NET
nd
lement sAVONS arts et h euroer tous produit 1, ni un il n’aules uniralé des superquand il rudition aissance de monsol; ce ichesses, eurs des ren Eu- & alors, à sez donc
enfaiteur
LS VOIsine
1ges, non
. - LE . / . ] moins célèbre par ses saints que pur les génies qu’elle a enfantés.
Des jours de splendeur allant se lever pour la France. Dieu qui lPaimait, avait décidé de lui donner un siècle que la postérité émervenlée distinguerait entre tous les autres, en lui décernant le titre de grand.
Le dix-septième siècle commença, et bientôc s'ort-
vrit pour la monarchie un règne sans égal.
Pendant toute sa durée, on eût dit que la France était le monde entier, tant les autres peuples s’effaçaient devant sa gloire et Îui prodiguaient l’admiration. Quelle magnificence en effet, et quel concours de génies !
Un roi, petit-fils de saint Louis, occupait le trône, et, sans excuser ses faiblesses, 11 faut dire qu’il possédait des qualités supérieures. C’était le protecteur et l’ami de tous les brillants talents qui semblaient s'être réunis pour lui faire cortège.
mt ee
’olbert et Louvois l’irspiraient de leurs consuils, et, de concert avec lui, travaillaient à la prospérité de la nation. Turenne et Condé, Luxembourg et Vauban se couvraient d'honneur sur les champs de bataille, pendant que Duquesne et Duguay-Trouin, à la tête des armées navales, soutenaient sur les mers
l'éclat du nom français.
Peteau et Thomassin scrutaient les profondeurs du dogme catholique ; Pascal “jetait sur le papier des pensées qui tenaient autant du dieu que de l’homme ; ” LU] Corneille et Racine donnaient à la scène tragique un élan merveilleux ; Molière reculait les bornes de la comédie, éi Dénétrait plus avant qu’aucun de ses prédécesseurs dans “les obscurs replis où se cachent les ressorts des actions humaines.” PI Lafontaine écrivait ses incomparables fables ; La Bruyère se plaçait au premier rang parmi les moralistes ; Boileau donnait à la fois le précepte et l’exemple du beau langage, et madame de Sévigné, dans une correspondance inimitable, épanchait les trésors de son
esprit et de son cœur.
(1) Chateaubriand.
(2) Lamennais.
ascils, périté arg et ips de rouin,
s mers
urs du ier des l’hom- 1 scène lait les qu'auplis où ? [2] La- La Bruralistes ; nple du une cor-
s de son
nee rares ——
Le Nôtre dessinait les jardins de son prince ; Lesueur et Poussin s’immortalisaient dans l’art de la peinture. Un Massillon et un Bourdaloue prêchaient à la cour ; l’aimable Fénelon composait des ouvrages suaves comme des pages d’Evangile ; Bossuet terrassait l’hérésie, et, dans la chaire chrétienne, en présence des dépouilles des reines et des héros, faisait entendre des accents que jusqu'alors la France ne connaissait pas.
Cependant, messieurs, malgré toutes ces glorieuses illustrations, je ne crains pas d'appliquer au siècle de Louis XIV la parole de lApôtre, vraie des peuples comme des individus. Quand il aurait réuni plus de merveilles encore ; quand il aurait ébloui la terre par ses éclatantes victoires ; quand il aurait possédé ses intrépides capitaines, ses ministres habiles, ses savants, ses artistes et ses docteurs ; quand même il aurait parlé le langage des anges, “s’il n'avait eu la charité, il n’eût été rien ! ?
Aussi, Dieu qui le voulait véritablement grand, le fit non seulement conquérant, théologien, poète : 1l il le fit de plus éminemment charitable.
Contemplez donc, messieurs, à côté de ces génies
dont je vous ai dit les noms, contemplez ces âmes plus modestes, âmes d'élite qui ne respirent que le sacrifice et le dévouement. ÆElles arrivent à la même heure ; en se voyant elles se comprennent, s'unissent par des liens sacrés, conçoivent les plus généreux desseins : ii faut secourir partout la pauvreté et la souffrance ; il faut traverser les mers, et aller dans les pays barbares faire à des esprits encore plongés dans les ténèbres, laumône de la divine Jumière. Richesses, influence, talents, tout est emplové à l’accomplissement des œuvres qu’une ardente charité suggère : et ces prêtres, ces nobles, ces seigneurs, ces grandes dames, ces jeunes filles, montrent plus d’émulation pour soulager le malheur, sous toutes ses formes, que les généraux du monarque pour gagner
des batailles.
O forêts vierges de l’Amérique,vous serez les témoins de leur zèle et de leur générosité ! Peuplades indiennes disséminées sur les rives du Saint-Laurent et des grands lacs, tournez vos regards vers cette terre de France, vers ces châteaux de France, vers ces monastères de France : c’est de là que vont accourir vos héros, vos saints et vos martyrs! Tout à l’heure, je
célèbrerai leurs œuvres; en ce moment, je ne veux
nes » le ime sent eux t la lans nues ière.
l’ac-
arité
plus s S6S
\ener
1oins dien- 4 des re de onasr VOS ire, je
veux
Ge TR TE al St l
LG tré rt 9 TPE SSI VAR ES ES Se BAPE à QE nc CE LS SE A AR RER L DR SEE eu co gt Age ER TC OT
que les saluer, au milieu de toutes les splendeurs qui environnent le trône de Louis XIV. Il y avait des femmes qui étaient nées avec une grande mission à remplir: elles devaient être les mères de tous les malheureux, les bienfaitrices de l'humanité souffrante: c'étaient les Le Gras, les Gondi, les Goussault, les Miramion, les d’Aiguillon, les Longueville et une foule d’autres. Mais à toutes ces âmes généreuses, 11 fallait un père, un modèle, un guide, et Dieu le leur suscita. Abaissant son regard sur la chaumière d’un modeste village situé au pied des Pyrénées, il se chcisit, au sein d’une famille pauvre, l’instrument de ses desseins. C’était un modeste enfant qui, jusqu’à l’âge de douze ans, avait gardé les troupeaux de son père. Il lui fit entendre sa voix, le remplit d’un zèle apostolique, le conduisit par des voies merveilleuses, le marqua d’un caractère sacré, lui fit toucher du doigt toutes les souffrances, le rendit puissant sur les esprits et sur les cœurs. et la France, et l'Europe, et le monde entier possédèrent saint Vincent de Paul !
Saint Vincent de Paul! A ce nom vénérable
s’écrie un de ses plus éloquents panégyristes H l’ima-
(1) Mgr Dupanloup.
PRE EEE TE
gination attendrie se représente cet homme de Dieu, semblable à la charité elle-même, entouré de la multitude des malheureux et des pauvres dont il fut durant tant d'années le bienfaiteur et le refuge. A sa présence, je crois voir les malades se soulever de leurs couches de douleur pour le bénir; les vieillards, avant de mourir, veulent baiser, en la baignant de larmes, la main du saint prêtre qui les arracha au délaissement et à l’infortune; les orphelins et les enfants abandonnés qu’il recueillit dans son sein, tournent vers lui des regards pleins d'espérance ; les hérétiques et les infidèles qu’il éclaira, les bons habitants des campagnes qu’il évangélisa, les captifs dont il porta les chaînes, les provinces entières qu’ilnourrit, les rois qu’il consola sur leur lit de mort, le sacerdoce dont il renouvela la gloire, tous le proclament à la fois leur ami, leur providence et leur père.”
Voilà, messieurs, la plus pure gloire du grand siècle. Quel génie et quel cœur! Nul ne porta le dévouement plus loin que lui; aussi, nul de ses contemporains ne fut peut-être plus vénéré ni plus véritablement, aimé. Comme les mendiants venaient avec confiance se jeter dans les bras du “ bon monsieur Vincent ! ?” Comme on était heureux de verser dans
son âme les plus cuisants chagrins !
habidont urrit, acer-
ment
d sièle dés CONs vériaient nsieur
* dans
To PATTES
Il travailla surtout dans le royaume où le ciel l'avait fait naître, mais son zèle embrassa l’univers. Il apparut aux galères de Marseille comme lange de la consolation et de la paix ; les forçats devinrent pour lui des frères, et, un jour, pour rendre la liberté à l'un d'entre eux qui lui sembla plus malheureux que coupable, il prit ses fers et se constitua galérien à sa place.
“ Le voilà donc, dit Maury, confondu avec les forçats, chargé de chaînes, une rame à la main, sous les dehors humiliants d’une victime des lois, victime de la charité! Qu'il est grand, qu'il est auguste dans son abjection ! Fers honorables, sacrés trophées de la charité, que n'êtes-vous suspendus aux voûtes de ce temple, comme l’un des plus beaux monuments de la gloire du christianisme ! Vous orneriez dignement les autels de Vincent de Paul, en rappelant à la société les citoyens que lui donne là religion de Jésus-Christ; et la vue de ces chaînes justement révérées comme un objet du culte public, aiderait de siècle en siècle notre ministère à lui en former encore
de pareils.”
Au milieu des villes, Pinfatigable apôtre pourvut à
toutes les misères par la construction d’hospices de
ee
miséricorde, Rocroï, Charleville, la Picardie et la Champagne, dévastées par la famine et la peste, trouvèrent en lui leur sauveur ; et les bagnes mêmes de Constantinople, les rives de Tunis et d'Alger, les pauvres insulaires de Madagascar secourus par lui, célébrèrent avec reconnaissance son nom et ses bienfaits. Aussi, je ne m'étonne pas de voir ce prêtre modeste, objet, à la cour de son roi, des plus grands honneurs, et Bossuet, à genoux devant lui, iui deman-
der de le bénir. {1
N'’est-1l pas vrai que les nombreux hôpitaux qu'il a fondés, sont pour sa patrie des monuments plus glorieux et plus durables que les somptueux chà-
teaux de Versailles ? En les visitant, on n’est pas
(1) Il vint à Saint-Lazare, ce grand évêque, cet orateur incomparable, en qui l’Eglise reconnaît une de ses lumières, et la France une de ses gloires, Bossuet, dont le génie n'eut pas de maître plus direct, avec la Bible et les Pères, que l’humble Vin. cent de Paul. C’est sous sa conduite qu’il se prépara au sacerdoce, c’est d’après ses exemples qu'il apprit à prêcher. Plus tard, il se souviendra de lui, pour rendre à sa mémoire le plus éclatant hommage, et l’évêque de Meaux ne croira pas s’abaisser en rapportant au modeste prêtre. le meilleur de sa vie sacerdotale et des œuvres de son génie” (Arthur Loth, ouvrage déjà cité, p. 251.)
et la troues de r, les r lui, bienprêtre rands
MAaN-
qu’il s plus châ-
st pas
teur ines, et la t pas de ble Vin:
a sacerr. Plus e le plus abaisser sacerdoage déjà
SUR LA CITARITÉ G1
seulement saisi d’admiration, on est ému, et l’on se
sent devenir meilleur.
Qu'on nous représente Corneille et Racine le front ceint d’une couronne de lauriers ; Louis XIV sur son trône, et drapé dans sa majesté royale ; l’évêque de Meaux, dans la chaire, avec Paigle planant audessus de sa tête pour exprimer son éloquence sublime; pour moi, j'aime mieux contempler Vincent de Paul sous l’image du plus tendre des pères, tenant dans ses bras et pressant sur son cœur les petits orphelins.
Je vous l’ai déjà montré, parcourant le soir, les faubourgs les plus écartés de Paris, afin de recueillir sous son large manteau, les petits enfants abandonnés par la misère où par le vice. Ni la pluie, ni la neige ne l’arrêtaient. Il marchait... il marchait bien longtemps avec le zèle d’une mère à la recherche de ses fils, et il ne revenait que lorsqu'il pliait sous le fardeau, pour déposer ces infortunées créatures dans
l'asile que son amour leur avait fait construire.
Comment exprimer sa tristesse et ses angoisses,
lorsqu'il vit sur le point de périr l'institution qu'il
— u ce démnreierattensemeinage-tanmnneierse nement damien
avait établie en faveur de ces chers nouveaunés? Les dames de charité, sans ressources et sans espoir, avaient perdu courage. Vincent de Paul les réunit, et, après l’exhortation la plus chaleureuse, il s’écrie : Or sus, mesdames, la compassion et la charité vous ont fait adopter ces petites créatures pour vos enfants. Vous avez été leurs mères selon la grâce, Gepuis que leurs mères selon la nature les ont abandonnées. Voyez maintenant si vous voulez les abandonner. Cessez d’être leurs mères, pour devenir à présent leurs juges : leur vie et leur mort sont entre vos mains. Je an’en vais prendre les voix et les suftrages : il est temps de prononcer leur arrêt et de suvoirsi vous ne voulez plus avoir de miséricorde pour eux. Ils vivront, si vous continuez d’en prendre un charitable soin ; et au contraire, ils mourront
et périront infulliblement, si vous les abandonnez.”
Après des accents si pathétiques, tous les cœurs sont gagnés, Pauditoire fond en larmes, l’œuvre de
Vincent de Paul est sauvée !
Cette charité apostolique, l'univers entier n’a cessé de ladmirer et de la bénir; et depuis deux cents ans, l’éloquence sacrée, la poésie et les arts l’ont
célébrée avec magnificence.