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Messieurs,
On m'a honoré de la tâche de parler du Nord. J'ai dû me défier de moimême,car j'ai un faible pour cette section de mon pays qui m’a vu naître, et où j'ai passé une partie de ma ieunesse, je devrais dire ma vie, car partout où j'ai été, en Europe ou en Amérique, tous les objets de comparaison (que le voyageur doit nécessairement faire) étaient pris äe ce coin obscur où je voyais des richesse incomparables, inexploitées sans doute, mais non moins réelles. Deux fois, je le confesse, j'ai commis des brochures pour chanter à mes compatriotes les beautés et les avantages du lieu de mon berceau et du tombeau de ma famille. J'ai la prétention de croire que si ma prosaïque poésie n’a pas été entendue, c’est que la grosse voix du curé Labhelle résonnait alors, et, pas d'illusion, c'était bien lui qu’on écoutait et non mes faibles accents.
Mais mon faible reste pour le Nord, et voilà pourquoi je me défie. Ce que je vais vous dire est basé sur des observations, des données, dé > documents vrais. Et je donne mort billet payable à celui qui me Free, en Tfaute de véracité, 4
Quand on m'a désigné le Nord com-
me champ de mes appréciations, j'ai pensé qu’on m'assignait la vallée d'Outaouais, nom qui me plait, mes-
que s’il n’est pas d’origine française, il est de cru indigène.
Je ne le dis pas pour rire : ces noms sauvages nous rappellent cette race de héros des temps premiers de la colo-
sieurs, parce
nie, qui avaient bien leurs qualités, allez. On a vanté beaucoup ces 1l6gions fameuses qui, pour leur pays,
leur liberté, se faisaient immoler et...
immolaient les autres. On les a beaucoup exaltées parce qu’elles avaient dans leurs rangs des chantres pour souffler leur renommée ; mais c'est en chantant eux-mêmes leurs exploits pour leur pays et leur liberté que ces enfants des bois allaient au crucifiement.
Et ils avaient bien leurs qualités s0ciales aussi : on les a connus doux, hospitaliers vis-à-vis les étrangers.
Les missionnaires les ont trouvés soumis et l'esprit ouvert aux convictions.
Les coureurs des bois se sauvageaient à leur contact, tant lèurs rapports intimes étaient L. tt rayants. Ils ont été irrités ou gâtés per une civilisation
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Oui, je le répète, un nom sauvag® donné à une île, à une rivière, à un comté de notre province, me fait plaisir, parce qu'il m indique leur origine, qu'il me rappelle tout un passé et, je vous l’avoue, puisque la Puissance n’a pu s'appeler ‘‘Nouvelle-France’’, j'aime mieux qu'elle se nomme ‘‘Canada.””
Mais, messieurs, la région qu’on m'a ainsi assignée est trop vaste. Elle renferme les comtés de Pontiac, d'Ottawa (aujourd’hui divisé en Labelle et Wright) Argenteuil, Deux-Montagnes, Terrebonne, Laval, Montcalm, I,/Assomption, Joliette, Vaudreuil ; partie de Berthier, Maskinongé et St- Maurice.
Jene les mentionne que pour vous dire en passant quelle est l’importance de notre province en territoire, car cette vallée d’'Outaouais seule qui comprend 40,130 milles carrés, n'est pourtant que la 8e partie de la province de Québec, laquelle renferme 346,928 milles carrés, tandis que la France n’en contient que 133,920.
Et pourtant la France donne vie à 40,000,000 d'habitants, tandis que notre vallée d’'Outaouais n’en contient qu’un demi-million. 11 y aurait donc place, dans notre vallée d'Outaouais
seule, pour encore dix millions d’habitants.
Je me limite, et je ne m'occuperai
que de ce qu’on est convenu d'appeler la ‘‘Région Labelle’”’ de cette région née sous l'inspiration du grand apôtre, et que la reconnaissance publique a appelée de son nom. Jde prendrai le triangle que forme la ligne des comtés de Terrebonne et d'Ottawa iusqu'à la Lièvre, du côté Est ; la Lievre du côté Ouest, et comme base de ce triangle, le chemin de fer de coiouisation de Montfort — comprenant trente cantons ; mais ce triangle renferme encore 4300 milles carrés.
Ce sont :
Contenant en disponibilité acres MON eus deuil dede 4,298
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Labelle ...... ds Forrest . 26,113 CIS ARR . 14,827 Salaber y... sen vas aevocs … 25,867 Beresford ..….. ..….. ...... + 4,570 GrandigOn 455 sise ses. doses : 9,500 J'OÏY. é55 sassoessbénnss Mésose. Smencre : 9,430 Minerve 54555 mise essor … 29,915 LOSATE nn 2e oi Mesetasete 27,870 KRIAMAICR Lis cossce ose … 19,651 MONTE ist handle sise suness 6e 9,834 LIOTANTOT sc si5) ipenciss se Aiosese 13,329 Marchand. Sos sou stditée 18,878 TUPPEON 0: 506580 cage sas 41,125 BOY sus ses 660 rss omon toc . 939,037 Campbell site mecs Sue 37,712 Wurteleé ss mis disais 4,599 MOPBAU cu suce s oériss éocnécd ont .. 23,595 ROCGhON sc use dons cevius 26,900
Total en disponibilité ... . 877,029
Remarquez, je vous prie, que ce calcul ne comprend que ce petit angle et que les terres en disponibilité, laissant de côté les lots arpentés et les terres déjà vendues ; car je n’ai pu me procurer au juste le nombre d’acres que contiennent ces cantons, pour la raison que la plupart des arpenteurs ne parlent que des rangs qu'ils ont arpentés. Le guide du colon n'indique que les lots disponibles. Les livres du recensement ne procèdent que par com-
tés. ss
Voici un état des terres vendues depuis 1868 à 1896 8,866,395 acres ; octroyées gratuitement, 305,- 053 acres.
La plus grande partie de cette région, Car il faut excepter la vallée de la Lièvre et dela Kiamika, appartient aux formations laurentiennes, c'est-à-dire qu'elle est accidentée ; mais ne s'élève: guère qu'à 300
pieds au-dessus du niveau de la plaine, et qu’elle est généralement rocheuse.
Elle est sillonnée de rivières qui se jettent dans l'Outaouais. Les principales sont la Nord, longue de 45 milles, la Rouge, qui parcov -: 100 milles, la Petite Nation, de 50 milles et la Lièvre, qui arrose 160 milles. Toutes sont flottables et en partie navigables.
Et ces rivières sont accidentées d’élargissements qui forment d'immensos læcsde 30, 40, 50 milles de tour.
Et des petites rivières en tous sens
/ vighneñt Sy jeter, grossies ‘elles-mê-
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mes par une quantité innombrable de décharges de lacs et de source: tellement nombreuses qu'on peut dire, sans exagération, qu'il n'y a peut-être pas un lot dans cette région qui n'ait une pièce ou un filet d'eau. Et quand je parle de cs, vous pourriez vous imaginer des étangs ; mais ils sont nombreux ceux qui ont 30 et 40 milles de tour. Ceux de 5 à 6 milles de circonférence sont si multipliés qu'ils ne sont pas tous mentionnés sur la carte et il faut renoncer à les énumérer. Vous croyez que j'exagère : prenez le canton Montigny que je connais particulièrement et dont les lacs ont été, par une gracieuse délicatesse de M. l’arpenteur, J. I. Girard, sanctionnée par le gouvernement, nominés à ma suggestion. J'y compte apparents sur la carte 55 lacs dont le plus petit a 3 milles de tour er le plus grand 80 inilles,
Or cette région est aujourd'hui en partie et sera demain, espérons-le, longée et traversée par le chemin de fer de Montréal et Occidental et par le chemin de fer de Colonisation de Montfort, lesquels se soudent au grand Pacitsque Canadien et relient par conséquent ce territoire au monde entier.
Deux grandes routes la traversent :
les chemins Chapleau et Mercier ; une infinité de chemins et de tronçons de chemins se croisent comine les veines de cette contrée pour venir s'attacher aux grandes artères et y font circuler l'activité et la vie.
Mais ces rivières, ces lacs et ces ruisseaux qui coulent dans ces montagnes, qui se gonflent aux obstacles qu’ils franchissent en bondissant et qui reprennent leur course tantôt doucement, tantôt agités, sont des vaisseaux aussi qui alimentent et entretiennent l’activité, la vie. Outre qu'ils prètent leur dos aux charges les plus pesantes, ils offrent des pouvoirs de toute force et de toute condition ; ils attendent dociles et se domptent facilement au gré de l’industrie. Leurs eaux se prêtent aux plaisirs et aux intérêts : ils invitent même l’homme à s’en servir.
Le vêtement de cette région aux tontours si gracieux, c'est la forêt la plus belle du monde, je ne crains pas de le dire, forêt vierge, sortant toute na-
turelle et sans fard desrmains du créateur, Mais qu’on ne s'y méprenne pas, une forêt vierge n'est pas composée d'arbres de 6,000 ans. Non, non, hélas! Les arbres ont leur jeunesse, leur vieillesse et ils tombent ; ils ont leur croissance et leur déclin. Et dans ce cimetière de nos grands bois, vous comptez des morts ; mais vous ne les comptez pas tous, car les tertres sont alffuissés et se confondent avec le sol, que dis-je! les générations sont plusieurs fois ressuscitées dans cette tige que vous voyez verdoyante l'été, coloriée l'automne “et dépouillée l'hiver.
Miracle de la résurrection! pourquoi ine semblez-vous si difficile à croire quand je vous vois éclater tous les ans dans la nature.
Voilà, messieurs, la topographie vraie de cette partie de la province qui s'appelle ‘‘ La Région Label.e.’”’
N'est-elle pas un beau buste de cette Province de Québec, qui a les pieds au golfe dont le Saint-Laurent forme la ceinture et dont la poitrine, gonîilée par les Laurentides, est ornée de la verdure des bois et de l'émeraude des lacs où scintille l'étoile et se mirent les arbres ? ‘
Mais, messieurs, cette patrie ravissante n’a-t<lle que des attraits, des charmes et des atours ? Ah! laissezmoi la disséquer, permettez-moi l'expression.
Et commençons par la couche qui la couvre, Que contient-elle ? Des bois de toute essence.
Et d'abord, l'ERABLE, notre arbre national, dont le bois sec et sonore ne se tourmente pas ; son emploi daus l'ébénisterie est reconnu ; l’érable piquetétou ondulé£/ orne nos beaux meu-.
bles et l’un des plus beaux autels du Gésu en est plaqué!
Comme bois de chauf'age.elle n’a pas son pareil et ses cendres sont d'une richesse incomparabie. |
Le constructeur de moulins le préfère à tout autre pour les boîtes et les coussinets, pour les arbres de couche sous eau, ainsi que pour les dents des roues d’engrenages. 11 convient pour les manches de haches, des anspects et des leviers à croc.
Le sirop et le sucre qu’il produit n’a pas son pareil, comme délicatesse ; il est médecinal. Aussi, d’après un rapport que je vois dans une bro-
chure, par le professeur Cooke, suis-je autorisé à dire que chaque érable peut produire par an, la valeur de 50 centins.
Le CHENE, qui orne la cime de nos montagnes, et qui atteint 80 pieds de haut et 3 à 4 pieds de diamètre, se divise en deux espèces. Le ‘‘chêne blanc'’, qui porte le gland doux, est dur, élastique, très pesant, très résistant. Employé dans la charpente, les portes, les fenêtres et les boiseries et les meubles, dans la construction des navires, pour les cerc'es et douves de tonneaux ; il convient aux meubles, jantes, raies de roue. Il s'emploie comme décoratif. Ie chêne rouge, à gland amer, est surtout employé au chauffage, et produit une des meilleures cendres. Le gland engraisse Îles porcs et torréfie, fait un bon café.
L,'éc orcg sert à la fabrication du tan.
Le HÈTRE, qui a de 50 à 60 pieds de hauteur, a un grain serré, sert aux montants d'outils de menuiserie, au chauffage, même vert. Je charbon en est estimé. Précieux dans la marine, comme pièces submergées, bordure de crible, de tamis, caisse de tambours, jougs, pelles, battoirs, rouleaux, jantes, socs de charrue, bois de fusil, Ssabots, manches d'outils, vérlopes, formes de cordonniers, bobines et navettes. Son écorce sert au tannage. Les -fênes, qui sont poison pour l'homme, mangées en grande quantité, :engraissent les cochons, font une huile excellente pour la cuisine, et à brûler. Les feuilles, même sèches, sont aimées des moutons.
Le TILLEUL ou bois blanc. — Ornemental par là taille, très gros. son bois blanc, léger et liant, est faci'e à travailler. Excellent pour la sculpture et le tour, touches de piano, vases, sabots, pelles, fonds et panneaux de voitureg.. Son écorce interne sert æuxcordes. Quandilest travaillé avec soin, loqué et huilé, il a l'apparence du bois satiné. Les abeilles au printemps, produisent un miel supérieur, en butinant sur ses fleurs Son charbon sert à la poudre à canon. Les feuilles, même sèches, servent au fourrage.
L'ORME est un arbre géant et bien à sa place dans les parcs publics et privés ; son bois est plein et ferme, Avec ses loupes, ou excroissances, les ébé-
nistes décoratifs font des placage veineux.
On se sert avantageusement de ce bois pour planchéier la cale des nawvires. On en fabrique aussi les bâtis de charrues, herges, Tes jantes de roues, les. NH Le de à sa résistance à l'eau, l’orme/s’emploie bien dans la construction des conduits et tuyaux de drainage. Ses feuilles font un bon fourrage et son écorce fournit au tannage un bon astringent, tandis que l’intérieur de l'écorce s'utilise dans les corderies.
L'AULNE pousse dans bas, et se conserve bien dans l’eau.
Son bois s'utilise par les menuisiers, les tourneurs. On en fait aussi un charbon qui convient bien à la fabrication de la poudre à canon. San écorce sert dans la teinture.
le F RÊNE a le tronc droit, ferme, naut. Son bois tendre d’abord, se durcit bientôt et devient raide, convient bien au charronnage, à la confection des échelles, manches d'outils, cercles et pour les ouvrages qui demandent de la légèreté jointe à la fermeté. {Les moutons, les chèvres et les boeufs tirent de ses feuilles un bon fourrage. Les loupes servent dans les placages. L’écorce fournit une sorte de laine applicable en forme d'emplâtre ; elle attire les mouches cantharides. éfcobt: dent & tea rad
Le PIN, le roi de nos forêts, le plus ?
haut de nos arbres. Il nous fournit le bois de charpente, des mats, les bordages pour les vaisseaux, madriers, planches pour menuiserie, tuyaux, bois d’allumettes ; on tire de ses ué- «, bris, par la distillation, de l’alcool, de l'icide acétique, du goudron, de la parafine, et les gaz dégagés pendant!
l'opération peuvent être utilisés pour la production du noir de fumée.
Le CÈDRE ou thuya,’
lames de
les endroits
faute
bois le meil-
leur, le plus beau et le plus durable tant pour la charpente que pour la menuiserie; onen fait des poutres, lambourdes; piquets et perches pour clôtures et le bardeau pour les toits.) hr. \ be uv eh vue AL Le SAPIN, ou baumier, est l’un
de nos plus beaux bois résineux. Il est léger, tendre, facile à travailler et est propre aux ouvrages de charpente et de menuiseries, On en construit les bateaux, des conduits d’eau ; on en tire aussi la pulpe pour pa- F
400 ve M
piers,, les poutres, soles,' chevrons, madriers et planchers, C'est aussi un bel arbre d'ornement, l'hiver comme l'été et son voisinage, au point de vue hygiénique, n'offre que des avantages. |
Le NOYER est un bois plein, liant, ondulé, moyennement dur et facile à travailler et qui trouve un bel empioi dans la menuiserie, la meublerie et les lambris.
LE CERISIER-MERISIER,beau bois de teinte rouge, au tissu fin et serré, et qui reçoit un beau poli, ondulé, et est utilisé dans la menuiserie et 1l’6bénisterie. En trempant ce bois dans l'eau de chaux, on lui fait prendre la couleur d'acajou on en fait des chaises, des fauteuilset le bois de chauffage qu'il fournit est ‘le première qualité. ‘ Son fruit donne une liqueur de mérite,
hygiénique. Le BOULEAU dont le bois entre dans la fabrication du plus fin .pépiér- Avec son écorce on
fait des canots, couvertures de toit, des paniers,casseaux et boîtes d'ornement; il fournit ün excellent combustible, surtout pour la boulangerie à cause de la belle flamme qu'il produit. Il sert aussi dans l'ébénisterie et à la confection des rouleaux pour fil, ‘‘bobines’”’. On en fait aussi des sabots, des vases. On emploie encore l'écorce pour la confection des sandales. Les feuilles donnent une excellente nourriture pour les animaux et surtout pour les moutons, pour les oies et les canards. Le charboew de bouleau est recherché comme celui de bois d’Aulne, pour la fabrication de la poudre.
Le ‘'merisier rouge’’ devient très gros ; son bois a le grain fin et serré, et prend un beau poli. On l'utilise
dans l’ébénisterie, la menuiserie, la meublerie, Ja sève sert à faire du
champagne et du vinaigre.
PLAINE-—Son bois est sec et quand” il ese ondulé est précieux en ébenisterie: on en fait des fonds de violon, des coffrets. Sa sève est presque équivalente à celle de ar dé
EPINETTE noire mployéläans la charpente des navires. Son bois léger est fort, élastique. Il convient au fond de barouches; on fait avec ses brindilles une excellente petite bière.
Epinette rouge ou melèze est pesan-
rt)
)! HNIAL
te, forte, durable. Ixcellente dans la construction des sbayires, surtout
pour les courbes. Fameux bois de chauffage. iX
Æpinette blanche—Estimée pour la pulpe. Propre à la menuiserie—les
planchers, les poutres, les portes, chassis, les moulures, fort et léger on en des mats, etc.
les Comme il est fait des vergues,
La CHE a une pesanteur considérable, Bon bois mou, élastique sert
aux constructions grossières ; il a la propriété de résister sans se détériorer sous s0l. On en fait des traverses de chemin de fer , des lattes, du bois de revêtement, des planchers du toiture pour recevoir le bardeau. Il retient très bien le clou, sert aux po-
teaux, aux poutres, aux planchers d’é- :
tables, vu que les rats ne le rongent pas. L'’écorce pour le tan se vend jusqu'à $7 la corde. A1 airs panarlt:
Je ne fais que mentionner le saule, le sorbier, l’ostryer, le cormier, le cornouiller, le chataigner, le pommier sauvage, le cerisier, l’alisier, ‘Me micocoli, l’aubépine, le liard, le tremble,
Je passe sous silence les arbustes.
A l’état où est l’industrie de nos bois actuellement, nous n'avons qu'à constater que pendant l’an finissant le 30 juin 1896, les marchands de bois ont accusé avoir coupé dans la Province de Québec 2,354,662 pièces de pin ; par étalon de 200 pieds 1,535,918 :
petits billots de pin, 1,496,874 c’està-dire 100,650,844 pieds.
coupé 4,317,945 pièces d'épinette et en étalon de 200 pieds 1,350,784; bois d’estacade, 4,351 pièces, c'est-à-dire 417,016 pieds; pin blanc 30,698, c’està-dire 1,443,354 pieds cubes—merisier 1,296 — 40,785 pieds cubes : cèdre 4,193 cordes, bois mou, 3,759, bois de pulpe, 11,778 cordes ; bois à fuseaux, 5074 cordes; traverse de chemin de fer 300, 311 pièces; bois à lattes, 109 cordes: bardeeux 3082; écorce de
pruche 202 corc-s, perches 20,563, piquets, 14,877 poteaux de télégraphe, 1,550 pièces.
Voilà ce qu'accusent les marchands de bois; mais comhien en est-il coupé par les particuliers; combien en est-il brûlé et pour le chauffage domestique et pour le défrichement?
J'en ai dit assez, ce me semble, pour vous faire apprécier les richesses
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le peuplier, le platane, ,
Ils ont
de nos forêts qu'on détruit avec si peu de souci.
La valeur des produits de nos forêts, d’après le recensement de 1891, était de $80,071,415 et nos exportations se sont montées pour cette année à $27,207,547.
Comment se fait-il qu'avec une si grande richesse on importe pour $20,- 000 de noir de fumée, pour $40,000 de térébenthine, pour $50,000 de cendres; pour $8500,000 de bois divers, non compris les meubles et les objets en bois fabriqués.
Comment se l’année fiscale importations soient
fait-il que pendaut de 1890 à 1891 nos d'articles en bois se évaluées à $3,132,516 et en écorces à $250.0007?
C’est que l’industrie manque; c’est que des milliers de mains sont inactives faute de petites industries. Faisons des voeux hour que le progrès nous révèle les richesses de nos fabrications nationales qui peuvent en partie s’exercer,même à domicile, par les femmes et les enfants, comme il vient de nous révéler l'excellence de notre épinette et de notre sapin dans la fabrication de la pulpe: sur lesquels bois un droit de sortie devrait être imposé, afin de conserver ici notre industrie et forcer les étrangers qui n’en ont plus, à venir fabriquer ici.
Est-ce tout ce que peut produire la forêt? Non, Messieurs, n’avons-nous pas dans nos essences le charbon dont la fabrication peut nous procurer l’acide piroligneux, l'acide acétique, le goudron, la térébenthine, l’arcanson, le brai, le poix, la paraphine, etc.?
Pu côté médicinal et pour n’en mentionner que quelques-uns, mais à l’état sauvage : l'ail qui est excitant, rubéfiant ou émolient. Airéelle ou gueule noire, stypiques, tempérants et astringents. L'’alisiers myrtils, astringents. L’angélique, tonique excitant, stomachique, sudorifique. L’anis, stimulant, stomachique, carminatif, diurétique, expectorant.
L'arum, quoique poison vif est employé dans l’asthme, l'hydropisie et comme purgatif. JL’aulne, astringent et fébrifuge, remplace le quinquina. Le Bouillon blanc qu'il ne faut pas confondre avec la jusquiame, employé aussi comme remède et appelé tabac
‘les feuilles
du diable, est une plante pectorale,
adoucissante, antispasmodique et émolliente, bonne contre la bronchite et la phtisie. Le bouleau dont la sève est un dé-
puratif et un vermifuge. Le buis qui est un excitant sudorifique et dont les
fruits sont rafraîchissants, tempérants et diurétiques. Le chêne dont l'écorce fournit un
astringent énergique. Le cresson de fontaine, qui donne un stimulant antiscorbutique, diurétique, expectorant, diaphorétique, Le frêne, dont l'écorce est un tonique astringent et dont les feuilles sont purgatives; le hêtre a l'écorce astringente et fébrifuge. Ia jusquiame sédative, antispasmodique,narcotique. La Savouaynne (gold thread ),tonique excellent; la nénuphar, émollient et rafraîchissant, noyer dont la brou de noix est purgative et authelmétique; l'huile est un calmant, adoucissant, l'écorce extérieure de la racine est un vésicant et sont résolutives ; l’orme avec écorce intérieure diaphorétique; la seconde écorce est dépurative.
Je passe sous silence les plantes usuelles, le chiendent, la cigue, le framboisier, les ottocas, l’ortie, l’oseille, la patience, le pissenlit, le plantain, le pourpier, le renoué, la ronce, la salsepareille, le sumac vénéeux, ou herbe à la puce, l'herbe aux chats, la valériane, la violette.
Le pin, fournit la thérébentine, le goudron, brai, galipot, résine.
Le sapin donne la créosote, l’acide phénique, et ses bourgeons servent couime adoucissants des voies urinaires et stimulants purgatifs. Les baies du sapin sont excitantes, antiscorbutiques, diurétiques, diaphorétiques. Le sorbier des oiseleurs donnent des fruits purgatifs ; le sureau, dont l'écorce est purgative, les feuilles laxatives, purgatives et diuréti-
ques, les fleurs, purgatives ainsi que les baies dont on fait du vin ; les graines sont laxatives.
Thuya, cèdre — feuilles et bois diurétiques, sudorifiques et expectorants.
Tilleul, feuilles antispasmodiques, diaphorétiques. Le charbon fait de ce bois est un antiseptique, son écorce est émolliente. La vigne sauvage :
fournit vin, alcool, vinaigre et crême de tarte, Les feuilles sont
astringentes et donnent de l'acide acétique. Le gingseng dont les propriétés stomachiques ont été tant vantées, se trouve en grande quantité dans nos forêts de bois francs ; la salsepareille qui est si dépurative. Le thé des bois ou ‘‘Gaulteria'" qui contient le salÿcilate ae soude,
Parlons maintenant de nos poissons si abondants dans nos rivières, lacs : truite rouge, grise, carpe, brochet, achigan, doré, poisson blanc, esturgeon, barbue, barbotte, écrevisse.
Quant au gibier, on trouve encore dans uos bois le castor, l’orignal et le chevreuil en quantité ; aussi l'ours, la marte, le pékan, la loutre, le vison, le renard, le loup-cervier, le rat-musqué, la bête-puante, les écureuils, le racoon, les loups et les lièvres.
Comme gibier de plume, nous avons le canard, l’outarde, le huard, la mauve, le plongeur, le héron, la perdrix, la poule des prairies.
Les mines offrent aussi une source de richesses dont on ne peut maintenant l’importance. Les mines de fer, de phosphate, de mica, de chaux, d'apatite, d'huile, sont d'une qualité supérieure et constatée par l’ingénieur des mines du gouvernement. M. Obalski, et représentées comme les plus riches et les plus abondantes qu'on ait encore découvertes en Amérique et en Europe.