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moyen de la charité. Nous voulions aussi faire d'avance une réponse à quiconque demanderait : “ Où donc est leur Dieu ? ”...….
“ Ne crovez point que regarder la charité comme un moyen de conserver la foi, ce soit amoïindrir cette sublime vertu. Elle grandira au contraire en nous : nous apprendrons, en visitant le pauvre, que nous y gagnons plus que lui, puisque le spectacle de sa mi1sère servira à nous rendre meilleurs. Nous éprouverons alors pour ces infortunés un tel sentiment de reconnaissance que nous ne pourrons nous empêcher de les aimer. Oh ! combien de fois moi-même, accablé de quelque peine intérieure, inquiet de ma santé mal affermie, je suis entré plein de tristesse dans la deraeure du pauvre confié à mes soins, et là, à la vue de tant d’infortunés plus à plaindre que moi, je me suis reproché mon découragement, je me suis senti plus fort contre la douleur, et j'ai rendu grâces à ce malheureux qui m'avait consolé et fortifié par
l’aspect de ses propres misères !
“ Soyez-en persuadés, mes amis, ce sont là les prodiges de la charité chrétienne. Les sociétés purement philanthropiques n’ont point ces éléments de
force et de durée, parce qu’elles ne se fondent que
sur des intérêts purement humains. On y voit répandre l'argent, on n’y sent pas battre le cœur. Cette charité qui mêle ses larmes aux larmes des malheureux qu’elle ne peut consoler autrement, qui caresse et recueille l’enfant nu et abandonné, qui porte les conseils de Pamitié à la jeunesse timide, qui s’assied avec bienveillance au chevet du malade, qui écoute sans donner signe d’ennui, les longs et lamentables récits de l’infortune...cette charité, à mes amis! ne
peut être inspirée que par Dieu!”
Quelle foi ! Quel zèle ! Quel langage sublime! En terminant, Ozanam offre à ses amis de Florence ses félicitations les plus sincères. Nous recueillons ses dernières paroles, et nous disons, en les modifiant légèrement : sous le beau ciel de notre patrie, l’arbre de saint Vincent de Paul a déjà poussé des rameaux dignes de figurer à côté de ses plus vigourenses bran-
ches.