‹ Confédération, indépendence, annexion [microforme]Chapitre 7 sur 7 · PU TD · texte numérisé non relu

PU TD

Quel rôle bien différent il y aurait joué si, au lieu de lui confier unc mission inutile, nous lui avions donné le mandat de poser devant la Haute Commission la question canadienne; si nous l'avions autorisé, prévenant l’action menaçante des Etats- Unis et les secrets désirs de l'Angleterre, à demander à cette réunion de diplomates, de rechercher, en même temps que le réglement des difficultés existantes, une solution pour notre avenir ? Pourquoi, par exemple, revêtu de nos pleins pouvoirs, n’aurait-il pas pris l'initiative d'un projet ayant pour but de faire céder le Canada aux Etats- Unis comme compensation des réclamations de l'Alabama, en stipulant pour nous une exemption complète des charges créées par la guerre civile ? Nous n'avons pas participé à cette guerre et il ne serait que juste que le Canada, entré après coup dans l’Union Américaine, n'en supportât pas le fardeau. Un habile négociateur, sachant profiter des circonstances, sachant mettre à profit les dispositions des deux gouvernements qui sont en présence, obtiendrait certainement cette concession si importante pour nous, qui ferait disparaitre la dernière objection que soulève l’annexion. Ce serait, du reste, faire injure à un grand peuple comme le peuple américain, que de supposer qu'il ne se montrerait pas généreux à notre égard, qu’:l ne nous ferait pas les conditions financières les plus larges, Ce serait lui faire injure que de supposer qu'il voudrait faire peser sur nous la dette contractée pour sauver sa propre unité, lorsque l'annexion du Canada à son territoire n’augmenterait en rien ses charges, lui apporterait un accroissement considérable et un bénéfice réel.

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Quoi qu'il en soit, puisque ceux qui sont en position de voir, ferment les yeux; puisque ceux qui sont en position d'agir, se croisent les bras ; puisqu'Ontario, se complaisant dans une prospérité que l’ennexion triplerait, dépense son énergie dans des luttes puériles; puisque les plus hardis se contentent d'essais timides et de propositions incolores ; c'est à Québec qui, de toutes les provinces, est celle qui souffre le plus de la prolongation de la situation actuelle ; c'est à Qué. bec qui a toujours, d’ailleurs, montré plus de largeur de vues et de véritable esprit politique, à rompre le silence de convention qui plane sur les maux et les désirs du pays, c’est à Québec à prononcer enfin le mot décisif, Et elle recueillera avec l'honneur d’avoir agi la première, le bénéfice d’être entendue la première dans les conseils où se décideront nos destinées. Assez de liens déjà nous attachent à la République Américaine, assez de titres nous recommandent à sa sympathie, pour que nous puissions nous en reinettre avec une confiance entière à son esprit de justice. Les 500,000 Canadiens-français qui habitent au milieu d’elle en y pratiquant toutes les vertus civiques, doivent lui enlever la. crainte qu'en entrant dans son sein, nous troublions l'harmonie qui préside au fonctionnement de ses institutions et l’accord de ses populations dans la foi républicaine ; tandis que les 40,000 Canadiens morts au champ d’honneur durant la guerre contre le Sud. lui montrent jusqu'où peut aller notre dévouement pour la cause de l'union et de la liberté.

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