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LA CONFESSION. — SES CARACTERES ET SES EFFETS RÉPARATEURS

Toute loi divine se justifie par elle-même, Dieu veut bien cependant nous permettre d'étudier ses intentions dans ses lois. — Secret des intentions de Jésus-Christ dans l'institution de la confession. — La loi de Jésus- Christ est l'acte delà plus haute autorité, quand on n'en étudie que la formule, c'est l'acte de la plus profonde sagesse, quand on en scrute les motifs. — L'objet de cette conférence est de pénétrer ces motifs, c'est-à-dire étudier les caractères et les effets réparateurs de la confession. — 1° Par rapport au péché; 2° Par rapport aux suites du péché. — I. 1° Le péché révolte la volonté humaine contre la volonté divine. — Le pécheur .désobéit,

il proteste à la fois contre toutes les manifestations de la volonté divine : contre la loi infuse, contre la loi parlée, contre la loi écrite; contre le Dieu de la raison, contre le Dieu de la révélation. — Comment la confession est merveilleusement ordonnée à la réparation de cette offense multiple. — 2° Le péché, révolte, procède de l'orgueil. — Comment l'orgueil est admirablement puni, dans la confession, par l'obligation de paraître dans toute sa honte.

— 3° Paraître, c'est plus que s'humilier, c'est rendre à Dieu d'un seul coup ce que le péché lui enlève, l'hommage de tout nous-mêmes. — 4° Paraître, c'est plus qu'une restitution faite à Dieu, c'est un service que nous nous rendons à nous-mêmes. — La confession, chasse au péché, l'arrache de nos entrailles, l'illumine, nous le fait voir dans notre propre parole, ainsi elle rend plus vif le sentiment du mal et entre en rapport intime avec la contrition, conséquemment avec l'essence même de la réparation.— 5° Il y a plus, la confession complète la condition première et essentielle de la réparation. — Comment?

— II. Ce que disent les incrédules des abus de la confession. — Comment, s'il fallait conclure de l'abus à la suppression, il n'y a pas, en ce monde, un seul office de justice et de miséricorde qui ne dût disparaître. — L'abus est l'exception, la règle c'est le bienfait. Or, l'influence bienfaisante de la confession poursuit le mal jusqu'en ses effets les plus lointains au bénéfice de l'individu et de la société. — 1° Ce qui reste du péché dans l'âme humaine après le pardon de Dieu. — Secours extérieurs que Dieu envoie au pécheur par l'entremise du juge de sa conscience. — Amour et miséricordieux office du prêtre confesseur dans la réparation d'une âme ruinée par le péché. — 2° Cette efficacité réparatrice de la confession passe, de l'individu à la société, par des courants mystérieux, qui confondent toute vie privée dans la vie commune. — En restaurant une âme, le prêtre travaille à

l'édifice immense dont chaque vie d'homme n'est qu'un compartiment. — Comment, tout armée que soit la société pour sa propre défense, il lui est impossible de résister toute seule aux envahissements funestes du*péché. — Comment Jésus-Christ lui a donné une extension, ou plutôt un supplément de juridiction, en instituant le tribunal pénitentiaire dont la juridiction ne reconnaît ni l'inviolable ni l'imprévu. — Le prêtre confesseur consolide l'édifice social, en s'opposant à l'explosion des vices ou en en corrigeant les manifestations; il contribue à Bon perfectionnement et à sa splendeur, en encourageant les grandes et sublimes vertus qui nous honorent et nous consolent. — Conclusion : Adeamus ad tronum gratiœ , . . 115

SOIXANTE-SEIZIEME CONFERENCE

Ridicule objection de l'hérésie contre l'indulcrencc de l'Iv iise. — Comment la réparation du péché se complique d'un acte de justice : Cet acte de justice est la Satisfaction, qui retient dans le langage chrétien le nom de pénitence, parce qu'elle représente la peine due au péché. On étudie dans cette conférence : 1° La nécessite. — 2° La valeur de cet acte. — I. Définition de la satisfaction : c'est une réparation de l'injure faite à Dieu, par le moyen d'une peine volontairement acceptée et librement endurée. — Dieu exige cette peine; sa volonté à cet égard est aussi claire que possible. — Comment c1 exprimée dans l'Ecriture. — Enseignement traditionnel sur ce sujet. — Dieu est-il donc avide de vengeance ?

Oui. — La vengeance est son honneur aussi bien que le pardon; car tous deux sont les enfants de ses perfections. — Comment il faut entendre la vengeance de Dieu. — Comment elle exige des compensations pénales et satisfactoires. — Contrôle de cet enseignement dans la nature. — Pourquoi Dieu ne remet-il pas dans la pénitence, comme dans le baptême, toutes les peines dues au péché? — Cet exernple est mal choisi pour justifier nos prétentions à la miséricorde absolue. — Cette miséricorde absolue dans la pénitence serait un scandale et un péril. — Développement. — Toutefois, Dieu ne punit pas toujours. — Admirables mystères d'amour, dans lesquels la peine semble être supprimée. — Comment ces mystères ne conviennent pas à nos natures vulgaires, et comment il faut nous résoudre à la loi de la satisfaction. -— Comment cette loi a été écrite en carac'.ères sanglants dans l'histoire des peuples. — Comment elle est écrite en caractères sanglants dans l'histoire chrétienne. — Comment le spectacle des souffrances de Jésus-Christ, bien loin de nous autoriser à nous reposer clans la voie des expiations, nous invite à ressembler dans la peine à celui qui veut nous faire participer à ses mérites. — II, Raison d'impuissance invoquée par les protestants contre la valeur de la satisfaction. — Explication de cette raison d'impuissance et réponse à l'erreur protestante par le bel enseignement de saint Thomas. — En dehors de cette question de droit, on peut encore, dans le fait même de ia satisfaction, se rendre compte de sa valeur. — La satisfaction, dit saint Thomas, a pour effet • 1° De compenser, selon les règles de l'équité, l'outrage fait à l'honneur divin par le péché. — 2° De guérir les forces de notre âme blessée. — 3° De détruire le scandale de nos fautes. — Développement de ces trois effets de là satisfaction, pour en faire ressortir îa valeur. — Dieu, notre âme, la société, tout est satisfait par les peines que la

justice de Dieu ajoute au repentir et à l'aveu de nos fautes. — Dès que nous acceptons ces peines, la matière du sacrement est prête , il ne nous reste plus qu'à entendre les paroles divines qui doivent achever notre justification. — Effets de ces paroles dans l'âme pécheresse 167

SOIXANTE-DIX-SEPTIEME CONFERENCE

LES PENITENTS

Il n'est personne »qui ne puisse subir les peines que l'Église nous inflige pour prix de l'absolution qu'elle nous donne. — Généralement on se contente d'acquitter au plus juste la dette du péché. — Cependant, il y a des grands pénitents qui ont poussé la satisfaction jusqu'à ses extrêmes limites en punissant le péché, non seulement avec sévérité, mais avec une sainte cruauté. — Horreur du monde pour ces pénitents. Il les injurie. — Pour les venger de ces injures, on prouve dans cette conférence : 1° Que les grands pénitents furent pour eux-mêmes des sages et des héros. — 2° Qu'ils furent pour nous des bienfaiteurs insignes. — I. Les pieux excès des pénitents ne sont point, chez eux, l'effet d'un lugubre caprice ; en cela ils suivent les inspirations d'une haute sagesse qui leur révèle : 1° la profondeur du péché, — 2° les effroyables jalousies de la justice divine, — 3° l'idéal de la perfection humaine, — 4° les glorieux avantages de notre configuration au Christ souffrant et immolé. — Développement de ces quatre considérations, pour aboutir à cette conclusion que les grands pénitents, dans l'excès de leurs souffrances volontaires, ont

été sages entre tous les sages du monde. — On prouve, en outre, que cette sagesse ne va pas sans l'héroïsme, c'est-à-dire sans l'effort vainqueur d'une grande et persévérante difficulté. En insultant ces sages et ces héros, le monde est immensément ridicule. — II. Les pénitents: sont nos bienfaiteurs insignes : 1° Ils ont arrêté la décadence du monde en marche pour arriver au dernier degré de honte, d'infamie, de putréfaction physique et morale, par une réaction violente qui affichait hautement le mépris de la chair, la punissait de ces excès et l'assujettissait par la douleur au souverain empire de l'esprit. — Comment cette réaction se continue de nos jours. — 2° Les grands exemples des pénitents ont plus qu'un caractère protestatoire qui engage à éviter les excès, ils ont aussi une force d'entraînement. — Cet entraînement, nécessaire à la dignité et à la conservation des mœurs publiques , devient à certains moments une indispensable condition de salut. — Comment les pénitents arrêtent les coups de la justice divine. — 3° Non seulement les grands pénitents empêchent le mal, ils font encore le bien. — Le premier de leurs bienfaits, le plus visible et le plus capable d'être apprécié par l'esprit utilitaire de notre siècle, c'est que l'héroïsme de la pénitence donne l'essor à l'héroïsme de la charité. — Il n'est pas un grand charitable qui n'ait été un grand pénitent. — Le second bienfait qui nous ramène au sacrement dont nous avons étudié l'économie et la vertu, c'est que les austérités des grands pénitents, depuis longtemps recueillies par l'Eglise, forment un capital de peines expiatoires dont nous pouvons bénéficier pour suppléer à l'insuffisance de nos satisfactions. — Développement. — Conclusion : admiration, respect, reconnaissance pour ceux que le monde injurie. — Fraternelle confiance en leurs mérites 223

SOIXANTE-DIX-HUITIEME CONFERENCE

L'EXTRÊ.ME-ONCTION

Sacrements adaptés merveillement aux diverses phases et aux divers accidents de la vie humaine. — Un sacrement nous attendait aux portes de la vie pour nous ouvrir la carrière de la grâce, il faut qu'il y en ait un aux portes de la mort pour nous ouvrir la carrière de la gloire. — Ce sacrement est l'Extrêmo-Onction. — 1° Suprême délicatesse de la bonté divine, dans ce sacrement. — t° On demande compte aux familles chrétiennes de la manière dont elles en comprennent aujourd'hui l'importance et la sainteté. « — I. L'Extrême - Onction clans l'Écriture et la tradition. — Ce que les protestants ont fait pour déconsidérer ce sacrement. — Comment l'Eglise en a vengé la vérité, l'efficacité, la sainteté. — Aveu de Leibnitz. — Mettons-nous en présence du chrétien mourant : 1° Ce chrétien est le fils tendrement aimé d'une mère qui l'a spirituellement engendré à la vraie vie. — 11 a besoin de ses derniers soins et de ses dernières caresses. — 2° Ce chrétien est un soldat que le Christ i. enrôlé sous sa bannière. — Il a besoin, dans le dernier combat, des suprêmes encouragements et de la victorieuse assistance de son chef. — 3° Ce chrétien est un prodigue, maintes fois pardonné. — lia besoin que son dernier pardon soit écrit sur ses membres endoloris. — Pourquoi Jésus-Christ a institué le sacrement des infirmes.— Parce que c'est un sacrement consommateur, ordonné à la destruction des restes du péché dans l'âme chrétienne,— Ce qu'il faut entendre par les restes du péché : — lo Pouvoir de Satan. — 2° Sourde attache aux créatures. — 3° Tristes souvenirs d'une vie pécheresse et expiations manquées. — Convenance de l'huile sainte

dans les intimes et profondes opérations do ce sacrement : — 1° Sa puissance sur le corps; — 2° son application aux sens ; — 3° ses effets sur Pâme. — II. De l'estime que l'on avait, dans les âges de la foi, pour lo sacrement des infirmes. — Ce qui était la règle, alors, est aujourd'hui l'exception; généralement, ce n'est plus la foi qui préside à la mort du chrétien, c'est la peur. — Pourquoi? — Lâche et barbare silence que l'on garde en face du malheureux que la mort va saisir. — Étrange inconséquence des parents et des amis. — Non seulement ils manquent de foi en cette occurrence, ils n'ont plus même le sens commun. — L'amour charnel va plus loin que le silence, il va jusqu'au mensonge. — Comment on justifie ainsi les cyniques reproches du protestantisme. — Imbécillité des parents qui osent appeler des belles morts celles dans lesquelles le malade ne s'est pas reconnu. — Comment leur lâche et barbare négligence encourage ceux qui poussent l'audace jusqu'à vouloir écarter la religion du lit des mourants et attenter aux droits de Dieu jusqu'à l'heure où, pour les faire valoir, Il se présente une dernière fois. — Il n'y a qu'un moyen de réagir efficacement contre l'entraînement satanique qui tend à déshonorer nos lits de mort et nos tombeaux, c'est la multiplication des morts véritablement chrétiennes, où toutes les grâces de Dieu sont consommées par l'onction sainte. — Appel aux fidèles. — Appel aux médecins chrétiens. — Beati mortui qui in Domino moriuntur 267

Index des principales erreurs contraires aux dogmes exposés dans ce volume 31 j

PARIS. — 1MP. V. GOUPï ET JOURDAN, RUE DE RENNES, 7i.

JM

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