Voyez Index, à la fin du volume
2. Quid interest utrum per pœnitentiam aut per lavacrum hoc jus sibi datum sacerdotes vindicent ? Unum in utroque mysterium est. (S. Ambros. lib. I, De Pœnit., cap. v, n° 36.)
Remittunt porro peccata vel retinent spiritu afflati homines duobus, ut arbitror, modis : vel enim dignos ad baptismum vocant... Vel prohibent et a gratia divina arcent eos, qui nondum digni sunt; vel alio quidem modo peccata remittunt ac retinent, nempe cum filios Eccle- Bise peccantes accipiunt vel pœnitentibus ignoscunt.
terne l, le bain des larmes *, le baptême laborieux*, la seconde planche après le naufrage *, la réconciliation*. C'est sur son enseignement unanime et constant que le concile de Trente appuie cette définition : « Si quelqu'un prétend que dans l'Église Catholique la pénitence n'est pas vraiment et proprement un sacrement institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour réconcilier les fidèles avec Dieu, chaque fois qu'ils sont tombés dans le péché après le baptême, qu'il soit anathème8. »
Ô'jo tcottou^, xxra ye oiavocav èu.'w, r\ yac jcaXçuacv Itti to BaTrxiau.ee. r\ SiaxtoXuouci Ttvaç, xal tîjç Oetaç yapixoç é^Eipyouaiv Iti o-j-cj t;oj; YsyovoTaç àçiouç* yj xal xaô' exspov ipoTiov «a»'.aat te xal xparoucjiv àaapxla; £k'.xi[xo)vx£ç f/iv at/.acxàvoua-i tqT; xrjç IxxXrjffiaç, jAeravoouat 8s guyyivojgxovxeç. (S. Cyril. Alex., lib. XII, cap. i, edit. Par. 1638.)
1. Iterabilis Baptismus, (S. August., lib. De Baptis.) Secunda purgatio. (8. Greg. Naz., Orat. in Luminar.)
2. Lavacrum lacrymarum. (Id., orat. in saiict. lavac ) ). Baptisraus laboriosus. (Conc. Trid., ex sanctis pa-
tribus. sess. XIV, cap. 2.)
4. Secunda tabula post naufragium. (Id., sess. VI, cap. xiv, et sess. XIV, can. 2.)
5. Reconciliatio. (Evarist., in cap. Presbyteri, XXVI, q. 6.)
6. Si quis dixerit in catholica Ecclesia pœnitentiam non esse vere et proprie sacramentum pro fidelibus, quoties post baptismum in peccata labuntur, ipsi Deo
Vous entendez bien, Messieurs : il s'agit d'une réconciliation entre Dieu et l'homme. Or, cette réconciliation suppose nécessairement deux actions : une action de Dieu qui pardonne, une action de l'homme qui se dispose au pardon '. L'action de Dieu s'exprime par la formule sacramentelle que prononce sur l'âme coupable le ministre de Jésus-Christ; l'action de l'homme se décompose en trois actes pénitentiaires que l'on peut considérer, d'après la doctrine de l'Église, comme la matière du sacrement : — la contrition, la confession et la satisfaction *. Tous ne sont pas nécessaires au même degré, mais tous doivent concourir à la perfection du sacrement.
reconciliandis a Christo Domino nostro institutum, anathema sit. (Sess. XIV, can.> 1.)
1. Necessarium est ad salutem peccatoris quod peccatum removeatur ab eo : quod quidem non potest fieri sine pœnitentiœ sacramento, in quo operatur yirtus passionisChristi per absolutionem sacerdotis simul ciini opère pœnitent'is qui cooperatur gratiae ad destructionem peccati. {Summ. Theol, III P., qusest. 84, a. 5.)
2. Si quis negaverit ad integram et perfectam rcmissionem peccatorum requiri très actus in pœnitente, quasi materiam sacramenti pœnitentiao, videlicet contritionem, confessionem etsatisfaetionemqurc très pœnitcntice partes dieuntur.... anathema sit. fConc. trid., sess. XIV, can. 4.)
Étudions aujourd'hui l'acte premier et fondamental sans lequel, en tout état, la pénitence serait absolument impossible , l'acte indispensable que rien ne peut suppléer, l'acte dont la puissance est telle qu'il peut purifier le pécheur avant que soit prononcée la sentence de son absolution : je veux dire la contrition. — Quelle est sa nature? — Quelles sont les conditions qui la rendent acceptable et en assurent l'efficacité?
Le péché fait de l'homme un ennemi de Dieu > de Dieu un ennemi de l'homme. En péchant, l'homme, selon l'énergique expression de la théologie, tourne le dos au Bien suprême pour chercher clans les créatures la satisfaction de l'immense besoin d'être heureux dont son cœur est tourmenté : « Peccatum est aversio a Deo, et conversio ad creaturas. » Tant qu'il reste dans cette posture outrageante, la justice divine se tient prête à s'appesantir sur lui. Mais,
s'il veut renoncer à la criminelle indulgence qui, le rendant esclave de ses appétits, l'a détourné de Dieu; s'il veut se faire justice à lui-même, la miséricorde divine est toute prête à se pencher vers lui et à le plonger clans les abimes de pardon d'où toute vie coupable sort purifiée. Faire un échange avec Dieu, prendre pour soi la justice, afin que Dieu se relâche de ses saintes rigueurs et s'abandonne aux paternelles effusions de sa miséricorde : Voilà la pénitence1.
« La pénitence, dit Tertullien, remplit dans la vie de l'homme l'office cle la justice indignée : Pœnitentia Dei indignatione fungitur a. » Les anciens nous Font représentée sous les traits d'une divinité austère, appliquée à compenser par des peines les plaisirs trompeurs de l'iniquité, ce Tout acte mauvais, dit un poëte flottant entre le paganisme et le christianisme, toute faute, qu'elle soit acte ou omission, toute faute est soumise aux dures exi-
1. Quid est homo pœnitcns? Homo sibi irascens; ut accipiat veniam, de seipso exigit pœnam, in.iigit sibi sondemnationem, ne incurrat damnationem. S. Aug., se*m. 35, De Verbis Domini.)
2, Tertul, De Pœnitentia.
gences d'une divinité qui se cache au fond du cœur humain : Il faut qu'on se repente :
Sum Dea quœ facti non factique exigo pœnas : Nempe ut pœniteat l... »
Le repentir, c'est le premier acte de justice que doit accomplir l'homme coupable. Mais, qu'est-ce donc, Messieurs, que le repentir? Est-ce cette soudaine honte qu'éprouve une âme fîère quand elle se voit déchue ? Est-ce ce mystérieux tourment de la conscience révoltée qu'on appelle le remords? « Je me repens, s'écriait un illustre coupable châtié par la justice humaine, je me repens, et ce que j'ai fait me torture :
Pœnitet et facto torqueor ipse meo.
« L'exil auquel je suis condamné pèse moins douloureusement sur mon âme que ma faute elle-même :
Cumque sit exilium, magis est mihi culpa dolori.
« Je souffre moins d'endurer ma peine que de l'avoir méritée :
Estque pati pœnam quam mœruisse minus * »