XIV BIBLIOGRAPHIE
la patience lui manque, ou rutilité de Fouvrage s'évanouit à ses yeux : grand est le nombre des fragments qu*il a laissés volontairement inachevés. Mais parfois aussi il s'obstine, et comme il détruit rarement, on se trouve en présence de plusieurs documents très voisins l'un de l'autre et pourtant sensiblement différents. Si l'on réfléchit que Gondorcet a eu, à un degré étrange, la mémoire des sons (M'*« de Lespinasse déclare qu'il pouvait répéter sans erreur un discours qu'il venait d'entendre), qu'il garde le souvenir exact de ce qu'il a produit, qu'il a inséré, dans ses œuvres, des passages considérables de lettres intimes ou de fragments interrompus, on comprendra combien il est souvent difficile de définir les documents qui sont conservés à l'institut, de dire avec précision si l'on est en présence d'un texte inédit ou d'un simple brouillon.
Les manuscrits de l'Institut présentent donc cet intérêt qu'ils confirment l'assertion de 1VP'« de Lespinasse que le volcan couvait sous la cendre. Gondorcet dans ses œuvres de raison pure, se montre un calculateur très pondéré, très méthodique ; mais dans toutes ses œuvres de polémique (c'est-à-dire dans presque toutes), il se montre au contraire un être tout d'instinct, enthousiaste et impatient.