‹ Conducteur général de l'étranger a ParisChapitre 18 sur 114 · LE PONT D’IÉNA · texte numérisé non relu

LE PONT D’IÉNA

Le plus simple et peut-être le plus Leau de la capitale; ce pont fut bâti dans les années 1809 — 1812, sur les dessins de Lamandé et Dillon. Il y a cinq arcades surbaissées, aussi élevées les unes que les autres,, de façon que le pont est parfaitement droit, les piles sont à la moderne, c’est-à-dire étroites et arrondies à leurs deux bouts ; directement au-dessus des piles et entre les arcades, se voyaient, en 1815, des aigles, les ailes déployées, entrelacées dans une couronne. 11 ne reste plus que les couronnes au centre desquelles on a gravé le chiffre de Louis XVIII.

Aux deux bouts du pont sont, de chaque côté, des piédestaux en pierre dure de Château-Landon, sur lesquels on verra quelque jour des statues équestres , eh bronze, en l’honneur de généraux célèbres.

Le pont d’Iéna semble un peu trop étroit, cela provient, dit-on, de ce qu’on devait primitivement le faire en fer comme celui d’Austerlitz : on changea d’idée quand les piles furent élevées.' Il faut convenir aussi que les piédestaux qui le terminent paraissent un peu trop gros.

Tout le monde sait que ce pont prit son nom d’une victoire remportée sur les Prussiens par l’armée française. La fortune ayant conduit les Prussiens à Paris, ils allaient tirer vengeance de leur défaite passée en faisant sauter le pont; une autorité supérieure les empêcha de se déshonorer par cet acte de vendalisme.

En face de ce pont, et sur la pente de la montagne de Chaiïlot, devait s’élever, le palais du Roi de Rome. Quelques constructions étaient déjà commencées lorsque les revers qu’éprouva l’empire les firent suspendre. L’emplacement est aujourd’hui gazonné et planté d’arbres.

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