‹ Conducteur général de l'étranger a ParisChapitre 17 sur 114 · CHAMPS-ELYSÉES · texte numérisé non relu

CHAMPS-ELYSÉES

Cette promenade est une des plus fréquentées de- Paris , l’étendue qu’elle occupe était, sous Louis XI \ , couverte de champs et de jardins. Ce terrain fut plante sous son règne , et il porta d’abord le nom de Grand- Cours puis celui de Champs-Elysées , qui lui est reste.

Les Champs-Elysées n’offrent rien d’intéressant, tout en est mesquin , même les arbres , tous ont quelque chose de rabougri; ce qui vraisemblablement provient de la nature du terrain. Nous n’insisterons pas d’avantage sur la description des Champs-Elysées, la ville de Paris devant y opérer , dans peu de temps des changemens extraordinaires. ,

La statue équestre de Louis XV devait etre placée dans l’avenue des Champs-Elysées, au Rond-Point, o il commence la montée qui conduit à i’arc de triomphe

de l’Etoile. ,

En entrant par la place de la Concorde dans tes Champs-Elysées, on voit deux chevaux de marbie a grandes proportions. On les a représentes au moment où ils se cabrent; ils sont gouvernés par des écuyeis» Ces chevaux produisent un très-bel effet a l’enlree des

Champs-Elysées, ils en sont aujourd’hui le plus bel ornement : ils sont l’ouvrage de Costou.

Ces deux chevaux étaient autrefois à Marly, aux deux côtés de l’abreuvoir ; on les transporta à Paris, pendant la révolution, sur un charriot fait exprès, que l’on voit encore au Conservatoire des Arts-et-Métiers, rue Saint -Mar tin.

A2£tQ DE TRIOMPHE DS L’ÉTOILE.

Bonaparte ayant égalé ou surpassé les victoires des empereurs romains, ses architectes lui proposèrent de bâtir un monument digne de ses triomphes. Ils voulurent même que l’arc de l’étoile fût le plus solide , le plus colossal qui eût jamais existé.

Les fondations de ce bâtiment furent jetées en 1806; on creusa pour les asseoir jusqu’à la profondeur de huit mètres : on aurait poussé plus loin si la nature du terrain eût fait espérer que l’on trouverait prochainement le ferme. Dans cette incertitude, on forma une assiette factice composée de plusieurs assises de pierres de taille diposées de façon que les joints d'une assise inférieure étaient croisés par une des pierres de l’assise supérieure. Ce genre de fondation est très-solide ; car lors bien même que le terrain s’affaisserait, le monument s’abaisserait également dans toutes ses parties, ce qui n’occasionnerait aucun dérangement dans ses diverses masses.

L’arc de l’Etoile s’élevait un peu au-dessus du sol quand Napoléon fit venir d’Autriche sa femme Marie- Louise. Pour faire politesse à cette étrangère, les autorités lui offrirent l’image de Parc de l’Etoile, fabriquée en charpente et en toile peinte. Les bas-reliefs qui devaient orner ce monument étaient aussi figurés en peinture. Jamais architecte ne fut plus heureux: que Chalgrin; il eut tout le loisir de contempler le modèle en grand de son projet.

Cette construction est solidement composée en pierre dures de Château -Landon. On s’est beaucoup récrié sur l’inutilité de cet ouvrage : qui peut en douter? et cependant combien de gens ont vécu, vivent et vivront encore des dépendes qu’il occasionnera. Âureste, il survivra à tous les édifices actuellement existant

en France : ses proportions sont colossales; tant mieux, sous ce rapport, le génie français n’aura rien à envier aux portes de Thèbes.

L’arc de l’Etoile, que l’on achève maintenant , sera orné de bas-reliefs représentant les belles actions de

"Voici ses ^proportions :

Hauteur 44 mètres, largeur 45, épaisseur 23, hauteur de l’arcade du milieu 5o mètres, largeur i5, arcades latérales, largeur g mètres, hauteur 18.

Ce serait abuser de la patience du lecteur que de lui signaler les deux misérables bâtimens qui servent de bornes à la barrière de l’Etoile. A cela près , s’il arrive dans la capitale de ce côté, nous pouvons l’assurer qu’il ne verra pas en Europe un coup d’œil plus magnifique.

En venant des Tuileries, et par la gauche de la grande avenue des Champs-Elysées, on peut entrer dans le nouveau quartier de François Je r5 on n’y voit qu’une chose digne de la course , c’est sur le bord de l’eau une petite maison offrant en grande partie des constructions exécutées sous François 1er ; elles faisaient auparavant partie d’une maison bâtie par Jean Goujon, auprès de Fontainebleau; on les a déplacées et heureusement accommodées dans la construction que l’on voit aujourd’hui.

Au milieu du quartier François Ie r se voit ün bassin circulaire qui attend de l’eau, et même , dit-on, le buste colossal, en bronze, du rival de Charles- Quint.

SAVOKNE&IE.

Cette manufacture de tapis, façon de Perse, fut établie par Henri IV, vers l’an 1604; elle est située quai de jBilly , no 30.

Pierre Dupont et Simon Bourdet furent les premiers qui dirigèrent cet établissement. Colbert lui donna une organisation nouvelle en 1663.

Il sort de cette manufacture des ouvrages d’une grandeur et d’une beauté digne des plus grands éloges; elle se fait toujours signaler avantageusement aux expositions publiques.

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