‹ Conducteur général de l'étranger a ParisChapitre 74 sur 114 · PRISONS · texte numérisé non relu

PRISONS

Comme toutes les institutions, les prisons se sont améliorées tant sous le rapport sanitaire que sous celui du traitement des condamnés, qui ne sont plus aujourd’hui obligés de subir, sans avoir le droit de se plaindre, les brutalités et les grossièretés des guichetiers; l’aspect de ces établissemens est moins sinistre; de notables changemens dans les bâtimens de diverses prisons en rendent le séjour beaucoup moins dangereux, et pas conséquent plus supportable. M. Appert, qui rédige et

éëi'it un Journal des Prisons, fait tous ses efforts pouréclairer l’autorité sur les abus qui existent encore dans ces maisons. Espérons qu’il parviendra à ce but aussi noble que philantropique. — Toutes les prisons sont ouvertes du 1er avril au ier octobre de 10 heures dama tin à 5 heures du soir; et le reste de l’année de 10 à 5 heures. — Pour communiquer avec les détenus, il faut se procurer une permission, qui se délivre gratis à la préfecture de police, bureau des permissions, division des prisons, de 10 h. du matin à 4 b. du soir. Pour obtenir une permission pour voir un détenu pour dettes, il faut que le détenu lui-même en fasse la demande par écrit, avec cette pièce la personne se présente, et aussitôt on délivre la permission. Cette précaution a été prise pour ôter à l’incarcérateur tout moyen d’aller tourmenter de sa présence l’incarcéré; ce qui amenait toujouls avant cette mesure des scènes fâcheuses et souvent des rixes. On communique avec les détenus pour dettes dans leurs chambres, et l’on peut y boire, manger, jouer, etc., comme chez soi-même, jusqu’à la nuit. Les détenus pour délits politiques n’ont pas autant de liberté ; on ne peut les voir qu’au parloir, à moins qu’on ne soit paient du détenu, et alors il faut avoir soin de faire spécifier sur la permission que c’est pour communiquer dans la chambre du prisonnier. On ne peut que causer dans les parloirs, et fort souvent en commun aveG beaucoup de monde.

Les condamnés pour vols, etc., etc., ne peuvent être vus que les dimanches et jeudis, de 9 à 3 heures, dans un parloir qui est coupé en deux par deux grandes grilles de bois, au milieu desquelles il existe un passage assez large pour la circulation d’un homme. — Les enfans détenus par correction paternelle ne peuvent être vus qu’en présence de leurs surveilîans.

S>épôt de la Préfecture de Police, à la Préfecture même. On y met pêle-mêle toutes les personnes arrêtées temporairement parla police; l'on doit en sortir promptement en recouvrant sa liberté ou en allant dans une autre prison. Le dépôt se divise en deux parts. La salle Saint-Martin pour ceux qui peuvent payer le logement et la nourriture! Un bâtiment à trois étages serty

au premier, à recevo r ies iiiles publiques; au second les prévenus, et au troisième ceux qui paraissent les moins coupables.

Sainte-Magie , rue de la Clef, 14. On y détient les prisonniers pour dettes ; les prévenus ou condamnés pour délits politiques; quelques prévenus de vol, et les condamnés à un court emprisonnement. A la dette, il y a jeu de billard, café , cabinet littéraire , etc. — Les détenus pour délits politiques se promènent alternativement pendant certaines heures du jour, dans un jardin ou cour assez aéré. — Cette prison a reçu de notables améliorations par la construction d’un vaste corps de batiment. — Une nouvelle prison se construit pour recevoir les détenus pour dettes.

Celui qui fait arrêter une personne pour dettes est obligé de payer 1 fr. 10 cent, par jour pour alimenter son débiteur; ces alimens se paient par mois et d’avance. Si, le mois échu, on ne payait pas le suivant la veille, le détenu serait libéré envers son créancier, et il sortirait de prison sur-le-champ. Au bout de cinq ans de détention consécutive, la créance pour laquelle on était détenu est éteinte pour un Français. 11 n’en est pas de même pour les étrangers, ils restent en prison toute leur vie s’ils ne peuvent payer.

Grande Force, rue du Roi-de-Sicile, 12. Cet hôtel a appartenu au roi de Sicile, puis au due de La Force. Fui l 780, on en fit une prison. Elle se divise en huit cours sans communication entre elles. On n’y détient que des prévenus de délits ou de crimes. C’est une des plus vastes et des mieux distribuées de Paris. On y remarque, dans la chapelle, une descente de Jésus-Christ aux limbes, excellent tableau de Delorme.

Petite Force, rue Pavée, 22, contiguë à la Grande Force. C’est dans cette prison que sont détenues les filles publiques; elles y sont occupées à filer de la laine ou du coton.

Hfadelonnetfes, rue des Fontaines du Temple, 16. Ci-devant couvent des filles de la Madeleine, aujourd’hui prison pour les femmes condamnées pour dettes ou pour délits, ainsi que pour quelques jeunes filles emprisonnées par correction paternelle.

Conciergerie, sous les voûtes du Palais de Justice, a droite du grand escalier, à 10 pieds au-dessous du niveau des rues voisines, ancienne prison du parlement^ et aujourd’hui destinée à recevoir les individus mis en accusation et attendant le jugement de la cour d’assises, le cachot où fut détenue Marie- Antoinette est transformé en chapelle expiatoire. La conciergerie a ete assainie par diverses améliorations d’interieur.

Saint-Lazare, faub. S. -Denis, 14 7. Cette prison fut,* i us a iv à La fin du 16e siècle, un hospice de lépreux. Ce fléau avant disparu, on fit don de l’établissement a S -Vincent-de-Paul. Plus tard, les pères de la mission

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elles y sont occupées pour les soustraire a 1 ennui et au désespoir, à des ouvrages propres à leur sexe, qu elles exécutent avec une rare perfection. On leur prépaie ainsi quelques ressources pour l’avenir, en les forçant a faire clés économies dont elles recueillent le fruit en sortant de prison. Cette maison est 1114e des mieux tenues de Paris. . . , . -,

Bicêtre, prison très-forte, destmee a recevoir les condamnés aux fers et à la détention, jusqu’au moment ou ils doivent subir leur peine. Cette prison est au milieu

de l’hospice de ce nom. (Voyez page 2o8.)

Moataïgu [prison militaire), rue des Sept- Voies, -b. On y enferme les déserteurs ou les condamnes pour fautes graves, ainsi que les accusés. On y a établi une

école fancastrienne. , .....

Abbaye-Saict-Glermain ( prison militaire), rue et place Sainte-Marguerite. On y détient les provenus de crimes de la compétence des conseils de guerre. Cette prison extrèment forte, est une de celles ou furent exécutés les massacres des 2 et 3 septembre 1792 ; c est la où furent enfermés Cazotte et Sombreuil, que leurs héroïques filles parvinrent à arracher aux assassins.

Maison de Refuge, rue des Grès, il. On y détient les en fans condamnés pour crimes ou délits commis avant l’âge auquel la loi les soumet au Code penal. On y a établi des ateliers, et rien n’est négligé pour lachei de ramener à la vertu ces jeunes malheureux.

départ des courriers

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