EUR ‘ DRE
notre existence, moins nous aurons de cohésion et d'homogénéité. Si notre horizon s'élargissait, cependant, toutes ces causes de discorde disparattraient; et dans l'agitation d’une vie politique active, on n'aurait plus le loisir d’ergoter ; l’art de suptiliser se perdrait.
Le niveau politique baisse toujours ; l’électeur est de plus er plur indifférent, le candidat de plus en plus nul. Le peuple n'est point séduit par le talent, mais par le voisinage. Que l'argent gagné en Chambre se dépense dans la place, comme il dit, et son honheur est fait. Les impôts même n'ont plus le don de l’effrayer; car s’il ne s'aperçoit pas quand il les paie, il sent bien, en revanche, quand lui tombe dans la main l’argent de celui qui achète son vote. La ville-modèle est Trois-Rivières ; elle élit ses députés pour qu'on en fasse des shérifs, et se plaint que le gouvernement la méconnaît, quand il tarde trop à les nommer. |
Si cette situation ne change pas,—et comment changerait-elle si une grande commotion ne survient ?—nous en arriverons à n'être rien, à ne compter pour rien. Les hommes formés dans des temps meilleurs une fois écartés, il ne nous restera personne. La force numérique ne nous suffira pas toujours. Un moment viendra où l’on nous demandera des hommes en état de: remplir les positions d'Etat auxquelles notre nombre nous donne droit, et où l’on passera outre si nous n’en avons pas à présenter. Nous avons le droit de nous contenter de la médiocrité pour nous-mêmes, pour le service de nos intérêts particuliers : nous n'avons pas le droit d'exiger des autres qu'ils s’en contentent pour le service des intérêts généraux.
Les craintes que fait naître le sentiment du
Lol
ee
peu durs à pt ner Lo
RTE
f fl hi Le
Ë EX h É k ]
malaise intérieur qui mine la Province de Québec, ne sauraient être comparées, cependant, à l'inquiétude politique que doivent naturellement inspirer les dangers extérieurs auxquels est sans cesse exposée la Confédération tout entière. Une guerre peut éclater, d’un moment à l’autre, entre l’ Angleterre et les Etats-Unis, soit par notre propre faute, soit à cause de circonstances entièremeut étrangères à notre volonté ; et, passant du repos le plus profond à la plus redoutable agitation, le Canada deviendrait le champ de bataille entre les deux puissances : si toutefois l'Angleterre croyait devoir attendre sur notre sol une défaite trop certaine. C’est à la modération des Etats-Unis, à un hasard merveilleux, que nous devons la sécurité dont nous avons jouie jusqu'ici. Notre repos est à la merci du moindre incident, à la merci du premier aventurier venu. Il est inconcevable que dans une situation pareille, un conflit n’ait pas encore éclaté, même sans aucun dessein prémédité de part et d'autre. Si, au lieu de venir échouer maladroitement sur notre frontière, les Féniens avaient envoyé des émissaires dans le Nord-Ouest, ouldancé des corsaires dans le golfe, ils auraient produit des complications redoutables, peut-être amené la guerre. Ce qui n’est pas encore arrivé peut survenir d'un jour à l’autre ; maintenant surtout que le général Grant a mis, par son Message, les questions canadiennes à l’ordre du jour. Tout à coup la guerre peut se déchaîner sur nous ; tout à coup nous pouvons nous trouver précipités dans la plus effroyable des catastrophes.
Or, deux choses sont certaines : c’est que, d’une part, l'Angleterre dans la situation politique et militaire amoindrie qu’elle occupe maintenant
pue Se
dans le monde, dans l’état actuel de ses forces et de ses ressources, ne saurait nous défendre avec succès ; c'est que, de l’autre, nous ne pouvons consentir ni à nous défendre, ni à nous laisser défendre, parce que, victoire ou défaite, c’est également pour le Canada la ruine, une ruine irréparable,.
La guerre entre la Prusse et la France ; le triomphe si complet de l’une, le long repos qui va être imposé à l’autre pour recouvrer les forces qu'elle a perdues ; l'impuissance de toutes les autres nat:ons en face de l'alliance de l’Allemagne et de la Russie, ont changé complètement la situation de l'Angleterre. Elle est réduite maintenant, en Europe, à l'isolement, condamnée à l'inaction ; elle ne peut plus sortir de ses îles, aborder au continent ou courir les mers.L'influence qu'elle exerçait autrefois est passée âux mains de la Prusse, et son rôle comme celui de l'Autriche est fini. C’est en vain qu’elle a cherché à sauver l'Alsace de l'absorption germanique ; ses conseils n’ont pas été plus écoutés que les plaintes de la France vaincue ; et il lui a fallu consentir à voir rompre l'équilibre qu'elle avait établi en 1815. L'Empereur Guillaume voudrait demain envahir la Hollande, et l'Empereur de Russie marcher sur Constantimople, qu’elle ne pourrait pas s’y opposer.
L’abandon de Amérique n’est donc plus pour l'Angleterre affaire de choix, mais de nécessité, Il lui faut se replier sur elle-même et concentrer toutes ses forces dans ses îles. Elle doit abandonner les positions qu'il lui en coûterait trop à défendre, pour s’en tenir à celles qu’elle doit sauver à tout prix; et cela sous peine de voir son drapeau subir des insultes qu'elle ne pourrait
apaqir
PR LS un rh ete it DL a MT EL M LAS Rd
re
venger. L'exemple de la France est là pour lui montrer qu'une nation si puissante qu'elle soit, ne saurait impunément disperser ses forces dans le monde, combattre pour les autres, prêter ses sol- ‘dats, prodiguer ses trésors etson sang ; qu'il lui faut ‘songer uniquement à elle-même, à sa propre sécurité, à son propre salut. Elle ne peut pas s'exposer à ce que le Canada devienne pour elle ce qu'ont été pour la France l'Italie et le Mexique. Son intérêt, son intérêt immédiat, pressant, c'est de guitter l'Amérique ; c'est de se retirer avant que les événements ne la surprennent, pendant qu’eile peut le faire encore avec honneur et sans avoir l'air de fuir. Il n’y a donc pas lieu de s'étonner si elle sttend le signal du départ avec impatience ; si elle s'inquiète des retards ; si elle trouve que la Confédération Canadienne n’est pas assez vite prête pour l'indépendance. Ceux qui veulent la retenir de force ici, ceux qui s’acharnent à lui disputer les prétextes avec lesquels elle cherche à pallier son mouvement de recul, la servent moins bien à coup sûr que si, voyant son embarras, ils Taidaient à en sortir, et faisaient prendre sans retard au Canada l'initiative d’une séparation désormais inévitable.
Si l'Angleterre ne peut nous défendre, le Canada peut encore moins se défendre lui-même. La seule pensée de se mesurer avec un antagoniste aussi puissant que la Grande République ferait tomber les armes des mains des plus braves. On ne se bat pas, quand on a par avance la certitude d’être battu. Il n'y a que les insensés qui parlent d’un pareil conflit comme possible, qui parlent de recommencer Châteauguay dans de plus vastes proportions. En l’état de faiblesse où nous sommes, ce
En
serait plus qu'une folie sans excuse, ce serait un crime de lèse-humanité que de consentir à ce que le pays devienne un champ de bataille. Aussi, pour tout le monde, la question militaire est-elle résolue, définitivement résolue : si bien que nos milices. ne sont entretenues sur pied de guerre que dans les rapports officiels, et que le prajet de construire des fortifications est indéfiniment ajourné. 11 nous reste encore assez de coloneils belliqueux, de journalistes loyaux, cependant, pour attirer quelque malheur sur le pays.
I] y aurait un curieux chapitre à écrire à propos. de notre milice. Sur le papier, elle représente-un effectif considérable ; en réalité, elle se réduit, dans notre province, à quelques centaines d'hommes, toujours les mêmes, qui, passant d'une compagnie à une autre, semblent former plus d'un régiment, gràce à un changement d'officiers à chaque mutation. Mais si l’on faisait la revue de toutes les compagnies à la fois, on trouverait dans les cadres. plus d'officiers que de soldats.
Cette comédie militaire ne prend un aspect un peu sérieux, pour ceux qui n'y regardent pas de près, que lors des exercices annuels. Il vaudrait mieux, pourtant, remplacer ces exercices par de simples parties de pêche et de chasse : le gouvernement aurait du moins du gibier, pour son argent.
Afin de remplir les vides dans les camps, on loue des soldats comme on engagerait des employés. Il y a cependant des volontaires d’un autre genre ; ce sont de jeunes gens désœuvrés qui ne demandent pas mieux que d'aller passer une huitaine à la campagne, en nombreuse et joyeuse compagnie. On a vu des colonels enrêler tous leurs amis, en leur imposant, pour unique corvée, de
ES ue
cocher une nuit en chemin de fer et de fiâner durant 1ne matinée dans un village hospitalier.
Quant aux Ecoles Miïiitaires, leur succès apparent repose tout entier sur la prime qu’on a adroitement attachée aux certificats. C’est une façon comme une autre, de gagner cinquante piastres en s'amusant à la ville ; et il n’y a guère d’étudiant qui refuse de manier le fnsil durant trois mois, pour se délasser de tenir ia plume. Mais ce serait se faire une illusion singulière que de voir, dans les groupes d'élèves so:tis des Ecoles Militaires, une pépinière de généraux.
La tentative de fonder une Confédération anglocanadienne à côté des Etats-Unis, est done, visiblement, condamnée à l’insuccès. Nous ne pouvons la faire réussir. Nous avons beau n'hésiter devant aucun sacrifice ; accepter tout ce qu'on nous présente comme nécessaire à l’accomplistement de l’entreprise ; accorder tout ce qu'on nous demande pour cimenter une union mal jointe, pour en réunir et en relier les membres épars : nous ne saurions poser l'édifice sur de: bases solides; nous ne sauricns empêcher qu'il re croule aussitôt achevé. L'Angleterre elle-même n’y peut plus rien ; il est trop tard pour elle, plus encore que pour nous. L'Amérique lui échappe. La Confédération, hâtivement achevée, condamnée à une tâche au-dessus de ses forces, ployant sous une dette énorme, ne pouvant nous assurer ni la prospérité à l'intérieur, ni la sécurité à l'extérieur, disparaîtra fatalement de la scène, le lendemain du jour où, réalisant le programme qu'on lui a assigné, elle s’'étendra de l'Atlantique au Pacifique.
Ceux qui ont conçu la pensée, exécuté le dessein ‘d'une pareille tentative ; ceux qui ont essayé, en
dépit de l'indifférence de l'Angleterre, de l'hostilité mal déguisée des Etats-Unis,sachant que le moment propice était passé et qu'il ne resteit plus que quelques faibles chances de succès, ceux qui ont essayé, dis-je, de retenir l’Europe sur nos rivages et d'empêcher l'unification de l’Ariérique, n’en garderont pas moins l'honneur d’une entreprise si vaste et si politique. L'histoire sera plus juste que les contemporains pour ceux qui, soit au Mexique, soit au Canada, ont tenté d'élever des barrières contre l’envahissemment de la démocratie américaire; et lorsque, plus tard, la suprématie des Etats-Unis s’étendra sur le continent tout entier; lorsque rien ne pourra rompre cette masse imposante, ni arrêter les flots de ce torrent formidable ; que l'Amérique à son tour menacera l'Europe et ira y dicter la loi: alors on sentira l'étendue de la faute commise et ce que peut valoir pour la paix du monde un petit Etat de plus.
Une place plus grande, cependant, est réservée dans notre propre histoire, aux hommes d’Etat qui tireront le pays de l'impasse où il se trouve, et qui lui ménageront une transition aisée et sûre vers un état de choses plus stable. Le plus vite ils se mettront hardiment à l’œuvre, le mieux ce sera pour nous ; car lorsqu'un régime est condamné à périr, il ne sert à rien d’en prolonger l'existence, surtout quand cette existence coûte des sacrifices d'argent chaque jour plus grands. A quoi bon terminer à grands frais un édifice qui vatomber”? Peu importe, après tout, à l'Angleterre de laisser s’augmenter le fardeau qui pèse sur nos épaüles, puisqu'elle n’en doit pas partager le poids ; mais nous-mêmes, qu'attendons-nous pour accepter Les offres de liberté, d'indépendance, qu’elle nous fait sans cesse ? Quand
tout homme raisonnable a la conviction, la certitude qu'il nous faudra têt ou tard, bientôt, les accepter, pourquoi hésitons-nous ? Nos maîtres emploient toutes les formuies de la politesse diplomatique pour nous éconduire, pour nous faire sentir que nous les embaïrassons ; et comme un visiteur importun, nous faisons la sourde oreille, nous n'avons pas l’air de comprendre. À ce jeu-là, nous comprowettons nos intérêts et nous perdons notre dignité. On dirait que nous voulons jouir le plus longtemps possible de l'émotion d’une situation exposée à tous les périls, ou épuixer toutes les chances de rester pauvres.
Par ces offres si fréquemment renouvelées de séparation, le gouvernement anglais dégage sa responsabilité de ce qui va suivre. Le jour où une catastrophe sarviendra, il aura droit de nous dire que c’est notre faute, uniquement notre faute, si elle nous atteint; qu’il n’a pas manqué de nous avertir de toutes manières; qu'après nous avoir prévenu de profiter d’un répit suprème pour nous hâter de résoudre la question de notre avenir, il ne doit plus songe: qu’à lui-même. Tousles deux, Angleterre et Canada, nous descendons une pente fatale que ni l’un ni l’autre nous ne pouvons remonter ; seulement, tandis que l'Angleterre voit l’abîme qui est à nos pieds et cherche à se dégager pour que nous n’y roulions pas ensemble, nous, nous fermons les yeux, et nous nous laissons glisser jusqu'au fond. Prévost-Paradol a comparé la Prusse et la France à deux locomotives lancées à toute vapeur sur une même voie et allant à la rencontre l'une de l'autre. La situation de l'Angleterre et des Etats-Unis est la même. Malheur au pays qui se trouvera entre les deux lorsque le choc aura lieu !
usé Eee
Et pour ceux qui voient d'avance la catastrophe, aussi sûrement que si déjà elle avait eu lieu, c'est un devoir dicté par le patriotisme et l'humanité, de montrer au Canada le sort qui l'attend s’il persiste à rester sur la voie où cette collision terrible surviendra. Ce serait vraiment une fatalité inexplicable si le même aveuglement qui a perdu la France nous perdait aussi, et nous jetait dans des malheurs plus grands et plus irréparables encore que les siens.
Le couronnement naturel, logique, de la Uonféderation, c'était l'Indépendance. Si les choses avaient suivi leur cours ordinaire, elle serait venue en son temps, produite par notre développement inême. Mais la perturbation profende que la guerre américaine a amenée dans la situation du Nouveau- Monde, dans l'équilibre des forces sur ce contineat, a tout changé ; et il faut nous précipiter dans un nouvel ordre de choses, de même que pour sortir des difficultés intérieures qui troublaient l'Union du Haut et du Bas-Canada, nous nous sommes, un jour, tout à coup, jetés dans la Confédération.
Ici, une double question se pose tout d’abord. Dans l’état actuel des relations de l'Angleterre et des Etats-Unis, d’une part; dans la situation intérieure de la Confédération, de l’autre, l'Indépendance du Canada est-elle possible ?
I] me semble que du côté de l'Angleterre et des Etats-Unis, il y a peu ou point de dificultés à anticiper. Nous réaliserions du coup le vœu le plus cher de la politique anglaise en ces dernières années. D'un autre côté, les Etats-Unis t'ennent avant tout, non à posséder le Canada, mais à en voir partir le drapeau britannique. Ce grand point
ed 0. y =,
ms Dre
obtenu, ils traiteraient volontiers avec nous et nous: accorderaient tout ce qu'ils nous refusent obstirément aujourd'hui. Les deux gouvernements rivaux saisiraient l’occasion avec empressement. Pour le gouvernement anglais, ce serait la libéra-
tion d’une responsabilité qu'il cherche en vain à
alléger, la conjuration de périls chaque jour plus grands, une sorte de délivrance ; pour le gouvernement américain, ce serait un acheminement tout naturel vers une union plus intime avec nous. L'un et l’autre consentiraient d'autant plus volontiers à garantir notre Indépendance contre tout péril extérieur que cela ne leur coûterait aucun sacrifice ; car dès l'instant où les Féniens sauraient ne pas atteindre l'Angleterre en nous frappant, ils ne viendraient plus menacer nos frontières. En échange de la libre navigation du Saint Laurent et de l’usage de nos pêcheries, nous obtiendrions réciprocité commerciale complète avec les deux ; et l'Angleterre trouverait bientôt dans le développement de notre commerce, qui doublerait, triplerait ses relations d’affaires avec nous, une ample compensation aux avantages illusoires dont elle jouit maintenant, et auxquels elle aurait renoncé.
Si l'Indépendance du pays était proclamée dans ces conditions, notre situation serait unique dans le monde, privilégiée. Nous n’aurions besoin que d’une police pour maintenir l’ordre à l’intérieur, et que de quelques agents diplomatiques pour nous représenter à l'étranger. Nous jouirions de tous les avantages d’une colonie anglaise, de presque tous ceux d’un Etat américain, sans en avoir les charges.
Mais cette situation pourrait-elle durer ? Il n’est point aisé de se le persuader. Par une pente toute
et nous :
& obstiements sement.
libéravain à our plus gouverent tout ec nous.
s volonhtre tout hit aucun sauraient ppant, ils ères. En t Laurent iendrions s deux ; et léveloppe- , triplerait mple comelle jouit Mncé.
amée dans 1ique dans besoin que l'intérieur, s pour nous ns de tous de presque n avoir les
r? Il n'est pente toute
CEE TAN
ss 0
naturelle, nous inclinerions vers L2s Etats-Unis; par la force des choses, nous serions entraînés de leur côté. L’envahissement du pays s'opérerait, graduellement, par les affaires. Nous serions annexés commercialement, avant de l'être politiquement. A force d'aller à New-York par affaires, nous finirions par nous rendre à Washington, et par déposer au Capitole le peu qui nous reste des armes de Brennus. Les générations nouvelles, lasses, du reste, de respirer dans un horizon borné, de tourner sur elles-mêmes, demanderaient qu'on leur ouvre toutes les carrières américaines à la fois.
La protection de l'Angleterre se détendrait peu à peu, et la protection des Etats-Unis se changerait en absorption. Et un jour l'annexion du Canada aux Etats-Unis se ferait sans secousse, sans violen:e, presqu'insensiblement.
Notre, position alors serait définitivement fixée, et nous toucherions au but auquel, à travers tant d'événements, nous tendons depuis la conquête. Nous ne saurions vivre seuls, isolés; nous ne pouvons que peu de choses par nous-mêmes. Il nous faut pour nous soutenir, pour nous pousser, la main d’un grand peuple. Les Etats-Unis viendraient preadre la place de la France et de l’Angleterre, qui ne peuvent rien faire pour nous; car à l'heure qu'il est, il n’y a plus daus le monde que trois grandes puissances, la Prusse, la Russie et les Etats-Unis ; en Amérique, il n’y en a qu’une seule, la République de Washington.
Après les événements dont l'Europe vient d’être témoin, les, petites nationalités sont vouées à l’impuissance ; il leur faut, pour être quelque chose, se placer sous l'égide d'une grande nation. D'immenses agglomérations se forment, qui absor-
de ÉD
beront tout ce qui est autour d'elles. En nous rangeant aux côtés des Etats-Unis, nous conserverions notre autonomie, tout en exerçant une influence dans les conseils de la nation qui dispose de l'Amérique. Nous recevrions d'elle une impulsion extraordinaire ; et il est difficile, même aans le plus ardent essor de l'imagination, de fixer une limite à nos prospérités. Ce quiest chimère aujourd’hui deviendrait réalité. L'esprit américain transformerait ce pays, y créerait partout le mouvement et la vie; et Québec, porté par l'immense courant &'affaires qui se précipiterait de l'Ouest vers l'Océan, par le St. Laurent, arriverait à l'apogée de sa destinée. Toutes ces grandes entreprises que nous ne pouvons que rêver aujourd'hui pour charmer nos ennuis, s'exécuteraient, On verrait partout surgir manufactures et chemins de fer, s'alimentant mutuellement etenrichissant la population. Ce que ferait du Canada le génie, l'esprit d'entreprise, l'argent américain, nous pouvons nous en former une idée en voyant ce qu'il a fait de l’Ouest, et comment, chaque jour, il tire du sol des villes nouvelles !|
Certains esprits timorés, qui préfèrent à tout la médiocrité, voient pourtant une ombre au tableau. Ils s’effraient du fantôme des taxes à payer sous le régime américain; et ils ne songent pas que le régime actuel leur prépare un fardeau égal, sans leur donner, comme jl'autre, la force nécessaire pour le porter. Les taxes américaines sont les conséquences de la guerre civile, et disparaîtront avec ses traces. En revanche, nos impôts n’ont pas, pour ainsi dire, raison C'être ; ils ne représentent pas le Sud vaincu et l’Union consolidée; ïiis ne représentent que des sacrifices passés et des pri-
elles. En nous nous conservecercant une inion qui dispose lle une impulle, même aans bn, de fixer une himère aujourméricain transle mouvement imense courant e l'Ouest vers erait à l'apogée des entreprises jourd’hui pour ent. On verrait hemins de fer, hissant la popue génie, l'esprit nous pouvons it ce qu'il a fait jour, il tire du
fèrent à tout la nbre au tableau.
à payer sous le ent pas que le deau égal, sans orce nécessaire ies sont les consparaîtront avec s n'ont pas, pour ‘présentent pas olidée; iis ne assés et des pri-
se .
ou A 6:
vations à venir; ils représentent un vaste établissement à démolir : la Confédération ; des choses improductives, comme l'achat, la pacitication et l'entretien à grands frais du Nord-Ouest. Les taxes américaines, du reste, seraient-elles plus fortes qu’elles le sont, et les nêtres plus faibles, que cela ne prouverait absolument rien contre l'annexion. Il est évident que le poids de l'impôt ne se mesure pas à son chiffre, mais au plus ou moins de facilité avec laquelle le contribuable peut le payer. Un peuple riche peut être, sans inconvénient, lourdement taxé ; un peuple pauvre l’est toujours trop. Or, la perspective que nous ouvre le régime actuel, c’est que nous aurons de plus en plus de taxes à payer et de moins en moins les moyens de les payer. Certainement, dans tous les cas, nos ressources seront bien loin d'augmenter en proportion de nos charges. Avec l'annexion, ce serait tout le contraire ; et dans l'accroissement rapide, merveilleux, de la prospérité générale, de la fortune publique, nous ne nous apercevrions pas vraiment de ce qu’il nous faudrait verser dans le trésor public de plus que maintenant.
Tout le monde le sent ; et à l'heure qu'il est, on peut dire que les deux tiers de la population française de la Provinces sont annexionistes. L'autre tiers est bien près de le devenir. Nous ne différons en réalité que sur la date de l'annexion. Les uns la fixent à bientôt, les autres la placent à une époque plus éloignée. Mais il n’y a pas un homme sensé qui ne pense que ce soit là le sort défintif du pays. Quelques-uns veulent qu’on hâte l’événement ; la plupart sont d'avis qu’il faut le laisser venir , que nous n'y pouvons rien; que c’est en valn que nous nous agiterions pour accélerer la
marche des choses ; que notre destinée est dans des mains plus puissantes que les nôtres, et que les Etats-Unis ne nous prendront que lorsqu'ils le jugeront bon. Mais c’est toujours une fausse politique que celle qui consiste à ne rien faire sous prétexte qu'on ne peut rien. Le temps est venu, pour nous, d’agiter la question de notre avenir, si nous voulons être appelés au conseil, si nous voulons être consultés sur le mode et sur les conditions de la transformation de cette ancienne colonie française, de cette province anglaise, soit en pays indépendant, soit en Etat américain.
Autour de nous les événernents se pressent, et nous ne pourrons pas longtemps encore fermer l'oreille à tous les bruits qui révèlent le travail de dissolution qui s’accomplit pour détacher le Canada de l'Angleterre. Faut-il donc attendre pour aviser que le drapeau anglais, retiré successivement de Toronto, d'Ottawa, de Montréal, bientôt de Québec, puis enfin de Halifax, ait repassé les mers ? On le croirait vraiment, à voir le peu de place que tient dans les luttes politiques la question qui devrait absorber toutes les autres ; on le croirait vraiment à voir, au moment où la Haute Commission est réunie à Washington, les hommes publics de la vaste et intelligente province d’Ontario uniquement occu,'és du sort du Cabinet de M. Sandfield Macdonald.
Le rôle que va remplir dans cette commission notre représentant, Sir John A. Macdonald, est un rôle sacrifié, un rôle au-dessous de ses brillantes facultés, comme au-dessous des exigences de la situation. Il va assister au rejet des prétentions émises par notre gouvernment dans le vain espoir d'entraîner le cabinet anglais à sa suite.
pri di @ ne se à
th:
RS tes inentéet ent
inée est dans nôtres, et que e lorsqu'ils le e fausse poliien faire sous 1ps est venu, otre avenir, si iseil, si nous Pt sur les conbtte ancienne anglaise, soit éricain.
e pressent, et ncore fermer rèlent le trajour détacher lone attendre retiré succesontréal, bien- K, ait repassé à voir le peu politiques la s les autres ; Loment où la Washington, ; intelligente u,'és du sort Id.
commission acdonald, est de ses brilles exigences t des prétendans le vain S'à sa suite.