Exod., cap. m
fleurissant dans les solitudes du tabernacle ' ; n'est-ce pas Marie qui au moment où les mères d'Israël espèrent donner le jour au Messie, semble renoncer à cette gloire insigne, et qui, pourtant, dans le silence et la retraite, engendre la fleur prophétisée? L'arche d'alliance où se conservent, près des tables de la loi, les souvenirs des bienfaits de Jéhovah; n'est-ce pas Marie tabernacle de la loi vivante, sanctuaire vénérable du plus grand des bienfaits, l'incarnation? Et cette courageuse Débora, cette fière Judith qui combattent pour le peuple de Dieu, celte belle et timide Eslhcr qui fléchit la colère d'un roi jaloux de sa gloire, et ouvre aux enfants de Jacob le chemin de la patrie ; n'est-ce pas la Vierge puissante à laquelle l'humanité régénérée doit dire un jour : Secours des chrétiens, porte du ciel, priez pour nous?
Préparée, comme son fils, par les figures, Marie prend place auprès de lui dans les prophéties. Dieu la montre à nos premiers parents alors que, navrés de leur malheur, ils cherchent un point d'appui pour leur espérance. C'est sur
cette seconde Eve et sur son fruit béni que le serpent concentre toute sa haine, c'est elle qui doit lui écraser la tête : Et ipsa contcrct caput luum1. Elle est encore enveloppée de l'ombre des temps, mais peu à peu la lumière se fait autour d'elle. David entrevoit sa beauté, et de sa langue prophétique, plus rapide que la plume d'un scribe qui se presse, il salue avec les charmes triomphants du Moi dus rois la majesté de la reine qu'il voit assise à ses côtés. «Ecoute, fille du Très-Haut, lui dit-il, écoute, oublie ton peuple et la maison de ton père; le roi convoite la beauté, et ce roi c'est Ion Dieu, celui que tout le munde adorera; et, toi, tu verras les filles de Tyr l'apporter des présents, et les peuples puissants s'incliner en priant devant ta face"2. »