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humaine? Les sentiments religieux de la France se $ont manifestés -encore de manière à repousser le reproche d’incrédulité, quand elle a été frappée par le terrible fléau qui, depuis quelques années, décime les peuples de l'Europe. D’ailleurs, le R. P: Newman dit quelque part, dans ses Conférences, que les protestants, même en Angleterre, sont arrivés à n’avoir plus qu’une idée très-imparfaite de Jésus-Christ, et il en fait remonter la cause <à l'oubli du culte de Maèie. Or, si le culte de Marie tourne à la gloire de son Fils, comment placer au-dessous de l’Angleterre le pays du monde qui, du nord au midi, rend à Marie le -culte le plus populaire dont ou ait jamais été témoin ? Com-7 ment pourrait se pérdre ôq du moins s’affaiblir la notion de -Dieu chez un peuple qui glorifie ainsi Jésus-Christ par sa Mère? '
Mon but, dans ces observations, n’est pas de nier les sentiments religieux dç’ l’Angleterre, sentiments qui lui donnent une supériorité si marquée ^ur les. autres pays protestants, et qui, tout en l’honocant, la tiennent sur la voie qui la conduira tôt ou tard à la vérité qu’elle 4 perdue. Non, tel ne saurait être mon dessein; jç cherche seulement à écarter un reproche que la France ne me paraîtras mériter.
Les craintes du lt. P. Newman ne pouvaient donc pas m’arrêter; j’y ai vu beaucoup moins une ob-
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jection contre la traduction de ses savantes Conférences, qu’un prétexte derrière lequel sa trop grande modestie cherchait à se cacher. Je lui écrivis qu’il n’avait pas une idée trcs-exactc de Tétât des esprits en France, et je lui donnai les raisons qui me faisaient espérer que ses Conférences étaient destinées à produire non moins de bien en France qu’en Angleterre, parce que, chez nous, comme chez nos voisins, la foi a surtout besoin d’être' réveillée, secouée, tirée de l’état latent où elle se trouve dans la plupart des âmes. Sa réponse né tarda pas à m’apprendre que j’avais triomphé de ses hésitations. Les grandes vérités du salut, prêchées avec la Forcé de logique, l’attrait du style, -la variété et la solidité d’érudition théologiquo, qui ^distinguent lès Conférences du P. Newman, ne peuvent manquer, quel que soit lé pays où elles seront lues et méditées, d’émouvoir et 'de; Convertir un grand nombre d’âmes. Des instructions si nourries de doctrine conviennent surtout à la France', où et lès auront, entre autres avantages, celùi d’offrir à quarante mille prêtres un riche arsenal d’armes puissantes pour livrer les saints combats de l’apostolat contre la tiédeur deè croyants et les sophismes de Terreur.
Ce volume me paraît -«voir de nombreux attraits pour nous ; il doit intéresser particulièrement le pays qui, après avoir lu et admiré le
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savant travail do M. Newman sur le Développement de la Doctrine Chrétienne, suit avec émotion les progrès de l’apostolat des nouveaux (Ils de saint Philippe. Cet ouvrage, le premier que le P. Newman ait publié depuis qu’il est prêtre catholique, offre un caractère remarquable qui le distingue des écrits qüe nous avions de lui avant son entrée dans rÉglisc. Ce ne sont plus ces formes do langage qui trahissaient, par leur ambiguïté, les perplexités de son esprit; son style n’est plus le même; il a subi le changement qui s’est opéré dans l’esprit du savant théologien ..La science humaine, quelque variée, quelqué solide qu’elle soit, ne peut dissiper les ombres que la lumière de la vérité a seule la puissance dç faire évanouir. La parole du célèbre oratorien a gagné ctï force tout autant qu'en 11011610; on s’-a perçoit que celui qui C’avait eu jusqu’à ce jour que le soutien de sa propre science en -prêchant les vérités du saint, parle aujourd’hui en s’appuyant Sur l’autorité infaillible de l’ÉgTisc. Quiconque a lu les anciens écrits du brillant professeur de l’Université ri’Oxford, pourra bien apprécier la puissance qUe donne à son langage le Sentiment de l’autorité au nom de laquelle il évangélise sa patrie. Son talent, comme son âme, a subi une merveilleuse transformation; sa parole radieuse’ et poétique nous révèle, dans ce Volume, un nouveau monde d’idées.
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Ces Conférences ont un cachet d’originalité qui permettrait difficilement de les classer sous une désignation particulière. Le philosophe, Je moraliste, je controVersiste , le théologien, les liront avec un égal profit, car elles s’adressent aux uns et aux autres. Le P. Newman, philosophe noa nioius remarquable .'que théologien profond, se distingue surtout par une rare compréhension des dôctriues, une faculté, de s’élever à leur poiut culminant, d’en sonder les profondeurs, d’en saisir tous les rapports dans l’ordre surnaturel et dans l’ordre moral. Cette faculté brille avec non
moins d’éclat .dans le cours de cos Conférences que daps> l ’ Histoire du Développement, où il avait montré celle faculté avec aine puissance que l’on chercherait vainement, Chez les apolégisles contemporains. "
,Ce volume coffre au clergé, français, un modèle dont il manque, et il lui montre que l'on pour- , rail, môme en France, mieux faire que de suivre les rationalistes sur le terrain où ils ont .attiré les défenseurs de l’Eglise. Nos plus éloquents pré- 1 dicateurs se sont laissé entraîner trop loin, en cessant d’être théologiens pour devenir philosophes catholiques. C’est parce que le langage de la théologie a trop souvent été banni de la chaire,qoe les peuples voisins, étonnés d’apprendre que nos premiers orateurs s’efforcent à démontrer