BI T MF, LA' VI
Père. Cependant le Fils de Dieu, le Verbe éternel, est venu, non pas pour faire 5a volonté, mais pour accomplir celle de Celui qni l’avait envoÿé, comme le disent • et le répètent. les Saintes Ecritures. Ainsi le Itoi- Prophète, parlant en son. nom {.s'écrie dans ses Psaumes :
V Voici, je viens faire votre volonté-, ô mou Dieu ! » . Il dit par la bouché du prophète Isaïe : •« Le Seigneur Dieu a ouvert mon oreille , et je né lui résiste pas, je ne me suis - pas détourné. » Dans l’Evangile , ' «près qu'il fut ycriln sur la terre, tjous trouvons : «Ma nourriture est de faire' la volonté de Celui qiii'm’a envoyé, et de terminer son-œuvrç. » Puis, dans feon agonie, il s’écriai •«■Que votre Volontésoit faite et non. ’ la mienne. » Sâint Paul nous dit aussi Jésus-Chrè t n’a pas mis eh lui sa complaisance.. » Dans unautre endroit il ajéute : « Quoiqu’il fût Fils de Dieu, H apprit 1 -obéissance, parles choses qu’il souffrit. » Ueit fui ainsi sans aucun doute; Car , étant éternellement l’égal du Père, Je Fils avait la même volonté que le Père ci u'avuit point \à- soumettre sa Volonté à la sienne; mais i^résolul de ro'étir la nature de liiomiue et Ja volonté de cette nature ; il lui plut d’adopter les affections ,’ les. -sofitinicnts, les peikluinls propres à l’hommé, une Volonté innocente et hoime à. fa vérifé, mais enjih une volonté humaine, distincte de celte ale Dieu ; une volonté qui, si clic avait agi coiilotinéiiH'jil à - la nature terrestre, anruil refusé d’accomplir les desseins de Dieu' lorsque vint l’heure du travail- ci des souffrances-. .Mats, quoiqu'il -eût rcvètu-la nature cl la ligure doThomnu>, il uè prit -pus-cct-égoïsmc dov.t .
Di
134 SIXIÈME CO>FÉRENGR.
s’enveloppe l’homme déchu, car il se soumit en toutes choses et sé montra prêt à s'offrir en sacrifice à son Père. Il vint sur la -terre, non pour y prendre son. plaisir, pour yf suivre ses goûts, pour y pratiquer l'affection humaine, niais uniquement pour glorifier son Père et accomplir sa volpnté. ll vint avec une mission; il était chargé d’accomplir une œuvre.; il ne regarda ni à droite ni à gauche, et ne. pensa point à lui-même, mais il s’offrit en holocauste à Dieu.
C’est pour cela qu’il fut engendré dans le sein d’une humble femme, qui, avant de le mettre au monde, dut faire deux voyages, l’ün d’amour, l’autre d’obéissance : le premier dans les montagnes,- le second à Bethléem.
11 naquit dans une étable, lut dcposé"dans une crèche, et plus tard i) fut obligé de chercher -un asilc'en Egypte.; il vécut pauvrement jusqu’à- [’age de trente ans, du fruit d’un travail grossier , dans une petite maison, dans une ville dédaignée. Pute) quand il commença ses prédications , il ji’ava if pas où reposer sa ■ tète; il errait çà et là dans le pays connue un étranger sur la terre. 11 fut chassé dans le désert et y resta quelque temps au milieu des bêles féroces ; il endura le froid et le éhaud, la faim et la spit,. l’insulte etla. calomnie; il nc-sp nourrissait que de pain commun , de poissons du lac, ou bien il demandait, l'hospitalité à deiétrangeis. Et de même qu’il avait renoncé au séjour et à la gloire de son Père au ciel, pour venir habiter ce-niondc, péur obéir aux ordres du Père, ainsi il renonça à sa mère, sa sèulc consolation, son seul .plaisir ici-bas. -II se. sépara de celle qui l’avait porté
. BPT DF. LA Vip.
dans son sein il consentit à lui devenir étranger et à appeler froidement du nom de femme celle qui était sa mèrç inufiaculée, JVIario' pleine de beauté , .et de grâce., la plus parfaite créature qui pût sortir de sès mains, la tendre- nourrice de son enfance. Il la repoussa comme Levi , sim type , -qui -se rond il dig'né du ministère sacré eh disant à ses père et mère et à ses parents : «.Je ne vo.us*connais pas. » 11 mit en pratique dans sa personne ce sévère précepte qu’il aVait enseigné à ses disciples : ■ «. Celui qui aime sa mère [dus que moi n’est.pas digne de. moi, »Dans toutes ces CHConstancesde sa vie, il fitabnégatbà. de sa volonté , aüo de mous enseigner que si lui , qui est notre Créateur, est venu dans ce monde, qui est sîeâ>, non pour son propre-plaisir, mais pour faire la volonté flçson Père, nousavons aussi une tâche à aocomplir icibas , et nous devons par conséquent songer sérieusement ilia question de savoir quelle est ccfte tâche.
Otii , c’en est ainsi,, nies frères, pénétrez-vous bien do cette vérité : quiconque respire, les grands ot les petits , -les sayànts et tes ignorants , les jeunes gens et les vieillards/lès hommes et les femmes, ont une tâchto, uùe mission, une oeuvre à accompli} - . Nous ne sommes . pas-«nvoyes en ce inonde .sans, motif ; nous ne sommes pas nés sans caüse ; nous ne sommes pas ici-bas uniquement pour nous coucher te soir,' nous lever, lo matin gagner, notre pain , boire et manger, rire et . plaisanter, .pécher quand bon nous- semble, nous pc-
qicdtir quand nous sommes bis de pécher, élever notre failli lie, et çnjin mourir. Dieu nous voit tous; il crée
StXiëME CONPtRKMCH:
toutes les dînes èt les met dans les corps, une à une, aVec un plan arrêté. 11 a besoin de nous tous ;il daigne ' en avoir besoin. 11 a fine intention particulière à l’é- ' gartf de cjhacun de nous; nous sommes tous égaux à ■ ses veux, et H nous place dans les différentes conditions où noùs nous trouvons, non pas afin que nous les fassions tourner à notre profit, mais pour que nous y travaillions à sa gloire ! ÎVoits avons notre oeuvre à ac- ' eorn'plir comme Jésus-Clirïst avait 'la- sienne , et nous devons nous réjouir dans notre œuvre comme Jésus-» GHrisl se réjouissait Jans la sienne.' ’ j Saint Paul / dans ■ une clbconslancc , compare Te monde à une représentation de théâtre. Comprenc* bien le sens de cette comparaison. Les acteurs qut jouent sur la scène sont. égaux entre eux; mais il»
, prennent des rôles différents \ les uns. solit princes, tes autres valets ; i,ès uns sont gajs/ks autres tristes*. Si 1111 acteur, an lieu de jouer son rôle,* s’avisait de faire parade de son diadème de carton dôré, dé son épée sans laine, ne le tropveraif^on pâs ridicule? S'il éc mettait à admirer son manteau -Ctses/oripCaux, ne- le sifflerai t-ôn-pa s? Que, dirait-on , s’il osait dérober les ohjgts qui- pe aveu! avoir dit prix^ darrs les différentes pièces' où il figure ? Sun devoir n’est-ii [ras dé’ bien jouer son rôle?’ On ne lui demandé rien- de plus, le bon sciis - néfts Je dit".' Lh'bien! nous soinpies tous des aefelu s dans ce monde ; nous sommes tous -égaux-, cap nous serons- rendus égtfux giprts la môjrt ; mais 'quoique égâux’ct sèniblablcs entre nous, chacun a son rôle à jouer, chacun a Va- mission: à remplir, . et cette mission ne
. BCT DE LA VIÈl '
consiste pas à satisfaire nos passions, à amasser des t'eus, a nous pendre célèbres dans 'le monde, à nous livrer à l’indolence, à suivre nos penchants et nos caprices, à faire notre volonté; mais à accomplir celle de Dieu, Songez à l’homme prodigue de l'Évangile , consi- . dérez le mauvais riche. .Croÿe»-yous qu’il comprît qu’il devait dépenser sa fortune, non à sa propre satisfaction , mais pour la gloire de' Dieu? Cependant pour avoir oubfié,cetto vérité, U fui perdu atout jamais. Je vais vous dire quellesétaient ses pensées et quelle était sa manière de voir les choses. 11 était jeune, et, venant d’hériter d’itne fortune assez, considérable, il résolut de s’amuser. L’idée ne se présenta même pas à lui que sa fortune pût avoir une autre destination que celle de satisfaire scs goûts et scs désirs. Lazare était couché à sa porte, et il aurait pu soulager le pauvre Lazare’: telle était la volohté de Dietr; mais il dédaigna les avertissements dé sa conscience ; il se dit qu’il faur drait être fou pourne pas jouir des voluptés du monde 1 quand on le peut. En conséquence, il ne songeait qu’à vivre gaiemçht ci à so livrer aux plaisirs, surtout à celui (Je la table, qu’il mettait au-dessus des autres. « 11 avait tous les jours uuo table somptueuse. » Tout ce qui lur apparléuait était du meilleur goût, comme on dit dans le monde : sa maison, scs meubles, sa vaisselle d’or et d’argent, , ses domestiques, tout était digne d’un tel' maître. Ce qu’il possédait, avait pour but de iîatler sa sçnsualiléict sa vanité loul ensèhible,. d'attirer les yeux du monde Cl d’oicilér l’envie et l’aduûration de, ses, égaux, compagnons de scs déhanches, complices de sa.
136 sixième coxèèrrxce. .
pétition. Ces amis étaient tels qu’il convenait à un jeune homjne de pareilles prétentions ; ils étaient hommes du-.gr'and monde, . l’.élito des- jeûnes gens aux belles manières 1 ayant 'reçu une éducation soignée, fiers, élégants, aimant la bonne chère sans être gloutons; mais mettant dans leur gourmandise un goût délicat, fin, difficile, par suite de leur habitude de 1 la satisfaire. Us ne mangeaient paa.pour le plaisir de manger;- ils ne buvîiient pas pour le plaisir de boire ; mais ils faisaient- de leur sensualité une eepèçe de science. Ils étaient aussi -sensuels, aussi charnels que la chair et le sang peuvent l’élre.; leurs yeux, leurs joreHlcs, leur langue étaient trempés d’impureté ; leurs peusées, leurs regards, leurs sens étaient accoutamés à ne voir que le mal et à lui servir d’instruments. Ils formulaient cependant avec une parfaite netteté de jugement les règles d’après lesquelles Qii doit pécher ; ils étaient sans cœur cl sans charitq, égoïstes, hautains, pointilleux, dédaigneux dans leurs. manières», s’éloignaj)t avec dégoût du, pauvre Lazare couché, devant leur porte, parce qu’ils le regardaient comme un objet' d’horreur, qu’on devait écarter de leurs yeux, dans l’intérêt- de la décence. Le mauvais riche était un de ces hommeS’là. 11 a passé sa coiu'tc existence saus. songer" à autre chose qu’à lui-mçme, sans rien aimer que luimême, jusqu’à ce qu’ûn jour ilefq unç querellé fatale avec un 1 de ses impies camarades, ou jusqu’à ce qu’il fût atteint d’.uiic , maladie dangeiviisc. Alors , il se jeta sur sou lit de -douleur,, maudissant la fortune et les médecins de ce que son mal- ne se calmait pas; lu-