APOSTOLAT DANS LE MONDE
bt dans l'église
La moisson blanchit, elle est abondante : les ouvriers sont peu nombreux.
{Paroles de It.-S.)
esdames , il y a de grands devoirs que tous impose le christianisme; vous ne pouvez tous y soustraire, parce que noblesse oblige . Vous avez été glorifiées par la foi chrétienne , tous devez payer votre dette de reconnaissance. Laissez-moi appuyer ma parole sur l'enseignement d'un pieux et éloquent évoque qui parle de votre réhabilitation et de vos devoirs (1).
(1) Mgr. Gerbet, évêque de Perpignan» /
Cette réhabilitation , que des liens étroits rattachent, comme nous l'avons vu, au culte de la Vierge, fut menacée, dans les premiers siècles du christianisme , par ces sectes qui disputèrent à Marie son titre de Mère de Dieu.
Un concile universel s'assembla pour le lui conserver ; si la question agitée alors tenait , sous le rapport le plus fondamental , au mystère de l'Incarnation du Verbe , elle tenait aussi , sous un rapport subordonné ; au miracle social de la condition des femmes chrétiennes. Le caractère divin dont le christianisme a marqué leur front se fût obscurci le jour où le nom de la Mère de Dieu eût été effacé du symbole ; V Etoile du matin n'aurait pu s'éclipser sans projeter à jamais une ombre fatale sur leur destinée.
Leur sort courut de grands dangers dans le moyen-âge, à l'époque des croisades. L'Europe armée, qui partait pour l'Asie f allait y assister au spectacle des mœurs musulmanes et de la religion des sens.
Il était à craindre qu'elle ne fût vaincue par elles, même au sein de ses victoires. Elle pouvait en rapporter d'étranges idées et des tentations inconnues et menaçantes. Ce fut précisément à cette époque que la dévotion à la Vierge se ranima avec une nouvelle ferveur, et il y eut en cela un fait clairement providentiel.
Le grand homme de ce siècle , celui dont la voix tonnante précipitait les populations vers la Syrie, trouva des accents d'une inexprimable douceur pour célébrer Marie, et des milliers d'âmes répondirent à la parole persuasive,on pourrait dire aux chants mystiques de saint Bernard, comme si une lumière supérieure lui eût révélé qu'au moment où la chrétienté cessait de se trouver exposée à la fascination du vieux serpent oriental , il fallait en toute hâte réveiller l'enthousiasme pour la Vierge divine qui l'a terrassé, et opposer à l'impure séductioû la chaste magie de son culte.
Dans quelque position que la place la Providence la femme chrétienne voit s'ouvrir devant elle une carrière de bien et de dévouement. Son humble action, par cela même qu'elle est humble , est revêtue d'une puissance toute divine, car Dieu se sert de ce qui n'est pas pour confondre ce qui est. Il se plaît à choisir les moyens les plus faibles en apparence pour réaliser les plus grands desseins, afin sans doute d'humilier l'orgueil de l'homme, et de forcer la raison superbe de cet être d'un jour à s'incliner devant les voies impénétrables de sa puissance et de sa sagesse.
Combien souvent Dieu ne nous a-t-il pas fait admirer la puissance du ministère de la femme , depuis le jour où la plus belle et la meilleure des Vierges devint mère pour donner au monde le Sauveur Jésus ? Combien souvent, de nos jours encore, ne se plaît-il pas à montrer aux regards surpris des enfants du siècle les spectacles émouvants de jeunes . ierges quittant avec joie un monde qui leur
sourit , pour aller chercher dans le silence des cloîtres les charmes ineffables de la prière et les saintes aspirations de la charité ! La mission des femmes, dit avec raison un philosophe chrétien de la France , a toujours été haute dans la prédication du christianisme.
Au commencement de toutes les grandes époques religieuses , on vit planer une forme religieuse, céleste, sous la figure d'une sainte. Quand le christianisme sortit des catacombes, la mère de Constantin, Hélène , donna à l'ancien monde romain la croix retrouvée , que Clotilde érigea bientôt sur le berceau français du monde moderne. L'Eglise doit, en grande partie, les plus beaux travaux de saint Jérôme à l'hospitalité que lui offrit sainte Paula, dans sa paisible retraite de Palestine , où elle institua une académie chrétienne de dames romaines. Monique enfanta par ses prières le véritable Augustin. Dans le moyen-âge, sainte Hildegarde, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse, conservèrent bien mieux que la plu-
part des docteurs de leur temps la tradition d'une philosophie mystique, si bonne au cœur et si vivifiante , que, dans notre siècle , plus d'une âme desséchée par le doute vient se retremper à cette source et essaie de rentrer dans la vérité par l'amour.
La mission des femmes est moins, en gênérai, d'expliquer la vérité que de la faire sentir. Marie ne révéla pas le Verbe divin , mais elle l'enfanta par la vertu de l'Esprit saint. Ici on retrouve encore un type du ministère de la femme et du ministère de l'homme , dans la prédication de la vérité, qui n'est que son annonciation perpétuée. Pour que la vérité s'empare de nous , il faut d'abord qu'elle soit révélée à notre intelligence : c'est la fonction particulière de l'homme, parce que la faculté rationnelle prédomine en lui. Et comme la raison qui éclaire tout homme venant en ce monde est ce qui dépend le moins des diversités intimes qui constituent chaque individualité , comme elle est le lien radical,
commun, patent , de la société humaine , le ministère de l'homme , dans l'enseignement de la vérité, est un ministère public qui s'adresse aux masses : à lui la chaire , la prédication dans l'Eglise , la magistrature de la doctrine. Dans la femme prédomine la puissance affective ou le sentiment. Saint Paul semble le reconnaître lorsque, recommandant à deux reprises aux hommes d'aimer leurs femmes comme le Christ a aimé son Eglise , il croit inutile de faire aux femmes un précepte analogue et se borne à leur prescrire la soumission à leurs maris.
Cette prédominance du sentiment défer-
mine la mission propre de la femme. Elle a pour but de faire passer la vérité dans le cœur, de la convertir en amour. Mais le sentiment ne s'enseigne pas, il s'insinue. L'amour, dans l'homme, comme dans Dieu même , ne naît point par la voie de révélation, il procède par voie d'inspiration, et cette inspiration dépend de ce qu'il y a de plus intime dans l'âme à
qui l'on veut faire aimer la vérité ; elle dépend de ces nuances infiniment délicates , de ces mille circonstances presque imperceptibles , de cet invisible réseau d'émotions , de souvenirs, de rêves , d'espérances qui distinguent tout cœur de tout cœur. Voilà pourquoi la mission inspiratrice dévolue à la femme est une mission privée. Elle s'accomplit parti* culièrement dans le sanctuaire de la société domestique , dans les confidences, dans l'effusion des âmes que provoquent l'intimité de la famille et cette autre parenté qu'on appelle l'amitié, et l'infortune, qui cherche des consolations secrètes comme ses plaintes.
La prédication de la femme ne se propose point d'ébranler la nature humaine , mais de saisir chaque individualité dans le vif. Elle est moins retentissante sans doute, mais elle est plus pénétrante. La grande voix qui annonce la vérité à travers les siècles, se compose de deux voix : à celle de l'homme appartiennent les tons éclatants et majeurs ; celle
de la femme s'exhale en tons mineurs, voilés, onctueux, dont le silence ne laisserait à l'autre que la rudesse de la force. De leur union résulte la majestueuse et suave harmonie.
De nos jours il a été prononcé à l'oreille des femmes quelques-uns de ces mots qu'Eve entendit lorsque Satan lui jura qu'elle était la femme libre. On leur a dit que la science du bien et du mal allait enfin leur être révélée, que l'imitation des brutes renfermait pour elles le secret de se transformer en dieux. On leur a promis, dans un Eden futur , une apothéose infernale.
Ces coupables extravagances n'ont pas exercé une grande puissance de séduction.
Les femmes ont compris les premières où les conduiraient les fausses théories. Elles ont compris, avec cette intelligence du cœur qui devance les procédés moins rapides du raisonnement , que tout progrès réel n'est possible que dans la route tracée par le christianisme, que leur avenir , s'il s'égarait loin
de cette route, ne serait qu'une marche rétrograde , non pas seulement vers les mœurs païennes , mais vers quelque chose de pis ; qu'il n'y a pour elles que déception , servitude , chute , hors des mystères à la fois sévères et doux qui leur donnent Marie pour Mère.
Que les femmes ne se plaignent point de leur part. Si elles ne sont pas chargées de diriger les hommes , elles sont chargées de former l'homme , comme l'a remarqué le Platon chrétien : « L'homme moral est peutêtre formé à dix ans ; s'il ne Ta pas été sur les genoux de sa mère, ce sera toujours un grand malheur. Rien ne peut remplacer cette éducation ; si la mère surtout s'est fait un devoir d'imprimer profondément sur le front de son enfant le sceau divin , on peut être à peu près sûr que la main du vice ne l'effacera jamais. »
Vous l'entendez, votre mission est grande !
Comprenez donc cet apostolat que vous de-
vez exercer dans le monde et dans l'Eglise, et soyez dignes d'avoir cette épitaphe sur votre tombeau : Elle a passé en faisant le bien !
Etre appelées à cet insigne honneur d'être les auxiliaires de Dieu, il y a là pour vous je ne sais quoi qui doit exciter votre enthousiasme. Etre l'auxiliaire de Dieu ! comme si Dieu avait besoin d'aide ici-bas ! Cependant Dieu se sert d'auxiliaires et de coopérafceurs ; personne n'existe sans une raison de son existence ; ainsi, un grain de sable sert de frontière à l'océan, un insecte tient à une famille, tout s'en va accomplir le plan divin. Eh bien! si toute créature a une mission , serez-vous sans destinée ? Ah ! je le sais, vous avez des moments de découragement ; vous vous dites quelquefois : J'ai rempli ma tâche.
Une des grandes souffrances de la vie après le remords , c'est de se dire : Personne n'a besoin de moi. Ce sentiment de l'inutilité est
une grande souffrance ; mais c'est une illu-
sion. Dieu nous a faits pour être utiles,
sachez-le ; femmes, dans le monde vous avez un apostolat. Le inonde est partout : ce sont les idées opposées à l'Evangile , c'est le besoin de s'enrichir , c'est le luxe croissant toujours ; eh bien ! dans le monde vous avez une triple mission : mission d'exemple , mission de parole» mission de dévouement.
Tous devez vous poser en exemple dans votre situation ; nous voyons autour de nous une glorification du luxe insolent: des femmes se plaisent à s'entourer de ce luxe, et souvent on rencontre dans le monde des femmes dont on ne sait pas distinguer l'origine. Dans votre ville» vous saurez être un exemple de la plus haute fortune ; vous saurez montrer que vous portez un cœur plus haut que vos chiffons , parce que ce qui pare , ce n'est pas le vêtement, mais Jésus-Christ.
Ainsi, premier apostolat par l'exemple, par cette attitude pleine d'une grâce et d'une modestie chrétiennes , par une conscience pure qui se montre par une piété aimable et douce» et vous serez une Ame puissante.
Le second apostolat c'est celui de la parole. Tai peu parlé de ce qui joue un grand rôle dans la vie des femmes : la conversation ; et cependant combien il y aurait à prêcher sur ce sujet t car Jésus-Christ nous a dit que nous rendrions compte d'une parole inutile. Vos conversations sont une puissance : il faudrait vous en servir pour le bien ; mais remarquez* le, je ne veux pas que vous posiez en prédicateur : votre parole doit être celle de la modestie, de la foi, de la charité qui se révèle.
Aujourd'hui les hommes du monde sont souvent impitoyables ; la littérature est devenue païenne dans ses idées, et les esprits subissent son influence désastreuse. Pendant ces jours de notre retraite, pendant les courts quarts cFheure que votre piété m'a laissés, j'ai voulu y jeter un coup d'œil.
Savez-vous comment vous regarde cette littérature qui vous adule , qui vous appelle des anges, qui vous entoure d'encens T J'ai cherché dans un livre d'un des auteurs qui
flattent le plus ce qu'il appelle la question de la femme ; savez-vous ce qu'il disait î Je vous en demande pardon, Mesdames, j'en demande pardon à Jésus-Christ et à ses anges qui m'entendent, mais il faut cependant que vous connaissiez cette définition : C'est un être qui s'habille , babille et se dishabille. Tout est là ; par conséquent ces hommes n'ont vu dans la femme que je ne sais quelle poupée qui se pare, et dans sa conversation je ne sais quel ramage d'un oiseau.
Renversez ces lâches et ignobles accusations, et, pour cela, que dans vos conversations la vérité et la charité brillent toujours.
Dans le monde , on accuse toutes choses ; sous une forme et un vernis brillants , il se glisse bien des erreurs. On attaque l'Eglise ; c'est ainsi que vous entendez dire : La confession est une bonne chose, mais il y a bien des abus, et aussitôt une femme , au lieu de la défendre, étale les abus qu'elle connaît ou que souvent elle ne connaît pas.
On parle des grandes questions qui agitent le monde, du pouvoir temporel du Pape qui attaque la base de la civilisation , où tout est en jeu : la vie des âmes et la vie des peuples. On dira : Le Pape est un honnête homme , mais il est bien entêté, et puis il a près de lin des hommes qui n'entendent rien aux questions actuelles. Et la femme ajoute : C'est vrai. Et le matin elle est allée à l'église , elle a peut-être reçu Jésus-Christ , et le soir elle n'a pas craint de ramasser une éclaboussure et de la jeter à la face du représentant de son Père. Ou bien on attaquera le sacerdoce , et , par faiblesse , la pauvre femme trahira ses convictions. Si elle savait dire avec grâce une parole de vérité , que de force n'aurait-elle pas !
Si vous saviez combien d'hommes sont ramenés par des femmes. Un homme du monde me racontait qu'il était revenu à la religion grâce à une parole qu'il avait entendue* Un jour il parlait de la religion et en plaisantait aimablement ; une femme se mit à sourire :
Mais, Monsieur, lui dit-ette, vous parlez de ce que vous ne connaissez point, je ne vous f ôfc jamais à l'église. Et doucement elle lui montra son erreur. Cette âme reçut la vérité , et lui-même disait : Le grain de blé a dort»} pendant quinze ans , mais il a mûri, et f OW venez le cueillir.
Vous voyez la puissance d'une'par oie ; a^èz donc toujours celle de la vérité et ensuite celle de la charité. Vous le savez , le monde est cruel , les calomnies sont faciles, et les médisances plus faciles encore. Ces paroles laissent des traces dans les âmes, et que de femmes les jettent avec une légèreté incomparable! 1ë vous ai raconté cette histoire d'une jetiùef femme à qui la calomonie avait ouvert le chemin du déshonneur.
Vos paroles sont une puissance : qu'elle* répandent le bien ; nous , apôtres , notiâ ttë pouvons pas toujours porter la parole de Iâ vérité, il faut que l'Evangile prenne la tonne sensible d'une femme chrétienne , et comiae
le* hommes sentent en vous un prestige in* comparable qui n'appartient qtCk tous, tous pouvez faire beaucoup de bien. Car, remarquez-le, il suffit d'une femme pour fonder ta piété ; votre grande et illustre nation catholique n'est-elle pas l'œure de Clotilde et de Geneviève, qui se sont rencontrées pour fonder le christianisme ?
Avec l'apostolat de l'exemple, de la parole, vous aurez l'apostolat du dévouement. Vous devez être dévouées ; mais le dévouement a ses périls : vous rencontrerez des âmes perdues , gardez-vous d'être des anges gardiens trop faciles. Soyez des dévouements dans la générosité, et vous en prendrez la source dans l'Eglise de Dieu.
Je vous ai peu parlé de la sainte épouse de Jésus-Christ, et pourtant mon cœur en était plein. Ce miracle fondé dans ce monde, cette grande intelligence , ce grand amour où nous trouvons le pardon de la conscience et les joies de l'Eucharistie , ah ! je voudrais vous
le faire comprendre et vous la faire aimer.
Le premier apostolat que vous devez avoir dans l'Eglise , c'est de remercier Dieu de ce qu'il vous y a fait naître. Si vous aviez vu les luttes et les angoisses d'une âme qui vit dans l'erreur, vous comprendriez le bonheur de la vérité. Pour moi , que de fois je tombe à genoux, remerciant Dieu d'être catholique!
Naguère , un homme qui n'a pas notre foi me répétait ce que disait déjà M me de Staël : Je donnerais tout au monde pour m' 'approcher du confessionnal catholique !.. Qui de nous, dans les incertitudes du pardon divin, n'a jeti un regard d'envie sur cette autorité qui peut ht dire : Va en paix, tes péchés te sont pardonnes /. . , Oui, c'est là le trésor. Eh bien ! votre premier devoir , votre premier apostolat , c'est de le comprendre, c'est d'aimer l'Eglise. Saint Bernard disait que la dévotion à Marie est un signe de prédestination. J'ose transformer sa parole: L'amour de la sainte Eglise est un signe de prédestination. Il faut l'aimer et,
après l'avoir aimée, la protéger , la défendre, la servir par vos œuvres.
Oui, la servir. Est-ce que le prêtre est suffisant ? Il est occupé par son ministère ; il ne peut pas aller à la poursuite de tant d'âmes égarées ; vous pouvez le faire. Ah! ce que j'ai à vous recommander, c'est de prendre la force dans de bonnes lectures, c'est de cultiver votre intelligence et d'exercer votre dévouement par les œuvres de charité. Et que d'œuvres vous avez dans votre ville de Lyon ! œuvre de la Propagation de la foi pour venir en aide au sacerdoce ; œuvre du refuge pour aller chercher les âmes perdues, et je pourrais à peine les nommer ; œuvres anciennes , œuvres nouvelles, œuvre du Purgatoire, la visite des pauvres, des malades, que vpus devez organiser à l'exemple de la société de Saint- Vincent-de-Paul; œuvres pour l'esprit et le cœur, pour le corps et pour les âmes. Vous devez toutes avoir votre dévouement , si vous ne voulez pas être inutiles dans le monde.
Laissez-moi vous citer un fait qui a rapport à la mort d'une jeune femme. Au sortir de son pensionnat , elle fut mariée à un homme qui ne sut point la diriger et qui la laissa à son isolement. Elle avait passé sa vie dans la frivolité , à faire des riens ou à ne rien faire, et la mort arriva. Sur son lit de mort , elle jette un regard sur son passé et elle tombe dans un silence effrayant. Personne ne pouvait la comprendre ; sa mère et son mari l'entouraient de tendresse. On lui disait : Qu'a* vez-vous ? Et elle restait sans paroles. A la fin» on fait venir une sœur de charité, qui lui dit; Mais, Madame , en grâce dites-nous ce que vous avez. Tout d'un coup elle lève sa paupière humide, elle la regarde , elle tend ses bras, elle ouvre ses mains : Ma sœur, regardez ce que j'ai , je vais mourir et j'ai les main* vides. La sœur eut une sublime inspiration:
elle prit son chapelet, mit le crucifix dans les mains de la mourante , en lui disant : Vous avez Jésus-Christ dans vos mains 1
Mesdames , je terminerai par un autre fait.
C'était un de mes jeunes amis : il était fervent chrétien, et j'espérais qu'un jour je le verrais travailler près de moi. Ce jeune homme brillant avait tout ce que le monde ambitionne :
une grande fortune et un grand nom ; il passait sa vie dans la pratique de la charité. Il était de la société de Saint- Vincent de Paul, Un jour il alla visiter une famille abandonnée» il prit une maladie contagieuse , et à vingtquatre ans, se voyant près de mourir , il jeta un regard, dédaigneux sur tout ce qu'il laissait , et il s'écria : Que je suis heureux de mourir dans la pratique de la charité!...
Eh bien ! quelle est celle de ces deux vies que vous ambitionnez ? Ah I vous serez des vies utiles ; vous saurez gouverner et utiliser votre vie ; vous consolerez Jésus-Christ en le priant et en l'aimant pour ceux qui ne l'aiment pas. Si jamais il y a eu dans l'histoire une heure où toutes les activités ont été appelées sur le champ de bataille , c'est l'heure
présente, sachez-le bien. Ce n'est pas à quelques hommes choisis et rares qu'a été dite cette parole : Allez et enseignez.
L'apostolat catholique est-il une particularité ou une universalité ? Non, tout ce qui se fait dans l'Eglise, l'Eglise tout entière en est solidaire; il y a communion entre tout et tous, entre tous les membres de la famille du Christ. Saint Paul, s'adressant aux premiers fidèles, leur disait : Vous autres, vous êtes la nation sainte, la race élue du peuple acquis à Dieu, afin que vous annonciez l'efficacité de Celui qui vous a tirés des ténèbres à son admirable lumière. En sorte qu'héritiers de la lumière par nos ancêtres , nous en sommes les dispensateurs à nos contemporains. Vous rayonnez dans tout ce que vous êtes; par conséquent, là vous avez le rayonnement naturel dans toutes vos facultés, dans toutes vos puissances ; combien plus devez- vous l'avoir dans l'ordre surnaturel qui est un ordre de charité et de dévouement! Quel est celui
d'entre vous qui ne communique pas la vérité qu'il possède ? Quel est le chrétien qui jamais ne se soit ému en songeant aux incrédulités qui l'entourent? Quel est l'homme qui, à son dernier soupir , ne veuille laisser dans une dernière parole une inspiration de sa foi et de sa vertu? Le prosélytisme est l'instinct de la nature, à plus forte raison la vérité qui vient de Dieu par Jésus-Christ.
La joie d'appartenir à l'Eglise ne doit pas nous faire rester endormis dans ce navire qui nous conduit à l'Eternité. Il ne faut pas croire que Dieu nous demande de rester dans les cadres extérieurs de l'Eglise et de garder avec elle une attitude de passiveté pieuse, de nous laisser sauver par elle sans mêler notre action à la sienne et de la regarder comme une mère qui est chargée de nous porter dans ses bras jusqu'au ciel.
On se plaît à charger l'Eglise d'honneur pour se décharger sur elle de ses devoirs.
On la considère comme le vaisseau destiné
Va
à nous conduire au port ; l'équipage est tenu de s'occuper de la manœuvre ; c'est l'affaire des officiers et des matelots ; les simples passagers n'ont pas à s'en inquiéter; ils savent qu'oisifs ou non, leur voyage s'effectuera toujours, et on les verra , suivant l'expression du poète : « Dans un golfe du ciel aborder endormis. » Oh! non, il n'en est pas ainsi. Tout catholique est un fils qui doit défendre sa Mère; tout chrétien est un soldat qui doit protéger le sanctuaire religieux. Jamais les Saints n'ont accepté cette molle insouciance et cette lâche paresse de l'âme. Ne vous faites pas illusion : l'Eglise a besoin de toutes ses forces dans le grand combat qu'elle livre au monde, et plus que jamais elle ne demande pas des esclaves , mais des martyrs. Ne vous imaginez pas, malgré les apparences , qu'elle soit établie définitivement. Elle est ici-bas eomme une étrangère , selon l'expression de Bossuet, toujours campée en pays ennemi.
Ce n'est pas une armée organisée sur le pied
de paix. Le jour du péril et du combat s'est levé depuis 19 siècles , et jamais il n*a cessé pour Elle , et c'est pourquoi Elle convoque incessamment tous les fidèles à lui former de leur foi et de leur dévouement un rempart pour ses frontières toujours menacées. Pour reprendre une image déjà employée , l'Eglise est un navire, mais un navire perpétuellement secoué par la tempête: tous ceux qui l'habitent doivent mettre la main à la manœuvre et l'on ne saurait distinguer entre les passagers et les matelots. Ses biens spirituels ne se conservent qu'en se communiquant. On dirait un courant d'eau qui doit être entretenu par une circulation incessante, qui se perd en s'immobilisant. Saint Paul le disait: Croissons en toutes choses, en ce qui est la charité, dans celui qui est le chef, savoir Jésus-Christ , duquel tout le corps tire son accroissement, toute la force qu'il distribue à chaque membre. C'est une grande et solide pensée que la sanctification chrétienne. Aucune
de nos actions ne se termine à nous ; nous sommes les anneaux d'une vaste chaîne , et nous transmettons à toute la chaîne, soit en mal, soit en bien, l'électricité morale qui nous a ébranlés. Nous faisons souffrir l'Eglise par nos infidélités comme nous la faisons grandir par nos progrès; nous la compromettons par le déclin de notre piété, nous l'appauvrissons par l'indigence de nos vertus généreuses.
Ayez donc l'âme plus catholique ; vivez de sa vie ; associez- vous à ses fêtes, à sa litur* gie ; ne restez pas étrangères à ses joies et à ses douleurs.
Apportez-lui le triple service de l'intelli* gence par un développement de votre instruction religieuse, par des lectures élevées, par une foi ardente de dévouement, par le don de vous-mêmes à ses œuvres ; du sang, par le don de vos fils dans les fécoi^des et généreuse» milices du sacerdoce catholique.
Que de fois nous sommes tristes en voyant les familles élevées par l'éclat du souvenir et
de la fortune laisser leurs fils se perdre ou se déshonorer dans une molle insouciance ou une périlleuse oisiveté , et abandonner aux fils de leurs fermiers l'honneur du dévouement sacerdotal, l'honneur de bénir les âmes, de les consoler et de les régénérer !
;9h ! Mesdames, je vous en conjure, l'heure présente est aux grandes luttes d'idées ; les intelligences se heurtent, les âmes de foi et les incrédules sont en présence , la douleur meurtrit les cœurs , le vide se fait dans les consciences. *
Ne demeurez pas oisives ; la moisson blanchit , les travailleurs sont peu nombreux :
bissez de côté vos inquiétudes personnelles et vos mesquines sollicitudes ; sortez de vousmêmes, et venez prendre votre place dans les
glorieux et doux combats de la vérité et de la
charité !
Soyez donc toujours et partout des convictions qui se montrent et des cœurs qui se dévouent.
COMMUNION
COMMUNION
* L'Esprit et l'Epoux disent : Venei.
I (APOCALTPSB, XXII, 47.)
ici donc l'heure consolante que Dieu ffc vous a préparée après les jours laborieux de la retraite.
Vous avez compris, aux clartés de la foi, aux lumières de l'expérience, à votre témoignage intime , l'intelligence et le gouvernement de la vie; mais nos chétives paroles S3raient sans force et sans fruit, si nous ne vous montrions pas la vraie source , le vrai foyer de la vie. Le Maître n'a-t-il pas dit :
- 2G2 — Celui qui mange ma chair et boit mon sang vivra éternellement ? Saint Paul n'a-t-il pas proclamé pour tous cette grande loi de la vie : Vivre, pour moi, c'est Jésus-Christ; Mihi vivere, Christus
est?
Jésus-Christ , la lumière , la paix , la joie, l'espoir du monde , le rédempteur des hommes , le trésor des anges , le soleil de l'éternité, Jésus-Christ veut venir à vous dans l'intimité la plus complète , dans la donation mystérieuse de son corps, de son sang, de son humanité, de sa divinité ! L'Eucharistie c'est l'extension de l'incarnation, c'est l'incarnation se communiquant individuellement ; dans le premier mystère, le Seigneur se livre à l'humanité ; dans le second, il se livre à chaque homme : l'amour de Dieu n'a dû s'arrêter qu'aux dernières limites...
Sans l'Eucharistie, que la terre serait vide, que le temple serait désert, que l'âme serait froide, que le cœur serait isolé !
Dieu ! sur ce sol où je pleure et je soufre,
dans cette vallée de larmes où je gémis, agenouillé, brisé; dans ce jardin des Olives où je bois le calice troublé et amer de ma vie, je ne puis rester seul , seul avec l'humanité qui s'endort insouciante , indifférente aux bruits de mes souffrances; j'ai besoin de vous!
Restez, Seigneur, restez avec moi, parce qu'il se fait tard dans mon esprit , et que le jour décline dans ma conscience !...
Si le Sauveur n'était pas dans cet adorable sacrement , où serait-il ? Il serait dans son Evangile; mais c'est trop loin... Ce passé ne vous suffirait pas , et regardant ce sépulcre vide , vous vous écrieriez comme Madeleine :
Où l'ont-ils mis? où l'ont-ils mis ?... Il serait dans les cieux ; mais votre regard en haut ne serait qu'une espérance ; vous ne pouvez pas vivre seulement de souvenir et d'espérance.
C'est pourquoi il a inventé ce miracle d'amour: l'Eucharistie. Lorsqu'il se donne à vous dans ce sacrement , vous le possédez comme Siméon quand il le tenait petit enfant dans ses
bras, comme Madeleine quand ses lèvres étaient sur ses pieds; comme saint Jean quand il mit la tête sur son cœur. Lui-même est là ; il tous a poursuivies dans cette course infatigable de l'Incarnation au Calvaire , du Calvaire au Tabernacle , du Tabernacle dans la main du prêtre , de la main du prêtre dans votre cœur ; il vous avait poursuivies dans votre conscience , où il livrait un combat et où trop souvent il a été le vaincu. Il vous a attendues bien longtemps , il vous demandait un asile dans votre cœur, et vous lui disiez : Il n'y a pas de place pour vous ; il y a place pour les affections de la terre , pour les frivolités , pour la vie du monde , pour la vie coupable, pour tout, excepté pour vous. Et il a été patient, ce divin mendiant; il a attendu que la retraite ait ouvert cette porte de l'âme, et il vient à vous malgré vos oublis et vos dédains. Vous le recevrez donc ; mais comment le recevrez-vous ? Vous le recevrez avec une âme pleine de foi , croyant qu'il est là comme il
était dans la crèche , quand les mages l'ont reconnu et adoré ; vous croirez comme saint Pierre quand il s'écriait : Vous êtes le Christ, le fils du Dieu vivant ; comme saint Thomas quand il disait : Mon Seigneur et mon Dieu !
Vous ferez un acte de foi. Il y a un instant, quand , par les paroles sacramentelles , j'entr'ouvrais l'éternité , je prononçais ces mots : Mystère de foi. Vous viendrez avec foi, mais avec une foi humble , avec le sentiment de votre indignité; car vous n'êtes pas dignes de recevoir Jésus-Christ ; oh ! non, vous n'en êtes pas dignes. Tout à l'heure , en commençant le sacrifice , le prêtre s'écriait : Je con- ' fesse que j'ai péché. Puis , il monte à l'autel, il prie les martyrs de le purifier en baisant les saintes reliques ; il se lave les mains, et quand le moment solennel approche , il se frappe par trois fois la poitrine , et il répète encore : Seigneur , je ne suis pas digne que vous entriez en moi; mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie.. Voilà ce que fait
ct redit le prêtre. Oh ! qui donc est digne de recevoir Dieu ? Les anges ? Mais Dieu voit des tâches jusque dans leur blancheur ; saint Jean , le précurseur de Jésus-Christ , le pénitent du désert? Mais il s'écriait qu'il était indigne de dénouer les cordons de sa chaussure. Et vous, je vous le demande, avec vos faiblesses et vos chutes, ôtes-vous dignes de recevoir JéstMhChrist ? Ah i vous n'en êtes pas dignes : humiliez-vous dans la poussière de vos remords. Malgré cela, venez ; venez avez repentir ; c'est le moyen d'être accueilli par sa miséricorde. Il ne rejette jamais un cœur contrit et humilié. Si vous ne savez pas prier, poussez ce seul cri de l'âme : Ayez pitié de moi, parce que je suis coupable. Et votre âme sera guérie !
Avec la contrition , apportez la confiance ; confiance inébranlable , confiance sans réserve, confiance sans mesure. La mesure de
la confiance est qu'elle soit sans mesure,
disait saint François de Sales. Vous n'en êtes
pas dignes, mais vous n'en êtes pas indignes, maintenant que le sang rédempteur a blanchi votre conscience , maintenant que vous avez entendu la parole de l'absolution : Allez en paix ! Si votre passé vous inquiète , jetez-le dans le cœur de Jésus.
N'entendez-vous pas la voix qui sort de son tabernacle : N'ayez pas peur, c'est moi ! C'est lui qui bénissait les petits enfants , lui qui a pardonné à la femme surprise au sein de son crime , qui a relevé Madeleine et qui l'a placée aux pieds de sa croix, entré Jean le disciple vierge et Marie immaculée ; c'est lui qui a ouvert le ciel au bon larron et qui veut que vous vous présentiez avec confiance à ce festin des anges.
Mais surtout venez avec amour; il veut être aimé. Saint Bernard chantait dans une vision où il contemplait l'enfant Jésus d'une manière sensible. Seigneur , Seigneur , le roi David proclamait que vous êtes grand ; mais moi je dis que vous êtes petit , et que vous
COMMUNION
lui parlerez avec un accent de reconnaissance, comme la vierge Marie ; vous aurez votre Magnificat , vous direz : Mon âme bénit le Seigneur, parce qu'il a regardé la bassesse de sa servante. Vous l'adorerez en vous inclinant. Sainte Thérèse dit que quand Jésus- Christ est dans notre cœur , il est comme sur un trône attendant nos adorations. Vous l'adorerez donc, puis vous lui offrirez— Mais que lui offrirez-vous ? Votre fortune en la donnant aux pauvres ? C'est lui qui vous l'a octroyée. Votre corps î C'est lui qui l'a créé , vous lui rendrez ses dons. Et cependant il se contente d'une chose , il vous dit : Ma fille , donnez-moi votre cœur? Ah ! donnez -le lui , pour qu'il soit pur. Redites encore : Je vous donne mon cœur pour qu'il n'y ait pas une fibre d'affection qui ne soit en vous et pour vous ; alors vous lui aurez donné toutes choses , parce que le cœur est la source de la vie.
Ensuite vous lui demanderez ses dons ;
tous lui demanderez, pour vous toutes , des grâces de tendresse et de dévouement ; vous prierez pour vous-mêmes. Vous savez vos faiblesses personnelles , vos obstacles secrets ; vous connaissez les endroits vulnérables de votre âme, vous savez les tentations et les difficultés qui vous attendent. Allez avec confiance, demandez-lui et il vous accordera.
Priez-le pour les pauvres que vous visitez t pour votre cité de Lyon , pour vos œuvres.
Vous êtes la Rome catholique de la France ; il faut prier pour que vous en gardiez les augustes traditions , pour que vous ne vous laissiez pas envahir par l'esprit du monde.
Priez aussi pour l'Eglise , pour qu'il n'y ait qu'un troupeau et qu'un pasteur , pour qu'il y ait le retour de tous ceux qui sont dans l'erreur* Priez pour notre saint Père le Pape t qui dirige l'Eglise du haut de son Calvaire , avec sa couronne d'épines et son sceptre de roseau ; priez pour votre pontife , pour tous les prêtres. Priez aussi pour cette chère cité
de saint François de Sales où il y a bien des âmes malades ; priez pour que la vérité triomphe, et qu'il se fasse l'unité des brebis et du pasteur.
Et maintenant je ne veux pas retarder votre bonheur... mais n'est-ce pas que pendant ces jours de la retraite vous disiez: Ah ! il fait bon ici ! Avec le disciple d'Emmaûs , vous répétiez : Notre cœur est brûlant... Il faudra redescendre à votre jardin des Olives , à vos tentations , à votre isolement. C'est ici le Thabor, et n'est-ce pas encore que, malgré la faiblesse de maparole,il y avait quelque chose qui vous enivrait ? Il faudra maintenant retourner à vos devoirs , à vos réalités , à vos tristesses ; vous n'y allez pas seules et abandonnées, vous y retournerez avec Jésus-Christ; et s'il faut boire votre calice , ce ne sera pas un ange , mais le Seigneur Jésus lui-même qui le soutiendra.
mon Dieu, je connais ces âmes , j'ai vu leurs luttes et leurs efforts ; bénissez-les. Je
vais mettre sur leurs lèvres émues le pain de vie ; qu'elles comprennent qu'avec vous elles n'ont désormais rien à craindre.
Qu'importe la croix sur les épaules , quand l'Eucharistie est dans le cœur ?...
Mesdames, pendant ces jours si rapidement écoulés, n'avez-vous pas senti que Dieu, dans sa miséricordieuse et paternelle providence , vous réservait des heures fécondes pour refaire vos âmes et réparer vos forces ?
r Votre joie éclate sur vos fronts, le bonheur que vous éprouvez transfigure vos visages ; vous êtes changées ! . . .
N'est-ce pas , vous ne vous replierez plus sur vous-mêmes, vous abandonnant à ces im* pressions inutiles, à ces tristesses , à ces découragements , accablées par vos tentations , par vos chutes ! Soyez fermes et fortes , per» sévérez dans le bien ; partout et toujours montrez-vous chrétiennes dans vos fêtes, dans votre piété , dans la famille. Vous êtes un spectacle au monde, auxa^aes et aux hommes /.. *
Jai fini , heureux de mettre un nouvel anneau à cette douce chaîne qui unit Lyon à Genève f
Saint François de Sales a rendu le dernier soupir dans votre ville , et votre cité est la protectrice du catholicisme renaissant à Genève. Vos prières, vos aumônes , nous aident dans ce travail réparateur. Votre pontife, l'illustre prince de l'Eglise , a voulu naguère qu'un vitrail, don de son cœur, fût placé dans notre église et attestât à tous les regards les liens qui existent entre Notre-Dame-de-Fourvière et Notre-Dame-de-Genève. Que votre foi, que votre cœur les multiplie encore pour la gloire de notre Maître et le triomphe de sa 6ainte Eglise, ma mère et la vôtre !...