‹ Conférence sur l'hygiène générale [microforme]Chapitre 2 sur 2 · RE · texte numérisé non relu

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treux, si ces conseils et ces directions autorisées eussent plutôt prévalu, A ce point de vue donc l'idée de M. le Dr.

Mount s'impose à notre édilité ; j'ose espérer qu'elle recevra toute la considération qu’elle mérite auprès du comité de santé et de notre conseil de ville.

Comme on vient de le voir, la question de l'hygiène privée et de la salubrité publique rencontre deux grands obstacles au sein de notre population : le préjugé qui fait croire à une espèce d'immunité contre la contagion lorsque règne une épidémie, et l'apathie qui fait négliger les précautions les plus élémentaires dans les temps ordinaires.

Nous sommes tous plus ou moins coupables de cet état de chose, Quand le peuple a sous les yeux un système de voirie mal organisé, des rües malpropres et mal entretenues, des établissements insalubres, il n’est pas étonnant qu'il s’insurge quelquesfois contre des lois ou des règlements édictés vis-à-vis des particuliers dans les moments de grandes calamités.

Le respect de l'autorité serait alors une nécessite des plus urgentes, mais quand cette autorité ne peut donner ou néglige de donner elle-même l'exemple du devoir ou de la prudence, elle ne peut pas s’atten.

dre à des actes de confiance aveugle ou à la soumission la plus parfaite en face des décrets promulgués dans l'intérêt de l'hygiène individuelle et publique.

Lorsqu’éclata dans la ville de Montréal, la dernière épidémie de la variole,une partie de la population a d’abord refusé d’accepter la vaccination ; personne ne peut approuver ce mouvement ; cependant la population avait une excuse ; les premiers essaies de vaccination faits avec la lymphe municipale avaient été malheureux.

Le vaccin était de mauvaise provenan-

ce et dans bien des cas l'application des premiers règlements fut faite avec une rigueur qui a été considérée comme un odieux attentat à la liberté individuelle.

Une défiance coupable contre l'utilité de la vaccination s’en est suivie, et c'est avec beaucoup d’hésitation qu'on a fini par se soumettre à l'invitable. Je constate ces faits sans vouloir critiquer injustement des hommes qui, dans leurs fonctions officielles, ont été soumis à des cruelles épreuves à l’époque de la calamité. Sachant moi-même combien la tâche et les devoirs de ceux qui s'occupent de législation dans nos parlements ou d'intérêts divers dans nos Conseils sont délicats et parfois pénibles, j'éprouve plus de plaisir à les louanger de leurs efforts sincères qu'à les blâmer sans mesure ou raison apparente.

J'ai toujours cru que les hommes publics étaient généralement meilleurs que la réputation qu’on veut leur faire devant le peuple et que le souci de l'honneur personnel et l'intérêt du bien étaient des mobiles suffisants pour les guider dans la voie droite. Néanmoins notre tâche est de tirer des évènements douleureux du passé des leçons salutaires pour l'avenir.

J'estime qu’il n’est pas inutile de rappeler ici pour le profit de tous les erreurs et les abus qui ont signalé la présence dans notre pays. de l'épidémie de 1885.

C’est par un même sentiment de justice et de vérité que je vous mentionnerai, messieurs, la part importante prise par notre société au milieu de ces tristes évènements. Avant que l’épidemie de la variole éclate à Montréal et ailleurs, un mémoire fut rédigé par la société d'hygiène, lequel fut envoyé au conseil de ville de Moutréal. Ce mémoire contenait des suggestions importantes et entre-autres proposait l'établissement d’un institut vacci-

8 d CONFERENCE SUR L'HYGIENE GENERALE.

nogène et en cas d'urgence, l'importation

immédiate d’un vaccin de qualité supérieure pour les fins de la vaccination, avant l'apparition et le développement de

l’épidemie. Une délégation offrit même d'aller à Québec pour soumettre au gouvernement un projet de loi conforme aux besoins de l'hygiène. Votre journal se faisant l'écho des alarmes et des préoccupations des hommes de l’art et de meuecins dévoués, fit appel à la sagesse de la population et donna aux autorités des conseils pleins d’apropos sur les moyens les plus efficaces à adopter afin de parer aux premières éventualités. On a vu une espèce de menace intéressée dans l’attitude active de notre jeune société au milieu de ces moments d'angoisse publique. Nos demandes étaient légitimes

parce qu’elles étaient commandées par les

besoins de la situation et l'absence d’un système de protection et de règlements

sanitaires. Les encouragements de la caisse

municipale ont fait défaut à notre œuvre, mais le danger étant devenu éminent, l’édilité a fini par écouter les protestations de la profession médicale, Une Commission d'hygiène fut nommée, le Parlement de Québec fut appeié à sanctionner une loi confirmant les pouvoirs de cette Commission et lui donnant l’autorite nécessaire pour faire exécuter ses ordres.

C'était là un hommage tardif rendu.

non-seulement à la profession médicale mais surtout au désintéressement des membres de la Société d'hygiène et à la courageuse croisade entreprise par notre journal.

Si c'est une satisfaction pour une organisation comme la nôtre de savoir que ses travaux sont utiles à l'intérêt et au bien-être de la Société, combien à plus forte raison, les services des particuliers qui travaillent à assurer les bienfaits de

notre mission scientifique et humanitaire avec un véritable sentiment d’indépendance et d'abnégation ne doivent-ils pas être appréciés et reconnus ?

Je ne puis taire ici, Messieurs, le nom d’un homme désormais attaché dans nos souvenirs à l’œuvre de la santé publique:

c'est celui d'un de nos membres les plus distingués, de Monsieur H. KR. Gray, exéchevin de Montréal. Cet homme mérite une place d'honneur parmi les bienfaiteurs de notre ville. Il a eu comme collaborateur dévoué un autre citoyen estimable, Monsieur l'Echevin Mount, qui continue ses travaux et sa mission avec talent et dignité. Monsieur Gray a été obligé après un travail colossal accompli durant la dernière épidemie de se retirer des fonctions civiques, épuisé par la lutte et par des services nombreux et incessants. C’est une perte sensible pour le conseil de ville. Cependant il vient d’élever la voix pour une œuvre philanthropique. La création d’un parc sur la ferme Logan dans un but sanitaire est une idée excellente qui répond à un grand besoin de la partie Est de la ville.

Ce projet n’était qu’à l’état d’ébauche depuis plusieurs années dans les cartons de l'autorité municipale. Il devait prendre une forme plus sensible sous l’inspiration généreuse de M. Gray qui veut associer le souvenir de l’année jubilaire de notre gracieuse Reine à une œuvre d’agrément et d'utilité publique. La rumeur veut que cette idée populaire reçoive son exécution immédiate. Ce serait le couronnement d’une carrière bien remplie. La reconnaissance de ses concitoyens est par avance acquise à Monsieur Gray.

J'aurais voulu, en inaugurant ma Présidence;,toucher a bien d’autres questions qui vous intéressent à un haut degré, Je ne

| puis que les effleurer sans entrer dans les détails.

Il existe des lacunes regrettables dans nos institutions municipales, en particulier dans le département de la salubrité publique. Je ne veur dire que du bien du Comité de santé, qui est spécia-

lement chargé de surveiller cette branche du service civique, mais je ne crois blesser personne en affirmant que ce comité a été beaucoup trop négligé. |

L'organisation de ce département exige des réformes urgentes. Je voudrais d’a-| bord y voir un plus grand nombre del médecins et pour cela il faudrait que ces messieurs eussent plus d’ambition pour! les honneurs et les devoirs civiques. On a déjà dit qu’il fallait plus d'hommes pratiques et moins de théoriciens au conseil de ville. Je me permettrai de n'accepter ni le compliment ni la suggestion. A mon sens la partie technique ou purement scientifique doit former la base principale de l'administration, au conseil aussi bien | que dans les départements. Il y a quelque chose de défectueux sous ce rapport | qui empêche l'efficacité des officiers su- | périeurs de notre organisation municipale. |

Il ne suffit pas seulement d'établir une | proportion équitable dans la répartition | des fonds ou des allocations attribués à | chaque service, il faut de plus diviser et!

distribuer le travail d’une façon inteiligente et efficace.

Le Comité de santé a été paralysé dans son œuvre par une trop grande pénurie | de deniers et d'hommes compétents et.

capables de faire connaître les besoins de | l'hygiène publique.

Notre système de voirie, d'inspection | des denrées ou substances alimentaires, de canaux et d’égouts est l'agent le plus important ce la conservation des individus

et du bien-être matériel général. Que valent les autres avantages de la vie, si la vie elle-même est constamment menacée et si le cortège des maux physiques assiége nos foyers, à raison d'une administration municipale défectueuse ou des négligences coupables des particuliers? Pourquoi ces grands intérêts sont-ils en souffrance? N'est-ce pas parce que la science a trop à dire dans ces questions complexes et que les spécialistes et les théoriciens ne sont pas assez écoutés ? C'est par les petits détails qu'on juge quelquefois de l'ensemble d’une œuvre. Dernièrement Monsieur le Docteur Mount demandait un crédit de $200.00 pour l'inspection du

| lait et on lui a d’abord refusé cette allo-

cation minime. On a fini par accorder cent piastres. C’est bien peu ; mais c’est un premier pas dans la bonne voie. J'in vite le Docteur à être tenace ; il finira par avoir tout ce qu’il demande.

Cet exemple choisi entre mille démon-

Itre les imperfections du système muni- 'cipal, surtout dans le département de la

santé publique. Je dirai donc aux hommes d’affaires, aux gens @’expérience qui travaillent à la chose publique : Ne dédai-

gnez pas les conseils et les vues de sa-

vants et des chefs de département dont le zèle, l’activité et les connaissances vous sont connues. Ce sont eux qui vous

fourniront les matériaux avec lesquels

vous préparez les mesures utiles et avantageuses à l'intérêt de la cité et peut-être même votre réputation, sinon votre popu'arité devant le peuple. De cette façon vous aurez avec moins de soucis personnels un système plus régulier et une organisation plus efficace dés divers services.

J'ai dit un mot de la législation sanitaire sanctionnée par le parlement de Québec et de la commission d'hygiène

instituée en vertu de cette législation. .Je voudrais aussi attirer votre attention sur un sujet d’une importance capitale au point de vue de la salubrité. C’est celui du mode de corstruction des bâtisses au sein des grandes villes et du système de ventilation, de drainage et d’égouts qu’on y applique. Cette question demande à être traitée et considérée sérieusement

par les entrepreneurs, les architectes et.

les grands propriétaires. La régie muni cipale a bien, en vertu de règlements

spéciaux, une certaine autorité dans ces |

matières, mais ses pouvoirs s'arrêtent à la limite extrême qui touche aux droits de la liberté individuelle. Les grands travaux de voirie auraient beau

être parfaits et complets, rien n’empêche-|

rait qu’ils fussent une cause d’insalubrité

ou de nuisance publique si ces travaux |

ne sont pas faits en accord avec le systé-| me général et suivant les règles et les principes de l'hygiène. Sans empiéter en

aucune façon sur les droits, les privilé-| ges et les goûts mêmes des particuliers, | ne serait-il pas raisonnable d'édicter des | ordonnances qui forceraient les construc- |

teurs de bâtisses à tenir compte de cer-

taines données scientifiques se rappor-|

tant à la ventilation ou à une disposition plus avantageuse de toutes les parties d'un bâtiment ?

de gens du métier, très expérimentés et

possédant une foule de connaissances sé-| rieuses en matières de construction. Ces |

personnes ont non seulement le souci de

la beauté artistique mais de plus des lois |

de l'hygiène. Le mal réside ailleurs.

Pour ne citer qu'un exemple, n'est-ce pas un fait reconnu, que les nombreuses sociétés de construction existantes il y a quelques années ont, à côté de grands

progrès réalisés par leur puissante initia-

J'admets bien volon-| tiers qu'ici à Montréal il y a nombre!

tive, semé au sein des quartiers moins favorisés de la ville, des germes de destruction alarmants ? Pourquoi cela ? C’est que dans bien des cas, chacun se faisait | son propre architecte et qu'on élevait de | véritables châteaux de cartes sans se préoccuper de la salubrité publique. La faute n’en était certes pas à tous les modestes ouvriers pour qui les avantages de ces institutions financières étaient un |appas facile au milieu de l'exercice de leur métier. Elle était encore bien moins celle de l’honnête petit propriétaire, si heureux de posséder un coin de terre et d'y élever avec le fruit de ses économies | la demeure où lui etles siens pouvaient jouir de l’air et de l’indépendance. Non, cela était dù à l'absence des règlements | ou de dispositions sanitaires avantageuses pour les classes pauvres, Ce que je dis ‘là est d'occurrence journalière et trouve sa démonstration dans toutes les grandes épidemies.

Montréal fait moins que toute autre ville exception à la régle générale. Paris, Londres, New-York, avec leurs agglomérations énormes de population ont des quartiers où les maladies contagieuses pénètrent a peine. Des pâtés de maisons de sept ou huit étages renferment des | milliers d'habitants vivant dans des logis qui se touchent. Là le système est parfait à l'intérieur, comme à l'extérieur.

| Aussi la proportion de la mortalité y est moindre qu'ailleurs. La statistique des faits est pour moi concluante dans ces matières. Profitons des enseignements qu’elle nous donne. Je ne demande pas à nos édiles déjà assez obérés par des res- | ponsabilités sans profit une législation ar- Ibitraire et absolue. La tyrannie sous | quelque forme qu’elle se présente est une |atteinte à la liberté et à la raison. Mais je crois qu’ilest possible de concilier les

droits des individus avec le sentiment |giques ont été mis à l'étude pour en emraisonné de la chose publique ; certaines | pêcher le retour. C’est le devoir de l’aumesures municipales ont déjà produit |torité municipale de trouver la solution d'excellents résultats, entre autres celle du problème. Notre Société d'Hygiène a. qui a rapport à l’abaissement du prix de aussi son œuvre à accomplir, au milieu l’eau pour encourager l'introduction des |de nos présentes anxiétés. C’est d’aider water-closets dans les maisons. Quand |de ses conseils les hommes de l’art et de le système des fosses fixes aura disparu | rechercher les moyens scientifiques les entièremeut des habitations de Montréal, | plus pratiques pour prévenir et détource jour là comptera comme le plus beau |ner les fléaux qui peuvent venir troubler

triomphe de l'hygiène.

Si les besoins de la caisse municipale exigent une taxe quelconque pour des fins de cette nature, qu’elle soit aussi minime que possible. Le système du Tout à lEgout doit être préconisé et proclamé sans cesse. Le remède est en fin de compte entre les mains des propriétaires et de l'autorité municipale. Avec un peu d’entente et de bonne volonté, il est facile de se passer de lois arbitraires.

Les inondations périodiques dont notre

ville est affligée deviennent un sujet d’alarmes et de graves préoccupations.

La santé publique est sérieusement mé-| nacée par le retour de calamités si fré-|

quentes. Certaines maladies prennent le

caractère de permanence au sein des quar-|

tiers inondés, grâce aux germes qui ont été déposés à l’époque de l'inondation. Longtemps après que les eaux se sont retirées, l'humidité règne encore dans les habitations et les rend insalubres. Les quartiers qui ne sont pas atteints par la crue subite du fleuve n’échappent pas aux conséquences fâcheuses de l'invasion des eaux.

Les détritus de toutes sortes entraînés dans les égouts gonflés s'y décomposent, forment des gaz délétères dont les émanations pestilentielles remontent jusqu'aux plus hauts sommets de la ville et la se répandent sur la rue par les regards d’égouts ou à l’intérieur des demeures par les canaux privés. Divers remèdes éner-

|le bien-être de notre population et com- | promettre les intérêts de la santé publique. Vos études, Messieurs, ont donc une portée immense que tous les amis de l'humanité doivent envisager d’un ban | œil et avec un sentinent de justice.

|. J'ose espérer que vos efforts seront appréciés comme ils le méritent ; j'en ai la preuve ce soir dans l'intérêt que nous porte la société d'élite réunie dans cette |eneeinte. Je prends occasion de la circonstance pour reconnaître ici publiquement | la sympathie accordée à notre œuvre par (le gouvernement Fédéral. L’allocation qu’il vote annuellement à notre Société a contribué puissamment au maintien de | notre journal.

Je l'en remercie. 11 est à souhaiter que iles autres corps publics comprennent l'importance, l'utilité des travaux que nous faisons, d’une façon toute gratuite, pour répandre la connaissance des principes d'hygiène parmi le peuple.

Il est temps, Messieurs, de clore ces remarques, car il me semble que je viens d'explorer des horizons à peu près inconnus. La faute en est à vous si je commence à m’accoutumer aux audaces d’une telle présidence. Je l'ai acceptée avec plaisir, car elle me permettra de m'instruire au milieu de vous de choses auxquelles tout le monde devient indifférent dans ce siècle de lumière, soit par une coupable négligence ou par ignorance.

mo DD — =

J'estime que c’est un crime pour homme instruit de se désintéresser du souci de ses semblables ou des devoirs de la chose publiqne.

L'avocat, comme le médecin, est tenu de travailler au bonheur et au soulagement de notre humanité souffrante. On a tenté de nous nier ces belles et consolantes prérogatives comme on voudrait croire qu’elles sont incompatibles avec notre état. Ce n’est pas au milieu de vous, membres de la noble profession de la médecine, que ce préjugé existe. J'en ai la preuve dans vos sympathiques préférences à mon égard. Non, la science de l’hygiène ne peut être le monopole exclusif d'une classe, elle doit être le but de l’ambition de tous les citoyens et de tous les amis de l'humanité. Laissons à d’autres, s’il le faut, le souci des affaires de la politique et de la diplomatie. Laissons à nos dignes échevius le soin de la curie municipale. Du haut de cette tribune libre, nous pouvons dire la vérité sans rechercher les faveurs de la popularité. Nous avons une œuvre plus modeste à remplir ; sachons la développer au milieu des calmes et sereines satisfactions de la science et la faire connaître et aimer au peuple avec un véritable désintéressement. Quand les besoins de la santé, de l’ordre et de la moralité publique l’exigeront, ayons toujours un œil vigilant sur les travaux de nos législateurs afin que les lois soient d’accord avec les préceptes de l'hygiène et les nécessités sociales. Nous avons une tâche aussi utile à remplir vis-à-vis de nos conseils municipaux. Les règlements qui émanent de ces grands corps sont une sauvegarde ou une menace perpétuelle pour nos foyers et l'avenir de nos populations, selon qu'ils s’inspirent des véritables besoins généraux ou qu’ils sont

l'œuvre de calculs personnels ou d’intérêts privés. Le bien-être, la santé et les jouissances de la nation ou des individus sont entre les mains de ce forum choisi par la volonté populaire, de cet aréopage qui peut d'un seul mot ou d’une seule phrase la détruire ou la rendre impuissante pour le salut public. Demandons donc à tous ces puissants de la terre moins de diners qui font les insomnies.

et les lois mal digérées, de meilleurs

| égouts et moins de demeures remplies de

scrofuleux et de rachitiques, moins de somptueuses constructions pour abriter des chevaux et des pompes à incendie et plus d'abris pour les misères et les haillons de l'humanité souffrante ; enfin de-.

mandons, s’il est possible, moins de maisons de jeu ou de prostitution et de buvettes qui tuent le corps et vicient l'intelligence et plus de temples à la science et d'écoles du soir où la classe opulente et l'honnête ouvrier viendront puiser la force et la lumière, la santé du corps et la vie de l'âme, seuls biens légitimes et capables de satisfaire ici bas les appétits des sens et les volontés énergiques de

notre être. Voilà, Messieurs, un programme large et sérieux. Je le livre à vos méditations.

Quant à vous, Mesdames, permettezmoi en terminant de vous offrir au nom de notre société mes sincères remerciments pour l'intérêt que vous portez à notre œuvre.

Votre présence ici ce soir nous honore et rend un hommage gracieux à nos travaux. Vous avez voulu nous faire comprendre qu'à côté de l'hygiène physique, il y a aussi l'hygiène sociale, celle qui s'élève au-dessus des soucis terrestres et des préoccupations de notre nature humaine. Qui que vous soyez, épouses, mères ou sœurs, vous êtes avant

tout des femmes chrétiennes, des citoy ennes dévouées à votre pays. C'est dans ce double culte que vous puisez ces trésors de vertu, ces principes de foi et ce puissant amour patriotique qui élèvent et grandissent les nations. L'instinct du beau et le goût de l'idéal ont été développés au fonds de vos cœurs par la main bénie ‘ de la Providence. L'éducation domestique, en polissant les mœurs, adoucit les aspérités de la vieet prépare des races laborieuses et actives qui font la gloire d'un peuple. Je réclame, Mesdames,

‘1, “38 re ee der 055 .

nt.

pour la canadienne tous ces dons précieux. Par sa propreté traditionnelle et son dévouement inaltérable à son foyer, c'est elle qui sème les sourires et la joie au sein de la famille. Au milieu de la société, c’est elle encore qui fait l’ornement de nos salons. Vous la trouverez la même, à la campagne, à la ville, sous l’humble chaumière du pauvre, sous les somptueuses demeures du riche. Mesdames, continuez votre noble et importante mission ; vous êtes des grandes civilisatrices du monde et de la société.

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