CONVENANCE DES GL01RE8 DE MARIE
ment. C’est là ce qui fait la difficulté que les incrédules ont à croire le moins du monde aux miracles.
Ils trouvent que les miracles intervertissent l’ordre que Dieu a établi et troublent l'harmonie générale du monde; ils ne comprennent point qiie les miracles sont subordonnés à une harmonie encore plus élevée, et constituent une perfection surnaturelle. En tout cas, mes frères , quand un miracle a été opéré , il faut nécessairement que d’autres le suivent pour accomplir ce qui a été commencé. Les miracles se font pour une grande fin; si les choses reprenaient leur cours naturel avant l’achèvement de l’oeuvre commencée mira- • ■' euleusement, ne serions-nous pas cruellement trom- j . pés dans notre attente? Et si l’on nous annonçait que cela doit être, ne t-egarderions-nous pas celte nouvelle comme invraisemblable et difficile à croire? Cette vérité s’applique à l’histoire de la sainte Vierge. Je dis que si, après une vie telle que la sienne , sa mort avait • été semblable à celle des autres hommes, c’aurait été un miracle plus étonnant que celui d’une mort analogue à sa vie. Comment admettre, mes frères, que Dieu ait laissé se décomposer dans un tombeau le corps d’où il daigna tirer sa chair et son sang, et qu’il ait si mal récompensé celle qui fut sa mère? Les enfants des hommes 6e montrent-ils ingrats envers leurs mères? ne les nourrissent-ils pas dans leur vieillesse? ne tàchent-ils pas de prolonger leurs jours autant que possible? Comment admettre que ce corps virginal , qui ne commit jamais de péché, dut subir la mort du pécheur? Comment supposer que celle qui n’eut aucune -
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part dans le péché d’Adam partagea la punition de ce péché? « Tu es poussière, et tu retourneras en poussière. » Telle lut la condamnation du péché ; mais celle qui ne pécha jamais ne fut pas soumise à cet arrêt. Elle mourut sans doute , parce que Notre- Seigneur et Sauveur était moyt; elle mourut comme elle avait souffert, parce qu’elle était de ce monde, parce qu’elle faisait partie d’ijn monde où la souffrance et la mort sont la loi commune. Elle vécut sous l’empire de cette loi ; et comme elle avait obéi à César, en se rendant à Bethléem pour le recensement,, elle obéit, quand il plut à Dieu , aux ordres de la mpit, et son être se décomposa en corps et en àiuc, comme celui de tous les mortels. Mais sc elle mourut de la mort des autres créatures, sa mort ne fut pas semblable à la leur ; car, par les mérites de son Fils , par qui ella-plaitce qu’elle était, par Ja grâce de Jésus-Christ, qui la mil à l’abri du péché, qui la remplit de lumière,. qui purifia sa chair de toute souillure, elle fut exemptée de toutes les maladies du corps et de toutes les infirmités de la vieillesse. Le péché originel, n’existant pas en elle, ne put ^Itérer son corps et le décomposer par l'affaiblissement des sens , par l’épuisement des forces, par l’appauvrissemeuf du sang. Marie mourut, mais sa mort np fut qu’un simple fait et non un effet, et, une fois accompli, ij cessa d’être. Elle mourut afin de vivre à jamais; elle mourut pour la forme., et uniquement afin de payer sa dette à la nature, comme on le dit ; ce fut pour elle une cérémonie comme le baptême ou la confirmation ; elle mourut , non pas pour elle-même
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ou à cause du' pécnç , mais pour se soumettre à sa condition , pour glorifier Dieu , pour faire ce que faisait son Fils ; elle ue mourut pas cependant , comme son Fils, au milieu des souffrances et pour im but particulier ; elle ne mourut pas de la mort des martyrs , car son martyre avait précédé sa (in ; sa mort ne fut pas une expiation , car la créature ne pouvait en donner ; l’expiation avait été offerte par celui qui pouvait l’offrir, et il l’avait offerte pour tops lesiiommes; elle mourut donc pour achever sa carrière et pour recevoir sa couronne. , - • ,
C’est pour cela que Marie ne mourut pas en public. 11 convenait à celui -qui mourut pour le monde entier de rendre le dernier soupir exposé aux yeux de tous ; ib convenait à la grande victime d’être élevée bien haut comme une lumière qui ne pouvait être cachée. Mais le Lis d’Eden , qui avait vécu loin des regards de la foule , devait expirer dans l’ombre des bocages , parmi ces doutes fleurs qni avaient été témoins de sa naissances Son départ ne fit point de bruit dans le monde. L’Église remplissait ses devoirs ordinaires ; elle prêchait, convertissait et souffrait; les; fidèles étaient persécutés ; ils fuyaient d’un lieu à l’autre ; il y avait des martyrs ; la foi remportait des victoires; et enfin , le bruit se répandit dans la chrétienté que Marie était morte. Des pèlerins allèrent de divers côtés cherchant ses reliques; mais ils ne les trouvèrent point. Etaitelle morte à Éphèse? Était-elle morte à Jérusalem? Des rapporte différente circulaient à ce sujet ; mais on ne put découvrir son tombeau ; et si on letrouva, il était
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Ouvert et contenait des lis qui avaient cru aux endroits que son corps pur et parfumé avait touchés. Les voyageurs retournèrent chez eux étonnés , et attendirent des éclaircissements. La tradition , portée sur les ailes du vent d’Orient , ne tarda pas à leur apprendre que, lorsque le moment de la dissolution fut proche , et que l’âme de Marie fut près de passer triomphante devant le tribunal de son Fils , les Apôtres s’assemblèrent tout à coup dans le même lieu , dans la cité sainte , pour prendre part à là joyeuse cérémonie ; ils ensevelirent, la Vierge avec les solennités d’usage ; mais le troisième, jour, comme-ils vinrent au tombeau, Ils le Irouvèrent vide et ils entendirent les'chœura des aBges qui chantaicnt nuit et jour les louanges de leur -reine ressuscitée. Quel que soit notre sentiment sur les détails de eette histoire, qui ne présente d’ailleurs rien que-la piété ait de la difficulté à admettre , il est hors de doute, par suite de l’assentiment du monde catholique tout entier et des révélations faites aux âmes saintes , que la Vierge est, comme il convenait qu’elle fût , en corps et en âme avec son Fils et son Dieu dans le ciel , et que nous devons célébrer, non-séulement sa mort, mais son Assomption. / • . ?■<
Or, mes frèrés , voyons ce que nous devrions être sL Marie fut telle que je viens de vous la montrer. S’il était convenable que la Mère d’Emmanuel fût la première des créatures en sainteté et en beauté ; s’il convenait qu’elle fût exempte de tout péché dès le premier moment de son existence, et qu’elle commençât, dès qu’elle reçut sa première grâce, à en mériter
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davantage ; sb sa fin fut telle qu’avait été sou commencement, si sa conception fut immaculée et sa mort une assomption , si elle inourHt, mais si. elle ressuscita et fut enlevée au ciel , n’est-il pas convenable que les enfants d’une telle mère imitent, dans la .mesure de leurs forces, sa dévotion, sa douceur, sa simplicité , sa modestie et sa bonté? Ses gloires ne lui ont pas été données seulement pour son fils , mais aussi pour nous. Imitons la foi de celle qui accueillit le message de Dieu sans témoigner le moindre doute; imitons la patience de celle qui vit la surprise de saint Joseph sans dire mot; imitons l’obéissance de celle qui, se rendit à Bethléem en hiver, et qui enfanta Notre-Seigneur dans une étable; imitons l’esprit mé- ' ditatif de celle qui examina- en son cœur ce qu’elle voyait et ce qu’elle entendait dire de Jésus-Christ; imitons le courage de celle dont le cœur fut transpercé par le glaive ; imitons l’abnégation de celle qui renonça à son -fils pehdant son ministère, et qui consentit à sa mort.
Imitons, par-desSus tout, la pureté de cette vierge qui , plutôt que de renoncer à sa virginité, aima mieux renoncer à la maternité divine. O ihes chers frères, jeunes hommes et jeunes femmes , que vous avez besoin de l’intercession de la Vierge-Mère, de son secours et de ses exemples sous ce rapport ! Si vous vivez dans le monde , qui est-ce qui vous fera avancer dans la voie étroite, si ee n’est la pensée et Je patronage de Marie? Qui calmera vos sens, qui tranquillisera votre cœur, quand des objets dangereux vous
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environnent, si ce n’est Marie? Quand vous êtes las de vos longues luttes avec le mal , de la nécessité incessante des précautions à prendre contre lui, de l’ennui de les observer, de la monotonie de leur répétition , des efforts que vous faites sur vous-mêmes, de votre situation morale si triste et si dure, où puiserez-vous la patience et le courage, si ce n’est dans une communion avec Marie? Elle vous consolera dans vos découragements ; elle vous soulager» dans vos fatigues ; elle vous relèvera après vos chutes ; elle vous récompensera de vos Succès ; elle vous montrera son fils , votre Dieu- et votre tout. Quand votre esprit s’affaisse ou s’irrite, quand il perd son équilibre, quand il est inquiet et bizarre, quand il est las dé ce qu’il possède et qu’il soupire après ce qu’il n’a pas; quand le mal attire voS regards et que votre corps mortel est ébranlé par les efforts du tentateur, qu’est-ce qui peut vous rendre la paix et la sauté , si ce n’est le souffle rafraîchissant de l’immaculée ét le parfum de la rose de Saron? C’est une des gloires de la' religion catholique de rendre les jeunes cœurs chastes ; or , 'd’où vient cela , si ce n’est de ce qu’elle nous donne Jésus pour nourriture et Marie pour mère nourrice ? Accomplissez ce miracle en vous-mêmes ; prouvez au monde que la loi que vous suivez n’est pas fausse ; vengez la gloire de votre mère Marie, que le monde blasphème; vengez-la par la simplicité de votre conduite , par la sainteté de vos paroles et de vos actes; adressez-vous à elle pour obtenir l’innocence qui ravit le cœur du roi. Marie est un talisman merveilleux