‹ Conférence de l'OdéonChapitre 27 sur 57 · MARTON · texte numérisé non relu

MARTON

Kl ({ue voulez-vous (lu'on dise? Est-on obligé de n'avoir que des intcjulants mal faits?

Ce n'est encore, vous le voyez, qu'une disposititwi générale et vague, iiicerloine et llollante. .\ranii«le est veuve : on la persécute pour se remarier; elle t aimerait

à aimer »; elle n'aime pas encore; elle trouve seulement que Dorante « abonne mine » ; — et pourquoi voudraiton qu'elle s'en interdît la vue? Ce n'est pas un crime, après tout de trouver que Dorante a bonne mine. Elle installe donc Dorante dans la place. Sur quoi, Mme Argante, dont il dérange les plans, presse sa fille de s'en défaire.

' ARAMINTE

Je ne vois pas le sujet de me défaire d'un homme qui m'est donné de bonne main, qui est un homme de quelque chose, qui me sert bien, et que trop bien peut-être.

MADAME ARGANTE

Que vous êtes aveugle!

ARAMINTE

Pas tant; chacun a ses lumières.... Si l'on me donne des motifs raisonnables de renvoyer cet intendant.... il ne restera pas longtemps chez moi; sans quoi on aura la bonté de trouver bon que je le garde, en attendant qu'il me déplaise à moi.

Le progrès, Mesdames, est sensible : Dorante ne s'en ira pas; on ne l'aime point encore, mais on le préfère déjà ; et peut-être n'est-ce pas lui qu'on épousera, mais sûrement ce n'est pas « le Comte ».... Faisons donc le dernier effort, et qu'Araminte achève « de voir clair dans son cœur » :

MADAME ARGANTE

Vous dites que vous le garderez : vous n'en ferez rien.

ARAMINTE, froidement.

Il restera, je vous assure.

MADAME ARGANTE

Point du tout, vous ne sauriez. Seriez-vous d'humeur à garder un intendant qui vous aime'?

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