II PRÉFACE
les trustées de cette utile fondation nChi^ vitèrent à continuer un enseignement si di* gnement commencé. Il y avait longtemps que je désirais voir f Angleterre et serrer la main des nombreux amis que fy compte. J'acceptai^ et certes une des récompenses de ma vie a été Faccueil bienveillant que j'ai trouvé chez la nation qui m'a toujours inspiré le plus d^ estime et de haute sympathie. Ce spectacle dun peuple fier et fort, avec la plus grande somme de li^ berté qu'on ait pu jusqu'ici faire porter à rhumanité, m'a procuré une vive joie et m'a confirmé dans la conviction que V avenir de rEuropé, malgré bien des orages passagers, appartient à un idéal de lumière et de paix.
Un des plus beaux établissernents de F Angle* terre, /aRoyalinstitution/^iit compte dans son sein tant d'hmnmes illustres, voulut bien aussi .me demander de tenir la parole en une de ces soirées du vendredi où assiste tout ce que Londres a de plus éclairé. Je choisk Marc* Aurêle pour sujet de f entretien, et me bornai presque à lire quelques touchants passages de ce moraliste incomparable. Aux applaudissements qui les accueillirent, je me convainquis de plus
PBÉFACE III
en plus que notre société policée n'est sceptique qu'en apparence, qu'elle a bien son dogme et un dogme excellent^ la liberté^ le respect de rame. Ce dogme-là vahicra tous les autres; seulement, il faut se garder de croire qu'on aide à son triomphe par des lois et des décrets. Lais^ sez faire la liberté ; les fanatiques la redoutent plus que la persécution; la liberté sait très bien toute seule se débarrasser de ses ennemis.
CONFÉRENCES HIBBERT