VIII PRÉFACE DU TRADUCTEUR
Ces Conférences ont un cachet d'originalité qui permettrait difficilement de les classer sous une désignation particulière. Le philosophe, le moraliste, le controversiste, le théologien, les liront avec un égal profit, car elles s'adressent aux uns et aux autres. Le P. Newman, philosophe non moins remarquable que théologien profond, se distingue surtout par une rare compréhension des doctrines, une faculté de s'élever à leur point culminant , d'en sonder les profondeurs , d'en saisir tous les rapports dans l'ordre surnaturel et dans l'ordre moral. Cette faculté brille avec non moins d'éclat dans le cours de ces Conférences que dans V Histoire du Développement, où il avait montré cette faculté avec une puissance que l'on chercherait vainement chez les apologistes contemporains.
Ce volume offre au clergé français un modèle dont il manque, et il lui montre que l'on pourrait, même en France, mieux faire que de suivre les rationalistes sur le terrain où ils ont attiré les défenseurs de l'Eglise. Nos plus éloquents prédicateurs se sont laissé entraîner trop loin , en cessant d'être théologiens pour devenir philosophes catholiques. C'est parce que le langage de la théologie a trop souvent été banni de la chaire, que les peuples voisins, étonnés d'apprendre que nos premiers orateurs s'efforcent à démontrer