I. O. Davin
Le 21, vers midi, la délégation de Ste-Scholastique, composée de MM. Li, L. À, Fortier, J. D. Leduc, Charles de Montigny, J. H. Langlois et Gabriel Ouellette, étaient sur le chemin du Sault, anxieux d'y rencontrer le cortège de Chénier, lorsque le Dr. Marcil ariive avec quelques amis et tout Consterné, apprend à ses amis, que les autorités s'oppose à la translation des restes de Chénier!! Et les Patriotes du Nord, consternés, continuérent leur route vers la Métropole.
En dépit des excommunications dont certaine presse et certains journalistes avaient frappé d'avance la manifestation du 21, elle était innombrable la foule qui a fait le pieux Pélérinage de la Côte-des- Neiges.
Vers une heure, toutes les avenues, ‘toutes les routes et tous les sen-
tiers qui conduisaient au cimetière étaient remplis de voitures et de
biétons, et on s’apercevait quil s'agissait d’une fête extraordinaire, Sur la rue Ste-Catherine, de la rue St-Denis à la rue St-Laurent,
des milliers de personnes étaient chaussée
comme pour ioimer une haie d rtci Ché-
nier devait passer escorté par
là-bas sur la mont
000 personnes
ière de la Côte
etentissaient fu-
res, lentement s'avan-
les chars des couronnes et
es sociétés St-Jean-Baptiste
de Montréal et des environs, Enfin, au bout de quelque temps, le
défilé s'arrêtait au pied du Monument des présidents de l'Association D a rar
cérémonie commençait, Tout autour du piedestal, les portedr:neaux avaient fait cercle et les gardes à cheval tenaient la foule à distance, une à une les couronnes ont été suspendues du nom de chaque président et ensuite le curé Sentenne a récité quelques prières à haute voix.
De à, on s'est rendu au monument des patriotes de +837-38 pour
accomplir le même devoir. A l'aide d'une échelle de pompiers, on a suspendu 31 couronnes, * Mais pendant que toutes ces choses se passaient, la foule avait appris de ça et là que le Dr. Marcil n'avait pas apporté les restes de Chénier parceque l’évêque Fabre avait défendu de laisser entrer en terre sainte ce sublime revolté, ce saint martyr de la liberté.
Devise inattendue jetée à la curiosité de la foule, Les uns trouvaient étrange qu'on eut permis de graver le nom de Chénier sur un monument et qu'on refusât d'y mettre ses cendres, d’autres se demandaient si Duquet et Cardinal étaient moins rebelles que Chénier, et tous furent douloureusement impressionnés par l'attitude différente de deux dignitaires de l'église en face des restes de Chénier.
Puis la foule alla se masser en peu d’instants autour de l'estrade sur laquelle on remarquait MM. les juges Loranger et Charland, MM. L. J. A. Papineau, U. E. Archambault, J. X. Perreault, Dr. Marcil, L. O. David, T. Gauthier et autres.
Impossible de vous répéter les discours patriotiques prononcés. Je vous dnnne quelques pensées tombées des lèvres des orateurs :
‘4 Si jamais un moment de danger arrive, tournez vos regards vers la tombe de ces braves et mourez comme eux.’”
LE JuGE Lorancer.
‘* Rappellons-nous que lorsque l'âme, d’un patriote monte à Dieu, la liberté du Ciel descend sur la Patrie’?
Le JuGE CHarLanr.
‘ Il ne faut pas fausser l’histoire, les patriotes de 37-38 n'étaient pas des rebelles, c'est l’autorité, c'est l'oligarchie, c'est la bureaucratie qui était en révolte.'”
‘ Compatriotes ! Veillez sans cesse à la conservation de toutes vos libertés ! ! !’