SES
ee +
Re eu pes ér
d'espérance. Il avait proclamé heureux ceux qui souffrent et qui pleurent, prescrit l’aumône, commandé la bienfaisance envers tous les hommes; et un jour, à une pauvre femme qui s'était dépouillée de sa dernière obole en faveur de l’indigence, il avait promis une gloire impérissable.
Voilà l’homme qui devait régénérer le monde et le transformer; et c'était pour accomplir cette grande mission qu'assimilé au plus coupable scélérat et au dernier des esclaves, il montait au Calvaire, en por-
tant sur ses épaules meurtries une lourde eroix.
L’ingrate populace osait l’appeler un séducteur. Plusieurs cependant lavaient salué du titre de prophète ; quelques-uns Jui donnaient le nom de maître et d'ami... mais bientôt, l’univers allait tomber & genoux, €t, dans la personne de ce condamné, adore
Jésus-Christ, son sauveur et son Dieu.
Au sommet de la montagne, on le crucifia.
Sa mère, qui était une vierge, ne l’avait pas quitté ;
mais au milieu de ses larmes et de ses angoisses, elle
n’embrassa que le pied de la croix de son Fils. Plus
privilégiée que la Vierge, la Pauvreté monta sur le
gibet, pour partager à la fois l’ignominie et le triomphe du crucifié. 4) Depuis ce moment, en effet, elle put s'appliquer la parole du Christ: elle attira tout à elle. Devenue pour ainsi dire la reine du monde, ni les trésors, ni les palais ne lui firent défaut ; elle eut
même ses ministres et ses ambassadeurs.
Les apôtres s’élancent à la conquête des nations, en prêchant la charité, et leurs discours font bientôt oublier et la philosophie de Socrate, et les lois de Ly-
curgue, et les harangues de Cicéron.
Blâment-ils la richesse? Non, mais ils soufflent au cœur des riches la compassion et la générosité ; et les champs etles maisons se vendent, et on leur en apporte le prix qu’on dépose à leurs pieds, pour le soulage-
ment des malheureux.
(1) C’est l’idée exprimée par Dante dans sa Divine Comédie, lorsqu'il célèbre le mariage de saint François d'Assise avec la pauvreté :
en dove Maria rimase giuso Ella con Cristc salse in su la croce.
Lorsque Marie resta au pied de la croix, elle (la Pauvreté) y monta avec le Christ. (1! paradiso cant, XI.)
FE
ONE SR ER D RS tm EE He om TETE Ses
Off
me rer
PE
ES
Prétendent-ils bannir d’ici-bas l’indigence et la
OMelle misère ? Jamais, mais ils font du pauvre un frère, #3 ut à en le proclamant un membre souffrant du Sauveur 4 le, nl | des hommes. Les petits, les méprisés, tous ceux qui s eut ; gémissent, voilà ceux vers lesquels ils tendent les bras avec amour; ils les appellent leurs fils, se font | même mendiants pour eux, et l’on entend saint Paul ns, en 1 proclamer, en présence des Césars, ce grand principe ot ou- | de la charité chrétienne : “Il n’y a plus ni Gentil, ni le Ly- | Juif, ni Grec, ni Barbare, ni Scythe, ni Romain, ni
libre, ni esclave, ni vaincu, ni vainqueur: vous êtes ) ) tous les élus et les amis de Dieu ! ”
ent au ; et les ‘“ Souvenez-vous, disait-il, de ceux qui sont dans
les fers, comme si vous étiez avec eux. Souvenez- Ai
DE LCR SPORE NS A EN EEE
vous de ceux qui souffrent, étant vous-mêmes dans #) un corps sujet à la souffrance. Avec les petits, abaïs-
sez-vous ; pleurez avec ceux qui pleurent ; remplissez
les devoirs de l'hospitalité. Si votre ennemi a faim,
Comédie,
donnez-lui à manger; s’il a soif, donnez-lui à boire : avec Î:
ne vous laissez point vaincre par le mal, mais triomphez du mal par le bien.”
Et lui-même donnait le premier l’exemple. Il
offrait sa vie pour ses frères, et, d’une main chargée
de chaînes, écrivait pour solliciter le pardo: un | : serviteur coupable. (M j l Doctrine sublime qui, désormais, inspirera tous les
philosophes chrétiens, et que nous recueillerons sur
les lèvres de tous les Pères de l'Eglise ! (
Entendez-vous Lactance, le précepteur des fils de d
Constantin, qui se fait le défenseur de lPinnocence et ; ; V
de la faiblesse? Nous n’accorderons jamais qu’il t
puisse être permis de faire périr les enfants nouveau-
nés. Dieu leur a donné des âmes pour vivre, non
pour mourir.”
Saint Jean Chrysostôme enseigne aux riches que a faire l’aumône est le premier et le plus honorable | ld des métiers.” | d
‘Il ya des maîtres, 11 y a des esclaves, dit saint
se à
(1) On ne saurait trop admirer cette touchante lettre de l’A pôtre : 3 (
“ Je vous conjure, disait-il à Philémon, pour mon fils Onésime ÿ que j'ai engendré dans mes liens. Je vous le renvoie ; recevez- 4 le comme mes entrailles... Peut-être vous a-t-il quitté pour un temps, afin que vous Île receviez, non plus comme un esclave, mais au lieu d’un esclave, comme un frère très cher, Accueillez-
le donr comme moi-même. S'il vous a fait tort, s’il vous doit quelque chose, imputez-le moi.” (Æp. à Philémon.)
RDS
us les
sS sur
ls de ice et
qu'il LveaU-
. nOn
s que
orable
saint
A pôtre :
)nésime recevezpour un esclave, cueillezous doit
nn
SUR LA CHARITÉ 43 Augustin. Voilà deux noms divers; mais ce sont des hommes, et encore des hommes ; leur nom est le
même.’ ()
La charité a donc tout transformé, et saint Grégoire de Nysse énumère les titres desagloire, en l'appelant : “le lien de la vie, la mère des pauvres, l’institutrice des riches, la nourrice des orphelins, l’infirmière des vieillards, le trésor des indigents, le port commun de
tous les malheureux ! ? (21 Oui, le port commun de tous les malheureux!
Dès le début de la prédication évangélique, je vois surgir un ordre sacré pour le service de l’indigence ; les diacres sont à la fois “les ministres de l’autel et de la chaumière.”" FT Puis, en étendant sa puissance, l'Eglise semble élargir son cœur, Elle organise des collectes et des aumônes ; partoutoù le malheurgémit, elle Patteint pour le soulager ; elle bénit les veuves
qui se dévouent aux œuvres de miséricorde, et, dans
(1) De Champagny, ouvrage déjà cité, p. 203.
(2) De l'amour des pauvres.
(3) Mgr Gerbet.
ee. dan
LT