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saires pour les commencements, ne s'éloigne pas avant que le maïs ait reçu un premier binage et que le sila, pour le contenir à l'automne, ant été convenablement installé, Au moment de l'emplir il revient et le comble de maïs couché parallèlement, de panaches de navets et d'un peu d'avoine qui n'a pu mâûrir. La conserve est recouverte de longueurs de bois chargées de quelques pierres.
Dès le premier hiver, le fis peut hiverner ses bêtes facilement. I les a prises en bon état dans la forêt à l'automne et elle ne font que prospérer, nourries au contenu du silo agrémenté de paille, de sarrasin et d'un peu de Join de castor recueilli sur le bord du petit lac. On ne manque ni de lait ni de beurre, Voilà l'histoire de cet essaim parti de la demeure du père de famille dans la vieille paroisse, et transporté au sol nouveau sans lui infliger les privations que la première année, surtout de séjour dans la forêt, inflige d'ordinaire particuliérement aux jeunes familles.
Aussi, les colons qui ont pu prendre connaissance des avantages du silo s'empressent-ils de s'en munir, Il suffit d'un seul, établi quelque part, pour que l'usage s'en répande promptement
Dans les vieux établissements, les cultivateurs ne sont pas lents non plus à découvrir de quel secours peut leur être le silo dans les longs hivers. etat agriculteur et vaillant Père Jean Baptiste de Notre-Dame du Lac (que nous sommes heureux de voir parmi nous aujourd’ hui), disait dernièrement à un groupe de cultivateurs, qui tous les jours portent leur lait à sa beurrerie: ‘ Vous que je vais ici; vous serez tous, avant quatre ou cinq ans, muni d’un silo double de la capacité de celui que vous remarquez tant chez moi aujourd'hui.” Et ses auditeurs de l’admettre,
J'ai eu le plaisir de voir réunis chez moi cet hiver, quelques-uns des principaux propriétaires de silo, du district de Montréal, ainsi que M. Barnard, le secrétaire du conseil d'agriculture, Le but de l'assemblée était de nous former en cercle pour discuter nos différentes manières de procéder et les résultats obtenus. Etaient présents :
Le Revd. Frère Charest; MM. Thomas Irving, James Drummond, Paul Desmarchais, le Dr Desmarchais, George Buchanan, Andrew Dawes, Hugh Brodie, Milton MacDonald, Robert Benny, François Dion, William Stephen, Albert Garth et M. Barnard.
Nous élûmes M. James Drummond notre président, et M. Barnard, notre secrétaire, et je n'ai pas d'objection à ce que ce monsieur nous donne aujourd'hui même, partie de son rapport, La prochaine réunion de notre cercle aura lieu chez un de nos beurriers distingués, M. Garth de Ste. Thérèse.
Je n'ai pas besoin de vous dire que notre discussion fut intéressante et utile pour chacun de nous. Une remarque de MM. Drummond, Irving et Desmarchais me fit un sensible plaisir et je ne puis résister au désir de vous la communiquer, C'était que mon installation du silo et de son accompagnement était un des plus économiques. Je me permettrai de vous le résumer pour ceux qui n'auraient pas lu
ma dernière conférence sur ce sujet: Silo en bois, dans la grange auprès de la éufterie. Charpente solide doublée à l'intérieur de deux épaisseurs de planches d'un pouce, embouffetées avec papier entre les deux, Le fond en terre,
Cette année. je me suis contenté de recouvrir la conserve avec des planches indépendantes les unes des autres, sans les charger de pierres, et je m'en suis bien trouvé: La conserve avait été recouverte de cinq où six pouce de paille. Nous avons trouvé cette dernière en pourriture, mais la conserve en bon ordre.
Le hache-paille est muni de son ascenseur. Après avoir tranché le maïs et rempli le silo, sans le bouger de place, il sert encore à hacher la paille durant l'hiver et la transporte également dans le silo pardessus le recouvrement en planches de la conserve. Cette paille hachée est jetée en bas comme la conserve à mesure quon en a besoin, et le tout, porté ensemble en brouette au bétail.
La paille est mélangée pour un quart En ce moment mes grosses “Ayrshires ” consomment cent livres de ce mélange par jour et n’ont pas autre chose, si ce n’est celles qui sont actuellement en lait. Avec cette ration elles se maintiennent non-seulement en parfait ordre, mais engraissent. Je m'aperçois que la quantité d'engrais produite va être beaucoup plus considérable que de coutume,
La conserve est bonne et saine partout, le silo est mangé avec appétit par le bétail et ne donne pas mauvais goût au lait, bien que les laitières en mangent cinquante livres par jour.
Du train dont va la consommation, je vois, du moins autant que je puis en juger, que cette année, je ne pourrai hiverner plus de deux têtes et demie de l’arpent de récolte de blé-dinde 1] me semblait pourtant que l'apparence au champ était bonne. Mais on sait que l’année « été rudement mauvaise
J'ai eu le so'n, lors de l'emplissage, de laisser fermenter par couches de trois pieds et demi et de cent vingt-cinq à cent cinquante degrés Farenheit, Vous voyez que l'expérience m'a faire un changement sur ce que je vous disais dans ma derniére c.: férence.
Une fois le silo entamé, j'ai le soin, à à haque prise sur son contenu, de renouveler autant que pcssible partout la surface de la coupe, afin qu'aucune partie de la conserve ne se trouve trop longtemps en contact avec l'air. Quand mon employé laisse des surfaces trop vieilles, l'odorat m'en avertit aussitôt à mon entrée dans la grange où est le silo.
Bien entendu qu'il gèle sans serupule et sans arrière pensée Cans cette grange, mais la conserve n'en à jatais sonffert. La gelée pénètre peu profondément dans les parois une fois les coupes faites, et les parties gelées mélanges avec le reste sont en proportion infime et n'alièrent nullement ia masse.
Les vaches en lait reçoivent, en outre des cinquante livres de con serve, dix livres de foin et un seau de bouette, Son et moulée claire servi chaud,
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On me dit que les poulains et les porcs peuvent être nourris à Ja conserve, mais les miens ont jusqu'à présent fait les difficiles, à l'ex. ception d’un seul, un Poulain qui paraît s'en accommoder passablement.
J'ai pris la liberté de vous nommer les messieurs réunis chez moi. parce que nous proposant, comme nous le faisons ici, de répandre autant que possible par le Pays ce système d'ensilage qui nous réussit si bien, l'approbation de ces hommes d'expérience ne peut que nous aider puissamment à atteindre notre but.
C'était bien leur opinion à tous, que si le silo n'était pas déjà trouvé. il faudrait l’inventer tout spécialement pour notre pays aux longs hivers ; qu'il venait merveilleusement en aide à notre agriculture, en Nous poussant à la culture de la plante produisant le plus de sub. stance alimentaire sur une étendue donnée : qui peut s'ensiler par n'importe quel temps, surtout par les temps pluvieux, au moment où l'on ne peut toucher aux autres récoltes,
Plus le blé-d’inde est mouillé et plus vite il fermente et plus vite par conséquent on peut compléter l’ensilage, À tel point que si l’on s’impatiente de ne pouvoir ajouter une autre couche assez vite à son gré, comme cela m'est arrivé, il suffit d’arroser abondamment, et la conserve entre de suite dans la fermentation désirée pour produire la conserve douce,
Vous savez quelle saison a été la dernière au temps des récoltes, Le ciel s'est-il jamais montré aussi inclément! Le blé-d'inde en vert est la récolte par excellence pour ces années de misère et de vrai déseSpoir, pourvu que l’on ait un silo, car sans silo, 11 est bien la plus malencontreuse des récoltes à cueillir.
J'ai rentré le mien avec tous les désagréments de la mauvaise Saison, Sur un champ bien drainé pourtant mes attelages enfonçaient profondément. Nous ne pouvions mettre que demi-charge et plus d’une botte de maïs était apporté ruisselante pour avoir été ramassée, sans doute, dans une flaque d’eau. Nous ne pouvions attendre : la couche déjà placée au silo dépassait 125 degrés. Il en fallait une autre, à moins d’encourir le trouble de recouvrir Comme en finissant, Il n’est pas nécessairé, vous savez, de fouler en chargeant, la couche en fermentant se tasse d'elle-même et aussi fermement que le ferait une presse hydraulique, :
Quelquefois les travailleurs revêtaient l'imperméable Pour apporter, sous la pluie, au bon moment, la couche voulue.
Je racontais ces procédés aux messieurs que j'avais l'honneur d'avoir chez moi, au moment où ils me disaient que la conserve dans mon silo avait bonne couleur, bonne odeur et bon goût.
Je ne manquai pas de leur raconter que lors de l'ensilage, mon ho. norable ami, Monsieur Ross, critique toujours prompt, comme vous savez (et de ce temps-ci plus que jamais, puisqu'il est un des vaillants chefs des mécontents de l’Cpposition), M. Koss me faisant alors le plaisir d'une visite, me demandait ce que j'allais faire de ces bottes dé
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maïs trempées et salies même ; que j'allais gâter ma provision au silo ; que lui attendrait qu’elles se fussent un peu ressæyées ; mais je n'ai pas toujours suivi ses conseils : je lui répondis que nous étions à moitié en déluge et que je ne voyais pas qu’il y eut apparence d’un changement pour le mieux ; que le blé-d'inde n’en fermenterait que plus vite et que je le guetterais, le thermomètre au point, pour l'arrêter à temps dans sa fermentation. Et ce fut fait: le résultat était là devant les yeux de mes amis saticfaits.
Vous tous qui, l'été dernier, avez vu vos pois germer sur le soi sans pouvoir en approcher. Vous qui avez perdu de même vos blés, vos avoines, vos orges et vu rouir vos foins que vous ne retourniez que pour mieux les endommager; vous qui avez cueilli vos pommes de terre les prenant d’abord dans l’eau pour les transporter un peu plus loin sur une hauteur où elles ne sèchaient guère d'avantage, songez à cette bénédiction de récolte qui ne fait pas la difficile : le blé-d’Inde ; qui se laisse ensiler par la pluie, par la neige même, comme par les plus beaux soleils: planche de salut de l’agriculture, bienfait du bon Dieu par ces années de misère et de punition par lesquelles nous passons.
Et dire que tous peuvent construire un silo, sans être riches, sans même être ouvriers |
Que chaeun ait done cette institution indispensable sur sa ferme, vraie pièce de résistance pour braver l'hiver.
J'exposai aussi à mes amis ma manière de procéder à la moisson.
On peut cueillir à la moisonneuse en n’abaissant que deux de ses tâteaux. Dans tous les cas, surtout si le maïs est long et gros, il faut mettre en botte et attacher. Jusqu'à présent j'ai coupé à la faucille, Les attaches des bottes sont en cordes à nœud coulant et peuvent sérvir indéfiniment, Elles sont renvoyées au champ à chaque voyage. Ces charrois se font dans des tomberaux à bascule. Les bottines y étant placées longitudinalement se trouvent debout à la décharge et de débit facile pour le manœuvre qui les porte à celui chargé d’alimenter le hache-paille ; un autre conduit successivement les deux attalages ; un troisième est dans le champ tout le jour, à lier. Deux chevaux sur le manège. Voilà l’organisation pour les jours de rentrée. Le lendemain, pendant que la couche est à fermenter, les chevaux seront au repos et les quatre hommes à la faucille.
L'opinion générale est qu’il ne faut pas semer plus d’un minot à l'arpent, et en rangs distancés de trois pieds, afin de laisser mûrir la tige autant que possible et donner passage à la houe à cheval. Quand # est semé assez clair pour avoir des épis, le moment de le moissonner est celui où les épis sont en petit lait. Le maïs semé à la volée ne produit pas autant et on ne peut ni le biner ni le plâtrer.
Les premiers sarclages se font à ia herse à dents couchées, que l’on promène sur la pièce en long et en travers de temps en temps, jusqu’à cé que le blé-dinde ait atteint six pouces de hauteur. Après c'est le tour de la houe à cheval. Le maïs semé fort est plus apte à produire
la conserve acide, tandis que le clair semé, ayant pu arriver à un certain degré de maturité, donne une conserve douce.
Par le silo autant que par le bon pâturage, ont peut activer la pro duction du lait.
Si vous salez la conserve, ce qui n’est pas nécessaire, les vaches la mangeront avec plus d’avidité, mais elle ne sera Pas plus nourrissante et de plus, n’entrera que lentement en fermentatiun dans le silo.
Si le blé d'Inde est mûr ou blanchi par la gelée, il prendra aussi plus de temps à entrer en fermentation.
Ce fut l’opinion de mes amis, que la pratique de l’ensilage se répandait rapidement Le système donnait de tels résultats satisfaisants, qu'on se plaisait à le recommander à tous. J'ai toujours trouvé que celui qui bâtissait un silo en devenait du coup l’apôtre et le propagateur. Il veut dès lors entrainer tous ses voisins et amis dans ja voie qu'il suit lui-mêrne avec tant de plaisir.
Ce fut dans l'excellent journal 74e Country Gentleman, que je lis maintenant depuis au-delà de vingt-cinq ans, que pour la première fois j'étudiai le silo, puis dans les ouvrages français, enfin dans la pratique, Je devins son partisan et le petit travail que je vous lusil y a deux ans, je le distribuai par le Pays, entr'autres, un exemplaire à chaque curé Plusieurs milliers d'exemplaires furent distribués aussi Par notre société et par la législature. D'autres que moi ont écrit parcillement dans la province à ce sujet.
Dans beaucoup d’endroits. la semence est tombée en bon terrain, Car, si j'en juge par les lettres que je reçois me demandant certains détails, les fréquentes visites que me font les agriculteurs qui veulent voir de leurs yeux, je suis porté à croire que l'industrie de l’ensilage se propage rapidement, pas aussi rapidement qu'aux États-Unis où elle marche à pas de géant, mais de manière à donner satisfaction à ceux qui prennent intérêt aux bons résultats qui en dérivent.
Dans le peu que j'ai pu faire pour l’agriculture de mon pays, rien ne m'a donné autant de satisfaction, à cause du bien immédiat opéré, ques mes tentatives à populariser la pratique de l’ensilage. Je me suis toujours dit que nous allions effacer l'hiver. Et c'est ce qui fait le succès. Et dire que c'est pour la France que ce bon système a été trouvé !
Voici une citation qui vous dira comment l'idée se propage dans notre nord et quel chemin elle a fait dans un ou deux Etats de l’Union américaine, Je lis dans le Vora.
‘“ Je ne puis m'empêcher de citer les noms de M. F. X. Regimbal et celui du Dr W. Grignon, secrétaire de la nouvelle société d'agriculture du nord. Ces deux messieurs ont construit chacun un silo l'automne dernier ; ils sont par le fait même les premiers pionniers de cette idée nouvelle, en agriculture, dans le nord du comté de Terrebonne. C’est un pas immense qu'ils ont fait dans la voie du progrès, déjà des centaines de cultivateurs ont visité ces silos ; ces cultivateurs sont étonnés du résultat qu'on a obtenu par ces silos qui ont donné entière satis-
faction. Cette expérience sera l'étincelle qui allumera l'incendie, et j'ose prédire que, dés l’an prochain, prés de quatre-vingts à cent silos seront construits dans les huit paroisses du nord du comté de Terrebonne.”
“ En effet. sans le silo, l'élevage des animaux dans le Nord devient difficile, sinon impossible, vu la longueur des hivers. Avec le silo, cet élevage est facile et les cantons du Nord deviennent un pays privilégié sous ce rapport. L'été, les pâturages n'y manquent pas, l'eau y est claire et toujours abondante, l'herbe des montagnes y est très nutritive pour le bétail ; le cultivateur peut disposer de grandes étendues de terrain qui ne sont propres qu'au pâturage ; mais comme l'hiver consomme les profits que l’on a réalisés durant l'été, il n'est pas avantageux de se livrer à l'élevage. Le silo fait disparaître cet inconvénient ; avec trois ou quatre arpents de terre bien engraissés et semés, l'hivernement de dix à douze vaches est assuré, de sorte que l'hiver comme l'été, les vaches seront bien soignées, cofûteront peu et rapporteront beaucoup. “Le silo pour les cantons du Nord, c'est ce qui nous sauvera et nous enrichira,” disait M. J. B. Bohémier, à une assemblée de la Société d'Agriculture No. 2 du comté de Terrebonne, dont il est le président, et il a raison.
“Le major H. E. Alvard, agronome américain distingué, en réponse à un article d'un journal d'agriculture qui disait que la fièvre de l'ensilage était passée et que les silos devenaient de moins en moins en usage, prouve par des chiffres que loin de diminuer, l'idée d’ensiler le fourrage vert prend de l'accroissement de jour en jour. Il dit entre autres choses que le nombre des silos dans l'Etat du Wisconsin seul
st au-dessus de 1,000, et que plusieurs centaines d’autres seront construits l'an prochain. Dans l'Etat du Massachusetts, d'après le recensement de 1885, le nombre des silos était de 1,029 ; ce nombre s’est élevé à 1,300 depuis cette date.”
Nous ne sommes pas absolument loin de Berthier ici, peut-être pouvons nous être de quelque utilité aux messieurs qui y ont entrepris d’y ressusciter la manufacture de sucre de bettraves.
On y est quelquefois en peine de conserver la pulpe de betterave qui est une excellente nourriture pour le bétail, mais qui ne peut être consommée aussi rapidement qu’elle est produite. Qu'on la mette en silos, soit en silos fixes, soit en silos sur roues, pour la facile distribution par les voies ferrées. On sauvera le tout et on aura la facilité de vendre au moment de la demande.
Il me reste à déclarer à mes confrères de l'association que je serai toujours heureux d’être honoré de leur visite, soit à l'automne à f'emplissage, soit en hiver pour constater comment la conserve est accueillie par le bétail. Je puis promettre sans crainte que les faits parleront beaucoup plus éloquemment que je n’ai pu le faire aujourd’hui.
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