Conference
Préliminaires. — « En 1864, la Prusse et « l’Autriche avaient réuni leurs armes pour ré- « duire le Danemark (2). » Elles l’avaient réduit en effet, car le roi Christian, forcé dans les lignes
(1) Ce rapide résumé de la campagne de 1866 est destiné à servir comme d’introduction à des Etudes sur la
1 tactique des difTérent^s armes pendant cette guerre, Etudes qui seront faites dans une suite de conférences régimentaires. 11 a été rédigé d’après les ouvrages qui ont paru jusqu'à ce jour, et principalement sur les deux comptes rendus publiés par les états-majors prussien et auirichien. Ce dernier surtout, qui ne va pas encore au delà de Sadowa, et n’est pas complètement traduit, est fort intéressant à consulter, car il donne enfin l’explication du plan adopté par les Autrichiens.
(2) Histoire de la campagne de 1866, par l’état-major prussien, sous la direction du général de Mollkc,
de Düppel, avait dû, le 30 octobre, signer le traité de Vienne, qui lui enlevait les Duchés de Schleswig, de Holstein, et le Lauenbourg.
Mais, après la lutte, les deux alliés ne purent tomber d’accord sur l’organisation de ces provinces, qu’en réalité la Prusse voulait s’approprier, afin d’étendre sa domination vers la mer du Nord et la Baltique. Il en résulta entre les deux puissances <me situation tendue, dont la convention de Gastein (14 octobre 1865) et l’action de la diète de Francfort ne purent qu’ajourner les suites inévitables. En effet, dès le commencement de 1 866, il n’était plus possible de conjurer une rupture; les préparatifs de guerre se faisaient des deux côtés sans que le projet d’une conférence européenne pût les suspendre. L’Autriche déclara la première qu’elle ne prendrait part à cette conférence que sous certaines conditions; elle préférait en référer à la Diète, qui lui était favorable, car, dans sa séance du 14 juin, cetle assemblée vota l’exécution fédérale contre la Prusse. Dès lors la guerre était déclarée.
La plupart des Etats de la Confédération avaient pris parti pour l’Autriche. Mais la Prusse, sans inquiétude sur les bords du Rhin, du moins pour les premiers temps de la guerre, « se préoccupait « peu de ce que ces Etats pourraient faire ; car, « malgré tous les armements commencés dans le « Wurtemberg et la Bavière, les Allemands du « Sud étaient encore un ennemi à naître (1). » Il n’en était pas de même du Hanovre et de la Hesse électorale, (( qui pouvaient devenir três-
(1) État-major prussien.
« gênants, si vraiment ils avaient l’audace d'en- « gager les hostilités (1). »
Ces Etats, en effet, faisaient enclave dans la monarchie prussienne, et il est évident que s’ils n ôtaient mis, dès le premier jour, dans l’impossibilité de se réunir aux autres troupes de l’armée fédérale, ils pouvaient créer de graves difficultés sur les derrières des armées prussiennes engagées en Bohême. Aussi, dès qu’il connut la décision de la Diète, le gouvernement prussien, avec une énergie qui présageait dès lors ses succès futurs, sommat-il la Hesse-Cassel, le Hanovre et la Saxe d’avoir à retirer leur vote dans le délai de douze heures. Puis, sur leur refus, il fit envahir, le 16 au matin, les trois territoires.