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réunit-il une faible partie de la bourgeoisie du faubourg St. -Gertnain ; le Jardin des Plantes n’est fréquente que par les curieux et les amateurs qu’attirent le cabinet du roi et le jardin Botanique; celui du Palais-Royal, point central au sein de Paris, sert plutôt de rendez-vous que de promenade. Les Tuileries, de deux à cinq heures, durant toute l’année; les boulevards Italien etdeGand dans les soirées d’été et d’autone, sont seuls couverts d’une foule élégante et animée.
Il est des promenades d’un autre genre que le voyageur peut fréquenter avec agrément durant la belle saison ; parmi elles Tivoli tient le premier rang. Ce jardin, d’une rare beauté , est visité chaque jour par tout ce qui dans le monde élégant, aime une promenade solitaire ; le dimanche il est le rendez-vous des plus jolies femmes de la capitale ; des danses animées, de frais et discrets ombrages, des jeux de toutes sortes, lui donnent une variété et un attrait qui justifie la faveur de la mode, qui a pris ce délicieux jardin sous sa protection.
Tivoli est encore le plus bel établissemen de bains naturels et médicinaux de la capitale; ce jardin mérite donc, sous tous les rapports, la visite et la faveur du voyageur et de l’étranger.
Bals, fêtes champêtres, jeux publios et clandestins.
On danse toute l’année à Paris , quoique la saison des bals, proprement dit, n’y dure guère que trois ou quatre mois au cœur de l’été; Tivoli, le Wauxhall, la Chaumière, les Montagnes (l)font trois fois par semaine un appel à la jeunesse et aux plaisirs: les charmans
(I) Indépendamment de ces bals, chaque barrière possède un grand nombre de guinguettes où l’on danse tous les dimanches. Les plus en vogue sont VHermitage , sous Montmartre; Salons de Flore et de Mars, aux Champs-Elysées; Jardin de laGaîlé , barrière du Maine ; le Grand- Saint- Mar iin , barrière de la Courülfe ; le Grand-Turc , barrière Poissonnière ; chez Morel , barrière des Amandiers; Salons Varlet , la Vestale, le Feu Eternel , bouîevart de l’Hôpital; Vile d’ Amour, à Belleville, On entre dans ces bals sans rétribution} mais les
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villages dont la capitale est entourée attirent aussi chaque dimanche la bonne compagnie à de jolies fetes où un vert gazon et de simples ombrages de verdure se transforment en salles de danse ; le Ranelagh, au bois de Boulogne, donne chaque samedi un bal de souscription que l’élégance et le bon goût recommandent : le dimanche ses bals publics sont aussi fréquentés par la bonne compagnie. Montmorency, Auteuil, Sceaux, Saint-Mandé, ont leurs bals permanens ; là se porte une foule élégante et joyeuse ; les bals de Tivoli, les fetes champêtres sont assurément un des plaisirs les plus piquans dont puisse jouir l’étranger à Paris.
Mais si dans les belles soirées d’été le bal est un plaisir, il devient en hiver une affaire importante ; l’étiquette alors reprend son empire ; dans un bal champêtre une petite maîtresse de la Chaussée d’Antin a presque du naturel et de l’abandon; avec le mois de novembrerevient lerègne de la cérémonie, le triomphe de l’apparat.
Dans toutes les capitales le cérémonial est le même à peu près pour une invitation de bal. Sur un billet du maître de la maison ou sur la présentation de quelqu’ami commun , on est accueilli avec cette politesse française qui met à l’aise tout d’abord. Dans les maisons où il y a soirée à jour fixe, une fois admis on peut revenir sans invitation nouvelle: pour les soirées d’apparat, la tenue varie suivant la nature de l’invitation ; un grand bal, une soirée, un raout ont chacun leur étiquette; au reste partoute l’Kurope aujourd’hui le costume est le même, et le goût seul doit présider à ces nuances de toilette que nous ne saurions indiquer ici.
Pour les bals publics (1) (notons qu’en général il y
contre-danses elles walses se paient depuis 20 jusqu’à 30 cent. On peut s’abonner pour une soirée, moyennant 1 f. ou i f. 5o e., ce qui est plus avantageux, car on danse tant qu’on veut. 11 y a quelques bals d’été où l’on paie une légère rétribution en entrant, mais que l’on consomme soit en contre-danses soit en rafraîchissemens. Ces bals sont assezbien composés.
(1) Les plus suivis sontle Vauxhall, rue de Bondy;la Redoute, rue de Gvenelle-St. -Honoré ; le Prado , pb
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règne plus de gaîté que de bon ton), il n’est pas besoin de tant de cérémonie ; un billet au bureau en- fait tous les frais. Le voyageur y peut trouver quelques distractions agréables ; mais il doit s’attendre a n’y rencontrer que des danseuses plus jolies que sévères; et la prudence exige de sa part une extrême reserve dans ces bals, où règne une police sévère, que justifient trop souvent les rixes dont leur enceinte devient le théâtre.
Il est une autre sorte de bals dont il n’est pas superflu d’entretenir ici nos lecteurs : ce sont les bals de souscription. Quelque darne, presque toujours la veuve d’un général, d’un colonel, d’un comte , que personne n’a connu, ne manquera pas de leur adresser des lettres d’invitation pour des soirées dansantes, des bals à la salle Lointier, ou dans tout autre local semblable, que l’on se procure à loyer. A la lettre est toujours joint un billet: le prix est de vingt francs d’ordinaire.
A ces bals on trouve une réunion de femmes charmantes, de ces femmes qu’on ne voit qu a Paris, que l’on rencontre partout : aux spectacles, aux concerts, à la promenade. Elégantes sans affectation, gracieuses sans afféterie , séduisantes sans efforts. La danse n’est qu’un prétexte, la grande affaire c'est le jeu. Ces femmes si jolies, si frêles, si douces, si mignonnes, manient les cartes avec une perfection, un fini qui doit faire frémir tout joueur inexpérimenté. Chacune d’ailleurs a dans le cercle qui entoure les tables quelques partners tacites, quelques commanditaires secrets. Malheur à l’étranger qui se laisse séduire à l’appât de ces joueuses charmantes ; si d’aventure il échappe a leurs mains, il
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du Palais de Justice. Prix d’entrée 1 £. pour les cavaliers et 50 c. pour les dames. La Chaumière-d’Hiver, passage du Saumon. Idalie , passage de l’Opera , dimanche et lundi. Prix d’entrée : 2 f . Salon de Mars , rue du Bac. Pendanc le carnaval les bals masqués sont très-nombreux à Paris; mais les plus fréquentés sont ceux de l’Opéra , où se rend toute la bonne compagnie ; prix d’entrée : 0 fr. Commencent à minuit et finissent à G heures. Ceux des Variétés et de l’Odéon sont aussi fort suivis, ainsi que ceux de la Porte-Saint-Martin. Prix d’entrée : 3 f.
Voyages en Voiture publique.
C’est un art difficile que celui de voyager, en voiture publique surtout. Il y a alors cent à parier contre un que parmi ses compagnons de route on trouvera moins de gens bien élevés que de brutaux ; il. faut donc s’appliquer à combiner la politesse et l’égoïsme de telle façon que , dans ses rapports avec eux, on ne soit ni dupe ni incivil.
Lorsque , après s’étre fait inscrire par avance au bureau, on arrive pour prendre place dans la voiture, il faut d’un coup d’œil apprécier chacun de 6es compagnons de voyage. Les places sont distribuées par rang d’inscription ; on s’asseoit donc le plus commodément possible à la sienne. Mais la galanterie, ce tyran qui fait partout peser son sceptre léger, veut que l’on cède sa place a une dame qui en occupe une moins commode^.
La diligence est une sorte de petite république où* l’étiquette sévère perd quelques-uns de ses diojts. Lors*-
tombe bientôt dans celles de quelque expert dù genre» Il y a là un quart de dupes $ le reste se compose de ces hommes dont le pavé de Paris fourmille, élégans, gracieux, aimables, à bonnes façons, mais dont l’industrie secrète alimente seule le luxe. Les maisons honorables seraient inaccessibles pour eux, ils se rejettent sur les bals de souscription; tous ont là de bons camarades, d’aimables amies, et dans votre naïveté vous risquez de défrayer l’élégance de cette compagnie, qui de prime abord avait fait votre admiration.
En principe, car il faut toujours se résumer, lorsque l’on a accepté un billet de bai de souscription, le seul parti à prendre est de danser si l’on est jeune, de causer si la danse déplaît, et de prendre vigoureusement sa part d’un souper que l’on paie assez cher pour y faire honneur.
Nous ne dirons qu’un mot des maisons de jeu (voir page 28);si une curiosité au moins singulière, engage nos lecteurs à visiter ces infâmes tripots, ils lieront sagemenide s’y présenter sans argent: c’est le plus surmoyen de ne pas s’exposer à une perte qui laisse des remords, ou à un gain qui déshonore.