Gonc. Ephes. act. Prima sent, depositionis Nestorii
4. Optime scitis quantum honorem haberent semper orientales Romanœ Ecclesise ; quamnamque obedientiam 111 ï exhibèrent. (In conc. Flor.)
le monarque impérissable à qui le Christ a dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les puissances d'enfer ne prévaudront pas contre elle. A toi les clefs du ciel. Pais mes agneaux, pais mes brebis. » Interprétation à la fois doctrinale et pratique, solennellement consacrée par les décrets du dernier concile général, qui, après avoir affirmé la primauté de Pierre, frappe d'anathème tous ceux qui nieront les droits des pontifes romains, ses perpétuels successeurs à cette primauté l. Interprétation d'autant plus grave et plus convaincante, que Dieu lui donne, dans toute la suite des temps, une solennelle confirmation.
Un fait historique, non moins étrange qu'admirable, remplit les dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis le choix et l'institution de l'apôtre saint Pierre : Lui seul est honoré d'une transmission continue de son épiscopat. Les Églises
1, Si quis dixerit non esse ex ipsius Christi Domini institutione seu jure divino, ut beatus Petrus in primatu super univcrsam Ecclesiam habeat perpetuos successores; aut Romanum Pontificem non esse beati Pétri in eodem primatu successorem ; anathema sit. (Constrîut. Dogmat. la Concilii Valicani. De Ecclesia Christi, cap. 11.;
apostoliques, si vénérables et si saintes, ont sombré dans les tempêtes qui ont bouleversé l'Orient. On dirait que Dieu, craignant qu'elles ne se prévalussent un jour de l'autorité de leurs fondateurs pour rompre le faisceau sacré de l'unité chrétienne, a voulu prouver, par des désastres irrémédiables ou de douloureuses interruptions, que ce n'était point tel ou tel évêque, mais l'épiscopat tout entier qui succédait aux apôtres. L'Eglise apostolique de Rome subsiste toute seule, et c'est à elle que se rattachent, dans toutes les Églises d'Occident, les grandes lignées d'évêques qu'on peut suivre jusqu'aux premiers temps de l'ère chrétienne. Et, pourtant, les persécuteurs couronnés, les barbares, les princes impies, les républiques révoltées, lui ont passé sur le corps. Qu'est-ce à-dire, Messieurs, sinon que Dieu interprète comme l'Église les paroles de son Fils, et contresigne, par une miraculeuse protection, les promesses d'immortalité qu'il a faites à la sainte monarchie dans la personne de Pierre?
A quinze ans de distance, je ressens encore la profonde impression que j'éprouvai, lorsque Rome célébra le dix-huitième centenaire du
martyre de son premier pontife. Cinq cents évêques étaient présents à cette auguste cérémonie ; la vaste basilique de Saint-Pierre était remplie d'une foule immense, venue de toutes les contrées de l'univers. Près du tombeau du Prince des apôtres, un vieillard saluait cette foule, et lui disait : « Le Seigneur soit avec vous. » Tout à coup, des voix d'enfants semblables à des voix d'anges firent descendre, des hauteurs de la coupole, ces paroles du Christ : « Tu es Petrus, et super hanc petram œdificabo Ecclesiam //team, et portas inferi non prœvcilebunt adversw eam. » Le chœur et les portiques leur répondirent, l'un après l'autre : « Non prsevalebunt, » et tous ensemble reprirent : « Non prsepalebunt. » Quand ils eurent fini, le vieillard , les deux mains appuyées sur l'autel , s'écria à pleine voix : « Per omnia sascula sœculorum : En voilà pour les siècles des siècles ! » Mes yeux étaient inondés de larmes, mon cœur bondissait dans ma poitrine, et je me disais : a II est donc vrai que Pierre vit encore. Deux cent soixante-dix-huit monarques ont succédé à son trône et à son gouvernement. Aucune violence, aucune catastrophe n'a pu étouffer ce
cri triomphant de l'univers catholique : ce Le Pape est mort, vive le Pape! » Evidemment, le doigt de Dieu est là. Digitus Dei est hic. »
Gomment l'hérésie a-t-elle osé dire que le pouvoir des papes s'est imposé? Est-ce qu'un pouvoir qui s'impose peut résister pendant près de dix-neuf cents ans à l'esprit d'orgueil et de rébellion qui tourmente notre misérable nature? Est-ce que deux cent soixante-dix-neui usurpateurs, si différents de génie et de caractère, pourraient réussir à confisquer la plus sainte des libertés, la liberté de conscience, sans rien modifier au pouvoir absolu qu'ils se sont attribué? Est-ce que le Christ, dont l'hérésie reconnaît la divinité, laisserait gémir son Église déshonorée, sous le poids d'une si longue iniquité? Non, Messieurs, non, le pouvoir des papes ne s'est pas imposé, mais l'Église l'a accepté respectueusement du Roi immortel el invisible qui a voulu que nous puissions constater, dans un sacrement vivant et impérissable, la réalité de sa présence. Ami de nos âmes, victime propice immolée pour la gloire de Dieu et le salut du genre humain, aliment de notre vie surnaturelle, il réside dans l'Eucharistie;
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chef de l'Église, il réside dans la papauté. La papauté est, si je puis m'exprimer ainsi : l'Eucharistie de son gouvernement.
Princes du monde, maîtres des peuples, je reconnais et respecte en vous le souverain pouvoir de Celui qui a dit : « C'est par moi que les rois régnent1 ;... toute puissance vient de Dieu \ » Cependant, vous n'êtes point immuablement fixés par lui au commandement. Malgré les droits d'hérédité ou de suffrage que vous faites valoir, en voyant en vous des images si imparfaites et, parfois, si indignes de la divinité à laquelle je veux obéir, j'ai le droit de me demander s'il ne vaudrait pas mieux, pour les sociétés que vous gouvernez, que vous fussiez remplacés par d'autres. En présence de la sainte monarchie, mon âme sereine bannit toute défiance, toute hésitation, tant le pouvoir y est certainement divin. En elle, c'est le Christ qui triomphe, le Christ qui règne, le Christ qui commande : Chris tus vincit^ Christus reg?ial, Cl tris lus imper at.
4. Per me reges régnant, et legum conditores justa decernunt. (Prov., cap. VIII, 5.) 2. Non est enim potestas niai à Deo. (Rom., cap. XIII, 10.)
Le pouvoir du chef de l'Église vient certainement de Dieu, et, comme tel, il se place audessus de toute discussion.
Mais, pour bien connaître la mesure de nos rapports et de notre soumission à l'égard de ce pouvoir, il importe de savoir quelle est son étendue. Je vais vous le dire, Messieurs ; car j'ai à cœur de justifier la pompeuse introduction par laquelle j'ai ouvert cette conférence.
L'esprit moderne, dans ses heures de sagesse, il y en a encore pour lui, Dieu merci ! admet l'idée de souveraineté; mais il y veut des tempéraments qui protègent la liberté contre les caprices de l'absolutisme. La loi de Dieu et la conscience de ceux qui gouvernent, les traditions d'un pouvoir depuis longtemps en exercice et les mœurs publiques, ne lui paraissent pas des garanties suffisantes. Il n'est complètement rassuré que lorsque le peuple, représenté par ses élus, prend en main la conduite des affaires, propose, discute, vote les lois, ne laissant au chef de l'Etat que le soin de les pro-
mulguer et d'en assurer l'exécution. Régner et ne pas gouverner, voilà pour lui la souveraineté idéale.
Que l'esprit moderne se contente dans le gouvernement des choses temporelles, je n'y trouve point à redire; mais, s'il prétendait appliquerai! gouvernement de l'Église son axiome favori, je lui dirais : Halte là! Jésus-Christ, en établissant la sainte monarchie, ne nous a point consultés sur la nature du pouvoir dont il l'investissait. Il a déterminé lui-même les tempéraments de ce pouvoir. Je vous les ai indiqués, Messieurs; vous n'y avez rien vu de semblable aux restrictions que nous sommes en droit d'imposer à la souveraineté dans l'ordre purement humain. Ne relevant que de Dieu, le chef de l'Église a reçu de lui une puissance plénière qui n'a d'analogue nulle part, puisque les pouvoirs les plus absolus que nous puissions concevoir ne peuvent, maigre la pression extérieure qu'ils exerce: ut, pénétrer jusqu'au sanctuaire de la conscience et la soumettre à toutes leurs décisions.
Ecoutez, je vous prie, la définition de l'Église, ce que j'ai à vous dire n'en sera que le com-
mentaire : « Si quelqu'un dit que le Pontife romain n'a à remplir qu'un office d'inspection ou de direction, et qu'il ne possède pas un pouvoir plénier et suprême de juridiction sur l'Église universelle, non seulement dans les choses qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi dans celles qui appartiennent à la discipline et au gouvernement de l'Église répandue dans tout l'univers; si quelqu'un dit que le Pontife romain ne possède que la principale partie et non toute la plénitude du pouvoir; ou que ce pouvoir n'est pas ordinaire et immédiat, soit sur toutes les Églises et sur chacune d'elles, sur tous les pasteurs et sur tous les fidèles, et sur chacun d'eux : qu'il soit anathème * ! »
Ces paroles sont claires. Elles nous montrent au sommet de la hiérarchie à laquelle le Christ a
4. Si quis dixerit Romanum Pontificem habere tantum modo oflïcium inspections vel directionis, non autem plenam et supremata potestatem junsdictionis in universani Ecclesiam, non solum in rébus quae ad fidem et morem sed etiam in iis quse ad disciplinant et regïmen Ecclesise per totum orbera diffusai pertinent; aut eum habere tantummodo potiores partes, non vero totam plenitudinem hujus supremee potestatis; aut hanc ejus potestatem non esse ordinariani et immediatam sive in omnes ac sing-ulas ecclesias, sive in omnes et singulos paslores et fidèles : amithema sii. (Const. Concilii Vaticani. De Ecclesia Christi, cap. 111.)
confié son autorite,, non pas un souverain chargé de faire connaître à tous les décisions et les décrets de cette hiérarchie, mais un maître complet, en qui l'autorité se concentre et tient tout pouvoir sous sa dépendance. Cette concentration, Jésus-Christ l'a voulue. « C'était manifestement son dessein, dit Bossuet, de mettre premièrement dans un seul ce que, dans la suite, il voulait mettre dans plusieurs; mais la suite ne renverse pas le commencement, le premier ne perd pas sa place. La puissance donnée à plusieurs porte sa restriction dans son partage, au lieu que la puissance donnée à un seul et sur tous, sans exception, emporte la plénitude. Nos anciens docteurs ont tous reconnu, d'une même voix, dans la chaire de saint Pierre, la plénitude de la puissance apostolique ; c'est un point décidé et résolu. Par cette constitution, tout est fait dans l'Église, parce que tout y est divin et que tout y est un ; et, comme chaque partie est divine, le lien aussi est divin, et l'asssemblage est tel que chaque partie agit avec la force du tout *. » Ces belles