‹ Conférence sur la charité [microforme]Chapitre 21 sur 22 · BEC · texte numérisé non relu

BEC

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bec par saint Vincent de Paul. Voici la lettre que ce grand saint écrivit à la mère Vironceau de Saint- Joseph ; en la transcrivant, nous en respectons scrupuleusement l'orthographe :

De Paris, ce 25 avril 1652.

# Ma révérende mère,

“ La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour Jamais.

“Il est vrai que ceux qui m'ont fait l’honneur de vous rapporter l’estime que je fais des missions du Canada ont eu sujet de le faire ; car, en effet, je regarde cet œuvre comme l’un des plus grands qui se soient faits depuis quinze cents ans, et ces saintes âmes qui ont le bonheur d’; travailler, comme des âmes vraiment apostoliques qui méritent l’approbation et le secours de l'Eglise, particulièrement vous et votre communauté qui contribuez à l’assistance spirituelle et corporelle des pauvres et des malades, qui est le comble de la charité chrétienne, et en quoy je tiendray à singulière bénédiction de vous aider,

s’il plaît au bon Dieu de m'en faire la grâce quelque

jour. Quant à présent, ma chère mère, cela m'est du tout impossible, à cause des misères de ce pays icy provenants des guerres passées, et des divisions présentes de ce royaume qui réduisent les provinces dans une entière désolation, à quoy plusieurs personnes charitables de Paris tâchent d'apporter quelque remède contribuant de leurs soins et de leurs aumônes pour empêcher que le monde périsse de pauvreté ; mais ces aumônes ne pouvant suflire, il servirait de peu de leur parler des besoins du Canada. Je ne doute pas, ma chère mère, que ceux de votre hôpital ne soient grands, après les pertes que les hiroquois vous ont fait souffrir de delà, et la diminution notable du revenu que vous avez icy sur les coches, dont je suis bon témoin, pour ce que plusieurs de nos maisons y ayant leur petite subsistance, ont peine d’en tirer la moitié de ce qu’elles en tiraient ci-devant. Je prie Notre-Seigneur, ma révérende mère, qu'il suscite quelques bonnes personnes qui vous donnent moyen de lui continuer vos services en ses pauvres membres, et c’est ce que j'ose espérer de sa paternelle providence qui est adorable partout. J’ai une particulière confiance en vos prières; bien que je sois indigne d’y participer, je vous les deman-

de néanmoins avec toute l’humilité que je le puis,

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et avec désir qu’il plaise à Dieu me faire la grâce de vous servir qui suis en son amour,

Ma révérende mère, Votre très humble

et obéissant serviteur,

VINCENT DE PAUL, Ptre, De la Mission.”

‘A ma Rde Mère, La Mère Supérieure des Religieuses de la Miséricorde de PHôtel-Dieu de Kébee,

à Kébec.” MONSEIGNEUR DE LAVAL

L'Eglise, en décernant, dans ces dernières années, le titre de Vénérable à la mère Marie de l’Incarnation et à la mère Marguerite Bourgeoys, a rendu hommage aux vertus de ces deux grandes servantes de Dieu.

Maintenant, on travaille à la cause de béatification de monseigneur de Laval, et nous avons le ferme espoir que Rome jugera cet illustre pontife digne de

recevoir les honneurs des autels.

Après avoir lu attentivement sa vie, nous ne sommes pas surpris que ses contemporains l’aient proclamé un autre saint Anselme, un autre saint Ildefonse, un autre saint François-Xavier, un autre saint Thomas de Villeneuve, A ce que nous avons dit dans cet entretien, touchant son apostolique charité, nous sommes heureux d’ajouter les magnifiques témoignages de M. de la Colombière et du bon Frère

Houssart.

Le premier, prononçant l’oraison funèbre du regretté prélat, s'exprime en ces termes : “Ce n’est pas sans une grande raison que la Providence a permis qu'il s’'appelât François ; car il a eu des vertus de tous les saints de ce noin : le zèle de saint François- Xavier, la pauvreté de saint François d’Assise, la charité de saint François de Sales, la mortification de saint François de Borgia. Mais on peut dire que la pauvreté était sa chère maîtresse, et qu’il avait pour elle des transports dont il n’était pas le maître. À peine fut-il arrivé de France pour la première fois, à peine fut-il débarqué, qu’il vole au secours des pauvres de l'Hôpital. Nulle prière, nulle considération ne peuvent l'empêcher de se loger au bout de leur salle, d’aider tous les jours à faire leurs lits, à balayer les

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salles, à leur rendre tous les services les plus abjects.”

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Le Frère Houssard fut le serviteur de monseigneur de Laval pendant vingt ans. Après la mort de son vénéré maître, il écrivit à M. Tremblay, directeur du séminaire des missions étrangères de Paris, une lettre dont nous extrayons les passages suivants :* Pour ce qui regarde sa charité et ses aumônes, c'est un point où Les personnes qui ontle mieux connu Sa Grandeur auraient peine à en faire connaître toute l'étendue. J’ai autant de témoins de cette vérité qu’il y a eu et qu’il y à de personnes en Canada; c’est pourquoi je ne crois pas devoir m'étendre sur cet article qui, étant connu de tout le monde, ne peut être ignoré de vous seul. Jecroismême que vous en diriez plus que mot, s’il vous plaisait d'en dire ce que vous en savez. Néanmoins, Monsieur, comme je vous marque en cette lettre ce qui m'a édifié dans la vie et les actions de Monseigneur, je ne puis me dispenser de vous dire quelques petites particularités qui n'ont le plus touché sur ce sujet.

“ La première est que Sa Grandeur, nonobstant les dettes, les pertes, les incendies et toutes les grandes disettes du Séminaire où elle avait la meilleure part, ne manquait pas de donneraux pauvres, tous les ans,

la valeur de quinze cents et deux mille livres.

La seconde est que Sa Grandeur’ me refusait tout

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