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Monseigneur Richard, coadjuteur de Paris

268 l'extrême-onction

guérit les mortelles blessures du péché, il ne se peut pas que la grâce de Jésus-Christ no as abandonne au moment, à la fois triste et solennel, qui va décider de notre éternité. Un sacrement nous attendait aux portes de la vie pour nous ouvrir la carrière de la grâce; il faut qu'il y en ait un aux p ortes de la mort pour nous ouvrir la carrière de la gloire. Sans cela nous pourrions accuser la sagesse divine d'avoir mutilé son œuvre, à l'endroit même où elle devait la couronner.

Dieu merci, cette impertinence ne nous est pas permise. « Il est un sacrement, dit le saint concile de Trente, qui consomme non seulement la pénitence, mais toute la douloureuse vie du chrétien : c'est l'Extrême-Onction1. »

Mon dessein, Messieurs, est de vous faire admirer la suprême délicatesse de la bonté divine clans ce sacrement. Cela me permettra

1. Visum est autem sanctse synoclo, prsecedenti doctrine de pœnitentia adjungero ea quœ sequuntur de sacramento Extremœ-Unctionis, quod non modo Pœnitentise, sed et totius christiance \Itae, quœ perpétua pœnitentia esse débet, consummativum existimatum est a Patribus. (Sess. XIV De sacram. Extrim.-Unct.f Preamb.)

de demander compte aux familles chrétiennes de la manière dont elles en comprennent, aujourd'hui, l'importance et la sainteté.

Il est dit dans l'Evangile que les disciples envoyés par le Sauveur parcouraient la Judée, prêchant la pénitence, chassant les démons, oignant les malades qu'ils guérissaient : « Ungebant oleo multos .segros et sanabant l. » Ce n'était pas encore le sacrement que le Christ voulait instituer pour les chers infirmes de son Église, mais seulement une figure et une promesse. L'apôtre saint Jacques nous apprend que la figure est devenue réalité, que la promesse est accomplie, lorsqu'il écrit aux fidèles de l'Église naissante : « Si quelqu'un est malade parmi vous, qu'on amène auprès de lui les prêtres, et qu'ils prient sur lui, en lui faisant des onctions avec l'huile sainte, au nom du Seigneur. Et la prière cle la foi sauvera l'infirme, et Dieu le soulagera; et, s'il est en état

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