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DE LA SAXE

La division de Beyer (2) partit, à cet effet, de Wetzlar, enclave prussienne, se porta sur Cassel pour occuper l’Electorat; mais les troupes de l’Electeur avaient pu se retirer et rejoindre le 8e corps fédéral, qui s’organisait en avant deFrancfort.

Quant à l’armée hanovrienne, elle n'eut pas 18 même bonheur. Forte d’environ 20,000 hommes, elle s’était dirigée en toute hâte, sans munitions suffisantes, de Hanovre sur Gœltingen, où elle demeura jusqu’au 20, dans une inaction qui devait la perdre. En effet, le général prus-

(1) Etat-major prussien.

(2) La brigade de Beyer, du 8e corps, s'était grossie des garnisons prussiennes fédérales et était, devenue ainsi une forte division de 18 bataillons, 5 escadrons et 18 pièces.

sien de Falckenstein avait quitté Minden, le 16, avec la 13e division d'infanterie (Gœben), que devait bientôt renforcer la division de Manteuffel, formée dans les Duchés. 11 avait traversé le Hanovre, et, sans perdre de temps, s’était jeté à la poursuite des Hanovriens. Ceux-ci, ayant à peu près réussi à s’organiser, avaient enfin pris le parti de se mettre en mouvement, le 21, pour se rapprocher des Bavarois. Mais, craignant de rencontrer le général de Beyer dans les étroits défilés de la Werra, ils avaient abandonné la route directe, et ils s’étaient dirigés sur Mulhausen. De son côté, et dans la prévision de ce mouvement de retraite par la route de Golha, le gouvernement prussien avait pris toutes les mesures nécessaires pour cerner ses ennemis. Ainsi, des troupes avaient été envoyées de Magdebourg vers Nordhausen, afin de contenir les Hanovriens du côté de l’est; de plus, on en avait dirigé au sud, d’Erfurth et de Gotha sur Eisenacb ; à l’ouest, le général de Beyer avait fait avancer une de ses brigades sur la Werra, et avait, en outre, occupé Münden, tandis que du nord descendait le général de Falckenstein pour resserrer l’ennemi dans le cercle de troupes au milieu duquel on voulait Renfermer. Les forces, postées à Eisenacb, puis à Jrotha, n’avaient qu’un faible effectif ; elles auraient pu facilement être forcées dans les premiers jours ; mais le roi Georges perdit le moment favorable pour les culbuter et marcher vers les Bavarois, qui, de leur côté, ne se bâtaient pas de joindre leurs alliés (1). Bientôt l’armée hano-

(1) On peut s'étonner, en outre, que la brigade autrichienne Kalik, expulsée du Holstein, ait traversé toute l’Allemagne pour descendre en Bohême, au lieu de s’arrê-

vrienne, se voyant abandonnée à ses propres forces et cernée de tontes paris, demanda cà entrer en pourparlers. La Prusse y consentit, afin de gagner le temps de renforcer les troupes destinées à envelopper ses adversaires. On détacha à cet effet le général de Flies de la division de Manteuffel, et on le dirigea, par les voies ferrées, deGœttingen par Magdebourg sur Gotha, où se trouvèrent ainsi réunis 6,000 hommes, le 26 au matin ; la division Gœben avait, de son côté, gagné Gassel, et avait ensuite expédié des renforts à Eisenach ; des troupes du général de Beyer se trouvaient également sur ce point, occupé ainsi par 12,000 hommes ; enfin 8,000 autres étaient postés sur la Werra.

Combat de Langensalza (27 j uin ) . — Pendant l’a rmistice, l'armée lianovrienne, dont la retraite vers le sud était désormais impossible, s’était portée sur Langensalza , afin d’étendre ses cantonnements et défaire vivre ses troupes. A la rupture des négociations, le 27, elle était établie sur ce même point, le long de la rive gauche de l’Unstrutt. Le général de Flies vint l’y attaquer avec des forces inférieures ; il fut repoussé, et, dans sa retraite, plusieurs colonnes de son infanterie furent chargées avec succès par la cavalerie lianovrienne. Ainsi, pour le roi Georges, l’honneur des armes était sauf, mais la résistance allait devenir impossible : entouré par près de 40,000 hommes, il devait être accablé les jours suivants et réduit à la dernière

ter à Hanovre, d’y faire tête aux divisions prussiennes, et de donner ainsi aux HanovrigAs le temps de préparer leur résistance.

extrémité s’il ne consentait cà traiter avant un nouvel engagement, dont l’issue ne pouvait être douteuse. Il capitula avec ses troupes, le 23.

A la même date, l’armée prussienne de l’Elbe, sous le commandement du général llerwaith de Bittenfeld (14e, 15e, 16e divisions d’infanterie, avec trois régiments de cavalerie de réserve), avait envahi la Saxe sur trois colonnes, et occupé Dresde sans coup férir. L’armée saxonne s’était retirée la veille sur la Bohême, afin de se rapprocher du 1er corps autrichien (1), posté sur l’Iser. Ce fut un premier sujet d’étonnement en Europe, et il faut en convenir avec l’ouvrage prussien : c< On ne « pouvait guère penser que les Autrichiens aban- « donneraient complètement à eux-mêmes leurs « plus chauds alliés , et l’on supposait que le « Ier corps autrichien au moins aurait mission de « se réunir à l’armée saxonne. »

îl n'en fut rien, et en quatre jours la Saxe, le Hanovre, l’Electorat deHesse-Cassel se trouvèrent occupés par les armées prussiennes, avant même que la guerre lût officiellement déclarée entre les deux grandes puissances allemandes. C’est en effet le 23 juin seulement que les parlementaires prussiens furent envoyés aux avant-postes de l’armée de Bohême, pour signifier que « l'attitude prise par « l’Autriche à Francfort, le 14, était par le fait un « commencement d’hostilités, et que les troupes « prussiennes avaient reçu l’ordre d’agir en couci séquence. »

(1) Pour éviter toute confusion entre les corps prussiens et les autrichiens, nous avons adopté les chiffres arabes pour les premiers, les romains pour les seconds.

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