flVlfUiMÇ CONTffBENCE
*' * ’* ( comfosfljtt lQ troupeau du Christ. C’est pour; cela aussi
qu’une foule d’àmcs, qui ont entendu le nom de Jésus-Christ, et qui professent une foi entière en l’Évangile^ ne veulent pas croire qu’elles sont étrangères à l’Église et qu’elles ne jouissent paè de ses privilèges; elles se croient sauvées , parce- qu’elles remplissent tant bien que mal leurs devoirs religieux , ou parce qu’elles se savent bienveillantes et honnêtes. Ce point intéresse aussi les catholiques, comme je vais vous le 'montrer.
Prenez donc toutes- vos précautions, mes frères, pour vous assurer, en ce qui vous concerne, que vous pe confondez pas les. inspirations de la nature avec celles de la grâce, et pour ne pas vous imaginer que vous faites des œuvres de l’ordre surnaturel , digues du ciel , quand , en réalité, vos œuvres sont peut-être païennes , que vous n’nvez pas .obtenu votre pardon , et que vous vivez sous le coup de la sentence éternelle. Oh 1 il est terrible de penser qu’un homme puisse se faire illusion au point de croire, qu’il est sûr de son salut, parce qu’il est catholique, parce qu’il a un certain amour, une certaine crainte de Dieu, tandis qu’il n’est peut-être pas meilleur que bien des pro testants qui, ou n’ont jamais été baptisés, ou ont perdu l’état de grâce dès l’âge de raison. Cette erreur se conçoit; il serait très-heureux qu’elle ne passât pas à l’état de fait. C’est l’opinion des théologiens et de saints personnages que le nombre des catholiques qui séront sauvés, en somme, ne sera pas très-grand. Une multitude de ceux ifui n’ont jamais connu rÉvungîlo.se lèveront
LA NATURE RT.XA GRACE. Hia
au jour du jugement contre les entants dePKgüse, et
.• prouveropt qu’avec moins de secours et de facilités, ils ont fait beaucoup plus qu'eux. Notre-«Seigneur parle de son peuple comme d’un troupeau peu nombreux ; il dit : « Beaucoup sont appelés, peu sont élus. j>
Saint Paul dit, en parlant des Jujfs : « qu’un reste est sauvé selon l’élection de la grâce. » Il parle même de la possibilité de sa réprobation. Quelle pensée chez' un apôtre! C’est pour tant une des pensées qui préoccupent le plus les saints; ils tremblent pour eux-. . ' .
mêmes et pour les autres. On raconte, daus l’histoire de mon cher patron, saint Philippe de Néri, que peu de temps après sa mort , il apparut à un saint reli- • gieux, et le chargea d'un message de consolation pour, scs enfants, les Pères de l’Oratoire. Celte consolation était de leur apprendre que jusqu’à ge jour aucun des , membres de la congrégation n’avait été damné. «Pas un de damné ! » s’écriera-t-on peut-être; « voilà un singulier message 1 S’il slétait agi d’annoncer qu’ayant ' échappé au purgatoire, tous les Pères étaient en paradis, c’aurait été le cas 3e donner cette nouvelle ; mais
- - était-ce la |>eine d’annoncer qu’aucun d’eux n’était eu enfer? 11 eût été étrange qu’ils y fussent ! Il s’àgij d’hommes ayant renoncé au monde pour embrasser l’état ecclésiastique, s’étant consacrés exclusivement à Dieu et à leur prochain, ayant passé leurs jours dans ^
la prière et les bonnes œuvres, qui sont tous morts après avoir reçu les sacroments, et tout ce que- vous • '
avez à nous apprendre à leur égard , c’est qu’aucun d’eux u’a été damné! » Eh bien! oui ,. telle .est la
consolation qnc notre saint Père nous a envoyée, et il a cru devoir nous l’envoyer pour nous faire comprendre que le saint n’est pas nne conquête aussi facile qu’on pourrait se l’imaginer. On ne l’obtient pas seulement par des vœux et des aspirations; et si ce bien précieux était difficile à bbtenir pour des hommes qui faisaient tant de- sacrifices au Seigneur et qui vivaient dans un état de sainteté,' combien rie doit- il pas être plus difficile à acquérir- pour ceux qui ont toujours, de leur propre aveu, aimé le monde plus que Ûîcu , et qui n’ont jamais songé qu’à remplir les devoirs obligatoires et indispensables!
Dites-moi , nies frères , quel est l’état de vos âmes? quelle est la règle de votre conduite? Vous vous conféssez une fois par an ; quatre fois par an, aux jours d’indulgence ; vous communiez le même nombre de fqis ; vous ne manquez pas la roeêsc les jours d’obligation ; vous no vous connaissez aucun grand péché. Voilà tout ée que vous avez à riic dire. Mais quoi ! est-ce que vous ne prenez jamais le nom de Dieu eri vain? Vous ne le prononcez, dites-vous, que lorsque vous êtes en colère. J’en conclus que vous êtes emportés et violents, et que, dans vos aceès de colère, vous employez toutes les expressions que le démon place sur vos lèvres; que vous injuriez, que vous maudissez, et que peut-être même vous battez les personnes contre lesquelles vous vous emportez. Vous dites que cela ne vous arrive- que de temps en temps, quand vous avez un peu trop bu. Mais alors vous êtes adonnés à la boisson. Vous me répondez que vous ne
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buvez jatnais assez pour perdre l’usage de Vptre raison.
Bien. Mais ces défauts out-ils été eu diminuant depuis quelques aimées ? Vous nç pouvez me-répondre aflirinativement ; niais, an pis-aller, dites-vous, ce ne sont pas des péchés mortels. J’aime à croire du mçins qu’il y a longtemps que vous n’en avez commis!. Vous me répondez d’abord par le silence , et enfin vous avouez que vous y avez succombé, et Cela plusieurs fois, Oiy si je poursuivais mes questions, nous verrions s’étendre • ' :
la liste des péchés qui vous séparent de Dieu. Mais ce n’est pas tout; vous ne regardez comme dos péchés que ceux commis par action; vous. ne faites aucune attention aux autres, qui vous sont devenus si habituels que vous ne les apercevez plus, quoiqu’ils exer- ; cent une influence continuelle sur vos pensées, sur vos paroles, sur vos açtes. Vous êtes égojsles et obstinés; ' . vous êtes mondains cl faibles; vous négligez vos enfants ; vqus aimez les amusements frivoles; vous pensez rarement à Dieu, car je ne puis appeler penser à Dieu vos prières rapides du matin et du soir. Vous ai-, mez le monde, et vous passez une partie de votée vip avec lés protestants. Qu’avez-vous à répondre à ces accusations? Quel bien avez-vous fait? Sur quoi fondez-vous vos espérances de vie future ? Que faites-vous . . , - [jour gagner le ciel ? Vous me répondez que vous vous — réconciliez de temps en temps avec Dieu par le sacre- / ment de la pénitence ; que vous êtes obligés de vivre dans le monde ; que vous n’étes pas appelés à l’état religieux; qu’à la vérité vous aimez le monde plus que Dieu, mais que vous aimez Dieu suffisamment pour
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faire volve -salai, et que vous comptez , à l’heùre de la MOrt, stir- la puissante intercession de la très-sainte Vierge. Vous tn’énunlérez ensuite une foule de raisons qui vous font croire que' voufc êtes dans la grâce de Dieu ; vous trouvez que votre etüi est- en mettant les choses au pis, un état de tiédeur. Tiédeur ! mais vous n’avez uni signe de tiédeur. Voulez- vous savoir ce que c’est qu’une personne tiède? C’est celle qui a commencé à rnênër la Vie d’un saint, ét qui se relâche de Cetfe première ferveur; c’est telle "qui continue ses pratiques de piété, mais .qui rfy met plhs la même dévotion ; c’est celle qui fait tant d’elîorts que le seul reproche que noos ayons, à lui adresser; c’est dé n’eu faire pas davantage. Non, mes frères, vous n’âvcz pas le droit de vous dire tiédes. Voulez-vous savoir quelle est l’opinion que je crois pouvoir exprimer sur votre compte ? C’est que probablement vous û’ètcs pas du tout dans la grâce de Dieu'. Tout frië porte à penser qu’il y a longtemps que vous ho vqus êtes pas confessés avec lés dispositions requises, avec une contrition sincère-, avec la ferme résolution dé faire pénitence pour vos péchés. L’état de votre âme est peut-être tel que si vous déviez mourir cette nuit, vous seriez perdus pour toujours. Que faites-vous de plus que d’obéir à la nature? Vous faites certaines bonnes choses, « quelle récompense en recevez- vous? Lespublicains n’en font*- , ils pas autant? Que faites^olis de plus que les autres? I/'s païens n’èn font-ils pas autant?» Votis avez les vertus ou quelques-unes des vertus de la nature humaine; vous êtes tels que la Datnre vous a faits, et
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vous ne vous souciez pas d’être meilleur#. Vous avez peut-être reçu de la naturd un bon coeur, çl, par suite, vous êtes charitables et bienfaisants; vous avez une certaine force de caractère qui vous permet de dompter vos passions et 'de les soumettre à l’empire de la raison ; vous avez une énergie naturelle, et vous travaillez pour nourrir votre famille; vous êtes naturellement doux , et vous ne querellez jamais ; l'intempérance, vous dégoûte, et c’est pourquoi vous vivez sobrement. Vous avez les vertus de vos voisins protestants, mais vous avez aussi leurs vices ; en quoi êtes-vous meilleurs qu’eux? /. <T"
Un autre grief assez grave s’élève contre vous : fc’est. que vous vivez en si bonne intelligence ax'çc les protestants de votre voisinage. Je ne veux pas dire que vous ne deviez vivre en paix avec tout le mond^-et que vous n’ayez à remplir, à l’égard de tous les hommes, les devoirs de la. charité. Vous devez le faire , et, s’ils vous respectent, vous estiment èt vous aiment, c’est à vous qu’en revient l’honneur, c’est vous qui en aurez la récompense ; mais je veux dire plus que cela : car ils n’ont pas pour vous de respect , mais ils vous trouvent à leur goût, parce qu’ils vous croient semblables à eux, parce qu’ils ne voient aucune différence entre eux et vous. C’est pour celte raison qu’ils prennent si souvent votre parti et qu’ils défendent vop' droits politiques. Sans doute, dans un certain sens, nous pouvons, Sans encourir de responsabilité, permettre aux protestants de défendre nos droits civils , ■et c’ést un honueur pour eux. Nous ressemblons aux
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autres habitants de ce pays çn ce que nous sommes hommes-, membres de la même nation , sujets , et sujets satisfaits, du même souverain ; en ce que nous dépendons d’eux et qu’ils dépendent de nous ; en ce que , comme , eus , nous souffrons des torts et des injures que nous recevons, et que pous sommes reconnaissants des bienfaits qu’on nous' accorde. Nous ne devons pas rougir d’une pareille association , et.ceux qui nous traitent ainsi en frères sont généreux à notre çgard, .Mais, nous aurions une raison d’être honteux,' et tious devrions craindre que Dieu ne s’indignât contre nous , si nous achetions l’appui des protestants en lepr donnant une Causse idée de l’Église catholique , .en leur faisant concevoir une fausse idée de ce qqe les catholiques sont obligés d’être , sont obligés de croire cl de faire] n’est-il pas. vrai, mes frères, que bien souvent le monde ne défend vos iptérêts que parce que vous prenez parf a scs péchés?
La nature nç fait qu’un avec la nature ; la grâce ne fait qu’un avec la .grâce. Le monde rend témoignagecontre vous par cela seul qu’il est en rapport de bonne amitié avec vous ; car pour . obtenir l’amitié du monde, vous ayez dû sans doute lui concéder quelque chose de précieux et de sacré. Le inonde vous aime, mais il 'n’aime pas le symbole dont vous faites profession; il établit une distinction entre vous et vos croyances dans le jugement qu’il porte de vous,, et il voudrait bien pouvoir vous en séparer réellement. Le monde dit : te Ces gens-là valent mieux-que leur Eglise ; nous p'avons rien à dire en favem; de lefur culte , mais les