LE SOL
Mais, Messieurs, permettez-moi de vous le dire, la mine la plus riche, la plus intarissable et la plus facile à exploiter est encore le sol. C’est ce sol vierge qui depuis 4,000 ans s’enrichit des dépouilles des arbres,auxquels il n’en remet qu'une partie, Il peut nous donner le blé, l’avoine, l'orge, le sarrasin, le maïs et les légumes et les fruits de toute sorte. Je dis de toute sorte, Car quand un pays produit le melon, la tomate, la pêche, le raisin, il n’y a presque pas de plante qui ne puisse s’atsiimuter. ‘‘On a généralement une fausse opinion, dit un rapport publié par ordre de la Législature de 1889, sur la qualité d’une grande partie des terres de la région de l'Outaouais. Parce que ces terres sont couvertes de pinières, on en conclut qu'elles sont pauvres et impropres à la culture. C’est une erreur,
nos
prévoir.
coustaté l'expérience
ainsi que l'ont et les rapports des arpenteurs,
J'ai dit que le sol est intarissable, cela ne veut pas dire qu'il ne s'épuise pas ; mais c'est si facile pour le colon de l’entretenir dans son état de fertilité. À part les fumiers d'étable, n'a-til pas la forêt avec sa terre de bruyère, les cendres qu'il peut conserver effectives pendant des années ; n'a-t-il pas les sarclages, la terre des bas-fonds,
etc, Non, non, la terre ne s'épuise que quand on le veut. Comment se fait-il que l'Europe, cultivée depuis 1800
ans, ne soit pas épuisée et que l'Asie, qui date du commencement, donne encore le nécessaire à ses enfants?
Ouvriers des champs, votre mine est inépuisable et vous êtes à l'abri des revers qui ne vous empêcheront pas d'arracher votre subsistance du sein de la terre. Dieu, avec qui vous êtes en société,se chargera du plus difficile, il fera pousser vos grains, fera mûrir vos fruits, et si, par exception, il vous prive d'une espèce, c'est qu'il a besoin de vous éprouver, peut-être dé vous punir pour votre inconduite, votre luxe, votre gourmandise ou votre ingratitude, peut-être de votre négli-
gence. Habitants : comme Abner, craignez Dieu, n'ayez pas d'autre crainte.
Ah ! jele sais, cette mère qui vous
tenû les bras et qui vous attend, a besoin pour vous nourrir qu'on lui ouvre les entrailles avant qu'elle gon- Île son sein. Il vous faut la dépouiller de ses ornements naturels et les brûler comme pour les rendre plus fructueux ; il lui faut sacrifier ses atours à sa haute mission de mère ; ii lui faut jeter dans ses entrailles le froment pour que, ainsi enfoui, il gerne et pousse. Quel saisissant spectacle de l’enfantement de la nature. Est-il donc vrai que la vie ne vient que de la mort ? Mais, hardis et braves colons, si votre travail est pénible, que de consolations en découlent ; vous abattez un arbre, il est à vous, vous arrachez une souche, vous savez que vous y mettrez une poignée de grain qui produira sa gerbe, et qu'elle sera à vous ; vous travaillez fort, c’est vrai ; mais vous avez l'espoir, la confiance en celui qui vous aide. Une autre pensée plus noble encore doit vous soutenir : c’est que vos sueurs arrosent un terrain où s’implantera votre
nationalité, c'est que vous conserverez votre race énergique et forte ; c'est que vous préparez à votre pays un avenir souriant et des enfants à l’Eglise. Si vous l’oubliez, votre épouse est là, elle qui vous soutient par son courage, dressé sur les hauteurs de sa faiblesse, elle qui regarde le clocher de l’église où ses enfants seront baptisés,
Je vous entends, vous, sceptiques, me dire : c’est bien beau en théorie ; mais dans la pratique, il y a bien des
obstacles insurmontables dans notre pays. Oui ? Quels sont-ils, ces obstacles ?
Vous me mentionnez les montagnes, Eh ! bien, ces montagnes, qui ne sont après tout que des collines où la neige ne séjourne jamais après le mois de juin, sont presque toutes accessibles aux instruments, et celles qui ne le sont pas peuvent être gardées pour le bois; si elles en ont été dépouillées, on peut les reboiser en érables, en pommiers, etc. Je ne connais guère de lot dans la plus mauvaise partie du Nord qui ne soit cultivable pour le quart.
Or le quart d’un lot fait 25 acres, vingt-cinq acres bien cultivés font vivre une famille.
Je prends Montiort, où sont les Pères de ce nom, sur des terres considérées comme incultivables, ils ont des troupeaux splendides trouvant leur vie dans des prés étonnamment bien fournis. Pourquoi ? Parce qu'ils y ont semé de l’herbe et qu'ils répandent sur les terres considérées comme intraitables la cendre que les colons leur vendent à un prix infime. Mais ces montagnes, messieurs, valent mieux que les montagnes du Jura, où l’on transporte de la terre pour y cultiver la vigne qui produit un des meilleurs vins de France ; valent mieux que les montagnes de la Suisse d’où l’on descend des troupeaux nombreux de chèvres qui donnent le lait, le fromage, le poil pour des tissus et la peau pour les gants, et où l’on fabrique avec le bois mille petits objets qui inondent même nos marchés. Mais nos montagnes valent bien celles du Vermont, où l’on s'enrichit avec les moutons, dont on est, disait le curé Labelle, obligé de limer les dents pour pincer l'herbe, tant elle est rare dans cette contrée.
De ces versants des montagnes, vous
en avez peur ; mais ne savez-vous pas qu'ils vous offrent différentes expositi ) le soleil a plus d'ardeur pour accé., re; la production ? mais ne savez-VoOUs pas que le colon n'est pas obligé, dans ces déclivités, de faire des fossés pour égoutter sa terre qui cependant n’est jamais humide et jamais
sèche, dû à la nature rocailleuse du terrain ?
Voilà, messieurs, pour les monta-
gnes que je considère comme un avantage sous bien des rapports.
Mais, me direz-vous, il y fait si froid, brrr! Quand on a proféré cette plainte, c’est fini. On s'entortille dans
ses fourrures et tout le pays où on la fait entendre et y ajoute foi.
Que ne peut - on pas faire
croire aux gens qui ne prennent pas la peine de s’enquérir? On raconte qu'un jour, il y a bien longtemps de cela, un brave missionnaire, retournant en France, était entouré de paysans qui lui demandaic it si le froid était aussi intense au Canada que le mentionnait la légende. ‘‘ Si il y fait froid ? Figu-
rez - VOUS, dit - il, que les paroles V gèlent. — ‘Tout de bon, monsieur l’abbé ? — Mais oui,
Quand on parle dehors,à certain temps de l'hiver, on ne s’entend pas parler.
Et le printemps. on est tort surpris d'entendre parler un peu partout ; ce
sont les paroles qui dégèlent.’”” Et la légende s’est cuñservée un peu qu’au Canada les paroles gèlent.
Il ne faut rien moins pour per-
suader les étrangers sur ce point que les agents du gouvernement en Euro-
pe, dont les rapports rétablissent la vérité tout entière. “C’est une erreur profonde, dit l’un
d'eux, écrivant pour l’Angleterre, car le climat de la province de Québec est bien plus doux que celui d'Angleterre.”? ‘* Canada, dit l’un d’eux, has a reputation for fruits far beyond its boundaries. Canadian apples probably bring the highest price of any that are imported into the english markets.
Those who have visited the country know that it is famous for many other fruits besides apples, and that species grown in England under glass, such as grapes, peaches, melons and tomatoes, flourish in Canada in the open. air.”” .
Mais, messieurs, permettez-moi de vous fatiguer de quelques chiffres que
je prends dans une brochure faite par M. J. C. Langelier, sur la Gasptsie, et qui est la meilleure que j'aie jamais consultée sur la matière.
Rapprochée de celle des principa'es villes d'Europe, la température hivernale présente les résultats suivants :
Printemps. Eté. Hiver.
Montréal . ,,., 540 9° 650 5’ 210 5°
Londres .,,,, 470 6’ 610 0’ 390 2” Glasgow . .,,. 450 9' 600 1’ 390 6’ Edimburg .... 450 0’ 570 1’ 380 4’ Paris , .,.... 500 6’ 640 5’ 370 8’ Berlin .,..... 470 4’ 640 5’ 310 4” St-Petersbourg 350 9’ 600 6’ 180 1°
Et cette statistique n’est pas étonnante quand on voit que ces pays sont plus au nord que la province de Québec,
Or, messieurs, le climat de la région Labelle, je l’affirme, est en général celui de Montréal, à l'exception de Ste- Agathe, qui est le point culminant des Laurentides, Passé cette hauteur et dans la vallée de la Rouge et de la Lièvre, le climat est vraiment celui de Montréal. On rencontre la même température en allant à l’ouest, car, vous le savez, la plus grande partie des terrains colonisables de l'Outaouais se trouve au-dessous de la latitude de Québec et le reste bien peu au-dessus.
Mais cette difiérence est plus que compensée par la longitude. On calcule qu'un degré vers l’ouest équivaut à une élévation correspondante d’un degré dans la température, Or la différence de longitude entre Québec et la région de l'Outaouais est de 4 à 10 degrés. La même différence s’observe dans la température, ainsi que le constatent l’expérience et la végétation. Le Rèv. Père Bouchet, supérieur de l’Orphelinat de Montfort, dit que le thermoinètre ne baisse que très rarement à 30oen hiver et monte l'été entre 950 à 98c Farenheit.
De sorte que, messieurs, si les paro- ‘es ne gèlent pas à Montréal, elles ne
oivent pas geler non plus dans la région Labelle, Et puisque les fruits délicats müûrissent à Montréal, ils müûürissent aussi au Nord, et j:! ai vu à maturité les tomates, les meions, le raisin, le tabac.
J'oserai même appeler notre froid un bienfait, et je vais le prouver : Le froid favorise les battages, rend nos
bois meilleurs,fait couler nos érables.
Le froid, avant les neiges, triture nos guérêts et prépare le sol aux influences de l'atmosphère ; il détruit une foule d'insectes nuisibles à l'agriculture, et si la théorie des microbes est vraie, je dé ie le plus malin d’entr'eux de résister à la température de janvier ou février. l'est l'opinion de M.
Landry, dans son fameux livre sur l'agriculture, et du regretté M, Bürnard, dans son manuel d'agriculture.
C'est le froid qui glace nos étangs et nous permet d'y prendre du plaisir et d'y faire nos transports. Et puis cette glace peut remplir nos glacières
et fera plus tard l'objet d’un grand commerce. Non, ne maudissons pas notre froid qui donne du ton à nos
corps, vivifie nos caractères ; et bêtes et gens, en hiver, se portent mieux.
Mais, la neige, me direz-vous, en voilà un obstacle à l’agriculture. Cette fois, je vous embourbre dans les six pieds de neige qu'il y a à, votre porte ou dans les chemins de base si l'on n'a pas défait les clôtures.
La neige, mais bénissons la, comme un bienfait de la Providence, Ne savez-vous pas qu'elle renferme un principe fertilisant qui en fait comparer les effets aux inondations du Nil ? Et le proverbe populaire qui dit : ‘‘ Année de neige, année de blé’’, est vrai à la lettre. It si bien que dans les basfonds où la neige s’accumule et persiste, vous remarquerez une différence dans la nature des plantes, et même sous la neige, vous admirerez la belle apparence de l'herbe qui v croit.
N'est-elle pas une protection pour l'herbe et les plantes des jarüins qui, avec ce manteau, ne souffrent aucunement du froid le plus intense ? Ne favorise-t-clle pas les transports au point que tous les printemps les habitants se plaignent que la neige est partie trop tôt. Et que ferait-on dans les chantiers, si la neige ne s’accumulait dans la forêt ? et si elle ne gonflait les rivières pour transporter nos bois aux abattoirs, où, débités en quartiers et en lambeaux, ils prennent le chemin des villes et de l'étranger pour s’y coucher à jamais dans les constructions qui abritent et le riche et le pauvre. Et le bois de corde, comment le transporteriez-vous autrement qu'en traîneau, pour en faire bénéficier la population ?
Nos hivers, qui font diversité, qui couvrent notre sol d’un manteau d'hermine et nos étangs de glace, devraient être un sujet de réjouissances et d'intérêts à ceux qui savent en profiter, en pratiquant de petites industries, en préparant les travaux du printemps.
Ai-je prouvé mu thèse ? Oui, ce me semble, mais pour plus de sûreté, je vais la fortifier de l’opinion d'une autorité qui était étrangère, hier, à notre pays : sir W. Hingston, dans un rar:port lu au congrès d'hygiène, s’exprimait ainsi
‘Notre pays a peu d'élévation audessus de la mer. Le Mexique, l'Amérique du Sud et les parties méridionales de l'Amérique du Nord, se trouvent à une altitude d'environ 1,000 pieds au-dessus de nous ; nous varions entre 100 et 5300 pieds. Montréal n'a que 18 pieds au-dessus du niveau de la mer. Ce peu d'altitude est favorable au climat et à la végétation.
Que notre climat, que la configuration géographique de notre pays ne soient pas nuisibles à la vie végétale, vous pouvez le constater par nos forêts magnifiques et par la végétation qui couvre notre sol. Chaque année, nous exportons des milliers de pieds cubes de nos chênes, de nos ormes.
L'érable, le noyer, le tilleul, le frêne, le pin, l'épinette, le cèdre, sont l’objet d'un commerce étendu.
Comme pays à blé le Canada subit avantageusement la comparaison avec la Russie Centrale, Même le riz croît sous notre climat, le blé d'Inde, Je maïs, le melon, la citrouille, que l'on regarde comme produits exclusifs des climats chauds, croissent en abondance dans presque toutes les parties du pays.”’”?
‘‘La chaleur de l'été ne persiste pas assez longtemps chez nous pour eauser ces troubles intestinaux si communs dans les climats chauds. Les fièvres putrides de ces pays nous sont inconnues.”
‘“Le lroid ici est sec et donne de la vigueur et de l’activité, L'hiver est, la saison où il v a le moins de morts.’ “Le Canada était la station militaire la plus salubre des possessions britanniques; nous n'avons pas de maladies particulières comme les autres pays.’’
. mieux mon pays que la Suisse
‘‘L'accroissement de la section française de ce pays qui se double en 16 ans, est sans parallè'e dans l’histoire du monde.”’
“C'est ici dit-il, que grandit un peuple puissant, au physique et au moral: le peuple canadien. Depuis 200 ans qu'il existe, le Canada n’a donné aucun signe de déclin. Au contraire, les enfants de la Nouvelle- France sont de beaucoup supérieurs aux Français, même aux paysans bretons, les plus forts, les plus vigoureux, les plus prolifiques et les plus vertueux— de la race française”?
Ah! Messieurs, permettez-moi de le proclamer. J'aime mon pays parce que j'en ai vu beaucoup d’autres. Je l'aime mieux que l'Amérique du Sud avec ses tremblements de terre et ses cyclones. Je l’aime mieux que l’Angleterre avec ses brumes et son spleen.
J'aime mieux mon pays que l'Italie, avec ses fièvres et ses aspics. J'aime avec ses glaciers et ses avalanches. Le dirais-je, messieurs, j'aime mieux mon pays avec ses libertés que la France avec son génie merveilleux pour l'industrie, les arts, les sciences et les lettres.
Et quelle race notre Province de Québec ne forme-t-elle pas à l'avenir, si elle accomplit sa mission qui est celle de s'emparer du sol, comme l’a si bien fait voir M. l'abbé Dugas.
Voyez-les, ces habitants robustes à la mine et à la démarche intelligentes, chez eux, au travail, dans les assemblées publiques, à l’église. Tout respire en eux paix, amour du travail, de leur famille, de leur pays, de leur Dieu,
Voyez-les ces hommes de chantiers où on trouve intérêt à les employer.
I1s attaquent sans hésiter l'arbre gigantesque, le font tomber à leurs pieds, non sans danger, croyez-le; ils le débitent, le roulent, l’entassent, le glissent à l’eau. Et c'est à la dérive surtout que ces géants de la forêt semblent rétifs, comine s'ils sentaient déjà la scie qui va les dévorer. Ils s’attachent à la rive, ils s’accumulent sur les roches et semblent défier le snrt, C’est alors que ces petits
hommes aux muscles raidis par le travail, s’avancent en sautant d'une roche à l’autre, d’une bille à la voisine, pour s'approcher de cet amas, à travers lequel bouillonne l’eau en furie. Ils sautent sur leur dos. Avec leur lance ils en piquent un, deux, trois. It alors ce groupe se disloque, s'éparpille, et voilà nos voyageurs dans les flots. Ils plongent, se grippent aux billots qui fuient; ils surnagent et s’en vont à la dérive, montés sur les pièces qu'ils ont domptées.
Il n’y a, messieurs, que des canadiens pur sang, (avec du poil aux pattes) que ceux qui sont de cru indigène, ayant humé l'air pur de nos climats, qui puissent ainsi hardiment attaquer les arbres de la forêt avec une hache, en briser les os, les réduire en cendre, les jeter à l’'humus accumulé pour le corriger de son acidité, et faire surgir une résolte cultivée de ces sols sauvages laissés à leur caprice.
Je les ai vus de près ces colons du Nord s’avancer fiers, une hache à la main. J'étais jeune encore quand St- Sauveur, Ste-Adèle, Ste-Agathe se sont établis; et aujourd'hui ces braves, qui n'avaient alors d’autres ressources qu'un crédit chez le marchand voisin, sont dans un état de prospérité étonnante.
Ce qui les a soutenu surtout, la foi dans le lendemain.
Mais, messieurs, on ne saurait comprendre aux prix de quels sacrifices ces héros se sont implantés—dans notre sol.
Aussi quand je passe dans ces régions habitées, prospères, est-ce avec respect que je salue ces hommes forts qui sont appelés à maintenir à notre peuple l'Arche Sainte de nos institutions. Près de leur logis moderne git souvent le chantier en bois rond qui donne aujourd'hui refuge aux animaux, mais ils semblent le conserver comme berceau de leur prospérité, et ils ont raison.
Nous ne saurions trop faire, messieurs, pour ces dévoués pionniers, parce que tout en travaillant pour eux, ils travaillent pour notre pays, et voilà pourquoi la commission de, lé-
c'est
ment d'accorder les lots gratuitement aux colons de bonne foi. ‘‘Nous devrions les payer, s’est écrié l'un de nous, pour ouvrir ainsi des terres au pays.’
Ce qu'il faut à ce pionnier, c’est un peu d'aide des gouvernements, des individus : des chemins, de quoi subsister jusqu'à la saison nouvelle.
Que de braves ouvriers sont ici à la ville, attendant du travail, et qui brûlent du désir d’aller se faire co'ons.
Mais, ils sont cloués au pavé. Tout ce qu'ils ont gagné a passé pour faire vivre leur famille, à payer du loyer et des taxes.
Poussons-les vers la forêt où la vie est assurée après un an de travail ; mais soutenons-les jusque-là. La chose est possible, messieurs, et c'est ce que fait l’admirable Société Mutuelle des Ouvriers qui se saignent par une contribution ; et aussitôt qu’un certain montant est amassé, vit: l’un d'eux part et va s'établir sur des lots tendant les bras à d’autres, à qui il aidera à son tour.
Pour nous, Société générale de colouisation, nous leur aidons autant que possible, nous marchons avec ces braves ouvriers dans la mesure de nos attributions. Le gouvernement, comme son prédécesseur, est attentif aux intérêts de ces patriotes de la nouvelle heure, qui, sous la devise de ‘Ia croix et la charrue’””, vont conquérir des terres à l’agriculture et à la prospérité du peuple.
Vous avez vu réunis dans nos murs, les hommes les p'us importants du pays : le Lieutenant Gouverneur, nos évêques, notre dévoué clergé, nos hoïnmes d'Etat, de profession, du commerce et de l’industrie, pour délibérer ensemble sur les voies et moyens propres à accélérer le mouvement colonisateur. Espérons que ces premières assises seront fertiles en heureux résultats. Espérons que, aidé de notre poussée, le gouvernement pourra ouvrir encore plus larges les portes de la colonisation.
Espérons que les citoyens y dirigeront leurs fils, leurs proches qui en prenant des lots dans les terres nouvelles, aideront à leurs voisins aux-
quels ils procureropt, du travail.
gislation de ce congrès a passé. ; Unes + Le sRâtriotigrhes nous y engage, les
résolution demandant
a, æquverhe+
entréilés. puhifahtes de notre terre
. .. + ., ee, . ee oe ar E e co. °e, + ee …. € . + + . . 0° .. so | SA Den LÀ
vierge nous y invitent. Elles s'offrent à nourrir ces chevaliers du travail qui manquent de pain. Aidons-leur à jeter dans ces sillons bénis une génération qui nous rendra plus tard en produits, en honneur, en hommes de caractère, ce que nous leur aurons prêté.
Et notre patrie, la province de Québec, appelée à de si hautes destinées, enregistrera les signes de notre dévouement sous sa devise : ‘“ Je me souviens.’