‹ Conférences de Notre-Dame de Paris (volume 4)Chapitre 36 sur 50 · Saint Anselme · texte numérisé non relu

Saint Anselme

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haut commandement, ses ordres suprêmes i sur la sainte hiérarchie que Fonction de l'Esprit- Saint consacre et qui a reçu directement du ciel le droit d'enseigner les nations, de leur apprendre à observer ses divins commandements, de les régénérer par la grâce, et de les conduire à leurs destinées éternelles ; au nom de la conscience humaine, qui demande, d'instinct, à la vérité qu'il faut croire et aux devoirs qu'il faut accomplir, la garantie d'une autorité plus grande qu'elle-même; au nom de Dieu, quia décrété l'immuable unité de son Église, sans cesse menacée et fatalement compromise par les caprices et les calculs intéressés des pouvoirs humains ; au nom de la conscience humaine, qui, lorsqu'elle comprend sa dignité, recule pleine de mépris et de dégoût devant l'instabilité et l'abject vasselage des églises nationales.

Messieurs, je viens de réclamer l'indépendance de l'Église, vous croyez peut-être que

1. Ce sont les termes dont se servent les czars de Russie dans leurs actes publics, vis-à-vis de l'Église russe.

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c'est assez, détrompez- vous : il est un principe qui complète la doctrine catholique touchant le droit public de la sainte monarchie; ce principe nous oblige à demander davantage.

L'Église, si l'on considère la nature des intérêts confiés à son gouvernement et la sublime fin qu'il se propose d'atteindre, est, visà-vis des sociétés humaines, une société majeure; donc, elle a droit à leur suprême direction.

Ne vous étonnez pas, je vous prie, avant de m'avoir entendu. Défenseur de l'indépendance du pouvoir spirituel, je ne suis point l'apôtre de ses envahissements sur le pouvoir temporel. Celui-ci est entièrement maître chez lui, et personne mieux que l'Église n'a défini l'indépendance qui lui convient dans l'ordre de chose où s'exerce son action souveraine : c'est-à-dire le bonheur naturel des peuples et la protection de leur existence et de leurs intérêts. Vous avez entendu, tout à l'heure, le grand Osius de Gordoue dire à l'empereur Constantin : « Dieu vous a donné l'empire... Celui qui cherche à vous enlever votre autorité contredit l'ordre divin... Il est écrit : Rendez à César ce qui est

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à César, c'est pourquoi il ne nous est pas permis de prétendre au gouvernement des choses de la terre '. » Saint Jean Damascène tenait le même langage à Léon l'Isaurien, « Prince, disait-il, nous t'obéissons en tout ce qui touche les affaires de ce siècle 2. » Lisez les lettres des papes saint Gélase, Symmaque, Grégoire Ier, Grégoire II, Etienne V aux empereurs Anastase, Maurice, Léon, Michel, Nicolas Ier et Basile; ouvrez les décrétâtes des pontifes du moyen âge aux évêques et aux rois, vous y verrez solennellement affirmée, avec la distinction des deux pouvoirs, l'indépendance de la puissance civile, dans les limites de la juridiction temporelle. Plus près de nous, Pie VII « désavoue tout désir d'envahir ce qui n'appartient pas à l'Église, parce qu'il a toujours sous les yeux ces paroles du Christ : Rendez à César

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