BAINS PUBLICS
Il n’existait à Paris, en 1765, qu’un seul établissement en ce genre, formé par Poitevin sur un bateau en face le quai d’Orsay. Plus tard Albert fit construire les premiers bains d’eaux minérales, douches, etc. Aujourd’hui chaque quartier possède plusieurs de ces etablissernens, fort commodes, très-bien bâtis, et ou ion est servi avec ponctualité et prévenance. La concurrence a fait diminuer les prix; beaucoup d’établisseinens les ont mis à 75 cent. Dans ce prix n’est pas compris le linge. Chaque serviette se paie 10 cent. Le pour-boue des garçons est aussi à part, et varie de 10 a 50 cent. Si on veut réchauffer ou refroidir son bain , on peut tourner L’un ou l’autre robinet. On prend les bains dans des cabinets séparés, for t propres et meublés convenablement. — Les bains d’hommes et de femmes sont toujours dans des bâtimens séparés. — On peut se procurer dans ces bains toutes sortes de bons conlortatiis et des parfumeries de toute espèce. Les garçons, moyennant rétribution, extirpent les cors aux pieds. Dans chaque cabinet est un avis imprimé, portant reglement de l’intérieur et le prix des divers objets de consom¬
mation. . , , . ,
Beaucoup de ces établissemens envoient des bains a
domicile, dont le prix est double. .
Dans l’été, on prend des bains d’eau froule a -0 cent, dans des enceintes de planches couvertes entoile, lour 50 à 60 cent, on a des cabinets particulieis, ce qui es
infiniment préférable, car on se trouve pêle-mêle dans
ceux à 10 cenl. avec une populace qu’on ne connaît pas.
Il y a aussi dans Paris beaucoup de bains d’eaux thermales vraies ou factices.
Le pauvre peut se procurer à l’hôpital Saint-Louis, gratis, des bains de toute espèce.
Voici l’adrese des bains les plus fréquentés, par arrondissement :
1) Bains de Tivoli, rue S. -Lazare, 86. Appartenions pour les malades, et jardins spacieux pour les convaiescens. Fabrique d’eaux minérales de Spa, de Bagnères, Cauteretz, ayant les mêmes vertus que celles qui sortent des sources elles-mêmes. Administrées en douches, en vapeur par fumigation. Bains de mer. De bons médecins sont attachés à la maison.
Quai de Billy, 2. — Bue du Mont-Blanc, 59, bains à domicile. — Bue Saint-Thomas du Louvre, 38. — Même rue, 38. — Bue du Faub. -S. -Honoré , 30. — Bue de Chartr s, 7.
Bams de la pompe à feu de Chaiîïot. — On y trouve* des bains d eaux sulfureuses et minérales, on y prend ues douches ;on y nage en hiver dans de l’eau tiède.
Bains Vigier, au bas du Pont-Boyal. — Un jardin plante d’arbres et de fleurs décore son entrée. Il est sur un bateau de la longueur d’un vaisseau de haut bord, et fut construit en 1801, en 40 jours. Élevé de deux étages; contient 440 baignoires. Des galeries ornées de colonnes et de pilastres, reçoivent le jour par des campanilles qui communiquent de l’une à l’autre galerie. Derrière le bateau est une barque de moindre dimension, portant une pompe mue par le manège, et un réservoir dont l’eau alimente toutes les baignoires, irrix : 1 fr., non compris le linge: fréquentés par un gland nombre d’amateurs, tout le service y est fort bien organisé.
2) Bains de la Botonde , au Palais-Boyal , près du perron. Bue Louvois, 2. — Bue Clioiseul, 8, bains à domicile. Faub. Poissonnière, 99. — Bue des Filles-» S. -Thomas, 16.- — Bains chinois, boulevart des Italiens, 3 derrière des masses de rochers artificiels s’élèvent
desbâtimens de structure chinoise. Beau local et belle distribution; café et restaurant où l’on est bien servi.
• — Rue Grammont, 1. « — Rue des Colonnes, 7. — Rue Chantereine, 19 et 36. — Faub. Montmartre, 10, bains à domicile.- — Bains de Jouvence, faub. Montmartre, 4. Prix : 75 cent.; très-bien tenus.
3) Bains Saint-Sauveur, rue S. -Denis, 277. — Rue Montmartre, 56, et eaux minérales. — Rue du Mail, 23, et eaux minérales. — Rue J. -J. Rousseau, 21, et eaux minérales. — Rue S. -Joseph, 10. — Rue Tiquetone, 18. — Rue des Vieux-Augustins. — Rue Notre-Dame-des- Victoires, 16, bains à domicile.
4) Bains Vigier, au bas du terre-plein de la statue d’Henri IV. — Rue Montesquieu, 6. — Bains froids dans la Seine, le long du quai de la Mégisserie.
5) Bains de l’hôpital S.-Xiouis. — On a administré gratuitement dans cette maison en une seule année 130,61 3 bains ordinaires, sulfureux, alcalins, de vapeur, fumigatoires, en douches, etc. Il n’a pas même été nécessaire d'être traité par cet hospice pour avoir part a ce bienfait. Dans la même année il a été distribué aux indigens par les bureaux de charité 5,000 cartes de bains gratuits.
■Wauxhall , rue Samson ,3. — Rue de Bondy , 48 , bains à domicile.
6) Bains turcs, rue du Temple, 94, fort élêgans.
7 ) Rue S. -Antoine, 67 et 69. — Quai de Gèvres, près la place du Châtelet.
8) Rue Culture-Ste-Catherine, emplacement de l’ancien théâtre du Marais. — Rue S. -Louis, 27, bains à domicile.
9) Bains Vigier, au bas du Pont-Marie , semblables à ceux du Pont-Royal, et comme eux ornés de fleurs et d’arbustes.
10) Rue Taranne, 10. On y trouve des bains de luxe, d’eaux minérales et de toute espèce. Dépôt d’eaux minérales. — Paie de Seine, 14. — Rue du Bac, 77.' — Bue de Babylone, 7, bains à domicile. — Rue des Sts-Pères, 69» . — Vigier, bains domestiques sur la Seine, au coin-
mencement du quai d’Orsay. Prix : 1 fr.— ï>e la pompe du Gros-Caillou, bains d’eaux minérales et sulfureuses. On y prend aussi des douches. — Bains aromatiques, rue S. -Dominique-S. -Germain, 72. Bains de luxe et de santé, d’eaux minérales factices et de toute espèce. • — Bains de l’Ecole de Mutation, extrémité du quaid’Or* say, du 1er mai au 1er octobre. Piectangle de bateaux surmontés de bâtimens d’un étage et divisés en petites loges. Des filets isolent l’école, er des marins éprouvés inspectent les mouvemens des nageurs. Séance ordinaire, 1 fr. 25 cent. ; avec leçon, 5 fr. 40 c.
11) Bue du Paon-S. -André. ( V oy . le 4e arrond.) — Passage de la Cour-du-Commerce, allée de Boiian.
I2j> Cul-de-sac des Feuillantines, 1. — Rue des Bernardins.
IMPRIMERIE XLOTAUB,
Vieille Rue du Temple.
L’origine de cet établissement remonte à François Ier? qui fit graver par Garamond, d’après les manuscrits cL’Enjuvergès, calligraphe grec, les beaux caractères connus sous le nom de grecs du roi. Ces caractères étaient déposés chez des imprimeurs qui prirent le nom d’imprimeurs royaux [typographi regii) . Les premiers, dans l’ordre de date comme dans celui de la célébrité, furent les illustres membres de la famille des Etienne.
Sous Louis XIII, par les ordres de Richelieu, une imprimerie royale fut formée et établie au Louvre ; les caractères grecs y furent déposés : on y joignit les caractères arabes et syriaques que Savary de Brève, ambassadeur de Henri IV à Constantinople, avait fait exécuter.
Telle est l’origine de cette célèbre typographie orientale, qui put rivaliser avec celle de la propagande de Rome, fondée par Sixte-Quint, et celle des Médicis , de Florence, jusqu’à ce qu’enfin les victoires de la république française l’eurent enrichie de ces mêmes collections orientales de Rome et de Florence, et fait de* l’imprimerie nationale de France le plus riche dépôt en ce genre qui existe au monde.
L’imprimerie royale du Louvre publia une suite d’pu-
vraies et de collections du plus haut intérêt , dont plur Srs sont encore aujourd’hui continuées; tels que Us Th'ctnrim ï de France et la. B izantine . ,
Louis XIV enrichit l’imprimerie royale de caractères oui furent gravés par Grandjean, d’après des modèles fournit par8 L’académie des sciences. Ce sont ceux qui, remarquables par quelques signes parucuhers savent encore aujourd’hui aux impressions journalieies. A di verses époques, des tentatives furent faites pour substituer de nouveaux types à ces caractères, qui, a leur 01 - STe, étaient les plus beaux qui fussent connus 5 mais ils n’ont jamais été complètement remplaces
Jusau’a l’époque de la première révolution , limp11 merie^oyale Conserva la destination qui lui avait ete donnée par Richelieu. Elle publiait des oendieux, des collections savantes : elle était chargée aussi de* impressions du cabinet et des ^ vo ; pIIp avait le privilège de 1 impression des lois, elle exécutait les travaux ‘secrets dont le gouvernement avatt
bTa1 révolution française la dota de nombreuses attributions. Le Bulletin des lois fut fondé par la conventton nationale, pour être distribué dans yul"s.le* COf“mc"”rl de France , et l’imprimerie de la repubbq 'e. „é enter née de ce travail. Successivement elle
les impressions nécessaires aux services de pltmeure
administrations publiques, |usqu a ce qu
décret de 1808 , Napoléon concentrât dans cet : et ■ b
sement tous les travaux a exécuter P° " JeS
et les administrations qui en dependen , - q
Faé:eft«'a 1étaUio
dans le palais des princes de Rohan, connu 1 de Palais-Cardinal , dont elle occupées vastes dope
d Aujourd’hui, l’imprimerie royale, qui rentre dans
les attributions du ministère Bullel
10 T)e la publication et de la distubuti tin des loi,?.a nombre de près de 50,000
2o De l’impression d’ouvrages savans , àt &
langues orientales ; une somme d envno o ’
est consacrée à des impressions gratuites pom des
il I
Yrages qui , sans cet encouragement , ne pourraient voir le jour, maigre leur utilité ;
3o I)e toutes les impressions nécessaires aux ministères et aux administrations qui en dépendent.
pofsède3^011113111 CeS diVG1S 8ervices» cet établissement
Un cabinet de poinçons et matrices, renfermant 56 caractères difïérens pour les langues orientales et 126,000 groupes chinois ; 46 corps complets de types romains et italiques ;
Des caractères ordinaires pour les impressions coulantes , en quantité suffisante pour pouvoir composer simultanément la valeur de 4.60 volumes ■
400 Presses ordinaires , et 6 presses mécaniques mues par la vapeur; lesquelles réunies, permettraient d’imprimer en un jour l’équivalent de 7,000 volumes in-8°-
Une fonderie de 6 fourneaux; 3
Un vaste magasin de papiers ;
Des machines pour sécher et satiner le papier, et des ateliers de reliure, de brochure et de cartonnage.
Da consommation annuelle de papiers blancs s’élève de 80,000 à 100,000 rames, ou de 264 à 326 rames par jour ouvrable. r
Elle emploie habituellement de 350 à 450 ouvriers dans ses ateliers ; elle est administrée par un directeurmaître des requêtes. 7
Un réglement autorise l’imprimerie royale à confier aux imprimeurs du commerce les caractères orientaux necessaires pour les citations qui se trouvent dans les ouvrages qu’ils impriment.
Le directeur de l’imprimerie royale accorde des permissions pour visiter l’établissement sur la demande qui lui en est faite.
Manufactures de tapis de la Savonnerie et des Gobehns, rue Moutfetard, n. 270. Ouvertes les mercredis et samedis, de 2 a 4 h., aux personnes munies de billets.
î.es Gobelins furent fondés en 4450 par Gilles Gobelin. Canaye et Jean Glucq y importèrent, en 4655, 1 art de fabriquer les tapisseries et de teindre les laines et e drap en ecarlate. Cet établissement ne pouvant tie soutenu par des particuliers , Colbert proposa en
1662, à Louis XIV, d’en faire une manufact&re royale,, pour y confectionner les meubles de prix. La direction en fut donnée au célèbre peintre Lebrun, en 1667. Cette manufacture s’est acquis une réputation européenne par ses tapisseries de haute et basse lisse, ou la laine remplace avec un rare avantage toutes les nuances du pinceau le plus exercé»
ta Savonnerie fut fondée en 1604 par Pierre Dupont et Simon Bourdet. On y fabrique des tapis du genre oriental, dont la beauté fait l’admiration de tout le monde. On voit au Louvre un tapis extraordinaire provenant de cet établissement. Il a 1,300 pieds de long et se compose de 62 pièces. Ses produits sont dune telle perfection , qu’un tapis d’une moyenne grandeur se paie jusqu’à 40,000 fr.
Manufacture des glaces, rue de Reuilly, n. 24. Érigée en 1666 en manufacture royale , par Colbert, qui fit construire les vastes bàtimens qu elle occupe encore aujourd’hui. Ce fut Thevart, Fiançais, qui découvrit, en 1559, Part de couler les glaces, etLucasde Néhou perfectionna ce procédé ; en 1688, Riviere Dufresne découvrit le moyen de les polir. Aujourd’hui on les coule à Saint-Gobin, d’où on les envoie à Chaunÿ pour être doucées et polies au moyen d’une machine a vapeur qui remplace la force de. 7*000 hommes : /0Ô ouvriers sont occupés rue de Reuilly et 2,000 a Samt- Gobin. Ces malheureux ont beaucoup de mal et ne gagnent presque rien. La plus grande glace qui soit sortie de cette manufacture avait 10 pieds 8 pouces de long sur 6 pieds 6 pouces de large. On peut la visiter tous^ les jours.
Garde-Meuble de la Couronne, rue des Champs- Elysées, 6. Pour obtenir la permission de parcourir ce brillant entrepôt des joyaux de la couronne, il écrire, port franc, à M. l’intendant du garde-meuble , qui l’habite , pour lui demander une carte d entree. Dans les salons de ce vaste établissement sont déposés de riches ameublemens, des vases magnifiques, beaucoup de pierreries et surtout un superbe diademe da diamans entremêlés de saphirs, au-dessus duquel est placé le célèbre diamant nommé le ngent. { Voir sa description pag. 41. )
Hôtel de la Chancellerie de France, place Vendôme, 17. Cet hôtel, dont l’extérieur est absolument semblable à celui des autres beaux bâtira ens qui environnent cette place, mérite par son intérieur d’attirer les regards des curieux. Bâti du fruit des dilapidations du nuancier Bourvalais, il fut en 1717 confisqué sur lui par axret de la chambre de justice, et c’est aujourd’hui la demeure du chef de la magistrature française.