‹ Conférences de l'Odéon: les époques du théàtre françaisChapitre 14 sur 35 · M. BALIVEAU · texte numérisé non relu

M. BALIVEAU

Mais les beautés de Tart ne sont pas infinies. Du. moins tu m'avoueras que ces rares génies,

quand ces caractères sont une fois traités, à « imiter ou à s'égarer »? Non, pas précisément; et nous verrons prochainement le contraire. L'esprit humain a par bonheur plus de ressources et de fécondité...

Mais il me semblerait plutôt que la comédie de caractères, telle que j'ai tâché de vous la définir, — et telle que vous la reconnaîtrez, je Tespère, dans Tartufe ^ — tendait naturellement et d'elle-même au drame, à un certain genre de drame, à la tragédie bourgeoise, telle que la comprendront Diderot, Sedaine, Mercier, Beaumarchais, telle qu'ils s'efforceront de la réaliser, dans le Père de famille ou dans Eugénie. Et puis, et surtout, mesdames et messieurs, c'est qu'après Molière, comme autrefois en Grèce après Aristophane, la liberté de la satire sociale allait promptement devenir incompatible avec des conditions et des exigences nouvelles, avec le développement de l'esprit de société, avec la perfection même de la politesse, du savoir-vivre mondain :

Mieux qu'un sermon, Taimable comédie «

Instruit les gens, les rapproche, les lie, Voilà pourquoi la discorde en tout temps Pour son séjour a choisi les couvents...

Ces vers sont encore de Voltaire; — et peut-être penserez-vous qu'ils expriment assez heureusement, je ne veux pas dire ime loi, mais une obligation de

Outre lo don qui fut leur principal appui, Moissonnaient à leur aise où Ton glane aujourd'hui.

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