‹ Conference sur la marche d'un corps d'armeeChapitre 24 sur 25 · LONGUEUR DE LA COLONNE · texte numérisé non relu

LONGUEUR DE LA COLONNE

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le flanc, voitures par 2.

On pourrait faire d’utiles comparaisons entre les chiffres du tableau n° 20 et en tirer des conclusions intéressantes; mais cette question appartient plus à l’organisation des armées qu’aux marches, et ce n’est pas le lieu de s’y arrêter.

Applications pratiques des calculs. — Tous ces calculs de longueur de colonnes n’ont pas seulement pour but un intérêt de curiosité : ils ont des applications pratiques fort sérieuses et trèsutiles, sur lesquelles il importe d’appeler l’attention.

1° Séparation du convoi du corps d'armée de combat, — Les calculs constatent que dans des colonnes une place variant du tiers au quart est occupée par le convoi. Or nous n’y avons supposé qu’une réserve de deux jours de vivres. Qu’on juge de ce qu’il deviendrait, si l’on voulait avoir des approvisionnements pour dix ou quinze jours et porter du grain pour les animaux! Le premier enseignement qui ressort de l’examen de ces chiffres est la nécessité absolue de vivre sur le pays. Il faut absolument trouver une combinaison qui amène ce résultat.

La seconde indication qui nous est donnée est l’obligation d’établir une séparation réelle entre le corps d’armée, troupes et son magasin ambulant, utile, mais lourd et gênant. Il importe au

^ lus haut point de ne pas souder ces deux parties l’une à l'autre. L'indépendance réciproque est indispensable pour la rapidité des mouvements. L’essentiel, le but capital est d’amener promptement les combattants sur le champ de bataille. Ils doivent avoir toute liberté d'allure, marcher autant que le bon emploi de la force des hommes le permet, et ne jamais subordonner leurs mouvements au magasin roulant qui les suit.

Cela nous conduit à rompre avec des habitudes anciennes, mais le succès de nos Opérations futures le réclame impérieusement. Il est nécessaire d’admettre que le convoi ne rejoindra pas tous les jours le corps d'armée de combat. Sans doute il ne s'en trouvera pas trèséloigné , mais la communication ne sera pas quotidienne avec lui. Elle s'établira seulement durant les séjours. Il faut s'accoutumer à s’eri passer pendant quelques jours de suite, si l'on veut marcher rapidement avec de grande masses; faire beaucoup de chemin et ménager les forces des hommes.

L'objection principale à cette disposition est l’alimen talion. Comment vivre si l’on se sépare du convoi? Napoléon lBr y répond : « Les « troupes modernes n'ont pas plus besoin de « pain et de biscuit que les Romains : donnez- « leur pendant les marches de la farine, ou du

« riz, ou des légumes, elles ne souffriront pas. » (■ Commentaires , t. YI, p. 90.)

La seconde objection repose sur le besoin qu'on peut avoir, en cas de combat, des réserves diverses que renferme le convoi. S’il y a engagement sérieux, les troupes se déploient, s’arrêtent ou s’avancent fort lentement. Le convoi, poursuivant sa marche, finira au bout de quelques heures par se rapprocher des lignes, précisément au moment où on devra y recourir. Les réserves divisionnaires suffisent à la consommation d’une bataille et au delà. La présence du parc d’artillerie sur le théâtre de la lutte ne paraît pas urgente. Celle de l’ambulance de réserve serait plus nécessaire, car on n’a jamais trop de moyens quand il s'agit de donner de prompts secours aux blessés. Les ambulances divisionnaires sont en mesure d’y pourvoir facilement pendant les premières heures de la lutte. L'ambulance de réserve a donc le temps d’arriver.

Les objections contre la séparation du convoi paraissent plus spécieuses que bien fondées. Les avantages de celte combinaison semblent, au contraire, incontestables. Un ouvrage récent les met fort remarquablement en relief..... « En « présence des grands avantages que semble « avoir acquis la guerre de positions, dit l’au- « leur, il reste à se demander si le principe du « mouvement a été appliqué dans toute sa force. « L'armée qui saura réduire ses besoins pour

« faire la guerre des grands mouvements acte querra d’autant plus la supériorité sur ses ad- « versaires que ceux-ci auront en leurs moyens « artificiels une confiance plus illimitée, et « l’agresseur audacieux détruira promptement « celte confiance en prouvant combien il est « facile de rompre la cohésion de ces moyens « artificiels, et que cette rupture sur un seul « point diminue beaucoup l'efficacité d’un sys- « lème par trop impressionnable. » (Ruslow, l’Art militaire au dix-neuvième siècle , t. II, p. 65.)

2° Temps nécessaire pour prendre l'ordre préparatoire de combat. — Lorsqu’il s’agit de combattre, il importe au plus haut point de connaître exactement le temps nécessaire à l’arrivée en ligne des divers éléments. Le calcul des longueurs, une fois fait, permet de le déterminer facilement. Prenons pour exemple le troisième cas du tableau n° 16 page 118.

La formation de l’avant-garde exige un parcours de 3,500 mètres et une durée de 52 minutes. La formation du gros nécessite un parcours de 6,750 mètres (1 heure 41 minutes), plus la distance de 6,231 mètres (1 heure 33 minutes) qui le sépare de la têie de l’avant-garde. Total, 12,981 mètres (3 heures 14 minutes)

A partir du moment où l’avant-garde sera en ordre de combat, il faudra une heure 33 minutes, moins 52 minutes ou 41 minutes, pour que les

premières troupes du gros arrivent à son aide. Le gros ne sera complètement formé que 1 heure 51 minutes après, et les deux lignes seront établies en 3 heures 24 minutes.

La réserve doit parcourir 6,000 mètres (1 heure 30 minutes) pour sc disposer à 400 mètres environ en arrière de la deuxième ligne. Elle commencera à prendre sa position 19 minutes après le gros de la colonne et elle y sera complètement au bout de 1 heure 30 minutes. La colonne aura donc besoin de 5 heures 13 minutes pour se former s'il s'agit de combattre inopinément. Si, au lieu d'éprouver un allongement des deux tiers, la perte des distances se réduisait au tiers, la colonne deviendrait moins longue de 4,864 mètres et le temps de sa formation en ordre de combat diminuerait de 1 heure 13 minutes. Il serait alors de 4 heures seulement.

Ce temps relativement considérable peut étonner, mais il n'en est pas moins réel, et il est indispensable d'en tenir compte dans les engagements, si l’on ne veut s’exposer à de graves mécomptes.

Nous ne trouvons rien de précis dans les archives sur le temps que les colonnes du premier Empire mettaient à se déployer. Un seul passage des Commentaires de Napoléon Ier a trait à celte question : « Il est des cas, dit-il, où une armée « doit marcher sur une seule colonne. On a vu « des armées de 120,000 hommes marchant sur une

« seule colonne prendre leur ordre de bataille en « six heures. » ( Commentaires , t. VI, p. 167.)

Il est regrettable que Napoléon n’ait pas précisé dans quelles circonstances s’est accompli ce fait, qui nous semble impossible. D’après des calculs analogues aux précédents, 120,000 hommes, en une seule colonne sans convoi, occuperaient une étendue de 64 kilomètres.

En admettant qu’on l’ait disposée par pelotons à demi-distance, ce qui est peu vraisemblable, l’étendue se réduirait à 36 kilomètres. Si enfin on suppose qu’en prévision d’un combat certain, on eût déjà formé les troupes en ordre serré, la colonne n aurait plusprésenté que 21 kilomètres de profondeur. Dans ce cas, elle pouvait, en effet, se mettre en bataille en six heures, mais elle n’aurait jamais pu marcher dans cette formation compacté.

Durée des marches. — La troisième application du calcul des longueurs est la possibilité d’en déduire rapidement le temps nécessaire pour transporter la masse d’un corps d’armée d’un point à un autre. Il suffit de recourir à une petite ormule très-simple.

T représente la durée de la marche depuis le départ de la tête de la colonne, jusqu’à l’arrivée de la gauche à destination.

t est le temps qui s’écoule depuis l’arrivée de la tête au bivouac, jusqu’à l’arrivée de la queue.

2e série. — N° 1. 8

E est retendue de l’étape.

e est l’étendue que parcourt la colonne en une minute, haltes comprises; autrement dit, la vitesse de marche.

L est la longueur mathématique de la colonne.

A est l’allongement causé par la perte des distances, et nous le supposons égal à deux tiers de L.

D représente les distances qui ont été ordonnées entre les fractions principales de la colonne.

Le temps que mettra la tête de colonne pour arriver au bivouac s’exprimera par

En y joignant t, On a :

t est égal à la longueur de la colonne accrue de l’allongement et des distances, le tout divisé par la vitesse de marche.

Par conséquent,

ou

E-f B/3LH-D

D’où

Employons cette formule pour connaître le temps que mettrait notre corps de 3 divisions pour parcourir 20 kilomètres.

La longueur L de la colonne est de 19788,8 d’après le tableau n° 19.

La somme des distances D entre les fractions est de 9,943.

Admettons que les troupes fassent 4 kilomètres, y compris dix minutes de repos ; cela représente 57m14 à la minute, ou la valeur de e. Alors nous avons :

Ne nous occupons pas maintenant du convoi et considérons seulement la marche des troupes. Nous obtiendrons :

Si l’allongement se réduisait à un tiers, on aurait :

D’où il résulte qu’un allongement d’un tiers de la colonne entraîne une augmentation de 2 heures 7 minutes dans la durée de la marche pour une étape de 20 kilomètres.

Longueur des marches. — Le temps considérable nécessaire aux marches en limite forcément

l'étendue. Les auteurs sont tous d'accord à ce sujet.

« Une marche de 5 lieues est considérée « comme le maximum de ce qu'une armée en « marche-manœuvre peut faire, et cela en tenant « le soldat plus de douze heures sous les armes. » (De Ternay.)

« On est bien heureux quand un corps considé- « rable parcourt 15 à 20 kilomètres par jour. Si « on fait plus, on perd beaucoup de monde et « les marches forcées sont en peu de temps aussi « meurtrières qu’une bataille, surtout pour les «jeunes troupes. » {Art delà guerre , p. 17.)

« L’infanterie peut faire par jour 7 à 8 lieues « en dix heures de marche. Il s'en faut de beau- « qu'on puisse obtenir cette vitesse en marche- «manœuvre, le temps consacré à ployer les « troupes en colonne et à les déployer étant « perdu pour celui de la marche. Aussi regarde- « t-on l'espace de 5 lieues comme le maximum « de ce qu’une armée peut faire en un jour, et « souvent il faudrait tenir le soldat plus de douze « heures sous les armes et en mouvement pour « aller aussi loin. » (Fallût et Lagrange.)

Il faut donc se résigner à ne pas faire de longues marches, mais il serait à désirer qu’on pût les porter en moyenne à 24 kilomètres. En y joignant les mouvements de bivouac au départ et à l'arrivée, les hommes auront fait on réalité 28 ki-

îomètres, ce qui est une limite qu'on ne peut dépasser sans inconvénient.

Les campagnes les plus rapides n'ont pas donné de résultats plus considérables. La moyenne même est au-dessous, comme le démontre le relevé suivant ;

Les Romains ne parcouraient pas de plus grandes distances. Dans la première campagne des Gaules, César, pressé de s’opposer à l'irruption des Helvètes, fait des marches de 24 à 25 kilomètres par jour. [Vie de César, t. II, p. 51.) Il avait alors 5 légions ou 30,000 hommes environ. Pendant la guerre, il ne fait plus guère que 20 kilomètres par jour. [Vie de César , t. Il, p. 74.)

En l’année 679, César, quittant les Séquanes pour aller combattre les Belges, se rend en quinz jours de Besançon à Yilry-le-François (230 kilomètres), soit 15k30 par marche. ( Vie de César , t. Il, p. 87.) i

Marches forcées. — Le calcul met en évidence la difficulté d’effectuer des marches forcées avec de grandes masses de troupes. Elles ont été rares et exceptionnelles. Souvent elles n’ont pas atteint l’étendue que les relations historiques leur attribuent. L’exagération est facile et naturelle. Napoléon Ier lui-même n’y a pas échappé. Au sujet de la campagne de 1815, il dit : «L’ar- « mée fit 10 lieues dans cette première journée (le 15 juin). » ( Commentaires , t. VI, p. 146.) Or la garde parcourut 28 kilomètres; le 1er corps, 32 kilomètres; le 2e (en partie seulement), 36 kilomètres; le 3e, 32 kilomètres; le 4e, 28 kilomètres; le 6e, 26 kilomètres. La moyenne du trajet effectué ce jour-là par l’armée est donc de 30 kilomètres environ, soit 7 lieues et demie et non 10.

« Le système de Napoléon, selon Jomini, était « de faire 10 lieues par jour, de combattre et de « cantonner ensuite en repos. » Le relevé des marches effectuées dans plusieurs des principales campagnes prouve que c'est une erreur du grand écrivain militaire. Il donne comme règle ce qui n'a été que l'exception. La meilleure raison est que cela n'est pas possible pour un corps d’armée nombreux même sans convoi. Le temps ne le permettrait pas. En effet, pour une étape de 40 kilomètres, la formule donne

T ^ffOOO +.5/3 U8^.8 + 4.73 =

La fatigue qui en résulterait pour les troupes serait un obstacle non moins absolu, et c'est ce qui a fait dire au plus célèbre des doctrinaires prussiens : « Une seule marche modérée n'émousse « pas encore l'instrument, mais une série de marte ches modérées le fait déjà, et une série de marte ches pénibles le fait naturellement bien davant< lage. L'insuffisance de la nourriture et du lo- « gement, les mauvais chemins, la nécessité « d’être toujours prêt au combat, toutes ces caut< ses amènent une dépense disproportionnée de te forces qui ruine les hommes, les animaux et tt les équipages. » (Clausewitz.)

Une extension de la marche ordinaire, dans quelques cas urgents, peut avoir de bons effets, mais les marches forcées réitérées en ont infail-

liblement de mauvais. Après trois jours de marches étendues, quelquefois après deux, les hommes et les animaux sont harassés; il faut leur accorder un jour de station et on perd le bénéfice de la rapidité qu'on avait cru réaliser. Dans les registres de correspondance du premier Empire on trouve de nombreux faits de ce genre. Les commandants de corps d’armée se plaignent au major général de la fatigue excessive de leurs troupes et sollicitent des séjours.

Les exemples modernes tendent à prouver que les hommes qui ont le mieux réussi à la guerre n'ont presque jamais demandé à leurs soldats des marches anormales. Leur prévoyance, la justesse de leurs combinaisons, on pourrait presque dire leur prescience des événements, leur ont permis d’atteindre le but sans imposer aux hommes des efforts ruineux pour leur santé. Ils semblent avoir résolu la maxime du fabuliste :

Rien ne sert de courir, il faut partir à temps.

4° Suppression du rassemblement au départ. — Un des principaux avantages de ces calculs est d’éviter aux troupes la fatigue inutile qui résulte du rassemblement au départ ; de ne pas les astreindre à ces heures d'attente sous les armes qui les épuisent plus que la marche, car à la fatigue physique s’ajoute la fatigue morale ; de ne les tenir sous les armes que juste le temps néces-

saire, et par conséquent de leur donner le plus de repos possible.

On ne peut arriver à ce résultat qu’en précisant à l’avance, à chacune des fractions, l’heure à laquelle elle doit se mettre en mouvement. Admettons pour un instant que le corps d’armée à 3 divisions se trouve réuni dans un seul bivouac et cherchons à quel moment la tête de chaque fraction principale devra s’engager sur la roule à suivre à la sortie du bivouac , en supposant que le départ ait lieu à quatre heures du matin au débouché.

D’après les longueurs obtenues par les tableaux précédents et la vitesse supposée de 4 kilomètres à l’heure , nous obtenons les chiffres suivants :

Avant -garde.

La cavalerie d’avant-garde passera au débouché à 4h L’ayant-garde d’infanterie, 48 minutes après ou à 4 48®

Gros de la colonne.

La 4re brigade du gros de la colonne 4 heure

33 minuies après ou à . 5 34

La 4re brigade de la 2e division, 50 minutes après

ou à . 6 41

La 2e brigade de la 2e division, 49 minutes après ou à . 7 30

lié serve.

La 4 brigade de la réserve, 64 minutes après ou à 8 31 La 2e brigade de la réserve, 50 minutes après ou à 9 21 Les batteries de réserve, 42 minuies après ou à. . 4 0 3

Le convoi, 4 heure 40 minutes après ou à . 44 43

L’arrière-garde, 2 heures 7 minutes après ou à. . 4 50

Nous avons supposé le corps d’armée massé pour ainsi dire sur un seul point. En réalité, il n'en est pas ainsi. 11 y a parfois des distances de plusieurs kilomètres entre les différentes divisions. Il faut donc tenir compte de leur éloignement du point considéré comme celui du départ initial de la colonne, et avancer ou retarder l’heure delà mise en route des éléments, suivant cet éloignement. Ce serait un calcul facile à faire, mais on peut atteindre plus promptement le même résultat par un procédé graphique que j'indiquerai plus loin.

L’heure précise de chaque départ et les conditions de la marche ayant été exactement indiquées, le rassemblement devient sans objet. 11 a une utilité pour un corps de troupes. 11 n’a que des inconvénients pour une division et encore plus pour un corps d’armée. Il fatigue inutilement les hommes et les animaux par des heures d’attente. Il les prive pendant ce temps du repos qui leur est nécessaire pour réparer leurs forces. Pourquoi, par exemple, faire sonner le réveil dans tous les corps à la fois? Pourquoi leur faire prendre les armes en même temps, alors qu’il s'écoulera de longues heures entre leur mise en route successive?

Je suis obligé de constater que les écrivains militaires ont tous conseillé le rassemblement avant le départ. En voici un exemple particulièrement affirmatif :

« Quelle que soit au reste la manière dont les « troupes s'ébranlent, il faut, quand une colonne « n’est pas composée de troupes campées les « unes à côté des autres, que cette colonne at- « tende, allongée dans la direction où elle doit « marcher, qu’elle ait été jointe par les autres « troupes qui marcheront avec elle. Quand les cc troupes de chaque colonne sont réunies, elles « s’ébranlent en même temps au pas de route, cc C'est à cela que tient dès le commencement « la commodité de la marche, la diminution de « la fatigue pour les troupes et la certitude de « les avoir rassemblées sur l’espace qu’elles doi- « vent occuper pendant toute la marche. » (De Ternay, t. I, p. 110.)

Cette théorie est un souvenir de la coutume généralement usitée sous le premier Empire. Les registres d'ordres de ces temps en olfrent de nombreux exemples.

6* Corps. — Rapport sur la marche du as octobre 1865.

« La générale a été battue à 5 heures du matin « au quartier général, dans les bivouacs et dans « les cantonnements. Les troupes ont aussitôt « pris les armes et se sont dirigées sur Guntz- « bourg en une seule colonne marchant dans « l'ordre suivant : brigade de chasseurs à cheval;

« division de grenadiers et son artillerie ; divi-

« sion Suchet et son artillerie ; avec un esca- « dron; division Gazan et son artillerie; divicc sion de dragons.

cc Le soir, le corps d’armée a pris les cantonnements suivants, etc... »

En voici un autre exemple plus concluant encore :

Corps. — (18,000 hommes). — ordre du 13 mai 1813.

« Le premier sera battu demain à 4 heures du « matin, le rappel à 4 heures et demie, et les « troupes se rassemblerontimmédiatement après « pour être sous les armes et les appels faits à « b heures. La cavalerie sera à cheval à la même « heure, etc...

« Rassemblement sur la route de Desseau, pour « partir à 6 !:eures, etc... »

Malgré l’autorité considérable qui s’attache aux noms et aux faits de celte grande époque, il est difficile qu’une méthode aussi funeste ne soit pas l’objet de critiques fondées. Une des plus sérieuses est formulée dans ces quelques lignes d’un témoin oculaire: « Une des causes qui conte tribuèrent le plus à ruiner la cavalerie en 1812 «. fut la faute journellement commise par Murat « de faire mouvoir l’immense corps de troupes à « cheval placé sous ses ordres en une seule « masse, souvent en une seule colonne, avec les

2e kè rie. — N° 4. 9

« mêmes heures de rassemblement et de départ « pour tous les régiments ; de telle sorte que « souvent l’un d’eux restait à cheval sur place « pendant quatre heures avant de rompre, et « que les chevaux étaient bridés et chargés un « temps trois fois plus long que celui pendant le- « quel ils avaient effectivement marché. » ( Art de la guerre , p. 24.)

Il ne seraitpas juste de prétendre que le rassemblement avait toujours lieu dans les armées du premier Empire. Cette allégation serait trop absolue. Nous avons assez de renseignements pour croire qu’il constituait une habitude assez générale. Ce qui le prouve mieux que toutes les citations, c’est que les hommes qui avaient pris part à ces grandes luttes, ont cru devoir introduire l’obli galion du rassemblement dans le Règlement sur le service en campagne. Les dispositions relatives au départ sont contradictoires dans une certaine mesure, et, par conséquent, elles laissent une place à l'appréciation. Je rappelle ici le texte des trois articles dont il s’agit :

« Art. 122. — Lorsque l’armée doit se mettre « en marche, on bat le premier une heure avant « le départ. Chaque régiment ne fait battre le « rappel qu’au moment précis de se mettre en « roule et de prendre rang dans la colonne. »

« Art. 124. — On ne bride qu’au moment de « se mettre en route. »

Ces deuxarticles admettent donc que le réveil

aura lieu pour tout le monde à la môme heure, mais que les départs seront successifs. Cette disposition se trouve infirmée par l’obligation du rassemblement général prescrit par l’article

« Art. 127. — En arrivant au rendez-vous, « l’infanterie et la cavalerie, à moins d’indica- « tion contraire, se placent d’après leur rang « dans l’ordre de bataille et se forment en co~ « lonnds serrées. Lorsque l’artillerie et les équi- « pages restent sur la route, on les range en file « sur un des côtés. Le moment où les troupes « des corps différents qui ont à parcourir la même « route doivent se remettre en marche est réglé « dans l’intérêt du service par l’officier le plus « élevé en grade. »

Le manque de clarté dans les prescriptions de ces différents articles laisse la faculté de préférer les indications des articles 122 et 124 à celles de l’article 127.

Si les corps n’arrivent au lieu du rassemblement qu’au moment où ils doivent entrer dans la colonne, il n’y a pas de rassemblement. Si l’on veut que toutes les troupes soient réunies avant de rompre, on perdra un temps énorme, même quand on ne se grouperait que par division.

Il faut encore remarquer que la crainte d’être en retard conduit à arriver toujours plus toi qu’il ne convient. Le prince de Ligne en fait justement la remarque : « Il est prouvé, dit-il, que si le

« commandant de l’armée lui dit de partir à \ « heures, le général de cavalerie ou d’infanterie « dit à 3 heures et demie, le lieutenant général «r à 3 heures, le général-major à 2 heures et « demie, le colonel à 2 heures, et ainsi des au- « très jusqu’au dernier appointé qui se ’mêle de « ces affaires. Si l’on n’y prend garde, un régi— « ment est sous les armes 3 heures plus tôt qu’on « ne l’a ordonné. »

Ces observations sont vraies. Pour éviter l’inconvénient qu’elles signalent, il faut donner des heures de départ précises et exiger qu’on s’y conforme rigoureusement. Cela étant, le rassemblement n’a plus de raison d’être. La colonne se formera en marchant sans espace perdu comme sans encombrement. Chaque fraction se présentant au débouché en temps opportun trouvera la voie libre et s’y engagera sans retard. Chaque corps commencera donc son étape à partir du terrain où il aura campé, pour ne la terminer que sur l’emplacement de son nouveau bivouac, i La suppression du rassemblement permet encore de laisser aux hommes plus de temps pour prendre leur repas. Le règlement dit, art 122: « Le jour de marche, la soupe est, autant que « possible, mangée avant le départ. » Cette prescription est très-sage. Il faut que les hommes mangent la soupe au moins une fois par jour. Si elle n’est pas faite le matin, comme on arrive souvent très-tard au bivouac, les hommes, près-

ses de dormir, la cuisent incomplètement le soir, et leur santé en souffre. L'examen des heures des départs successifs montre que la cavalerie d’avant-garde et la lre division seulement n'auraient pas le temps de manger la soupe avant le départ. Elles se borneront au café; mais ces troupes devant atteindre de bonne heure le bivouac, cela n'aura pas d’inconvénient. Tout le reste du corps d'armée, au contraire, peut faire un repas solide avant de se mettre en route. La confection de la soupe n'exige que 3 heures. Si on la commence à 2 heures du malin, elle sera prête à 5 heures, mangée à 5 heures et demie, et la tro brigade de la 2e division ne peut rompre avant 5 heures 41 minutes. A l'exception de l'avantgarde et delà lre division, toutes les autres troupes ont encore le temps, avant le départ, de procéder aux distributions. Il ne resterait donc à servir, en arrivant au bivouac, qu une division et la moitié de la cavalerie. J’indique seulement ces déi ails, qui rentrent plus spécialement dans la question des bivouacs, ainsi que tout ce qui se rattache à la transmission des ordres.

Il ne suffit pas de calculer exactement l'heure des départs de chaque élément, il faut en outre que chacun d’eux observe les mêmes règles en marche. Sans cela l’uniformité serait rompue et des à-coup s'ensuivraient inévitablement. A partir du moment où chaque tête de fraction est entrée dans la colonne, il faut qu'elle marche exaetemen

une heure complète, et fasse régulièrement une pause de *10 minutes en même temps que les autres.

Quelques officiers pensent qu’un chef de colonne doit varier la longueur des temps de marche ou de repos, selon la température, le terrain, la fatigue des hommes, etc... Si à la rigueur on pouvait admettre ce mode pour de petites colonnes isolées, ce qui est d’ailleurs très- contestable, il faudrait absolument le rejeter pour une série de colonnes subordonnées les unes aux autres. Dans ce cas, il est indispensable de procéder avec une entière régularité. Le commandant du corps d’armée ayant donné chaque jour les indications de marche, tous les commandants des diverses fractions doivent les appliquer rigoureusement. C’est une condition absolue pour la bonne exécution du mouvement.

S’il est effectué sans confusion, sans à-coup, sans temps d’arrêt, l’étape s’accomplira facilement. Pour un parcours de 22 kilomètres, en moyenne, chaque élément ne doit rester en route que 6 heures 20 minutes, y compris cinq pauses de 10 minutes chacune. Un trajet de cette durée ne nécessite pas de grande halte et il faut éviter d’en faire en guerre, surtout avec une grosse colonne. Ces haltes prolongées sont dangereuses et font perdre un temps énorme. Elles n’ont aucune utilité si on a eu le soin de faire manger es hommes avant le départ.

5° Plan de marche. — Quelle que soit Futilité de ces calculs pour assurer la régularité et la rapidité de la marche, ils seraient dépourvus d'application efficace, s’ils devaient exiger trop de peine ou trop de temps. En guerre les loisirs ne sont pas grands et il faut opérer avec promptitude. Il importe de réduire les écritures, et, par conséquent, de restreindre autant que possible le travail. C'est ce que nous avons surtout cherché.

Le calcul des longueurs des éléments et de la totalité, une fois établi, ne comporte pas des variations quotidiennes sensibles. On peut les opérer durant les séjours. D’ailleurs, ils n’affectent que certaines portions, la plupart étant invariables. Le travail de tous les jours, c'est la détermination des heures relatives de départ des fractions principales, selon les conditions fixées par le commandant du corps d’arrnée. A la rigueur, cela pourrait se faire par le calcul.

Mais il y a d’autres renseignements qui demandent à être fournis durant la marche et qu’il serait impossible de donner immédiatement par le calcul. Tels seraient la position des têtes de chaque fraction à tout moment; le temps nécessaire au déploiement de la colonne sur un point quelconque ; les heures d’arrivée à chaque endroit, etc... Préoccupé de la nécessité de fournir instantanément de nombreux renseignements aus<: bien que de diminuer la besogne, j’ai

essayé diverses combinaisons et je crois en avoir trouvé une très-pratique, dans un procédé graphique, imité de celui en usage dans les chemins de fer.

Pour cela on dresse un tableau dans lequel e mouvement de chaque fraction de la colonne est représenté au moyen de coordonnées. Les ordonnées, disposées de 10 en 10 minutes ou de 1 5 en 15 minutes, indiquent le temps. Les abscisses représentent les distances kilométriques. La résultante du temps écoulé et de l’espace parcouru donne le mouvement effectué.

Avec du papier quadrillé, imprimé à l 'avance ou tracé à la main, on arrive à établir très-rapidement le plan de marche d’un corps d’armée. Le tableau n° 21, à la fin de cette étude, en offre un exemple. Supposons que la ligne du kilomètre 4 passe par le lieu où la colonne doit commencer à se former, et que 4 heures du malin aient été indiquées pour le départ de la pointe d’avant-garde en cet endroit.

L’intersection B de l’ordonnée de 4 heures et de l’abscisse 4 marque le point de départ de la cavalerie, si elle est campée là. Si elle se trouve plus en arrière de 3 kilomètres, qu’elle met 40 minutes à parcourir (y compris une pause), elle devra partir de son bivouac A à 3 heures 20 minutes, de manière à passer en B à 4 heures. Son mouvemement jusqu’au bivouac s’indique facilement selon l’allure à laquelle elle marchera

et en lui ménageant un repos de 10 minutes après chaque heure de marche. En supposant qu'elle aille au pas à une vitesse de 6 kilomètres à l’heure, sa marche se trouve figurée par la ligne ABCDE.

Les heures de passage de chacune des fractions de la colonne, au kilomètre 4, sont don-* nées par la conversion en temps de la longueur delà fraction précédente, augmentée de la distance qui doit la séparer de celle qui la suit.

La colonne de cavalerie a 1800 mètres de longueur; elle s’écoulera en 18 minutes au pas. La distance entre sa gauche et la droite de l’infanterie est de 1700 mètres, qui, à l’allure des fantassins, équivalent à 25 minutes. L’infanterie d’avant-garde devrait donc passer au quatrième kilomètre 18 + 25 = 43 minutes après la tête de la cavalerie ; mais comme celle-ci marche plus vite et aura bientôt gagné cette avance de 1700 mètres, on peut, pour ne pas perdre de temps, mettre l’infanterie en roule dès que la cavalerie est passée. Le point F sera donc à 18 minutes seulement de B.

En opérant de même, la tête du gros doit être à une distance de 3,831 + 2,400 =6,231 mètres de la tête de la lre brigade; ce qui équivaut à 1 heure 33 minutes. Le point G sera donc marqué à 1 heure 33 minutes de F et ainsi des autres, H, I, J, K, L, N et O.

Les corps étant souvent campés en avant ou

en arrière, sur la droite ou sur la gauche du point de départ initial de la colonne, il convient de tenir compte de leur trajet obligé pour se rendre au débouché ou de retarder leur départ s’ils sont déjà au delà. Ainsi la lre brigade de la lre division, supposée campée à 3k5 en arrière du point de départ, quittera son bivouac F' à 3 heures 20 minutes, de manière à passer au kilomètre 4 à 4 heures 18 minutes.

La 2e brigade de la même division, devant passer en G à 5 heures 51 minutes, partira de son bivouac Gr à 4 heures 49 minutes, etc.

Pour déterminer ces heures, les caculs sont superflus; les points B, F, G, H, I, J, K, L, N, O étant marqués sur le kilomètre 4, le tracé graphique passant par ces points indique naturellement l’heure du départ du bivouac occupé par chaque fraction de la colonne.

La lre brigade de la 3e division devrait entrer dans la colonne en J, à 8 heures 31 minutes. Comme elle est supposée placée à 1 kilomètre en avant du point base du départ général, elle ne quittera son bivouac J' que 15 minutes plus tard, c’est-à-dire à 8 heures 46 minutes.

Lorsqu’on aura tracé la ligne L'P, suivie par la gauche des batteries de réserve, et la ligne N'iNT, décrite par la tête du convoi, on déterminera la ligne du mouvement de la seconde porlion de la cavalerie qui doit s’eflectuer entre elles. Pour la figurer, on commencera par le point

d'arrivée, et le poiut S sera marqué 5 minutes après P ; puis, traçant la ligne S, R, Q, M, M', en rétrogradant, on obtiendra le point Mr, qui fixe 10 heures 10 minutes pour le moment où la cavalerie doit quitter son bivouac M'. 11 ressort de là que, pour assurer à cette portion de la cavalerie sa liberté d’allure, sa première pause QQ' doit être de 40 minutes, et sa seconde RR' de 38 minutes. Chaque régiment divisionnaire campant habituellement avec sa division, il faudra chercher l’heure de son départ selon l’endroit où il aura bivouaqué.

Ce tracé graphique, beaucoup plus simple à faire que la description ne le laisse pressentir, permet de préciser toutes les combinaisons imaginables. Dans l’exemple cité plus haut, la cavalerie d’avant-garde est supposée marcher librement au pas, à raison de 6 kilomètres à l’heure. Le commandant du corps d’armée peut décider qu’elle ne s’éloignera pas de plus de 4 kilomètres de la tête de l’infanterie. Dans ce cas, pour ne pas changer l’allure des chevaux, il est nécessaire d’augmenter la durée des pauses. Pour connaître leur longueur, il suffit, après avoir tracé la marche de l’avant-garde d’infanterie, de prendre les distances UC' et YD" égales à 1 heure; alors les distances CC' = 40 minutes, D'D" = 36 minutes, donneront les durées des pauses qui seront prescrites dans l’ordre de mouvement à la cavalerie, et dont la ponctuelle observation lui permettra de

se maintenir à la distance fixée par le commandant du corps d'armée.

Le plan de marche ainsi tracé fournit sans calcul les heures de départ et les indications de marche. Le corps d’armée l’établirait pour les fractions principales. Chaque division agirait de même pour les groupes secondaires.

Ce plan de marche offre le moyen de se rendre compte à chaque instant des points où se trouvent les différentes fractions. Sur la marge, il serait bon d’indiquer à leur distance kilométrique les points principaux de la route, afin de se repérer facilement.

A 7 heures 15 minutes, par exemple, le général commandant, marchant avec l’avant-garde d’infanterie, et parvenu en Y, veut, dans une prévision quelconque, connaître la position exacte des principales fractions de son corps d’armée. D’un coup d’œil, en remontant l’ordonnée de 7 heures 15 minutes, il voit la tête du gros de sa colonne en Z, traversant le village, et la gauche du gros sortant à peine de son bivouac.

Si à ce même point Y, à 7 heures 15 minutes, le commandant du corps d’armée, ayant l’intention de combattre, désire savoir les heures auxquelles ses divers éléments arriveront en ligne à sa hauteur, il suivra l’abscisse du point Y, et les ordonnées des points a, b, c, d , e, f , g, h , où elle rencontre les lignes de mouvement des diverses fractions, lui diront aussitôt:

Arrivée de la tête du gros (a), 8 heures 45 minutes;

Arrivée de la 2e division (b), 9 heures 45 minutes;

Arrivée de la 3e division (d), 11 heures 25 minutes;

Arrivée des batteries de réserve (/), 12 heures 55 minutes.

Si, dans un autre ordre d'idées, le commandant, arrivé au point Y, jugeait à propos de faire arrêter sa division de réserve avant qu’elle s'engageât dans le bois, le plan de marche lui montrerait qu’à ce moment cette division sort du bois et qu'il n'est plus temps de suspendre son mouvement.

Ce cas est un exemple. Dans tout autre , le tableau n° 21 permet au commandant du corps d’armée de prendre opportunément telle ou telle mesure relative aux diverses fractions, en le renseignant exactement sur la position de chacune d'elles et sur le temps nécessaire pour leur transmettre ses ordres.

Le tracé graphique offre enfin, au commandant du corps d'armée, la faculté de contrôler la marche de ses têtes de colonne et de s'assurer que ses instructions sont suivies. Le plan de marche n'est au début d'une campagne qu’une prévision, mais après quelques journées de route il doit arriver à une approximation différant extrêmement peu de la vérité. Pour arriver à redresser les er-

reurs d'appréciation de vitesse et d’allongement, il importerait que l’adjudant-major de chaque tôle de fraction fût chargé de faire faire les pauses aux heures et dans les conditions prescrites et qu’il inscrivît sur un carnet les heures auxquelles les arrêts réguliers ou accidentels se sont produits, leur durée et l’endroit précis où la halte a eu lieu. A l’arrivée au bivouac, ces renseignements seraient transmis à l’état-major. Le plan de marche, tracé la veille au crayon, serait passé à l’encre et modifié d’après les documents fournis par les adjudants-majors. La comparaison des prévisions de marche avec les faits constatés montrerait au commandant du corps d’armée en quoi on s’est écarté de ses instructions, ou le mettrait à même, d'après les résultats obleuus, de modifier à l’avenir ses prévisions.

Le plan de marche, rectifié et collé sur le journal de marche, constituerait la meilleure statistique de la marche; il fournirait des renseignements précieux, soit au point de vue technique, soit au point de vue historique. L’examen des journaux de marche des armées aux différentes époques montre qu’il y a sous ce rapport une lacune qu’il serait très-important de combler. Le tracé graphique journalier du plan de marche paraît un moyen simple et pratique d’y arriver.

Cette méthode a sous bien des rapports des avantages incontestables. Elle peut s’appliquer, avec quelques modifications, à la marche de toute

une armée sur des routes différentes. C’est donc une idée que je me permets de recommander à l’attention de tous les officiers. J’espère qu’il s’en trouvera parmi eux quelques-uns qui sauront la perfectionner et élargir le sillon que j’ai tracé.

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