‹ Conférence sur la littérature canadienne [microforme]Chapitre 5 sur 5 · PEER · texte numérisé non relu

PEER

ou l'âme pure et chaste du Barde populaire chante Je retour des “ Oiseaux Blancs » ces hôtes sympathiques de nos tardifs printemps :

Salut petits oiseaux qui volez sur n°8 têtes Et de l'aile en passant effleurez les frimas

Vous qui brâvez le froid, bercés par les tempêtes Venez tous les hivers voltiger eur noë

Les voyez-vous glisser en légions rapides,

Dans les plaines de l'air comme un nuage blanc Oh ? que j'aime à les voir, au sein des giboulées Mèler leur voix sonore, avec Je bruit des vents. Ils couvrent mon jardin, inondent les allées

Et d’arbre en arbre, vont toujours en volti eant —Adieu es oiseaux qui volez sur nos têtes Et de l’aile en passant efllenrez les frimas

Vous qui bravez le froid, bercés par les tempêtes Venez tous les hivers voltiger sur nos pas.

Comme on le voit notre historien savait oublier un instant la solution des graves événements ÉCONOmiques et sociaux de son pays pour observer de de plus près les coutumières évolutions des oiseaux blancs pour épancher le trop plein de son cœur Sur les infiniment petits des airs et de l'espace. À propos de véridiques et délicates peintures de mœurs animales, tous savent par Cœur le quatrain fameux de la légende du “Chien d'or” dont la vignette orne encore la façade d’un de nos principaux monuments

publics à Québec :

“ Je suis un chien qui ronge Vos,

En le rongeant, je prends mon repos

Un jour viendrr. qui n’est pas venu

Ou je morderai celui qui m’aura mordu.

L'historique de cette vignette versifiée nous fait connaitre M. I. Soulard contemporain en renom de MM. Morin et Garneau, journaliste, philosophe et littérateur, doué d'un goût exquis, d'un jugement Sur et critique hors ligne nous dit son biographe.

Vers le même temps, à Montréal, un autre disciple des Muses attirait aussi l'attention des lettrés et du public en général. C'était M. Pierre Lavio-

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lette natif de Boucherville P. Q. descendant d’une ancienne famille Canadienne. Pierre Laviolette relatent les mémoires de l'époque, était ami passionné, des lettres, un poète distingué et doué d’une merveilleuse fécondité. Le répertoire renferme de lui nombre de pièces de poésie, célébrant presque toutes des sujets didactiques. Dans l’une d'elles intitulée “ Invocation à la Santé” on perçoit les formes viellottes de l’art descriptif, cet engouement de la consonnance mythologique :

O toi que Germinède aux cieux Dans le calice de la vie

Versait mêlée à l’ambroisie Au banquet solennel des Dieux O Santé, pour toi, tout soupire Du trépas viens briser la faux Sous nos pas ferme les tombeaux Relève sur eux ton empire.

Mais la vieille cité de Champlain, hier comme aujourd’hui ne se laissa pas distancer, les Muses n’y dormaient pas. (1834) voit apparaître un jeune et vigoureux talent, M. J. Turcotte, qui a joué un rôle considérable dans le pays. M. Turcotte fut à la fois Journaliste, homme politique, écrivain de haute envolée. Entendez le exprimer à son ami Morin ses sentiments politiques, de patriotique liberté, tout en chantant le retour de son ami au foyers de ses pères. :

‘€ Tu viens de la riche Angleterre Eh bien ? frère, le ciel là-

Est-il descendu sur terre ?

Ou bien l’homme y dit-il hélas, En approchant le grand fantôme Au lointain prestige emprunté, Comment s’efface chaque atome Du mirage de liberté.

Et croit-il qu’un peuple succombe, Quand noble il jure avec fierté, D’entrer dans la nuit de la tombe Ou de ravir sa liberté ?

Püète comme tous nos grands hommes, c'est surtout par ses harangues enflamées qu'il a fait retentir les échos Laurentiens. À cette époque (1835) les chants patriotiques faisaient rage, M. Aubin un Français émigré au Canada, mit sa verve à profit dans son Journal le «Fantasque” L'idéal patriotique d'alors, c'était plutôt de (1834 à 1837) unsouffle de révolution contre les abus administratifs et constitutionnels. Dans ses diatribes, M. Aubin toutefois ‘tait l'ennemi des extrêmes ; “ amis disait-il : évitons les extrêmes c’est toujours bien moins périlleux. Au dessus du bourdonnement des passions populaires et des agitations politiques d'une époque de troubles ; une voix pacifique se fait entendre, c'est celle de M. A. R. Angers, avocat de Montréal ; de concert avec notre admirable clergé il chante l'apaisement des esprits, l'union, la concorde tont en se faisant un nom au Barreau :

Pourquei briser les liens les plus doux Vous nous fuyez, et nous SOMMES frères Et nous pleurons eur les mêmes tombeaux En remuant les cendres de nos pères.

Comme pour répondre à cet esprit d'union des forces intellectuelles de la nation, M. G. Barthélemi Faribault, chercheur érudit, publie en (18 57) un célèbre catalogue d'ouvrages sur l'histoire d’Amérique ; beau travail digne d'un bibliophile conscencieux. Le calme vne fois rétabli dans les consciences et dans le pays, les poètes profitent du premier moment de paix et se font l'écho de cette effervescence soudaine de patriotisme. Ce sont : MM. Petitclair, Derome, Lenoir, Chauveau, Cartier, Marsais ; autant d'illustrations qui firent l'honneur du nom Canadien par leur incontestable talent littéraire.

M. PIERRE PETITCLAIR, écrit pour le théâtre et ‘atteste de brillantes qualités littéraires, ses comédies en prose, Sont pieines de verve humoristi-

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que, d'esprit d'observation et de situations heureuses.”

Les principales sont : “Vengeance d’un Valet” “Une partie de campagne,” “ Donation” ; comédies ou l’auteur “ montre une originalité toute spirituelle. ”

M. JOS. G. BARTHE, Acadien de naissance, écrivain fécond, est l’auteur de deux ouvrages remarquables : “ Le Canada reconquis par la France ” “ Souvenirs d'un demi siècle” et de plusieurs pièces de poésie pleines de délicatesse et d'élévation de sentiment.

M. FRS. DEROME, se livra lui aussi au journalisme, au début de sa “arrière il fut rédacteur des “ Mélanges Religieux ” et par ses diverses productions en vers et en prose, se fit remarquer comme homme de lettres de talent et d’érudiction. .

M. A. MARSAIS : Journaliste et poète, un barde original dont les “Romances” et chansons firent dans le temps (1854), les délices des lecteurs. dela “Minerve.”

Ce nom évoqué m'amène à dire un mot de la “Chanson Canadienne.” “A l'heure qu'il est elle forme le plus clair de notre gloire littéraire aux yeux de l'étranger.”

. Ernest Gagnon dans l’artistique compilation de “ Nos chants populaires, ” a rendu un immense service à sonpays.” “Je compare ses chansons à dit Lareau, à ces meubles antiques, vestiges d'une époque éloignée, grosse de souvenirs, que les antiquaires placent dans leur salon, pour faire contraste avec la fashion plus moderne.”

Jusque là Messieurs, point de poésie lyrique à proprement parler en Canada, «Et comment

aurait-elle pu existé sur les rives du St-Laurent puisque à la fin du XVIII siècle nous n'avions en France, nous dit Mr René Doumic, que la parodie du lyrisme, la gesticulation lyrique ? En efiet avec les “Méditations de Lamartine, qui furent publiées le 13 mars 1802 à Paris, naquit vraiment la poésie lyrique en France” D'ailleurs “ce siècle avait deux ans” quand parut sur la scène du monde lyrique: V. Hugo, auteur des ‘Odes”, des “Orientales” œuvres magistrales ou s'incarnait sa grande âme :

sosser ss Que le Dieu que j’adore Mit au centre du monde comme un écho sonore.

Mais bientôt grâce aux relations littéraires devenues plus fréquentes avec l’ancienne mère patrie, MM. Jos. Lenoir et P. J. O. Chauveau annoncent que les premiers au Canada des accointances avec le lyrisme de Lamartine et de Victor Hugo; font retentir les échos Laurentiens de leurs strophes anthousiastes.

M. JOS. LENOIR, moins célèbre dans l'histoire que sont contemporain M. Chauveau, était avocat à Montréal et tout en défendant la veuve et l'orphelin, se livrait au culte passionné des Muses, Il ne reste de lui que quelques poésies, qui dénotent chez ce lyrique de la première heure, le véritable souffle, le génie de la langue des Dieux; “que nul parmi ses nobles émules, nous dit la chronique, de l'époque, ne manda avec plus d'inspiration et de grâce.” Ecoutez le dans le “Chant de mort du Huron” sublime élégie de l’hote séculaire de nos grands bois :

Sur la montagne, aux ombres solitaires

Un jour, il avait fui, comme fui le chasseur Son œil était de feu, comme l’œil de ses pères Mais son orbe roulait avec plus de fureur.

On dit qu’il se calma, que sa lèvre tremblante Leisee même échapper ces mots qu’il a tracée:

“Chène de la grande colline “Arbre chéri de mes aieux “Ecoute qu’à ma voix ton oreille s’incline “Je suis venu te faire mes adieux.

On dit que le vieillard pleura Comme on pleure un bonheur qui n’a pu rendre heureux.

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D'une santé fort débile, Lenoir mettait dans ses vers, cette vigueur qui paraissait lui manquer au physique. Il mourut jeune et comme la plupart des grandes âmes à la si:nne pareille, ne vécut que ce que “vivent les roses, l’espace d’un matin.”

Son ami, M. P. J. O. Chauveau préludait à la gloire d'homme d: lettres, en des poésies charmantes, ou se rév‘ait déjà son âme de patriote, d’orateur, de journaliste, de romancier et d'écrivain hors ligne, inimitable dans son style et sa diction athénienne.

“ Ses premiers écrits, remarque un critique, soit en vers soit en prose, ont été l'impression vigoureuse et spontanée de son talent; sa grande âme s'y livre et s'y épanouit naïvement sous les effluves du plus . Pur patriotisme, qui devait être l'idéal de sa vie publi que et littéraire.”

Nous sommes À la veille des troubles de 38. que le poète présage, en nous montrant les maux que “l'Insurrection”, va déchainer sur la patrie. Voici le tableau qu'il nous fait “de l'âge d’or” des mœurs Canadiennes :

Déjà depuis longtemps rain dans nos campagnes

La paix et la vertu, ces fidèles compagnes

Et 38 travaux des champs à plus d’un laboureur Semblaient mieux un plaisir qu’une peine, un Jubeur Mais surtout des moissons quand arrivait le terme Les fêtes et les jeux accouraient à la ferme.

Des filles du hameau, la modeste beauté

Les refrains si joyeux de nos rondes antiques

Le cidre qui pétille dans les coupes rustiques

Tout nous peint le bonheur et tout chôme sur l’herbe Et les derniers travaux et ia dern' ire gerbe.

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M. Chauveau avait un talent varié ; il s'est essayé dans tous les genres; jusc ‘à la fin de sa vie, les Musés lui inspirèrent de hautes et sublimes pensées. On doit à sa brillante prose deux ouvrages : “F, X. Garneau, sa vie et ses œuvres” et, “Charles Guérin” “Ce roman de mœurs canadiennes est un précieux ouvrage et bien des gens se réfléchiront dans cette peinture et en loueront la simplicité, la noblesse du style et la délicatesse de touche.” Comme orateur M. Chauveau s'est surpassé ; son discours lors de la pose de la première pierre du monument des braves à St Foye en présence des marins de la frégate française “LaCapricieuse” ; est un chef-d'œuvre d'éloquence canadienne.—En un mot M. Chauveau a représenté avec honneur son pays, entoutes circonstances de sa belle carrière d'homme public, d’honnête et brave citoyen.

L'élan artistique est donné ; de(18 52-1862) le vent est à la haute littérature, aux belles et grandes pensées noblement rendues. Comme gagné par cette effervescence, poétique,explosion de romantisme et de lyrisme : “Octave Crémazie”, le grand poète national, allait se révèler au monde des lettres Canadiennes. Harassé de travaux pour gagner la bouché de pain de chaque jour; le poëte de l'exil, composait la nuit, la plus part de ses pièces ; auxquelles comme le remarque son biographe, “s'attache une douce mélancolie, empruntée au grand silence qui, à ses heures de repos, enveloppent hommes et choses et pendant lesquelles il nous semble entendre mieux parler notre âme, sous le coup des multiples sentiments qui l’agitent.”

Voici le début touchant de son immortelle ballade intitulée : Promenade des trois morts.

Le soir est triste et sombre. La lune solitaire Donne, comme à regret, ses rayons à la terre

Le vent de la forêt, jettent un cri déchirant

Le flot du St Laurent semble une voix qui pleure Et la cloche d'airain fait vibrer d’heure en heure Dans le ciel nuageux, son glas retentissant

C’est le premier de Novembre, au fond du cimetière On entend chaque mort remuer dans sa bière

Ailleurs il chante le Canada qu'il a tant aimé.

“ Il est sous le soleil. une terre bénie

Ou le ciel a versé ses dons les plus brillants

“Ou répandant ses biens: la nature agrandie,

À ses vastes forêts mêle ses lacs géants

Heureux qui la connaît. plus henreux qui l’habite:

Grâce à une heureuse et précieuse découverte, on sait maintenant, ou dort pour jamais le barde national : c'est au cimetière du Havre, terre bénie de la France, d'où sa grande âme de patriote s'est envolee vers les cieux.

Au moment où Crémazie, prenait la route de l'exil, un jeune poète de talent, M. Cyprien Fiset de Québec se créait une place marquante dans la littérature et célébrait par une ode de bienvenue, ia visite du Prince de Galles en Canada (1860). Puis obtenait une médaille d'argent pour un poème épique “sur la découverte du Canada” qui dénotait chez le futur Protonotaire : “une imagination vive et charmante, un poète délicat au vol gracieux et au vers charmant »” dont les œuvres parurent successivement dans le “Ruche Littéraire et les Soirées Canadiennes.”

Vers le même temps à Montréal, Sir Etienne Cartier, célèbre homme d'Etat et l’un des fondateurs respectés, de la Confédération Canadienne, entonnait une hymne de gloire à son pays :

O Canada, mon pays mes amours!

Comme le dit le vieil adage, Rien n’est plus beau que son pays.

De le chanter, c’est l’usage Le mien je chante, o mon pays, o mes amours!

Si les Muses, “ces folles du logis,” toujours parlant au cœur de nos grands hommes, recrutaient sur les banquettes ministérielles de fervents disciples. D'un autre côté : les légendes, les mœurs bourgeoises, la vie d'aventures, traits caractéristiques de. la race,

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faisaient écho dans le roman et lanouvelle. D'ailleurs de la légende au roman, il n'y avait qu'un pas : le récit simple et naïf de l'un devient l'intrigue passionnée et captivante de l'autre. La vive imagination, l'esprit d'observation, d'un M. M. Geo. de Boucherville, Lescuyer, Patrice Lacombe, ]. Doutre, Alp. Poitras ; promettaient beaucoup pour l'avenir du roman canadien; où, à la couleur locale, venait se joindre la vérité historique, cachet distinctif des œuvres qui durent.

On perçoit déjà une tendance au “Merveilleux”, au cours de ces narrations de voyages, récits épiques et mouvementés de la vie des anciens Canadiens. Au contact de la grande nature : l'écho de nos montagnes, les bruissements des feuilles dans nos grands bois, le mirage d2 nos grands lacs frappaient leur imagination ; ces forêts, prairies, ces lacs, véritables mers intérieures, les rivières et eux S€ connaissaient d'instinct ; le trappeur, le voyageur Canadien, ce type national par excellence était à la fois : poète, chasseur, guerrier conteur, pêcheur marin, colon et bucheron selon les besoins et les exigences des lieux.

En effet pour quiconque parcourt Ces légendes, . l'esprit des ténèbres sous la forme de feux-follets, de loups garous y jouent un rôle prépondérant. D'ailleurs, en cela, ils ne faisaient que s'inspirer inconsciemment de ce genre de “Merveilleux” qui « fut la coqueluche du grand siècle et fit les délices

Cour du Roi Soleil.” (Du Merveilleux ise par V. P. Dela Porte.)

Quoiqu'il en soit ive et pittoresque a son charme €

tout, si nos ancêtres

nous gen

magnétisme,

vue et pressentiments : c'est mo

énervant. L'’humanité sera toujours

surnaturel, l'inconnu et l'au-delà !

. Ces romances, ces chansons fantastiques, récits et anecdotes, ne faisaient que tracer la voie aux vraies et durables créations du genre, que les œuvres de MM. DeGaspé, Jos. Marmette, Alph. Poitras allaient proposer à l'admiration de leurs contemporains.

En effet quel canadien n’a pas senti son cœur palpiter à la lecture des chefs-d'œuvres de notre art littéraire ; c'est un légitime contentement pour nous que nos lettrés d'alors aient, pu faire autant sous des circonstances aussi peu favorables à la production littéraire, On est étonné même que la compilation d'œuvres aussi nombreuses et importantes aient pu naître sous la plume de chercheurs, de littérateurs aussi peu rétribués et encouragés dans leurs travaux intellectuels, riches de détails précieux et abondants.

Qui n’a pas lu, les “Anciens Canadiens” ou encore les “Mémoires” de M. P. Aubert de Gaspé: “cet aimable chroniqueur, cet observateur fin et délicat, qui pour éviter de dire du mal de ses contemporains, n'a fait que le portrait de ses amis, et les a peints avec la touchante mémoire du cœur.”

Ai-je besoin de vous citer les “charmantes causeries de M. Nap. Bourassa “Jacques et Marie” ‘Nos grands mères” modèles de finesse et de pureté de style. Chez M. Bourassa “c'est ur don de la nature, une grâce d'écrivain” dit M. H. Fabre. “Jean Rivard” de M. Guérin Lajoie : où l’auteur, “dans un style, simple, naturel, gracieux, montre une connaissance approfondie du caractère Canadien.” “Charles et Eva,” “François de Bienville” de Jos. Marmette, ou le styliste descriptif, déploie une grande richesse d'expression et une grande puissance d'immigration, unies à la délicatesse de sentiments.” Enfin Rgreare et originales nouvelles de M. Alp. Poitras, “qui semblait on ne peut mieux doué pour peindre nos mœurs sur leur côté joyeux, pour noter dans la mémoire des générations Canadiennes, les éclats de la gaité gauloise.”

Ainsi Messieurs pendant que tous cés maîtres de la plume se livraient à leur favori dans le silence de leur cabinet de travail ; deux conféren- <ciers: MM. E. Parent et Painchaud donnaient au public l'avantage de goûter le charme de leur parole, ‘agrémenié de justes, familières et utiles observations sur les hommes et les choses d'alors. Ainsi la conférence de M. Parent sur la “Presse” et son rôle dans le monde des idées propagatrice des bons principes : “revèle un homme de tête, un érudit et un profond penseur.” Son compagnon M. Painchaud avait mieux que lui, “ce don si rare de charmer son auditoire, par la bonhommie, l'aisance de débit, les réparties spirituelles et la verve de son esprit, qui en faisait le plus aimable et le plus recherché des causeurs ou lecteurs publics.”

Avec ces deux grandes figures qui ont tant fait pour la cause Ps se et la diffusion géréreuse des amultiples connaissances dont leur haute et active

intelligence était ornée et qui ne demandait qu'a s'épancher ; avec ces deux têtes dirigeantes finit l'époque moderne de notre littérature.

Guidés par tant de gloire et d'aussi nobles exemples l'ére contemporaine ne pouvait s'inaugurer sous de plus heureuses auspices. Aux chants de Crémamazie, naissent d'autres chants” MM. Fréchette, Lemay, Sulte, Chapman, Fiset, Routhier, Poisson, font part de cette pleiade.

MM. L. Fr’ -hette, P. Lemay, débutent par une hymne à la Patrie. Le premier est couronné lauréat par l'Académie Française pour son immortelle “Légende d'un Peuple” patriotique sujet, œuvre

durable qui s'impose à l'attenti . un peuple comme le nôtre, oublieux de ses grandeurs et de ses gloires. Elle mérite certes l'hommage dû à une belle œuvre nationale. C'est un monument impérissable en l'honneur des héros de notre histoire: ”

Quant à M. P. Lemay son beau poème sur la

“ Découverte du Canada ” couronné par l’Université Laval et son hymne national qui lui valu la médaille d'or, le placent au rang de nos grands poètes de l'avenir. Moins hardi dans ces conceptions que Fréchette, il cherche dans l'âme des humbles et es petits êtres de la création l'aliment inspirateur de sa patriotique lyre. Sur leurs nobles traces marchent à la renommée littéraire MM. Gingras, Poisson, Sulte, Chapman, Routhier, Légendre.

La poésie et l’histoire vont de pair. Après F.X. Garneau, que d'émules sont venus prendre rang dans le groupe de nos historiens. Citons : M. 1'AB8é Fer- LAND, dont le “Cours d'histoire du Canada” : :st rempli de détails intéressants, qu'il eut été ‘impossible de ec 1si::ner dans un -travail plus concis.” “L'auteur a consacré sa vie, dit un critique, à élever à l'œuvre de M. F. X. Garneau, un temple, où sont déposées les cendres de nos martyrs, où vivra à jamais leur mémoire bénie” !

Citons MM. Laverdière, Casgrain, dont l'histoire de la “Mère de l’Incarnation” a été écrite dit un critique avec cette richesse et cette originalité, avec cette hardiesse de style qui distinguent ses autres productions. MM. Jean Taché, Turcotte, Verreau, Suite, Guérin Lajoie ; ce dernier a montré dans son maître ouvrage (dix ans au Canada) la diversité de son talent d'écrivain, en faisant la synthèse de nos luttes politiques de 18,0 à 1850. Ajouterai-je les noms de Lemoine, Lareau, David, Dionne, Tassé et de Buies, ce jour naliste pamphlétaire -lein deraiïllerie et de verve, cé sentimentaliste doumié de sarcasme et de pince

sans rire dont le style tour à tour piquant, imagé et descriptif s'est attaqué à tous les genres, avec cette jovialité et bon esprit qui ne l'abandonna qu'avec le dernier soupir.

L'Eglise et l'Etat ; religieux, prêtres et laïques, se sont unis dans la mesure de leurs talents respectifs,

our faire fleurir sur les bords du St-Laurent les ettres. les sciences et les art. “Que de noms illustres, placés dans la hiérarchie diocésaine. En effet dans cette propagande des idées morales et utiles, citons encore, des historiens de la trempe de l'abbé Faillon : “Histoire de la Colonie Française,” monument précieux pour l'avenir. L'abbé Tanguay l'auteur de ce gigantesque travail : “Le Dictionnaire généalogique des familles canadiennes.” “Le Repertoire général du clergé canadien,” lui qui a tant fait pour l'avancement moral de nos compatriotes.

L'abbé Maurauzr “Histoire des Abénaquis,” volumineuse compilation, mémoire d’apostolat, Ajouterai-je à ces noms ceux : d'un François Jos Perreault “Histoire du Canada”, en quatre volumes l'un des plus beaux caractères auxquels Québec ait donné le jour.

M. T. P. BEDARD.—“Histoire de cinquante ans,” qui embrassent tous ies péripities du grand drame politique et parlementaire du Canada. C'est un monument de reconnaissance aux grands hommes de la Patrie tels que Papineau père à fils, Panet, Bédard, Angers, Quesnel, Valière:, Cuvilier N elson —Viger—Morin Lafontaine et Cartier.

JEAN CHARLES TACHÉ : mérite aussi une mention spéciale ; né à Kamouraska en 1821, il fut un de nos hommes politiques imminents, un publiciste distingué. Comme littérateur ; son travail : “Exquisse sur le Canada économique et social,” contribua grandement à donner une haute opinion de la Province de Québec à l'étranger, lors de l'Exposition de Paris (1867).

. À ces noms illustres, 2joutons la liste d'hommes émiaents, personnalités rarquantes des prélats de l'Eglise Canadienne: Mgrs Taschereau, Bégin, Pauet, Bruchési, Lafièche, Laflamme, T êtu : les Rvds M. osselin, Proulx, Bourrassa, Lacasse, Scott et parmi les poètes et prosateurs laïques : MM. Dr Larue, Jos Royal, Faucher de St-Maurice, Legendre, Pla mondon, Geo Baby, P. B. Casgrain, Routhier, Chapais, Decelles, E. Gagnon, Myrand, Tardivel, Dansereau, Ledieu, Tarte, Evanturel, Jos. Ed. Roy, Dr. Choquette, Rivard, de Nevers, et j'en passe.

Parmi les femmes auteurs: Melle LAURE CONAN, mérite une mention spéciale: cette dernière pour ses deux romans: “A l'Œuvre et à l'Epreuve,” “Angeline de Montbrun,” très caractéristiques des mœurs Canadiennes.

Dans le genre historique. “L'ouvrage récent de Mde JETTE, femme distinguée de :jotre Lt.

Gouverneur, ‘“ Vble Mère D'YOUVILLE. fondatrice des Sœurs de la Charité de Montréal.

Dans la “Chronique” et la “Nouvelle” : “ERan- ÇoisE” et MDE DaNDURAND, font les délices des lecteurs de la Patrie ; nos “Travers” même, y sont dévoilés avec finesse et délicatesse ; et plusieurs autres aimables chroniqueurs qui signent : “Madeleine, “Solange,” “Iris,” etc.

En général le théâtre, n'a guère attiré l'attention de nos écrivains ; les dramaturges chez nous sont clair-semés et cependant ce ne sont pas les sujets

ui manquent. Quatre auteurs, MM. PetitClair,

uérin, Lajoie, Lemay, Marchand, ont tenté l'expérience de pièces dramatiques ou comédiques, montrant une vocation réelle pour l’art de Racine ou de Mollière :

D'un autre côté si les auteurs dramatiques sont rares, en revanche, les orateurs foisonnent : Démosthènes, Cieéron, Bossuet, Berryer, O'Connell, ont eu

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chez nous de nobles et éloquents disciples. L'art oratoire a été de tout temps en honneur au Canada et nos hommes publics: MM. Papineau, Morin, Chauveau, Mercier, Chapleau, Laurier, Routhier, etc. ont rendu avec chaleur les vibrantes émotions de l'âme Canadienne en nos grands jours de fêtes nationales.

Ici Messieurs permettez-moi une digression, puisque “l'art ne connait point de pays” ; quil est le même pour tous, en ce qu'il s'inspire de la Nature. Peut-être nous est-il permis de nous . demander, quels rapports existent entre la littérature Franco-Canadienne et Anglo-Canadienne? A part les assemblées de la Société Royale qui tient annuellement ses séances à Ottawa, dont profitent les lettrés Canadiens affiliées et entre qui, règne la plus cordiale entente ; outre ces réunions publiques, nos relations littéraires n'ont rien de suivi, et nous sommes plus étrangers les uns aux autres, que ne le sont les Français et les Anglais d'Europe.

C'est cet état de chose qui, faisait dire à M. Chauveau, au risque d'être accusé de bizarrerie : “nous nous sommes permis de comparer notre état social à l'escalier du Château de Chambord, qui par une fantaisie de l'architecte, a été construit de manière à ce que deux personnes, puissent monter sans

se rencontrer et ne s'y appercevoir que par intervalles.”

“Appelés à vivre ensemble sur un même continent, nous montons comme par une double rampe vers les destinées qui nous sont réservées, sans presque nous connaitre, nous rencontrer ailleurs que sur le palier de la politique.”

Cette division, elle tient à plusieurs causes de divisions profondes, qu'il n'entre pas de déveloper dans le cadre de cette petite conférence. Quoiqu'il en soit, qu'il me suffise, comme question de justice littéraire,

de citer les noms de ceux qui ont donné à leur pays d'adoption, le meilleur d'eux-mêmes: chanrtzit dans leurs écrits poétiques ou historiques : ce: rives du St-Laurent, cette terre du Canada, seconc :: patrie de liberté, d'idéales beautés, ce magnanime e: »-andiose spectacle de la nature vierve !

Notons d’abord : M. WILLIAM FITZ HAW- LEY, écrivain, qui montre beaucoup d'activité à rassembler les matériaux pour servir à une histoire du Canada qu'il se proposait de publier Nous avons de lui deux poèmes intitulés : “The Half and and other pcems ;” “The unknown or the hays of the forest.”

PANUELA S. VINING, dont les écrits Canadiens quoique publiés aux Etats-Unis: la plupart de ses productions ont été écrites au Canada et sont marquées au coin du talent et du goût poétique, élevé, emprunts d’une profonde mélancolie.

. THOMAS D'ARCY McGEE, a laissé dans champ de la littérature Canadienne des traces ineffaçables. : Son volume de poésie est intitulé “ Canadian Ballads and occasional verses ” publié en 1858.

Maintenant un des écrivains les mieux doués comme un des plus féconds Anglo-Canadiens est: CHARLES HEAVYSEAGE. Ce poète naquit à Liverpool et vint s'établir en Canada vers 1853. “Heavyseage avait reçu de la nature tous les dons qui peuvent orner l'esprit d’un poète : imagination hocnde mémoire excellente, sensibilité exquise. Il s’est inspiré à deux sources inépuisables ; la Bibleet Shakespeare. Son poème “ Saul, ” grand drame en trois parties, qui parut pour la première fois en 1857. Ce poème extrêmement remarquable et qui a été traité avec une grande puissance poétique et un grand déploiement de connaissances naturelles. Puis suivent deux autres drames moins remarquables ; “Count Filipo” & “ Jezebel”

où il-unit l'inspiration à la fécondité dont son âme était capable.”

Le Canada réclame aussi le poète gaëlique :

EVAN McCOLL, natif d'Ecosse. Son premier volume de poésies “ A coilection of poems & songs in Gaelic, ” qui parut en 1831, lui assura une place importante parmi les bardes de son p:ys. Son ode à “Loch Deuck” est, paraît-il, inimitable. Il publia un second volume en 1846 “ Poems & songs in English.”

Mais CHARLES SANGSTER, est regardé, par ses compatriotes comme le poète national du Haut Canada. Il naquit à Frederick Point, près de Kingston en 1822. Il s’est inspiré pendant son séjour sur les rives des grands lacs, des beautés sauvages de la nature qu'il a chanté dans toutes ses poésies. En

iiliésant son style se châtia, son talent se murit et 1608 , cette pureté, cette facilité qui le distingue.

Le premier volume de poésies publié par Sangster est intitulé : “ The St-Lawrence & Saguenay.” Ses “ Hesperns” and other poems & Lyrics, “the Happy Harvesters”; “Song for the fall” ; “The soldiers of the plough”; sont autant de sujets qui parlent au cœur des populations rurales.

“Ce qui frappe le plus dans la poésie de Sangster, c'est le naturel et la simplicité de son talent. C'est le chantre du St-Laurent, de ses beautés riveraines, de ses îles magnifiques, de ses panoramas superbes.”

ALEXANDER McLACKAN, natif d'Ecosse, vint au Canada en 1846. Dans sa chanson nationale “Walls of the Holley road” ; le patriotisme etletalent de son auteur sont un orgueil pour sa terre natale et une acquisition pour sa patrie adoptive. Nous avons de lui plusieurs poèmes : “Poems chiefly in the Scottish dialect” ; ‘Lyrics, The emigrant and other poems.' On le dit supérieur à Burns. C'est dans la nature

qu'il a puisé les beautés qui ornent ses chants. Comme poète descriptif des passions du cœur humain, il est sanc rival.

CARROL RYAN, poète soldat, natif de Toronto (1840) ; qui à son retour de Ia guerre de Crimée, publia un ouvrage intitulé ‘ Oscar and other poems,” puis les “Songs of a wanderer” qui parurent à Ottawa en 1867 : recueil de poésies nées dans les champs de manœuvre en Angleterre ; voyages d’Espagne; séjour à l'Ile de Malte, sol de légendes. “Le poète mit beaucoup de vie et d'art dans ses poemes de longue haleine ; où grâce à une étude approfondie du Canada, règne le sentiment patriotique et la foi nationale.”

La littérature Anglo-Canadienne revendique encore comme poêtes : Isidore G. Asher, natif d'Ecosse 1855, vint s'établir puis retourna à re Angleterre. En 1885 à la demande de s Le ses poésies qu'il intitule : “Voices +

eart” : a collection of verses” Dans ce recueil de poésies, notons spécialement l'allégorie “Sleep and Dead” “Falling snow.” “Tout le talent d’Asher est dans cette imagination vive et plaisante : ses séntiments à la fois timides et vivaces, d'un auteur qui connaît toutes les fibres ducœur humain. En un mot la muse d'Asher est toute familière et nous fait rêver aux choses sacrées.”

JOHN A. PROCTOR, naquit à Liverpool et vint au Canada en 1856. Il publia ses poésies dans les journaux. On doit à sa plume : “Essays on a ragged philosopher.” “Voices of the night and.other poems.” .Sa muse est empreinte d'nne noire et:profonde mélancolie. “Disciple de Tennyson, il y a

ses œuvres, une lumière qui vivifie, une. inspiration vraie comme dans “Warnings” and ‘“Life.on : the Ocean Wave.” mt

Après les Maîtres ensuite viennent une [longue suite de disciples fervents des Muses et de l'Histoire du Canada :

HELEN MacPHERsoN, néc à Ma.og P. Q. 1833.

À l’âge de 15 ans elle publia un volume de poésies de 250 pages. Puis l'année suivante “The Bride of Christ.” Sa poésie est ardente et s'inspire .u souffle du génie. Parmi ses pièces de vers les mieux pensées on cite : Good night—To a dandelion—] shall depart——The water.”

James CarROLL, naquit en Irlande et s'établit en Canada. Son goût pour la poésie le porte à colloborer à plusieurs journaux. Dans l'American Magazine, “The Leader,” The Home Journal and the British American parurent ses meilleures poésies : il publia entre autres plusieurs nouvelles : The new Guager, “The adventure of a night,” Letters of Terry Twingle to Hon. T. D. McGee” cette dernière est pleine d'esprit.

CHarLes Maïr natif de Lamark P. ©. contribua poétiquement aux revues du haut et bas Canada. 1863 il publia un volume de poésies intitulée : “Dream land and other poems.” Les poésies intitulées. “To a morning cloud.” “The beautiful land by sea,” “Night and Morn” The Pines, ou M. Maïr, peint avec des couleurs très variés, les magnifiques arbres de nos forêts Canadiennes.

Ajouterai-je à ces noms : Mrs. Cushing, auteur dramatique “Esther.” Mr H. F. DARNELL« Songs of the way. JOHN BREEKENDRIDGE “The Crusades and other poems” ; Revd JOS. MOUN- TAIN “Songs of the Wilderness.” Mpe. G.

LEPRHON ‘“Poète et romancier”: WILLIAM SMITH, le premier écrivain anglais est le plus partial et préjugé qui ait entrepris d'écrire une histoire du Canada.

Parmi les historiens Anglo-Canadiens citons : M. HAWKINS, auquel nous devons un ouvrage important “ Hawkin'gs Pittoresque Quebec with a historical recollection” ; ROBERT CHRISTIE N. E. “History of the late Province of Canada parliamentary and political (1791-1841) Cette histoire embrasse une période de cinquante années et traite des événeinents les plus importants pour le peuple Canadien; {. SHER:] AN HOGAN (1815) “Prize essay on Canada.”

CHARLES ROGERS (Ecosse 1819). “The rise of Canada from barbarism to civilisation.”

Revd. DOUGLAS BORTHWICH, auteur des plusieurs Ouvrages historiques : “Encyclopédia Of History and Geography” and “The battle of the World.”

D’'ARCY McGEE, “History of Ireland, or the emancipation of the Catholics.”

WILLIAM COFFIN “The war and its moral,” “a Canadian Chronicle” ; Ouvrage impartial et dont la lecture documentée est très intéressante par la conversation d'acteurs : tels que Brock, Salaberry-—Duchesnay— McDonelle—Roberts, Técumsek.

WILLIAM CANNIFF : History of the settlements of upper Canada with special reference to Bay Quinte. :

HENRY MORGAN, auteur d'ouvrages biogra .

phiques ; d'un esprit méthodique, d'un amour des recherches et d’un travail assidu “The Canadian Parlimentary Companions 1875; Bibliothéca Canadensis ; Biographies of celebrated Canadians. “Ses compilations indiquent un grand amour de la justice et de la vérité.”

Mr FENMING TAYLOR. Poète et historien ‘Portrait of British Americans, with Biographical sketches.” Ses desseins sont parfaits, ainsi que les traits principaux des personnages.

CARMEL J. WATSON, journaliste et historien, auteur de “T he constitutional history of Canada, “The Power of Par'iament.”

JOHN CHARLES DENT, historien journaliste d'Ontario, auteur de “The Canadian Portraits Gallery."

THOMAS ATKINS : sa réputation date de sa publication : “Archives of Nova Scotia, selection of public documents” ; ouvrage précieux de compilation documentaire.

TOHN McMULLEN : occupe une place distinguée dans notre histoire comme journaliste et historien. “History f Canada” ; embrasse l’histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à la confédération. On sent l'écrivain politique, dévoué, marchant derrière l'analyste. Son histoire fourmille de renseignements intéressants.

H. H. MILES: Auteur de plusieurs travaux historiques : “The History of Canada under the French Régime.” Un beau travail assez impartial.

PARKMAN : historien américain bien: connu.

auteur de la ‘Conspiration de Pontiac” 1851:

“Powers of France in the New World”: The Jesuits in North America ; “The discovery of the Great West.” On trouve dans ses écrits, le génie du poète joint au talent de l'historien, les peintures de la ‘vie sont excellentes.

Après cette longue énumération d'auteurs, et de compilations précieuses sur l'histoire du Canada, où Français et Anglais furent appelés à Jouer un rôle prépondérant et providentiel ; on se rend compte de l'importance pour nous de ne pas ignorer au moins de nom ; ces Cimpatriotes, qui à peine débarqués sur nos bords, ont éprouvé le besoin de chanter les beautés. les gloires d'un pays qui comme le nôtre a eut l’avantage d'attirer les regards de deux des plus grands peuples de la terre.

Et puis que ce sont les œuvres littéraires quitransmettent le mieux à la postérité : le génie, le caractère, l'esprit dirigeant d’une nation : le peuple Canadien en possèdent tous les différents genres.

Ajoutons les ouvrages de Fra:çais distingués qui eux aussi ont beaucoup écrit sur le Canada, mentionnons entre autres : MM. Rameau, Ampère, Lebrun, Marmier, Quibusque, qui ont de belles pages sur l'avenir des groupes français en Amérique. Ces riches collections, renferment toutes les émotions de l'âme Canadienne, les transmettant dans toute leur saveur aux générations à venir, généralement oublieuses d’un passé si glorieux.

Messieurs, en ce XXième siècle qui s'annonce comme devant être le complément deson esprit policé et civilisateur ; les instituts et les Sociétés, les cours littéraires se multipliant : il ne nous est plus permis de rester en arrière, de ne pas entrer dans le mouvement. La culture des arts, des sciences et des lettres, nous révèle dans l’art de bien penser et-de bien écrire des talents en herbe. Témoins cet éclatant succès pédagogique, remporté par la Province de : Québec à l'exposition de Paris, (1900) ; où l’on a loué hautement notre mode d'enseignement préliminaire, secondaire et supérieur. \yons donc confiance i l'art chez nous est inné, travai'lons ; c’est le fond qui manque le mins. Décrivons notre pays, écrivons sur les hommes et choses de chez nous.

Des bords du St-Laurent peignez nous la hauteur Et de son large lit l’énorme profondeur :

Ou du Montmorency l’admirable cascade,

.. Ou du Cap Diainant, l’étonnante esplanade,

Quel vaste champ littéraire à explorer! ne rien de ce qui est humain ne nous soit étranger. Un pied rs passé volons vers l'avenir! Notre littérature Canadienne, elle, témoigne hautement de son influence génératrice, moralisatrice dans

tous les genres: Poésie, Histoire, Roman, Eloquence, Journalisme ; qui dénotent que nous avons conservé le précieux dépôt de nos traditions et que nous sommes fiers en toutes circonstances de nous montrer comme peuple policé; de nous en vêtir comme d’un splendide vêtement, afin que l'on dise de nous, comme Virgile disait de ses compatriotes : “Populum Romanum justumque togatum.”

Enfin ce fait indéniable de notre supériorité littéraire admise et reconnue par tous ceux qui nous lisent et nous liront ; il est permis de se demander quel sera le caractère de cette littérature et sa mission dans le nouveau monde ?”

“Si comme il est incontestable, la littérature est le reflet des mœurs et du génie d'une nation : si elle garde aussi l'empreinte de lieux où elle surgit : des sites, des perspectives, des horizons : la nôtre dit l'abbé Casgrain : sera grave, méditative, religieuse, énergique et persévérante, comme nos premiers pionniers d'autrefois. .mélancolique, comme nos pâles soirs d’automne, enveloppée d'ombre vaporeuses, comme l’azur profond un peu sévère de notre ciel, chaste.et pur comme le manteau virginal de nos longs hivers.”

“Représ:ntants de la race latine en Amérique, notre mission est de nous opposer aux envahissements du positivisme et de l’égoïsme; d’avoir des tendances d’un ordre plus élevé.”

Un dernier mot Messieurs avant de finir ; si J'ai tenu à faire devant vous ce soir, la revue de nos forces intellectuelles : ce n’est pas pour vous entendre vous écrier comme autrefois les gladiateurs romains défiant devant la loge impériale : «Morituri tesalutant.” ceux qui vont mourir de salut! mais pour chanter à

l'unissons le \ivat du peuple canadien ; entonner l'hymne national. : “ O Canada mon pays, mes

amours, que répeteront longtemps encore, les échos Laurentiens !

Le vent de la forêt, l’écho de nos montagnes,

Que chan.ent nos aieux dans nos vastes :ampagnes Les flcts du St-Laurent disent leurs nome bénis. Des souvenirs sacrés, l’indestructible empire,

Dans nos cœurs attendris vibrant comme u ne lyre Tout nous redis : ‘‘ Soyons umis. ”

Avant tout soyons canadiens !

Auteurs consultés

LarEAUu.—La Littérature Canadienne.

Husron.—Repertoire National.

MorGan.—Bibliotheca Canadensis.

L'Hox. Juce Rouruier, L'Hon. THos. :apais, L'Hon. Hecror FaBre.—La Livérature Canadienne.

CHauveau.— Discours sur l’Instruction Publique. La Poésie Française en Amérique.

SULTE.—La Poésie Canadienne Française,

Dovumic.—Conférence:. =

DE LA Porre.—Du merveilleux dans la Littérature Française.

LE Fe, ‘mp. L BROUSSEAU. *$

n à. ge

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