MOTIF DE PRÉDICATEUR
mal interne qui croît et s’étend. Le démon est déchaîné et règne en maître dans son âme. Autrefois, il avait l’habitude de prier de temps en temps; maintenant, il s’est affranchi de ce devoir; ses prières n’étaient qu’un balbutiement des lèvres, le cœur n’y avait aucune part, pourquoi continuer d’en dire? A quoi servent-elles? Sont-elles obligatoires, par hasard? C’est ainsi qu’il a raisonné en lui-même , et il a agi selon ce raisonnement : il a cessé de prier. Son premier péché, ce péché mortel qui l’a mis hors la grâce , ce fut peutêtre cette incrédulité du pouvoir de la prière. Etantenfant , il refusait de prier , alléguant pour excuse qu’il était trop âgé, et que d’ailleurs ses parents ne priaient pas. En conséquence, il renonça à la prière, et le démon entra dans son cœur, en prit possession , s’y établit comme dans sa demeure.
Pauvre enfant, chaque jôur la liste de ses péchés mortels grossit ; chaque jour les instances de la grâce ont moins de prise sur son cœur; il respire l’air empoisonné du mal , et la corruption fait chez lui des progrès effrayants. Il a rejeté loin dô lui la pensée de Dieu, et y a substitué sa propre personne. 11 a repoussé les traditions de la religion qui apparaissent autour de lui, pour embrasser les traditions du monde qui sont plus en harmonie avec scs goûts, et c’est à elles qu’il livre la conduite de sa vie. Il est plein île confiance en sa sagesse , et 11 e soupçonne pas que le mal est devant lui , sur son chemin. 11 s’accoutume à rire des hommes sérieux et des choses sérieuses ; il recueille avec avidité toutes les plaisanteries qu’on en
fait. Il en parle avec assurance, quoiqu’il n’ait aucun moyen de connaître ce qu’il avance. Moins il croit aux vérités révélées , plus il pense être sage et savant. Ou bien, si sonnaturelle préserve de tant d’endurcissement, il n’en répète pas moins , par laisser-aller et par esprit d’imitation, à mesure que l’occasion s’en présente, les moqueries qu’il entend débiter contre les personnes et les choses saintes. 11 est railleur, plaisant, enjoué , et il consacre ses talents à la cause de Satan. Il a une antipathie secrète contre les vérités et les pratiques de la religion ; elles lui inspirent un dégoût dont il s’aperçoit à peine , et dont il ne saurait dire la cause , si on la lui demandait. C’est ainsi que pensait Caïn, le fils aîné d’Adam , qui tua sou frère parce que ses œuvres étaient justes. Ainsi pensaient ces malheureux enfants de Bethcl qui sc moquaient du grand prophète Elisée et lui criaient : « Monte , monte, tète chauve! » 11 n’y a pas de particularité, si insignifiante qu’elle soit, qui ne puisse devenir un t sujetde risée, d’insulte pour l’homme, quand il est irrité par la vue de la religion.
O mes frères ! je pourrais énumérer les autres défauts du jeune homme pécheur, les vices cachés et. honteux qui se développent, se multiplient et grandissent en son cœur à mesure qu’il avance eu âge et que sa vie s’écoule. Ilélas ! qui pourrait sonder les profondeurs du mal qui n’a pour fin que la mort? Oh! que ce monde déchu offre un spectacle douloureux à contempler ! 11 est brillant et séduisant à la surface; il a l’apparence de la sincérité dans ses manières ; il a honte
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de ses péchés et les cache , et cependant ou ne trouve en lui qu’une masse do corruption ! Il a honte de ses péchés; mais il ne s’avoue pas à lui-même que ce sont des péchés; il les détend coutre sa conscience, qui parfois les lui reproche, et peut-être a- t-U l’audace de dire, ou tout nu moins d’insinuer que si un instinct est bon en lui-même, il ne saurait être mauvais en se manifestant chez un individu, et que d’ailleurs la satisfaction que nous éprouvons en y cédant prouve qu’il n’est pas mauvais; il ajoute enfin que la tentation est la voix de Dieu. Pourquoi est-ce que j’entreprendrais d’analyser l’influence combinée de l’orgueil et de la concupiscence, — la concupiscence qui explore la route du mal, et l’orgueil qui la fraie et l’aplanit — lorsque le» vérités les plus élémentaires de la révélation sont regardées comme de£ contes dp nourrice? Non; j’ai voulu seulement vous montrer comment une nature pervertie outre dans la voie de la perdition, et je l’abandonne maintenant, mes frères, à vos réflexions, aux critiques individuelles que chacun de vous peut faire sur l’esquisse que je viens de tracer, esquisse que vous achèverez, chacun «clou votre jugement et selon votre conscience , d’une manière plus parfaite que me3 paroles ne pourraient lejaire.
Le pécheur avance dans sa carrière temporelle; l’enfant est devenu homme; il a embrassé une profession ou un métier; il y réussit; il se marie, comme fil son père avant lui. Il joue un rôle sur la scène de celte vie mortelle ; le cercle de scs relations sociales s’étend à mesure qu’il avance en âge; il jouit d’une certaine
réputation et d’une certaine influence dans la classe à laquelle il appartient ; sa réputation, son influence , sont celles d’un homme sensé, prudent et habile. Ses enfants grandissent autour de lui; il a passé l’âge de virilité, et son astre commence à s’incliner vers l’horizon. Aux yeux du monde, et selon le critérium du monde , il est parvenu à une honorable et vénérable vieillesse; il a été homme du monde, le monde le loue et l’honore. Mais qu’est-il dans la balance du ciel? quel est le jugement de Dieu sur lui ? que dironsnous de son âme? oui, de l’état de son âme? Ah! son âme ! il l’a oubliée; il n’a pas songé qu’il a une âme placée, du premier jour au dernier, sous les regards de son Créateur. Posuisti sœculum nostrum in iUuminatione vultûs tui, « vous avez placé notre vie à la lumière de votre visagé. » Hélas! hélas! en ce qui touche son âme, le monde ne sait rien et ne se soucie pas de rien savoir. Le monde ne croit pas à l’existence de l’âme ; le inonde ne croit qu’à une intelligence unie à un corps mortel; il s’occupe de l’homme tant qu’il est ici-bas; il l’oublie une fois qu’il a quitté cette terre. Cependant le temps approche où il va abandonner le séjour d’ici-has, où il va disparaître parmi les ombres de ce monde inconnu et invisible, sur l’existence duquel le monde est si sceptique. Mais , nous qui croyons fermement à ce monde invisible, nous nous empressons de lui demander avec inquiétude : Quel est l’état de son âme? Hélas ! cet homme a joui des plaisirs et des honneurs du monde ; il a laissé un nom honorable parmi les hommes ; il a modifié ses opinions scepti-
MOTIF DU PRKDICATKUft.
tiques en avançant en âge ; il commençait à croire que l’ordre et la religion sont de bonnes choses, qu’il faut rendre un certain hommage au culte de son pays, et assister parfois à ses cérémonies ; mais il n’est encore, malgré cela, selon la parole de notre Sauveur, qu’un sépulcre blanchi. Il est rempli au dedans d’ossements en décomposition et de toutes sortes d’impuretés. Tous les péchés de sa jeunesse , dont il ne s’est jamais repenti, dont il ne s’est jamais lavé, son ancienne mondanité, ses vices, ses antipathies, ses idolâtries, le souillent encore de leur corruption ; seulement, ces vieux péchés sont recouverts de plusieurs couches de fautes plus récentes. Son cœur est un séjour de ténèbres; il a été souillé, gouverné, possédé par les esprits du mal ; c’est un être sans foi et sans espérance. S’, il admet l’existence de quelque vérité, ce n’est chez lui qu’une simple opinion.; et s’il jouit d’une sorte de calme et de repos, ce n’est pas la paix du ciel, mais de l’inertie, de l’affaissement et de la dissolution. Son vieil ennemi a écarté loin de lui son bon ange, et en a pris la place; il est assis près de lui, joyeux de sa victoire, et attendant patiemment sa proie. 11 ne le pousse pas à de nouveaux péchés, de peur de réveiller sa conscience endormie et d’y porter le trouble; il le laisse parfaitement tranquille; il le laisse s’amuser d’un simulacre de foi, d’une ombre de piété, d’un semblant de culte; il l’aide à se créer un simulacre de religion capable de satisfaire sa raison affaiblie, sachant bien que cette parodie ne doit pas avoir une longue durée, que la mort n’est plus qu’une
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affaire de temps, et qu’il pourra bientôt l’entraîner avec lui dans sademeure embrasée.
Moment redoutable ! l’heure inévitable est enfin venue ; il meurt, il meurt avec calme; ses amis sont édifiés de sa fin. Ils remercient le Seigneur de l’avoir appelé à lui, de l’avoir délivré des pejnes de la vie et des souffrances de la maladie. « C’était un bon père , disent-ils, un bon voisin ; on le regrette sincèrement; il est pleuré par ses nombreux amis. » Ils ajoutent peut-être : « 11 est mort avec une parfaite confiance en la miséricorde de Dieu. » De plus, il a manqué de quelque chose qui est au-delà de cette miséricorde ; il a manqué de quelque attribut sans lequel il n’y a pas de perfection, et qui n’est pas et ne peut pas être dans le Dieu de toute gloire et de toute sainteté : je veux dire d’une confiance aux promesses de l’ Évangile, qu’il n’a jamais partagée , ou qu’il a perdue de très-bonne heure. Puis, après sa mort, de temps à autre, on rappelle son souvenir avec respect ou avec regret, tandis que lui, cependant, — bien que les enfants du inonde ne veuillent pas l’entendre dire, qu’ils se récrient, protestent et s’indignent quand on leur insinue une si solennelle vérité, — lui, depuis longtemps il a levé les yeux en haut, étant dans les tourments et enseveli dans l’enfer!
Telle est l’histoire d’un homme dans l’état de nature ou celui de péché, d'un homme pour qui l’Evangile n’a jamais été une réalité , en qui la bonne semence n’a jamais pu germer, sur qui Dieu a vainement répandu sa grâce ; d’un homme , enliu, que la grâce n’a jamais pu amener à chercher la face de Dieu et à iin-
MOTIF I»ÏT PRKD1C ATErn .
plorer les faveurs d’un ordre élevé qui nous ouvrent le paradis. Telle est sa triste histoire. Mais je n’ai parlé que d’un pécheur isolé; hélas! mes chers frères, c’est l’histoire de milliers de personnes; c’est, d’une manière ou d’une autre , l’histoire de tous les enfants du monde. « Dès qu’ils sont nés, dit le sage, ils ont cessé « d’être ; ils sont incapables de montrer aucun signe « de vertu , et ils sont consumés dans leur méchan- « ceté. » Qu’ils soient riches ou pauvres, savants ou ignorants , polis ou grossiers , décents et réguliers dans leur conduite ou désordonnés et immoraux , au fond, ils sont tous semblables; ils n’ont point de foi, ils n’ont point d’amour, ils sont impurs ou ils sont orgueilleux , le plus souvent ils sont l’un et l’autre ; ils s’entendent très-bien entre eux dans Jours opinions et dans leur conduite ; ils s’aperçoiverit de cette ressemblance, ils s’en félicitent , et regardent cet accord comme une preuve de la bonté de leur conduite et de la justesse de leurs opinions. Tel arbre, tels fruits. 11 n’est pas surprenant que les fruits soient les mômes quand ils viennent de la même tige, de la même nature non régénérée, non renouvelée. Ils les considèrent comme bons et sains, parce qu’un grand nombre de cœurs donnent'les mêmes produits; mais ils rejettent comme odieuse , insupportable et horrible , la pure et céleste doctrine de la révélation, parce qu'elle pèse trop lourdement sur eux. Personne n’aime les mauvaises nouvelles, personne n’accueille avec joie l’arrêt qui le condamne. I.e monde, pour se disculper de ses fautes , calomnie la Vérité qui l’accuse.
.Mes frères, s’il en est ainsi, ou plutôt si nous croyons fermement, nous autres catholiques, qu’il en est ainsi, car c’est ce dont il est question ; si nous le croyons avec une telle fermeté que nous aimerions mieux mourir que d’en douter, y a-t-il lieu de s’étonner de notre conduite et de nous demander à ce sujet de longues explications? Peut-on s’étonner de ce que des hommes tels que nous viennent au milieu d’une population comme celle-ci, où l’erreur religieuse est toute-puissante , où la corruption des mœurs est la cause et la conséquence de cette erreur? Pourquoi s’étonner de ce que nous venons au milieu d’une population qui , en vérité , n’est pas pire que le reste du monde, mais qui n’est certes pas meilleure? Je dis qu’elle n’est pas meilleure , parce qu’elle ne possède pas le trésor de la vérité catholique, et j’ajoute qu’elle n’est pas plus pure , parce qu’elle ne possède pas ce don de grâce qui est le seul capable de détruire l’impureté. Nous venons au milieu d’une population pécheresse, adonnée, j’en suis sur, à des plaisirs défendus, chargée de crimes et exposée à la perdition éternelle, parce qu’elle ne jouit pas de la présence du Verbe incarné , qui répand dans les cœurs la douceur, la tranquillité et la chasteté. Y a-t-il lieu de s’étonner que nous nous mettions à instruire par nos prédications une population pareille, pour laquelle Jésus- Christ est mort sur la croix , et que nous nous efforcions de la convertir à sa foi et à son Eglise? Est-il nécessaire de demander les raisons qui nous font agir? Est-il nécessaire de nous attribuer des motifs mondains
MOTIF ni! PRRltH'.ATKlR.
pour expliquer une conduite si naturelle chez ceux qui croient aux avertissements de l’autre vie et à ce qu’elle exige de nous? "Mes chers frères, si nous sommes convaincus que notre très-saint Rédempteur a versé son sang pour tous les hommes , n’est-il pas parfaitement simple et naturel que nous , ses serviteurs, ses frères, ses prêtres, nous voyions avec regret son précieux sang être versé en vain, gaspillé pour ainsi dire, en ce qui regarde vos âmes? N’est-il pas naturel que nous tâchions de vous faire partager les bienfaits dont nous jouissons ? Est-il nécessaire que des voix s’élèvent pour nous accuser d’être animés d’une vaine ambition, pour nous traiter d’hommes inquiets , avides de pouvoir et d’autorité, rancuniers, partiaux, quand notre empressement et notre zèle ont des motifs si puissants, si influents, si réels? Peut-il y avoir, pour un prédicateur, un plus bel encouragement que la ferme conviction de prêcher la vérité? Peut-il y avoir un stimulant plus fort à convertir les âmes que la pensée qu’elles sont en état de péché et en péril de mort? Peut-il y avoir un plus grand mobile à attirer les âmes dans le giron de l’Eglise , que la conviction que c’est là le moyen dont Dieu se sert pour opérer le salut de ceux que le monde entretient dans le péché et l’incrédulité? Admettez seulement que nous croyons ce que nous enseignons (et ce n’est pas vous demander grand’chose, car qu’avons-nous fait qui vous autorise à penser le contraire?) , admettez, dis-je, que nous croyons ce que nous professons , et vous comprendrez facilement notre conduite. Nous venons parmi vous parce que
nous croyons qu’il n’y a qu’une voie de salut tracée dès le commencement des choses , et que vous ne la suivez pas. Nous venons parmi vous en qualité de ministres de cette grâce extraordinaire de Dieu, dont vous avez besoin; nous venons parmi vous, parce que nous avons reçu nous-mêmes un grand don de Dieu, et que nous voudrions vous en faire partager la jouissance. Il est écrit : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » Or, nous ne voulons pas tenir enveloppées dans un mouchoir les miséricordes et les grâces que Dieu nous a accordées , non pour notre salut seulement , mais aussi pour le salut des autres.
Ce zèle , quelque faible et quelque misérable qu’il soit en nous, a été la vie de l’Eglise, le soutien de ses prédicateurs et de ses missionnaires dans tous les temps. Ce fut pe zèle , ce feu sacré, qui fit descendre Notre-Seigneur du ciel , et c’est ce zélé qu’il tâchait de communiquer à tous ceux qui l’entouraient. « Je suis venu jeter le feu sur la terre, » dit-il , « et qu’cst-ce que je désire, sinon qu’il s’allume? » Tel était aussi le sentiment du grand apôtre à qui son Maître apparut pour lui départir ce feu. « Je vous envoie aux Gentils, » lui avait- il dit lors de sa conversion , « pour leur ouvrir les yeux, afin qu’ils se convertissent des ténèbres à la lumière, et du pouvoir de Satan au pouvoir de Dieu. » Et, conformément à cette recommandation, il se mit à leur prêcher de faire pénitence et de se tourner vers Dieu avec de dignes fruits de pénitence; « car, » dit-il, « l’amour de Jésus-Christ nous presse, » et il se faisait « tout à tous pour les sauver tous , » et
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il supportait tout pour les élus, afin qu’ils pussent obtenir leur salut , qui est en Jésus-Christ, avec la gloire céleste. » Telle est aussi l’ardeur du zèle de ces premiers apôtres, auxquels nous , Anglais, devons notre foi chrétienne. Quel motif les amena de Rome dans cette île lointaine , chez un peuple barbare , à travers mille craintes et mille souffrances, si ce n’est le désir tout-puissant, irrésistible, de sauver ceux qui périssent et d’unir les membres et les esclaves de Satan au corps de Jésus-Christ? Tel a été le secret de la propagation de l’Eglise depuis le commencement; telle en sera la cause jusqu’à la fin. Voilà pourquoi l’Eglise, avec la grâce de Dieu , au grand étonnement du monde, convertit les nations , tandis qu’aucune secte ne peut en faicc autant. Voilà pourquoi les missionnaires catholiques pénètrent si courageusement au milieu des tribus les plus sauvages , s’exposent aux plus cruels tourments : c’est qu’ils connaissent le prix de l’âme ; c’est qu’ils croient fermement à la réalité du monde à venir; c’est qu’ils aiment tendrement leurs frères sans même les avoir jamais vus ; c’est qu’ils frémissent à la pensée des peines éternelles; c’est qu’ils désirent multiplier les fruits de la passion de leur Seigneur et les triomphes de sa grâce.
Quant à nous, mes frères , nous ne sommes pas dignes d’être nommés à côté des évangélistes, des saints et des martyrs; nous venons à vous dans un temps de paix et de civilisation , au milieu d’une société régulière et policée, sous la sauvegarde de ce respect et de cette vénération que, quoi qu ils en disent, la plupart
des Anglais, ou un grand nombre d’entre eux, sentent encore pour la religion de leurs pères, pour cette religion qui a laissé dans ce pays tant de traces de «on ancienne puissance. 11 ne faut pas une grande dose de zèle ni de charité pour venir à vous sans péril , vous prier de quitter le sentier de la mort et d’entrer dans celui du salut. 11 ne faut pas de grands efforts pour cela ; il ne faut pas un courage surhumain ; il ne faut pas être des saints ; il suffit d’avoir la conviction profonde , et nous l’avons, que la religion catholique vient de Dieu , et que toutes les autres religions sont des parodies. 11 suffit d’avoir la foi, d’avoir un but unique, un cœur honnête et une manière de s’exprimer claire ei précise. Nous venons à vous au nom de Dieu ; nous ne vous demandons pas autre chose que de nous écouter ; nous n’exigeons de vous que de vouloir bien examiner si ce que nous disons est la parole de Dieu ou non. Cette parole restera avec vous, que nous soyons ou non les prêtres et les prophètes de Dieu. Ce n’est pas trop demander ; mais c’est plus que la plupart des hommes ne veulent donner, car ils n’osent pas venir nous entendre; ils sont nos ennemis par préjugé; ils ont peur des convictions que nous voudrions leur inculquer. Oui ! il y en a un certain nombre qui auraient de grandes raisons de venir nous entendre, à qui nous avons le droit d’adresser nos exhortations, qui devraient avoir une certaine confiance en nous, et qui pourtant ferment les oreilles, détournent la tète, et préfèrent s’exposer à perdre la vie éternelle plutôt que d’écouter nos conseils.