‹ Conducteur général de l'étranger a ParisChapitre 6 sur 114 · NOTICE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

NOTICE GÉNÉRALE

Paris, capitale du royaume de France est à 20 degrés moins 6 minutes 1/4 de longitude du méridien de Pile de Fei (x) , et a 48 degrés 50 minutes 15 secondes de latitude septentrionale; sa hauteur au-dessus du niveau de la mer, mesurée au premier étage de l’Observatoire est de 65 mètres. Voici sa plus courte distance en mvriamètresj aux capitales suivantes :

, myriam.

Alexandrie (Egypte). 303 Alger ( Afrique). . . 134

Amsterdam . 43

Athènes . 210

Batavia . 1158

Berlin . 88

Buenos- Ayres .... nos

Calcula . 78G

Constantinople. . » . 225

Copenhague ..... 103

Ispahan . 440

Jérusalem . 336

Lisbonne .

inyriam.

Londres . 35

Madrid, . \ 05

Mekke (la) . 456

Mexico ........ 919

Moskow. . . 248

Munich . 68

Peîerstbourg ....

Rio- Janeiro ....

Rome .

Stockholm .

Varsovie ......

Vienne (Autriche) .

il 45 i Washington (2).

Paris , sous les anciens Romains , s’appelait Lutelia , mot qui, suivant les uns, vient de luimn , fange (ville de fange), et suivant d autres des mots luth , touez^ y\ qui signifient, en ancien gaulois, rivière , milieu , habitation ,

'}) Le* astronomes et les géographes français prennent pour premier méridien celui qui passe par i observatoire de Paris, dans ce cas Ja longitude de cette viPie est nulle , et s’indique par O.

(2) Pour tenir compte des sinuosités des routes, il faut généralement aug. menter ces distances d’environ un quart.

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divinité qAi, dit-on, était adorée tres-particulierement

divinité q - » -• r’oi-to ptvinolo2ie est d’autant

chez les anciens Parisiens. Cett~ y i ® Paris

plus vraisemblable , suivant eux, que la ville de Vain iinrip h figure d’un vaisseau dans ses armes.

* Ouoi qu’il en soit Paris jouissait de quelque importance dès le commencement de Père chrétienne. On a. des preuves certaines que cette ville avait un ^ ! dont on voit quelques restes encore rue de la Harpe toutefois, les antiquités romaines qu on y a decouveit sont à peine dûmes de quelque attention :1 aquedu d’Arcueil, quelques autels, quelques bas-reliefs grossièrement sculptés, le pavé des deux bassins découverts dans le jardin du Palais-Royal, quelques restes de monumens funéraires trouves dans la rue Vivien , sont les seules curiosités que l’antique Lutece offre aux

a"^|:ide Paris est généralement fort inégal, et il (levait l’être bien davantage autrefois, pmsqu en bien des enduits bas il s’est exhaussé de plusieurs mètres. Le tableau ci-dessous contient les hauteurs des plus hauts points du sol de Paris, au-dessus des eaux moyennes de la Seine, évaluées en mètres et centimeties.

met. o.

Sommet du boulev. S.-Martin.. i5 45 du bout Poissonnière i5 S 5 de la b. des Moulins.. i5 96 du Montorgueil boul.

Bonne-Nouvelle).. 17 78' du j. du Luxembourg. 24 18

Niveau moyen des eaux du bassin delà Vilette . ^6 45

Barrière du Combat . ?° 6

des Trois-Couronnes. 00 09

du Mont Parnasse. . . Si 45

de Fontarabie .... 32 8

Poissonnière . 35 »

de la Chopinette. . ■ 35 48

— Mouffetard . 07 20

inèt. c.

Barrière Blanche . 37 44

__ d’Enfer . 37 85

34 es

de Montmartre. . .

— des Martyrs .

— des Amandiers. . • Boulevart extérieur de la barr,

de Neuilly. . 3s *9

Boulevart extérieur de la barr.

Sainte-Marie à Chaillot . . » 4t Place Sainte-Geneviève 1 . . . 54 Butte Sainte-llvacinthe, près la

rue Saint-Jacques . 34

Butte de l Estrapade . 36

Sommet du labyrinthe du Jardin du Roi. . 55

Un terrain si mal nivelé était peu favorable à remplacement d’une grande capitale, outre que les voitures considérablement chargées circulent péniblement dans certains quartiers, il en résulte encore qu’un grand nombre de rues sont toujours plus ou moins fangeuses, et par conséquent malsaines. Comme les fondateurs des villes ont été pour le plus souvent de petits peuples pauvres et fort ignorans , obligés d’avoir sans cesse les armes à la main pour résister aux attaques de leurs ennemis, il est tout simple qu’ils se soient fixés de préférence dans des lieux fortifiés naturellement, plutôt que sur des points agréablement situés, mais peu sûrs. C’est ainsi que Rome et Athènes doivent leur position aux rochers qui portaient leurs citadelles. Paris évidemment doit la sienne à l’île que nous appelons la Cité. Les sauvages qui guerroyaient sur les bords de la Seine durent s’y établir de bonne heure.

Après la conquête des Gaules par les Romains, il est vraisemblable que ceux-ci eurent toujours à Lutèce des officiers supérieurs avec des troupes, soit pour contenir le pays, soit pour surveiller les mouvemens des Germains qui, comme on sait, épiaient sans cesse une occasion favorable pour passer le Rhin et piller les terres de l’Empire. Ce séjour non interrompu d’un corps de troupes favorisa l'accroissement de la ville et lui donna de l’importance. Le célèbre Julien avait passé l’hiver à Paris, qu’il appelle sa chère Lutèce , et ce fut aux portes de cette .ville qu’il fut proclamé empereur par les troupes qu’il y avait rassemblées. Plus tard , les rois francs fixèrent à Paris le siège de leur gouvernement. Clovis , Childebert, Dagobert, etc., y bâtirent des églises et des palais; Philippe-Auguste le ceignit de murailles, le fit paver, et jeta les fomlernens de la cathédrale actuelle. Néanmoins, cette capitale n’eut, jusqu’au règne de François Ier, aucun monument qui la distinguât des principales villes de province.

IL est fâcheux que depuis la renaissance des arts, les rois de France et les municipalités de Paris se soient donné tant de peines, aient dépensé tant d’argent pour embellir une ville qui, malgré qu’on fasse, sera toujours un fatras. Vu du haut d’une tour, Paris offre la forme d’un immense guêpier, dont le contour ressemble

assez à celui d’un lac dans lequel se jetteraient diverses rivières, formant de petits godes à leurs embouchures. En effet, les constructions de notre capitale, tendent sans cesse à s’allonger sur les grandes routes , de façon que des bourgs qui en sont considérablement éloignés, tels que Neuilly, se trouveront un jour au nombre de

ses faubourgs. i ; .

Paris renfermant les plus savantes academies du monde , il ne faut pas demander si la nature de son sol a été scrupuleusement étudiée par les naturalistes ; il, résulte de leurs observations que la mer a couvert pendant des milliers de siècles, et au moins à trois reprises différentes, la région sur laquelle est bâtie cette ville. Les excavations pratiquées dans les carrières ont mis au jour une quantité prodigieuse de restes pétrifiés d’arbres, de plantes , de quadrupèdes, d’oiseaux, de poissons, dont un gi'and nombre ne sauraient prospérer dans nos climats • il en est même plusieurs qu’on ne trouve plus actuellement dans aucun pays du monde. Nos lecteurs auront la satisfaction de voir une très-curieuse collection de ces antiques restes de la nature vivante au Cabinet d’histoire neturelle. ( Jardin des Plantes.)

Climat de Paris.

Il est fort probable que le climat de cette ville a peu varié depuis le commencement de notre ère. En effet, on lit dans les OEuvres de l’empereur Julien que la rivière s’étant couverte de glaces^ les liabitans regardaient cet hiver comme rigoureux. A cette époque, on cultivait auprès de Paris la vigne et le figuier comme aujourd’hui.

Les plus grandes variations du thermomètre ont été dans cette ville de 18 degrés de froid et de 02 de chaud. En général, la température, pour une année commune, est de 10 degrés 6 minutes.

Les hivers les plus froids observés dans les dix-huitième et dix-neuvième siècles, ont été ceux de

Ans.

Froid.

Ans.

. Froid.

ISO.

13ol/2.

Sans de Paris.

Les eaux qui se boivent à Paris sont fournies par la Seine, le canal de l’Ourcq, l’aqueduc d’Arcueil, les sources du pré Saint-Gervais , de Belleville et Menilmontant.

Ces diverses eaux ont été analysées, et quinze litres de chacune ont laissé après une entière dessication s pour résidu en matières solides ;

Grammes.

Eau de la Seine .

L’Ourcq . 5 125

Arcueil . 8 855

Grammes.

Pré Saint-Gervais. 21 281 Belleville et Menii. 27 073 Rivière de Bièvre. . 9 824

II résulte de ce tableau que la Seine est la plus pure des eaux qui se boivent à Paris, puis vient celle du canal de l’Ourcq, puis celle d’ Arcueil , etc.

la Seine.

Sa vitesse moyenne entre le Pont-Royal et le Pont-

Sa

hauteur ,

au-dessus

des basses eaux de

été en

mèl

mèt. c.

de ... .

de ..... .

11 ” fe • • t

et 1802. . . .

Habitam de Paris.

Cette ville ayant été peu fréquentée par les étrangers jusqu’au quinzième siècle, ses habitans, a peu d exceptions près y devaient être de même espèce que les peuplades des pays environnans. Il n’en est plus ainsi, depuis cette époque, et principalement de nos jours ; il est bien permis de dire toujours habitant de Paris en parlant de l’individu qui réside dans cette ville , mais ce sèrait le désigner d’une manière fort peu exacte en l’appelant citoy en , si par ce mot on voulait faire entendre que sa race s’est perpétuée dans Paris depuis un

grand nombre de siècles ; le premier venu peut faire l’observation qu’il est extrêmement rare de trouver un homme qui compte plusieurs générations d ancêtres parisiens ; il est permis d’affirmer que sur les 880,000 individus rjui composent aujourd’hui la population de la capitale, il n’en est pas 10,000 dont l’ancienneté remonte de père en fils au règne de Louis XIII. De nos joui's il est aussi indispensable que la province fournisse à Paris des habitans que des comestibles.

La cause de cette singulière absorption d’hommes ne nous est pas inconnue , mais il serait trop long et fort peu à propos de la développer ici : nous nous contenterons de faire observer que les effets en sont plus actifs sur les garçons que sur les tilles. Un jeune Parisien de la deuxième ou troisième génération a presque les formes et les manières de la femme : rarement il a des enfans viables; d’où il faut conclure que toute famille qui, par goût ou par nécessité, se tient sans interruption dans un appartement ou dans une boutique , est vouée irrévocablement à l’extinction. A oilà pourquoi celles qui vont passer la belle saison à la campagne se soutiennent un peu plus long-temps : témoins quelques anciens nobles, dont l’établissement à Paris date de plus d’un siècle ; et toutefois cette caste s’est singulièrement affaiblie depuis qu’elle n’habite plus ses châteaux ou repaires de province; la grosse architecture des hôtels du faubourg Saint-Germain n’est plus en rapport avec les grêles individus qui circulent dans leurs appartemens.

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