lbid., cap. u
3. Cf. Sithim. Theol., III p., quœst. 1, a. 3: Utrum prtncipalius Christi incarnatio f<n:-ta ftierit ad lollendum pe$\ catuni originale quant acluale?
L'HUMANITÉ DANS ADAM. f>0
daigneusement au rang des labiés puériles que la superstition invente pour tromper l'ignorance et la tenir sous le joug d'une vaine terreur. 11 faut nécessairement le définir et prouver son existence, tellement engagée dans l'édifice des vérités catholiques que sans lui tout le dogme s'écroule. Mais, si je .ne me trompe, Messieurs, nous ne pouvons procéder à l'étude du péché originel sans avoir préalablement répondu à ces deux questions: — L'humanité n'est-elle qu'une seule famille? Quel était, dans sa souche primitive, l'état de cette famille? — Si le genre humain, comme les grands fleuves, s'est grossi de divers affluents, si la constitution native de l'homme a toujours été, à tous les points de vue, ce qu'elle est aujourd'hui, il est bien évident que les idées de déchéance, de transmission et d'universalité dans la déchéance sont complètement inintelligibles, et que le péché originel n'est qu'un mot vide de sens. Il ne peut être un fait qu'à la condition : 4° que toute l'humanité soit contenue dans Adam, son premier et unique ancêtre; 2° que cet ancêtre ait possédé, avant de déchoir, une perfection dont il ne reste plus que le souvenir. Voilà mes deux propositions. Allons aux preuves.
GO l'humanité dans adam.
Que l'humanité n'ait qu'un berceau, qu'elle soit une par la nature et le sang, c'est une des premières vérités que nous enseignent les Saintes- Lettres. Rien de plus simple et de plus grandiose en même temps, rien de plus précis et de plus mystérieux que le récit biblique nous racontant l'origine de nos premiers parents. Dieu, ayant créé le inonde avec ses admirables gradations, semble recueillir sa pensée et ses forces pour le couronnement de son ouvrage. — « Faisons l'homme, dit-il, à notre image et ressemblance : Faciamus hominem ad imaginent et simili tudinem nostram l . » — Issu du limon que vient d'animer l'esprit de vie, l'homme paraît. Plus beau que toutes les créatures, par les formes nobles et harmonieuses de son corps, il promène autour de lui son regard dominateur et prend, par la pensée, possession de l'univers. Pendant que la vie fermente et se multiplie à ses pieds, va-t-il rester seul et stérile au sommet de la création? - Aon, Messieurs; Dieu le