hébergé ; il n'a sur lui aucun certificat de civisme ou de résidence ; il aurait oublié chez lui sa carte de la section. Les membres du comité de sur-
1. Tous les détails el les citations qui suivent sont extraits du procèsverbal du comité de surveillance de Clamart, publié par M. Caritte, dans son Clamart de 1789 à 1795,