SIXIEME ARRONDISSEMENT
Porte Saint-Deuis.
Saint-Martin-des-Champs
Lombards.
Temple.
Quartiers
ÉDIFICES^ LIEUX ET CURIOSITÉS REMÀRQUBLES
I«a Tour de Saint- Jacques la Boucherie. — tes Eglises Saint-Méry et Saint -SSTicoîas- des -Champs. — te Conservatoire des Arts et Métiers. — te Marché Saint Martin. — tes Marchés du Temple» — tes Théâtres du Cirque Olympique; de la Gaîté.
Succursales.
Saint-Leu.
Sainte-Elisabeth.
Paroisse.
Saint-Nicolas-des-Champs.
Mairie, Abbaye-Saint-Martin, rue Saint-Martin, entre les nos 208 et 210.
Tour Saint-Jacques la Boucherie.
Cet édifice, d’architecture gothique, est un des plus hauts de la capitale. Il faisait autrefois partie de l’église de Saint-Jacques-la-Bouclierie , ses fondations furent jetées en i5ofi; la construction fut terminée en lima: elle coûta i35o livres, monnaie de l’époque. Sa hauteur est de 52 mètres ; elle était autrefois surmontée d’une flèche de 10 mètres.
La tour Saint-Jacques-la-Boucherie ne doit sa conservation qu’à la singularité de son architecture, et principalement à sa hauteur, qu’on a utilisée en établissant à son sommet une fonderie de plomb de chasse»
Saint-Merry.
( Mue Saint- Martin 3 no ).
L’entrée de cette église est tout -à -fait dépourvue d’intérêt. L’intérieur, au contraire, offre un vaisseau gothique qui, parla distribution de ses parties, sa régularité, son bel ensemble, mérite d’être vu. Une chose qui choque au premier abord, c’est que les piliers sont dépourvus de chapiteaux; les arcs ou nervures qui fortifient les voûtes s’en détachent comme les branches d’un arbre ou comme les épis d’une gerbe de blé: on observe cette bizarrerie dans plusieurs autres églises de Paris. On observe encore que ce temple est divisé en cinq nefs parallèles : les autels sont ornés de
colonnes de marbre avec chapiteaux de bronze doré; le chœur fut revêtu de marbre de diverses couleurs par les frères Slodtz.
Saini-KTicolas-des-Champs.
[Rue Saint-Martin y n° 202).
Cette église est aussi de style gothique : elle a cinq nefs et deux rangs de chapelles ; le chœur est orné de piliers assez réguliers; ceux qui soutiennent les voûtes des nefs sont dépourvues de chapiteaux.
Le maître autel est à deux faces; cette église, au reste, est très-peu intéressante.
Conservatoire des Arts et Métiers.
( Rue Saint-Martin , n° 208.)
Ouvert les jeudi et dimanche de ïo à 4 beurei.
Cette collection est distribuée dans les beaux bâtimens de l’abbaye Saint-Martin, où l’on remarque de vastes galeries , et surtout un bel escalier.
Le noyau de cette espèce de Muséum est dû à l’académie des sciences. L’abbé Grégoire fut le promoteur de la création du Conservatoire des Arts et Métiers .* il fut meublé d’abord, comme on s’en doute bien, de machines ou modèles ramassés de tous côtés, que l’on prit comme on les trouva, et que l’on classa le mieux que l’on put. On s’étudia surtout à ménager la dépense; on ne s’est point encore écarté de cette louable habitude ; et véritablement il est fort heureux que la révolution ait fourni les beaux bâtimens de ce conservatoire , et que les désordres qui l’accompagnèrent aient permis de fouiller dans les divers cabinets qui ont fourni à son ameublement ; car le gouvernement s’est montré à toutes les époques si parcimonieux à son égard, que les sept huitièmes de sa capacité seraient vncans s'il ne contenait que des objets achetés argent comptant par l’autorité.
Le Conservatoire des Arts et Métiers est divisé en plusieurs salles ou galeries , tant au rez-de-chaussée qu’au premier étage. La première salle que l’on trouve en entrant était une église ; elle contient des instrumens aratoires, des moulins à bras ; la voiture qui servit à transporter, de Marly à Paris , les beaux chevaux
de marbre qui décorent l’entrée des Champs-Elysées , et beaucoup d’autres machines.
En sortant de cette salle par la porte qui est à gauche, on voit, après qu’on a avancé un peu, quelques marches qui conduisent, à une autre salle remplie de modèles et de machines destinées spécialement à l’hydraulique et à l’agriculture. Ce sont des outils, tels que serpes , pioches , etc. , des moulins de toutes sortes , tant a eau qu’à vent ; des pompes, des appareils pour chauffer et cuire les alimens.
De cette dernière salle on passe dans une autre remplie de machines à carder, hier, tisser; une machine propre à diviser les peaux suivant leur épaisseur, etc.
De là on arrive au pied du grand escalier dans le vestibule duquel on observera un effet d’acoustique assez piquant'; en se plaçant à l’un des angles, on entend ce qu’une autre personne prononce, même à voix basse , contre l’angle opposé.
Les salles du premier étage , beaucoup plus vastes que celles du rèz-de-chaussée , contiennent une foule de modèles et de machines de toute espèce : ce sont des usines en petit, clés dévidoirs, des métiers à bas, des pièces de serrurerie, des modèles de vaisseaux, etc. On y remarque les miniatures des ateliers de certains -artisans, tels que le menuisier, leserrurier, le potier, etc. celle d’un laboratoire de chimie. La plus belle pièce de toutes ces collections est, sans comparaison aucune, le tour à guillocher de l’infortuné Louis XVI. On le voit dans une petite salle dont l’entrée est en face du grand escalier. Il est impossible d’imaginer rien de mieux travaillé que cette machine; elle est digne du royal artiste qui la lit exécuter.
Il est encore une salle au rez-de-chaussée qui reste ordinairement fermée : elle contient des balanciers, une machine à diviser la ligne droite, une autre propre à tailler les vis,
À la collection des modèles et machines, est jointe une bibliothèque contenant principalement des livres, .gravures et dessins relatifs aux arts et métiers. Cette collection h’est point publique ; mais en s’adressant à l’administration , on obtient facilement la liberté de consulter les livres ou dessins qui sont relatifs à l’objet dont on s’occupe.
Pour que le Conservatoire des Arts et Métiers remplît l’objet auquel on l’a destiné, il faudrait brûler ou enlever les neuf dixièmes des fatras qu’il renferme, faire exécuter ensuite en petit, quelquefois en grand, et toujours avec méthode, les instrumens , les machines , les appareils dont l’expérience a constaté l’utilité et les avantages; des dessins ou des modèles plus petits figureraient les essais plus ou moins heureux pour atteindre tel ou tel but : une courte notice indiquerait le point où l’on serait parvenu , et ce qu’il faudrait faire encore pour obtenir les résultats les plus satisfaisans. Notre Conservatoire est grandement loin d’offrir aux curieux de semblables choses ; il est en arrière , eu égard aux progrès qu’ont faits les arts, de plus de 5o ans. On trouvera, dans vingt ateliers, des instrumens etdes machines, des manières de procéder dont tout le mobilier du Conservatoire ne ferait pas même naître l’idée.
Marché Saint-Martin.
Ce marché, construit à l’orient du Conservatoire des Arts et Métiers, se compose de deux halles parallèles, soutenues par des arcades et couvertes de toits en tuiles. C’est le même système que l’on observe au marché Saint-Germain. Celui qui nous occupe est fort régulier bien distribué; seulement on peut lui reprocher de manquer du genre de grandeur que comportait sa destinée , et surtout le voisinage imposant des bâtimens du Conservatoire.
Pour ce qui est de la fontaine qui décore ce marché , tout ce que l’on peut dire, c’est qu’elle est en bronze et de fort mauvais goût.
Marchés du Temple.
Les beaux-arts n’ont rien à voir dans cet immense basar ; ce sont tout bonnement des halles ouvertes et distribuées avec régularité , au-dessous desquelles sont étalées des marchandises de toute espèce ; comme linge , habits, friperies, objets de serrurerie, ustensiles de ménage, férailles, outils, etc.; tous ces objets sont généralement de basse qualité.
Théâtres.
Cet arrondissement renferme deux théâtres : celui de la Gaîté n’est qu’une grosse maison.
On ne pourrait en dire autant du Cirque-Olympique, dont l’extérieur a quelque grandeur.