‹ Conférences de Notre-Dame de Paris (volume 4)Chapitre 10 sur 50 · Isaï., cap. VIII · texte numérisé non relu

Isaï., cap. VIII

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connus. On se refuse à croire qu'il suffise à un homme d'Église d'exprimer sa manière de voir sur n'importe quel sujet, pour qu'on soit obligé d'y ajouter foi comme à une parole d'Évangile. On se refuse à croire que des hommes, convaincus par l'expérience d'être sujets à l'erreur, jouissent d'un privilège oppressif qui paralyse, dans tous les ordres de connaissance, la libre activité de l'esprit humain. Et l'on aurait raison, si tout n'était faux dans cette manière d'envisager l'infaillibilité.

Non, l'infaillibilité n'est pas une révélation continue de Dieu, ajoutant au symbole primitif de la société chrétienne des dogmes inconnus. Jésus-Christ a dit à ses apôtres tout ce qu'il avait à dire, et l'Église n'a pas d'autre fonction que d'enseigner sa doctrine et d'écouter la respiration de la foi et de la vie chrétienne dans le monde, pour constater et définir ce qui a toujours été cru et pratiqué, et s'assurer qu'il ne s'y mêle aucune erreur. Non, l'infaillibilité n'est point attachée à la manière de voir de tout homme d'Église, mais à l'autorité qui préside, au nom de Jésus-Christ, au gouvernement général de la société chrétienne. Non, l'iniailli-

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bilité ne s'applique pas à toute espèce d'objet, mais uniquement à ce qui intéresse la foi et les mœurs. Non, l'infaillibilité n'est pas un privilège oppressif, mais un privilège protecteur de l'esprit humain.

Par conséquent, les adversaires de l'Église se trompent, et trompent leur monde. La vérité, la voici : L'infaillibilité est le privilège que possède l'Église, en vertu d'une perpétuelle assistance de Dieu, de ne point se tromper dans l'exercice du suprême pouvoir qu'elle exerce sur toute la société chrétienne pour la conduire à sa fin. G'est-à-dire que, lorsque l'Église enseigne, il ne peut y avoir dans sa doctrine aucune erreur contraire à la foi et aux moeurs ; que, lorsque l'Église légifère, elle ne peutédicter aucune loi qui offense la foi et les mœurs; que, lorsque l'Église juge, ses jugements sont toujours conformes à la foi et aux mœurs, et qu'elle ne peut se tromper, lorsqu'elle prononce que telle doctrine est erronée, qu'elle est contenue dans tel livre ou enseignée par tel hérésiarque, que telle vie sainte mérite le culte de l'humanité chrétienne l; enfin, que, lorsque l'Église

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