PREFACE DU TRADUCTEUR. IX
l'existence de Dieu, la spiritualité de l'àme, la différence entre le bien et le mal, entre la vérité et Terreur, etc., etc., que les peuples voisins, dis-je, se sont imaginé que la France est devenue la patrie de l'incrédulité. J'ai toujours pensé que nos apologistes font au rationalisme beaucoup plus d'honneur qu'il n'en mérite, et qu'ils lui donnent en apparence une importance qu'il n'a jamais eue. Il serait difficile de lire les Conférences du P. Newman sans arriver à conclure qu'il y a mieux à faire en France qu'à philosopher avec nos philosophes. Ce mieux consisterait tout simplement à prêcher l'Evangile.
Quant à l'Angleterre, ce volume, dont Mgr Wiseman a accepté la dédicace, y a obtenu un succès des plus populaires. Indépendamment de l'intérêt qui s'attachait au premier ouvrage publié par l'ancien membre de l'Université d'Oxford, devenu catholique, les circonstances ont concouru à ce succès. L'Église officielle d'Angleterre traversait, au moment de sa publication, une des crises les plus terribles qu'elle ait eu à subir depuis son origine. L'Etat, dont elle est la créature, tient beaucoup à ce qu'elle n'oublie pas le prix dont se paie son puissant patronage. Après lui avoir imposé des évêques d'une orthodoxie suspecte, foulant aux pieds les dernières traces do l'autorité épiscopalc, même en matière de